‹ Mercure de France, tome 2Chapitre 75 sur 127 · LITTÉRATURE ITALIENNE · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE ITALIENNE

A I Br? ff Sîf 8<!l0t ? l0 ^ ar S *™™«« Faw»a. (Milan A. Ungola). — « Ta folie est ancienne, dit l'auteur «!

^adressant à son petit Don Quichotte. 'Déjà/ ^Sl S Si* î i C ° le ' i" h ^ S sous Ie bras » tu *• «=n>y»is de™

S de l^rfiTil^M 68 5 Ct a Ia première *» <î» * chévaLrT«« V dU M «^«HW, »w»ir la troupe de.

chevaliers sans peur, amoureux de Jeur dame et de I*

a 43 MERCVRE DE FRANCE

justice, tu te jugeas aussitôt pareil à eux, arme, comme eux, en guerre, et comme eux sans peur et sans reproche. » À-t-il été obligé de rosser un de ses camarades, cet enfant prédestiné le rélève et lui demande : «Tjai-je fait mal ? > Ces dispositions à la pitié et au sauvetage de ses contemporains s'aggravent avec l'âge. Amoureux, Don Quichottin emmène sa belle à la promenade, lui déclare à peu près ceci : «Je vous aime, mais celui qui a des droits sur vous est jaloux de moi, il pourrait vous arriver malheur... » — « Je lésais, dit Luciette, qu'importe ! » Mais l'homme timide et bon s'entête dans ses scrupules. Plus tard, il entreprend de réconcilier des ménages où la femme se contenterait de consolations effectives et tierces ; plus tard, de réhabiliter la pauvre Luciette qui a mal tourné ; déjà vieux, il s'offre à rendre l'honneur, en l'épousant, à une de ses nièces victime d'un séducteur et d'tm mariage nul, tout en se demandant s'il agit réellement en homme de devoir et de sacrifice, ou si c'est l'amour qui le pousse. !

Finalement, il me coûte de le dire, tant le roman est faussé par ce banal -dénouement, Don Quichottin se marie. Tel est, résumé en quelques-uns de ses épisodes, le dernier livre d'un humoriste très distingué et depuis longtemps bien connu en france. L'idée seule de ce Don Chisciottino, comme celle d'un roman antérieur, Monsieur Moi, montre un écrivain moins préoccupé de larmes et de rires productifs que de larges et curieuses synthèses. Il est cependant nécessaire de lui reprocher une fâcheuse timidité, une peur de choquer les pudeurs bourgeoises, des aphorismes sur le progrès que M. Bonghi suffirait à émettre, enfin un style qui tourne trop prompt au badinage attendri, ce style qui entache de snobisme les créations de Dickens. Malgré ces restrictions, que me dicte la naïve sincérité,. Don Chisciottino e*t un livre

d'une jolie logique, — jusqu'à la pénultième page,

d'une fine observation. Je le vois, peuplier souple et clair, émergeant de la sclva oscurq y du vague taillis de la littérature cisalpine, où quelques bons bûcherons — quelques cognées critiques — attendent patients la croissance et la poussée d'un tas de bal i vaux nains, et c'est

très beau qu'il nous vienne un tel livre d'Italie : il n'en vient pas souvent. R. Q

Les dernières revues italiennes, — A noter, dans la Gazzetta lettenxia, de Turin : une curieuse étude de M. Adolfo Zerboglio mir les fous de bibliothèques

AVRIL 1891, ^j

{IMattoidi inbibliôteca), ces maniaques du livre, compilateurs sans but, copisteapar dilettantieme, etcv f> du ai février). - Le n° suivait <a8 février) donne \iTJZ duMon de la très solide étude' de M. Rodotfo ]fe£?. Pour l histoire des arts et du dessin. -Toujours intérêt santé, la LetUrarta se complète par une oibliog«2£ étendue, revue de lecture et instrument de travail

Dans la Cronaca d'arte, de Milan (an février! en citatxon ces deux vers récemment déchiffrés dans les manuscrits de Léonard de Vinci :

Co^vna^ft ""* 8 - b + ep< i **?*■ *"*•*»■ dormire. *-osj. vna. vita. bene. vsata. da. lieto. morire.

