LES XX
Voici la huitième fois que, fidèles à leurs idées progressives, les XX ouvrent leur Salon d'Art* Cette association de talents aux tendances diverses eut,en Belgique, cet immense et incontesté mérite de faire connaître de très notoires artistes,y restés inconnus ou presque,il est pénible dé l'avouer: Besnard — Raffaelli — Claude Monet. — Renoir
— Pissarro — S eu rat — Signac — Dubois-PHIet — Anquetin — Henri Gros— Toulouse Lautrec — ' Gauguin
— Cross — Rodin — Carriès-^ Redon — Bracquemond
— Cézanne — Van Gogh — Bérthe Morizot — Stott — Swan — Steer — Thornley - — Chase — Whistler — Crâne — Oberlander — : on le voit,mieux qu'une pléiade. Ils sont, ici, les seuls représentants en arts plastiques de la formidable poussée en avant qiti aujourd'hui balaye impitoyablement ceux qui^ vains fantoches* tentent de la braver : des conférences littéraires et des concerts complètent cette courageuse tentative.
Cette année, malheureusement, plusieurs Vingtistes d'un„art particulièrement suggestif n'ont exposé, et l'absence de Rops, Rodin, Picard, Schlobach, Van dé Veldey est vraiment déplorable.
Néanmoins, l'ensemble reste Tune des plus, intéressantes manifestations d'art que nous avions vues*
Dès l'entrée, une série de toiles de l'admirable artiste feu Vincent Van Gogh ; nous regrettons qu'on n'ait pas envoyé celles, plus belles, exposées l'an der- nier aux Indépendants» Cependant le Semeur est un tableau à la couleur et à l'allure tragiques, le Bouquet d'Iris est d'une merveilleuse, splendeur, et le cloisonnisme de Van Gogh semble particulièrement apte à figurer ces étranges fleurs héraldiques. Ses dessins sont très supérieurs à ses peintures, et plusieurs d'entre eux : Fontaitie y Dans le jardin de t hospice, Marine, sont de purs chefs-d'œuvre.
Après le très bel article publié le mois précédent en ce Mercure de France^ nous ne nous étendrons pas aussi longuement que nous l'eussions désiré sur Paul Gauguin. Notre admiration va très sincère à ce grand artiste, et nous y avions senti ce que M. A, Aurier a éloquemment dit ici même. Ce qui nous a surtout frappé, c'est le côté éminemment décoratif de ses étranges bas-reliefs en bois. (Il y en a trois : Soye\ amoureuses : — Soye\ mystérieuses — Des négresses)+To\it ce que le vice con-
AVBLIL 1891 a* 7
tient de misère et de souffrances abjectes, de jouissances abrutissantes et de grandeur résignée, se démontre en ce panneau décoratif dont nous ne détestoris que Tins* crtption i\Soj€$ amoureuses y vous sere\ hçureu$es % diminue rimpression, donnant un sens exact, déterminé, enlevant la suggestion et créant une façon de rébus. Hélas, que n'estr-it quelque veau d*or, un peu moins bête que ses contemporains, pour employer à quelque grande besogne le génie décoratif de ce prodigieux artiste. Quelques merveilles de poterie émaillée complètent Pexposition de Paul Gauguin. i
Le hasard du tirage au sort a mi» Frçn à côté de Fautre Seurat et Signac* Hasard vraiment heureux, car, tout en faisant éclater la splendeur du procédé de la division des tons, ce voisinage démontre, ce que d'aucuns niaient, la personnalité si différente de ces deux artistes.
Outre son chahut , toile très intéressante mais plus de technique que d'art pur, Seurat a envoyé six études de toute beauté. L'atmosphère est d'une étonnante transparence, et rien n'égale la douceur des colorations ; un seul reproche, et ce surtout en son chahut, parfois un peu de sécheresse.
Chez Signac, un éploïement de lumières vibrante^, un étincellement de tons chauds d'une incomparable beauté. De plus, Signac a su rendre d'une façon inconnue les menus mouvements d'eau, les longues' et frêles vagues des rivières, alors qu'en des horizons drange et de feu le soleil s'en va, s 7 en va en des gloires mortelles, L'op. 206 est à cet égard l'un des tableaux nous ayant le plus, impressionné, et tous ceux ayant l'amour de Teau et du fleuve resteront frappés de toute la mélancolie des sou~ venirs devant cette si suggestive toile.
L'envoi de Camille Pissarro est vraiment insuffisant, et nous saluons le maître glorieux d'après ce que nous connaissons àê lui et non d'après les quelques toiles qu'il a.envoyéës.