(Comnke une journée bien se passe au doux dormir. ainsi unel vie bien se consume au doux mourir > 1

La Cnfaca sociale (Milan) nous convie à un socialisme « scientifique et positif ». Articles sérieux et bien renseignes. R G

LES LIVRES

Vieux, par G.- Albb*t Auribr (Savine) Voir page a»

X^Vfil 1 " 1 ^ ^'^«..P" Jbak Mobbas (Vanter). - >,os lecteurs de cette revue Ipartageht avec tout le monde le plajsir de connaître ce livre de précien^ ««Le S^Sue Nulle part unenx qu'ici la science et le talent de R

t r *nt " e ^ nt a ?Pr ec . iés » f* J« «'intéresserais personnel tnt tant -du moins si rapidement -de questions techniquejdfe composition, de rhythme et de style. weuwqiiM as

Jevoudraisseulementdonner à penser à propos de la'philoso-

P (Del Ml «aS&tt ^phiesenSmeZae^cV^.

— i / I J enU P en f". votlà, en effet, ce que voue tamve-

mâi a o„i°v/% CeS SUbtileS et . tend «* bàrmomea, «"23s

^1 i q ? ^ deS ,? ens ** soiènt **«>»•■*■ d « «Y trobveroue

celai Le grand malheur de la littéraire, c'est qu'eUé « «*

fw^V^' la P £ me ' Votent aussi la* pS^J^ST i£ïj£^ * to W"» n »*t' ie - • De «à une sotte coKionpré: étabhe dans un certain nombre d'estimables esprits movens qui, si vons leur parler d'un nouveau poète , se jettent w

(1) Au prochain fascicule: Enivrantes (Alfred Gauche! • Vingt-cinq Scnnets (Paul Dulac); Les Cahier* d^ftérTwe^r

r&ïï&SfiS (Albert Giraud );Poéeies variées et mmwm

S a^ d JÎ , î n ^ £ "c ^^^ (Martin P»pli); ÏS£E « Mllaaet de A.^ C. Stptnbnme (Gabriel MonrevV Les

Il '1 .

son livre avec l'espérance décidée d'y trouver tout déduite la solution définitive de tous les problèmes de la Destinée. Mais ce chanteur ne sait leur dire que ses propres émotions : son désir et son choix, et le reçret qu'il a de laisser fuir tout ce qu'il ne peut étreindre, de l'infini, en un rapide moment d éternité. Et les estimables esprits lui gardent rancune de quelque déception qui n'est que de leur fait, et s'en vont Qu'ils restent, au contraire : au second regard ils perce^ vraient les causes et les résultats, les fins dernières de ces passagères émotions : et peut-être leur apparaîtrait, à travers les justes, les providentiels moyens de l'art, une face jusqu^àlors voilée de la Vérité qu'ils cherchent. Elle les toucherait doucement du bout des lumineux rayons delà Beauté.) Un profond amour de la vie, une poignante expérience de ses mensonges, une résignation amoureuse encore, et là conscience de ses propres « contre-temps », — voilà je pense, le fonds et le fond du Pèlerin Passionné. A peine ému des premières espérances, le poète — alors des Syrtes — avait cruellement ressenti combien nous trompent les belles apparences, — et ses premiers accents assumaient une prématurée vieillesse, la couleur douloureuse d'un deuil encore futur; le poë te maintenant de ce nouveau livre s'en ressouvient, de cette juvénile erreur, avec une ironie attendrie :

Alors que fêtais-, ô JEmilius, le nouveau

Temps, alors que, la feuille de primerole;

Que mon âge allait plus éclairci que Veau -

De la source matinale, en sa figole

De gravier : devis ni son,

Fredons comme de iourtres et passes,

$P envolaient de ma bouche àimèe des Grâce s 7

Mais, soupirer complainte et ienson.

Vraiment, c'est qu'il prenait alors trop au sérieux la. vie et qu'il ne savait pas que la sagesse est de chercher ie rire mystérieux qui sommeille au fond du désespoir.. Un instant vient, quand les cheveux vont blanchir, où Terreur éclate, et l'àme se déride quand les traits vont se rider. Cela ne va guère sans transitoire tristesse i

O JEmilius^ pourquoi sur l'agreste flûU y ai-je Dit r automne maligne et le cortège Des pluies, alors que Flora versait J

Beau-riante £ et renne de sa corbeille, Et, d*un tortis. Caprine mes boucles pressait, O jEmilius; et ta barbe, à peine, eritour Tortille Me naissait?

Le souvenir seul a raison, et ht fête de la vie ne se révèle guère qu'au regard détourné, à la barbe sur l'épaule, aux pas vieillissants. Le fardeau des jours peu à peu s'allège, comme si son poids n'était que du nombre déterminé des heures à subir, lesquelles tombent une à une de notre besace : et l'heure de lamenter, serait-ce là vraie de s'éjouir?

•' AVRIL iV U5

r ï"' /7À niena !' t ' gr*»*t rombrt de me* tas-

La mt-été, matnUnant, boit la rosée JLk ttt ;i *-

j*"*Vr**! JBmthiu, JBtnilius, voici bruire

C'est pourquoi :

r j- t-. - Ore je vous vais dir* •

\^a folâtre Amar^lh, et le 3 joy^^Jr, C'est pourquoi 3

i !lï ,

j y« un marmouset pleure i

Rtons, car cest Thcure.

C'est pourquoi :

Les feuilles pourront tomber La rivière pourra geler! ' Je veux rire; je veux rire.

diJ7 W ' danS son ** cret . q^i regrette et tremble, l'k beau

Je suis si triste, '

Comment rire kelas '

et :

: Dormir est si doux,

Que ne mourrons-nous t

«gÏÏStî;** Mt Cet aUé « en ^ «• ** «« promise, en

, AL la Mort, ah y n'est-ce Une ment ères se!

poétise, d'un vague dTsesrSrfc ° D '- T »7"«»ï«w«M»t conclusion ijard^un SS2SL.*" ^^ "«^-g «j™ la

qut composent ce livret de vers débnte ami?? P CeOX

Mauje ine sens troublé d'une* étrange scient ■ Et mon epur est pensif , malgré ee ion dZfituee

mortes anx sa£es de' vivZes Î^UÎ" C «° S * S *$ ««"blent

anxieux et troublé, qTS &3KSK d?-^ « de ces acteurs et de ,a propre peusÇKi fràSS* -

trueuse dualité, ce rare phénomène constitue le Poète, M. FeTnand Séverin a reçu le terrible don, et avec une honnêteté t.op scrupuleuse il a révélé le secret qu'il eût fallu peutêtre tenir caché- Mais il y aurait bien mauvaise grâce à s'en plaindre ; cela nous vaut une série de poèmes d'une tristesse et d'une douceur infinies, et réellement simples en ce temps où les artistes les plus byzantins prétendent .seuls, en général, à l'ineffable naïveté des primevères et des petits oiseaux.

L'uniformité voulue du vocabulaire, l'extrême concision des images, la passion latente exprimée par des mots tout en demi-teintes, apparentent directement M. ;Fernand Séverin avec Racine et Madame Desbordes Valmore ; ceux-ci ne se sont point mésalliés en l'accueillant dans leur mélancolique paradis, entre les arbres pâles, sous le ciel de cendre lumineux; car parmi les poètes de notre âge, il n'en est point de plus délicat et de plus pur. 'P. Q. ,

Les Confessions, Souvenirs. <Tun demi-siècle, 1830-1890, tomes V et Vi^ par Arsène Houssaye (Dentu).— • Il y a dans certains châteaux de ces jolies consoles Louis XV à pieds de biche dont le milieu est occupé par un panier fleuri, autour duquel tournent des colombes et des noeuds de ruban. Elles sont dorées, recouvertes d'un marbre rose ou blanc, supportent une glace ornée d'amours... Sans un mur où s'accrocher, elles s'écrouleraient d'elles-mêmes, car elles ne se tiennent pas debout toutes seules, mais elles sont bien merveilleuses d'aspect. Ajoutez à la poussière, du siècle dernier un peu de poudre de riz de la cocotte ou de la grande dame qui. les possède actuellement, et ces consoles, toilettes Watteaii ou socles de statue provocante, vous donneront peut-être une idée du style d'Houssaye dans ses confessions toujours galantes.

Mais, mon Dieu, que le pénitent qui se confesse i de fatuité !...et qu'il est délicieux de songer qu'on a dû le tromper quelquefois... L'Arsène Houssaye de ces confessîbn<>i-là* c'est Almaviva, et j*ai la conviction qu'il ne se flatte jamais.