D'Aihgrand nous ne dirons pas grand chose, la plupart des œuvres actuellement à Bruxelles ayant été vues aux Indépendants Tan dernier. Nous citerons cependant une coquetterie: Angrand, en même temps que des toiles datant de 90, en a envoyé une de 85 . La distance séparant ces productions est énorme, et très à Thonneur de leur auteur.
Quelques affiches et deux pastels pas extraordinaires rappellent Chéret plutôt qu'ils ne font connaître le très grand artiste qu'il est. .,
a divers arts industriels : outre la colSnn uS - ?f ' Kom jfe„, r etc . Oberlandep lit l,7i loi? '*r«,
Sauï .« S 'ï^»°»° «ootturt u „ héro. bardé de fer
bonne humeur caricaturale n„. a* f a œuvre de
^Nous avons déjà signalé quelques abstentions regret-
Parmi les exposants se signalent à des titres ri»»,, Minne, van Rysselberghe, Klfnopff, Toorop. **"■
Minne, dont, j Tan dernier, les- étrange? et si brfl^ sculptures provoquèrent une explosion S'enîhousiasmS Soûle Clî Z dé ni g rantes 4 Voie f °^X
groupe . Z>«« hommes, très beau, et un dessin • J mère emportant son enfant mort, la sœur su?t D, : w u
£?£??"*■ ^ mi8ère et de ^sôlatioTconTeL e n ce lrSern e d lïrî t n0U$e ? tpaS P 05sible ; toutela don!
telles œuvres consolent de tant d'autres.
van Kysselberghe continue la marche «raduelle *t sûre de ses progrès, mais est actuellement? évSemmem*
Eï^ du P^^^nement de son lidSTS^ firme de jour en jour. Sa gloi« est d'avoir m mA-W1 présent, avec le procédera pointiMéi ~L deT^
AVEU. >8», I ,j,
P^^U 1 ^*"' r * muM>t » «* *«n«nt miment 4m»
latmosphère. A cet égard, « gnadetoil.** «rtSTS plu, reu„te produite par le néo.impre««k)iw»mrSéî. que belle que soit *a marine : le P<£ Kiridy, ?j£u
gnac et de Seurat. Ses dessins Intimité* Ciraus M très beaux. Nous aimons beaucoup moins «ton l*mm*mM gui est un peu sec. ■»■■■»,
j Fernand Khnopff est pour la journaillerie locale le triomphateur. 11 est la «U excuSede^^^»!
posées eu un fo«»J & r *te* qui (ait vrSnwn? ML preuve d'une tm^cusable indifférence. Nous^ïïettoi pour M. Khnopff ce concert univerte! de îaaiJ5?mZ il faut avouer qu'il semble se l'être attiré volontairement
f££ a y mb ? hsme .f e Patine, que noua appelas un simple rebusjsme, ,1 a sollicité l'attention ; un faire fi-
S£ a? ra £ icuIeu * lui . «instantanément Wré î. îZJL tfaie d Israël, qui fut si féru de van Bee» (le petit por-
S! m L Çamm "PS** tette année P àr Khnoptf n'ertVaa un médiocre van Beers), quelque, jolies têtes qui ïï! rurent émgmatiques à des artistes mal renseigné, le» ïè-
3« î£ %?*?]* c ™ naissaa <* croiaiantedes jfurne Jonea des Rossetti et des Gustave Moreaul beaucoup dinHnné 1 admiration que ceux-là eurent. Le grand défauTS»! pardonne .^blesse de Khnopff estïïVtag^tion . et qu il fait aujourd'hui, il le fit il y a six ou fett ans, rf alors il le fa»art mieux. Son «poritton actuelle ert de
i jdiï? m ° ,nS ° nne qU ' U "* i N ° US ne voyonTrien
pas : rs'ac C omm^V aUVa « e W™ J™»»» 8 » « parvenait ESJÎiH* p mmoaer ■» procédé vraiment trop cwïliaé du
fouTdr^ i * c » urageilsement ?*»"*>»»* et Wt reÏÏurnï
lové £ l ° nS pr ? qUe ^ ,ats à *"»»» »»«• « » «tZ< K * m ? rc * a "* *« P«mier ordre Jont nous met
"î™"*- ho " P air K En *"*«* T ancre : au fond d'un bateau de pêche qui prend le large (un large don Ton voit les emeraudes se briser en opales a l'avïnt frapnéï dl manns, des pêcheurs poussent et tirent m cabîiun « qu } s sont de leur métier et a leur besogne I SÏÏÏmL^
Far a T^n%4? con »«f«c»««, mai, dont on ac Jm£ÏÏE la raison d être aux XX. Paul Dabouae «md,T3, £s rare, dons d'élégance qui font pwâlSà !S„t
de se, .culptore, Teur inairffie«^^Làg532?