Hélas, cher Maître, nous avons terriblement marché depuis votre première conquête* Il n'y a plus dé société choisie, plus de maîtresses intelligentes (et parlant le style d'Houssaye), plus de soupers, plus de fêtes vénitiennes, plus de coups d'état machinés entre un directeur de Comédie-Française et un empereur gracieux, plus de jongleries avec les bracelets des comédiennes, plus rien pour faire des mots, plus rien pour faire des femmes, pas davantage pour faire des hommes spirituels... Il nous reste nos deux yeux pour pleurer... car vous nous avez tout pris, si j'en juge par la nomenclature de vos exploits d'amoureux et d'homme spirituel...: Et vous nous reprochez d'être pessimistes, névrosés T.. . Mais, cher Maître, à pères trop gais, fils tristes... C'est vous qui êtes pn monstre;..

Le Jardin de Bérénice, par Maurice Barres (Perrin et CK) - Scandaleuse confession^ sans doute : — je n'aime pas

AVRIL léox ^ 7

M. Barrés. Quand je lis un roman de M. B arrêt, je crois lire un roman de M. Renan, — oh ! d'un Renan bien surélevé, bien au-dessus {sans que cela me donne des sensations de surélévation transcendante) du pauvre farceur qui a passe sa vie à découvrir des idées anti- religieuses familières aux Allemands d'il y a soixante et quatre- vingts ans. L'ironie de M. Barrés est franche, du moins; elle méprise sans hypocrisie et sans regrets; elle méprise tout, hormis M. Barres luimême, pêne unique entre les valves de ce monde vain.

Pourtant (c'est vers la fin du volume et comme en note), un respect est avoué pour l'Argent : « L'Argent, voilà l'asile où des esprits soucieux de la vie intérieure pourront le mieux attea- :i dre qu'on organise quelque analogue aux ordres religieux..! » Cette attitude adjuratoire n'est pas chex M, Barrés bien caractéristique : il ne cherche, en la fortune qu'il appelé ou qu u détient, rien autre chose qu'une condition indispensable aux; efflorescences de son narcissisme spirituel. IL faut bien, pour vivre, prendre un vague intérêt à soi-même; il y a des devoirs intérieurs; il y a aussi une nécessité transcendante qui nous oblige à regarder en nous pour voir ce qui se passe extérieurement à nous; mais il, me semblerait dur, en ce qui me concerne* de me borner à l'examen incessant d'un mécanisme toujours identique à lui-même, de regarder Jes mouvements du locomobile en me répétant sans cesse ;! « Comme je fonc- / tionne bien 1 » De cette admiration, M. Banès no se fatigue \ pas, — ce sont les autres qui se lassent, qui finissent p*p^ trouver inadmissible une complaisance si prolongée. Cahenfifi, les talents de M. Barrés — quoique variés, quoique étendus selon une gamme qui va de la causerie intime a l'éloquence parlementaire, du journalisme politique à l'essayisme dilettante et renanesque — ne sont pas de ceux qui justifient Fad- * miration sans bornés qu'il ressent et qu'il clame pour cette gemme précieuse, son moi. C'est un genre de littérature : toit = et c'est bien pour cela qu'il nous est permis de le juger et de ' le trouver insuffisant, malgré de l'esprit, une manière d'ironie qu on ne peut nier spéciale, un mode même neuf de blasphème et qui, en ce dernier volume, s'accentue, un dédain justifié pour la fausse tenue morale du bourgeoisisme contemporain, etc. L'homme, enfin, est d'un grand intérêt comme exemplaire bien complet d'un genre inédit de cynisme : c'est un Jean-Jacques aristocrate et bien portant. R. G.

Nota. — Tout ceci est peut-être inexact, M. Barrés ayant la monomanie, comme les femmes, de ne montrer que l'envers ou Pà-côté de sa pensée.

I Presque, par Francis Poictbviw (A. Le m erre.) — « Gajdons-nous décrire trop |bien » : ce pernicieux conseil, un samedi des années passées, chuchoté par M- Anatole France à Charles Morice, l'auteur des Songes ne l'eût pas compris non plus. Ecrire trop bien, c'est à quoi M. Poicttvin passe la moitié de sa vie, l'autre étant réservée à presque vivre les impressions 'qu'il notera eu des phrases d'une musicalité unique 4'orgue byzantin. Phrases moins que vibrationsj et

vibrations si spéciales qjie peu d'ànies s'y trouvent d'accord. Musique de plain-chantj grégorien, tel qu'on Pécoute en une somptueuse église flamande, avec de soudaines fugues de prière exaltée qui planent sur les lignes hautes, se jettent vers les voûtes peintes, avivent les vieux vitraux, illuminent d'amour les chemins de la Croix assombris. Le moine mystique, le vrai moine, le Fra Angelico et un peu lé Bonaventure, revit davantage le long des pages de ce Presque, de chatoyante spiritualité, qu*en toute la littérature pseudomonastïo^ne de notre temps. Plairait-elle pas, mieux que de ^protectrices et fructifères déductions, a l'auteur du Rccordarc sanrtœ crucis, cette oraison : « Le Christ apparaît ici-bas la plus resplendissante, la plus aimante, la plus absorbée figure de l'éternelle substance, elle embaume de toutes les vertus; elle a les bleus dulcifiants, les jaunes brûlés et clairs de la topaze ou du chrysanthème, les e n sanglante m ents des gloires futures. Et malgré et contre mes rechutes de chaque jour, je m'efforce, selon la parole de Jésus à la Samaritaine, à Pado- ration en esprit et en vérité. » M. Poictevin est entré dans le « jardin de toutes les floraisons » que chanta saint Bonaventure,

(Crux deîiciarnm &orfns In quo Jlorent omnia..*}

et à genoux il a baîsé le cœur des roses dont la roseur est faite de sang, — le sang du grand Supplice. Pendant que le Matin, jeune homme aux cheveux blonds, livre aux femmes folles sa moite adolescence, il va, vers une paix « ecclésïale », a des messes de solitude, et Tune des grâces recueillies c'est rimprégnement de son âme par la oc lumière intérieure, clari» /as, cavitas. » R, G* .

Femmes et Paysages, par Jean Ajalbert (Tresse et Stock); — M. Jean Ajalbert vient de réunir en un respectable volume tous les vers qu'il a publiés depuis 1886. Si Ton veut bien lui concéder qu'employer le langage rimé et rythmé à donner l'impression exacte d'un paysage, à camper de précises visions de femmes, à détailler Tanalvse . d'amours bourgeoises, c'est accomplir une œuvre poétique, on pourra se complaire à le lire» et beaucoup. Il a du vers alexandrin à libre césure une science bien, mise en valeur' par les excentricités de certaines poétiques contemporaines, et ce n'est pas un mince mérite. Quant au fond, une très personnelle ironie, dont l'expression du sentiment est à noter. Mais où M. Ajalbert se montre d'une incontestable maîtrise, c'est dans l'évocation de la banlieue de Paris, dont les moindres aspects nous sont révélés dans toute leur désolante laideur. La Nature, que l'auteur a voulue pour seule inspiratrice, Pa parfois si royalement servi que tel paysage, conçu objectif, devient un véritable paysage d'àme — pour la plus grande gloire du symbollsme - E. D.

Une Idylle à S«dom, par G, de Lvs (Savïne)* — Cette

AVRIL i8ot %4Q

maigre historiette valait-elle d'être rééditée? l'auteur nous parle que « la presse ourdit la conspiration du «tance » et déposa sur son livre l'éteignoir de la perfidie. C'était surtout lui rendre service. Pour des restitutions U &ut quelque ampleur de poème, une acuité de vision quasi-géniale et divers dons de nature qui ne sont point remplacés par l'habituelle dédicace à Flaubert. L'intrigue enfantine effarouche moins ici , d ailleurs, que le style odieusement pompier, paraphrasant le mauvais Chateaubriand des Natche^ et plusieurs feuilldUmnis-

V es jL, - J ° r*g'j Piquai m*as-tu fatt épargntr cet infiÊm*!— Le fils de Un tel a parlé!..., etc.

Quant à l'érudition, c'est celle de tout le monde, avec un fenortnand et un Maspéro sous la main. M. de Lva ùraore tusquàla véritable situation de Sodonie, au Sud de la Mer Morte, au point que les Arabes appellent Sdoum, et dont les ruines informes subsistaient lors du voyage de M. de Saulcy (185x1 , M. de Lys place Sodome près du Jourdain, c'est-à-dire au N. du lac Asphaltite, et Ta peut-être confondue avec Gomorrhe? ç^ |j

Peines de o«urî par Jban.Scrva (Vanier). — Il y a bien

du - cœur dans la littérature contemporaine. Maupassant Bourget, Charapsaur, Peladan — et qui? et qui? — exploitent ce viscère dans leurs titres. M. Surya le choisit aussi, Sait-il pourquoi, et qu'il subit l'influence déjà surannée d'une école qui na pas grand âge? Faibles vers, parfois mauvais tout court, parfois ou souvent. D'aimables exceptions, tels :

Et hton cotur souriait au travers de ses pleurs t Car vos veux étaient hons et vos yeux étaient doux Et moi qui refusais de étoyeri les genoux t Le bonheur m'a vaincu bien n\ieux qnw la douleur.