M . Anna Boch est certainement la immmilSSSt mieux en Belgique; nud. c'eat de rit TZ^ZZSÎ}'
wr' „"„Sri n is° v* *■?' «"'» "»« -»-
PlERRE-M. OlIN. f
AU THEATRE LIBRE
^ar M. Georges Lbcomte
simpl^Ma^r ce ffÏÏÏÏ * P ° int de * **é bien fille, et dans une' occurrence âf,«?' " Pap * . qu j révele à sa Rousselot l'a trompe ™iin? cn X J™ , ca P rt ale, que Mde ,a mère pour il durée StS " nfi * en 5 ucl «l u * ïorte i» g»*** là n'ertpas vrai. £ puuVfin d^f S * J -? Ur * Paris » ce P a P»à KdieV propre tiîre"t^ a P ,èc * 4 n « rtpond P&t ' lot, jeune fille de %£Jt!w . mana « e de J^ne Rousse- M. de Stellanville Pâmant H. ' ™î CO vienx »*■» d * l'homme redouté par son nè« n«* !? •?*, '? ,* P^«sement de veiller sur M" ■ R onS selot ^ '• 1U1 faisait P™mettre ment inévitable n'a™/»?*' C 2 maria 8 e n'est pas absolution de i.c£2^t2^ r XL I sr s A n i ti ïï t c ? m î « ,e '«"*»• salité qui, dans Ta S; de^.ît M I Ule ? 0Ùcett « Fata " drame? La svnthèse^LlL ' Ur ' - devait P laner sur le Lecomte s'est ta^£^^*£f ™*« *-, Geor *« Ker, un cas quelconque traité seloJ la * n un cas trè *P»rticu-
"fit U . \ dé h r * U < ? -*££ nat°u a ralïte angere,1Se ' U défor "
eoïtaÏÏ ^encorrdSuS 8 ' ** ^ de M " ««»*" ^e- Jeanne n'est plu ÎouÏÏIZt^Ï** "T^î 11 * est d « b °«*- M. de Stellanville /?*#£ ? * f< i rce des , choses a épouser elle se dévot™"^^/' ÎXjg» «» *4«« :
Plaider et HCeï des^onllfer l0t ' réduit P ° ur vi ™ * fa coquetterie d7M«R?! tlM pour quarante sous;
vinciale "o" impartent dé!wY' sa i assitude d « la vie proune situation ffl ?«èn?-S!î a J 1,CT ' -° Ûte , *" C0 * te » premier acte, est exceîwJ £ l * *!• man ~ et U *"»»«, «u
«, est excellente d observation. Quant à Jeanne, -
Stâft? \ CWe fi "« ord «««, «»• caractère spécial, ^t mi te» 1 positif, pratique, ï-l^taSîSKhÎTOSr
1 ayons-nous pas vu trois ou quatre fois dans ce méite Mr* sonnage? M. Antoine est capable d'en créer d'aufaw ££ aussi parfa>tement, et il serait a sounaiter mû 2E!!LT* en fournissent bientôt l'occasion. PourqM-MtK^!! 1 tial, dans la discussion un peu vive acande-t-elU «f* comme son directeur? Dans le ^ent : ci du^«£™£ irS- eu, P/ unt ? nt «»"••* de mutuels tics%> £m% Te ™ ne manquait point de piquant. Les autres rôles *ELÏ??tî*î b.en tenus par M>le Tbéven et MM. Lérand et Grand? **"
Jeune PrenUer,/^ tn un acU, en prose J*r M.V^GtnitTr.
v- est une Muette sans prétention aucune de la »mM;. ^
salon : je serais bien surpris qu'on ne la montât potetc-Ue
prochaine ,ea«m, dans quelques châteaux en ma^de caffi
nage. Le vieux Montgerol, qui toute sa vie a toué le. iïn
nés premiers, s'ennuie à dépérir de ne plus recevoir A^" qu'il a quitté le théâtre.de cef billets 3oux qui Suvai^ïcne, lui naguère. M- Montgerol né se méprend po?nt"lr b *ea«£ de son souci, et, pour lui rendre sa belle humeiTr Im.^f!^ écrire des lettres enflammées : trac qui SunsS^' où la bonne dévoile le pot aux roses?- éStelSeîte^
vrai sa oi e ae « '" C i > mb i e ' e,t £? ntimeût «»d22? W, 9 * vrai, sa place n'était guère au Théâtre Libre VAm.Ji}. .Z
femme, de M. Àurélien Scholl, jus^ait encore s7^e B £ £ fandi 6 £?fJ* F™?'* Sitiat£onï ' £!£q&?3££
ssSrtïTji^rsrr' est possible -•*•*—« £-
Interprétation excellente par M. Antoine aui a fort d*M*
| Alfred Vallett».