Que valent :ces vers, isolés? — Dans le livret ils sont bons.

La flûte à Siebel, par Max Wàllbk, (Lacomblez, Bruxelles). — Les pièces en vers octosyllabiques de ce recueil sont d'un sentimentalisme mi-triste, mi-folichon, qu'essaye en vain de relever une petite pointe de paillardise. Elles furent é vide m-

Tête d'or (Librairie de l'Art indépendant). — Par une modestie quasi-divine, l'auteur n'a point signé son œuvre un drame étrange et visionnaire, où de mystérieuses figures, lete dor, Çébes, la 1 r incesse , l'Empereur, représentent l avènement des rustres aventureux, la lassitude de ceux qui pensent, la pitoyable déchéance des races anciennes, tandis que des images tumultueuses — souvent nouvelles — évoquent le spectacle des victoires et des déroutes emportant les toules servi les vers les rapines et vers la mort* P Q.

3*o MERCVRE DE FRANCE

ftf*r*t inconnu, V homme privé , le médecin ,. Je savant, d'après des documents nouveaux et inédits t par le Doctbuh Aug. Cabakbs (Genonceaux). — Mademoiselle de Corday, cette blonde Normande aux yeux hallucinés, eut "grand tort de poignarder Marat, — dans cette baignoire qui était la coquille de colimaçon de l'Ami du peuple. Elle eut tort, d'autant plus que, insinuée par le hasard entre les familiers de Marat, elle aurait aussi bien pu en assassiner un autre, même le beau Barbaroux; et puis, elle activa, par cet acte inconsidéré, une apothéose qui se serait difficilement érigée aux hauteurs voulues; d'un simple Chabot, d'un simple Hébert, elle fit un martyr destiné aux bustes couronnés de crêpe, aux biographies pieuses : — mais le peuple, qui se choisit ses saints, n'a jamais que ceux qqi le portraiturent, qui le synthétisent. Sans la folle Charlotte, donc, Marat serait différent, presque inconnu; c|est cet inconnu que le D r Cabanes exhume, le Marat physicien, médeçjn, chimiste, droguiste et un peu charlatan. Le livre voué à cette tâche est fort bien composé; avec science et persévérance toutes sortes de documents curieux sont coordonnés et pressurés jusqu a ce qu'en jaillisse un personnage nouveau. Le D* Cabanes avoue une certaine sympathie pour son Marat, mais il l'analyse sans nulle passion politique, aboutit à une excellente étude de biographie scientifique, — ce dont il faut le louer, sans rancune pour le sujet choisi. R , G<

I*e Bonheur do Mourir, par Auguste Chauvig^é (OUendorff). — Un vieux beau de l'année française séduit une jeune fille. Tout naturellement, ce générai possède un fils -qui s'éprend de la même jeune fille: de là, combat, tirades, torsion de coeur et torsion de nerfs. Le jeune homme part pour le Tonkin, désespéré ; la jeune fille meurt de consomption avec autant de joie qu'on peut en mettre à mourir de la sorte. Roman faux d'un bout à l'autre, mais qui se rachète

par de jolies descriptions féminines, point décolletées du reste. François Coppée peut s'en permettre la lecture ! •*.*

Le Dernier dos Olarencloux, par Ouida (Perrin et C' e ). — Une adaptation ou une traduction de roman anglais, faite avec une telle négligence que très souvent les phrases ne finissent pas, laissant le lecteur perplexe devant les non-sens les plus baroques: Le style est soutenu... comme imbroglio, exemple cette phrase étrange prise au hasard dans ce ivre énorme, une histoire en deux tomes: <t II marchait sans bruit, sans s'inquiéter de la neige qui tombait sur sa tète nue, de Tapre vent du nord qui soufflait comme une bise glacée, »

Il s'agit de la grandeur et de la décadence d'un grand seigneur anglais qui se fait la victime volontaire d'un frère bâtard. Il y a une vengeance commencée par un garçon de sept ans qui dure trente ans. Le reste à l'avenant ! $uand on veut écrire des romans pareils, il faudrait au moins se souvenir que Paul Féval avait du génie. ***

Talleyrand, Mémoires, Lettres inédites et Papiers

AVRIL 1891 tfj r

— Il ne s'agit pas des fameux Mémoires faut et detmia si longtemps attendus, mais d'une correspondante inédit*, ât trouvailles dans les Archives des Affaires étrangères et les Archives nationales, de curieux rapports de police, t Toftt cela, dit l'auteur dans un Avant-Propos, rassemblé, relié war une documentation biographique et des annotations sérieuses, nous a permis de mettre en relief un Talleyraad peu coup* qui éclairera certainement et complétera les Mémoires dont le duc de Broglie nous donne les deux premiers volumes, s

I*a Négxa, par Fa. Tusquets (Savine). — Moeurs espagnoles, ou mieux moeurs de feuilleton espagnol, ce qui n'est pas tout à fait la même chose. Une jeune fille, la AVrra (ainsi nommée parce que son teint est d'une blancheur extraordinaire), épouse un vieux général et le trompe avec le neveu, presque l'obligé, le fils adoptîf de son mari. Comme on le voit, la donnée semble furieusement française* Vengeance d'un fou qui tue enfin l'amoureux après la mort de Famoureuse et mille péripéties extravagantes. Boa roman pour les concierges lettrés. De temps à autre, un aperçu sur l'existence de EH eu et un pur règalia ou un non moins pur hapanc fumé en l'honneur de la morale* A part le personnage d'un prêtre qui ne sait pas le latin, tous les compagnons de la Négra manquent absolument d'originalité. *••

I#a Banque Nationale de France, par E de Werbuocck (Savine). — Opuscule d'un intérêt tout spécial, où l'auteur expose une . combinaison de reconstitution de la Banque de France. X.

CHOSES D'ART

Musée du Louvre. M. J. Maciet vient de faire an, Louvre un don important : un grand Calvaire sur fond doré, du commencement du XV* siècle (offrant certains rapports de ressemblance avec le panneau du Martyr* de St-Dmis que possède le musée) et un tableau allégorique appartenant à cette école de Fontainebleau encore si mal représentée an Louvre. g

On parle actuellement de la création d'une salle spéciale des Primitifs français. Le Musée de Cluny abandonnerait au Louvre les tableaux de l'Ecole Française antérieure à la Renaissance qu'il possède. Voilà un projet excellent. Quand le réalise ra-t-on ?

A voir :

Chez Dumokt, 57, rue Laffitte, des lithographies de Manet, de Redon, des eaux-fortes de WistkUr*

Chez Délasse* yrettb, 5s, rue Laffitte, des MontùML

Galerie Lambert, rue de Chàteaudun, des GuiJîaumin, Raffaetti, Monticelli. j '

comme

fS Jr oxAS ' booleva 'd Malesherbes, un portrait de un portrait <îe M« C. de Sckuffenecker, u n Lautrcc. '

XV. SL?.*™"?* ! rUe Le PeIetier . *, une tapisserie du antw^ "présentant un épisode du siège de Troie, et une autre tapisserie un peu postérieure représentant un mage avec « En vous en est » en devise. 8

D'fu^ïÏÏT^ Jf7"ï J ieDt dC Paraître danS LES HOMME S Srh^ff T ° dt U°« £<?<>», texte de Ch. Morice, dessin de Schuffenecker. - Prochainement Césanne (dessin de Pissaro).

Echos divers et communications

M^ïï ^ lla ^«tenr Laurent Tailhade, interviewé par M, Juies Huret, a iormulé de façon piquante son opinion sur le mouvement de Ja littérature contemporaine (Echo m Pakis du 6 mars 1891. Enquête sur Vèvotution littéraire). Nous reproduisons ci-dessous cet entretien.

J'ai rencontré hier,, par hasard, Laurent Tailhade, et

mme je lut soumettais mon projet d'interview, il acquiesça sous cette réserve que je placerais son opinion partout ailleurs que parmi celles des poètes ; « Ces irensla, comme dit Rivarol, ont reçu leur cerveau en gosier*.

Voila pourquoi je classe ici ma conversation avec l'auteur d Au Pays du Mufle, conversation que je reproduis stenograprnquement, sans commentaire-

— D'abord, dis-je, le naturalisme est-il fini? , <- 'est-à-dire que Zola ne fera plus que continuer dans sa^formule. Quant à ses successeurs, ils se sont v-us forces de chercher d autres éléments que l'observation quotidienne de la vie sur le trottoir. Lorsqu'on eut noté tous les propos des blanchisseuses et des égoutiers, on s est demandé si l'âme humaine ne chantait pas en d autres lyres. Comme la fréquentation des jyens qui se servent de brosses à dents et à Iqui l'usage des bains est familier répugne aux romanciers expérimentaux, ils ont du s adresser à d'autres couches sociales rudimentaures. M, Daudet ayant casé son fils et s'étant assuré héritage des Goncourt, M. Zola postulant l'Académie, les jeunes disciples de ces maîtres inventèrent le roman slave et le drame norvégien, sans compter le parler belge qui est le fonds même de leur quiddité littéraire. Ils ont mangé de la soupe aux choux fermentes avec les paysans de Tolstoï, découvert, avec M. Hugues Le Roux,

AVRIL 1891 av>

les jongleuses foraines,— ces sœurs d'Yvette Guilbert — et surtout créé, avec M été nier, les rapports de police accommodés en langue verte

— Quels vont être leurs successeurs ?

— Il me paraît que révolution pera partagée nettement entre deux catégories, c'est-à-dire : les jeunes hommes qui, n'ayant aucune fortune ni i [( taétier avouable dans la main, se destinent à un riche mariage, ce sont les psychologues; puis 'ceux à qui suffit l'approbation des brasseries esthétiques et d'intermittentes gazettes t ce sont les symbolo-décadents-instrumento-gagajstes, à qui le français de Paul Alexis ne saurait plaire et qui le remplacent par un petit-nègre laborieux*

Un peu « estomaqué *, comme dirait M, de Goncourt, par cette sortie inopinée, je demandai à M. Tailhade, avec un léger ahurissement : "'".!■

— Vous n'êtes donc pas symboliste ?

— Je n'ai jamais été symboliste, me répondit-il. En 1884, Jean Moréas, que n'avaient pas encore élu les nymphes de la Seine, Charles Vignier, avec Verlaine, le plus pur poète dont se puisse glorifier la France depuis vingt-cinq années, et moi-même qui n'attribuai jamais à ces jeux d'autre valeur que celle d'un amusement pas? sager, essayâmes sur l'intelligence complaisante de quelques débutants littéraires la mystification ides voyelles colorées, de l'amour thébain,du schopenhauérisme et de quelques autres balivernes, lesquelles, depuis, 1 firent leur chemin par le monde. J'ai quitté Paris et vécu de longs mois en province, trop occupé de chagrins domestiques pour rn intéresser à la vie littéraire* Ce n'est qu'accidentellement que j'appris l'instrumentation de M. Ghil, les schismes divers qui déchirèrent l'école décadente et les démêlés de Verlaine avec Anatole Baju»

— Du symbolisme lui-même, que pensez-vous ?

— Mais de tous temps les poètes ont parlé par figures! Depuis Dante et la Vita Nttova, depuis même toujours,

appuyi

urne penchante. * . .

Mais, de vrai, les symbolistes, qui n'ont aucune esthé* tique nouvelle, sont exactement ce qu'ont été en Angleterre les euphuistes, dont le langage a laissé de si détestables ! traces dans Shakespeare; en Espagne, les gongoristes dont le parler < culto > sigilla toute la poésie

a *U MERCVRE DE FRANCE

fw!tl? der ^T' de P ui f >« « agudas » amoureuses de Cervantes jusqu a la glose de Sainte Thérèse : « Yo muero porque no muero » (i); en France, la Pléiade au redoutable jargon continue par les Précieuses, que railla et pratiqua Molière ; en Italie, les secentistes fauteurs de si S. P Tf i ,e /ailier Marin, l'AchiHini et tant a autres : « budate o focchi a preparar nietalli f » ( 2 ).

~ tn voulez-vous donc aussi aux archaïsmes > , "~ Le ? ?«haïsmes des ronsardisants modernes ont été fort agréablement rail es par Rabelais, pour ne rappeler que des souvemrs nationaux (car s'il faut en croire^ué-

c°rL e ùtt\" Ecollf °T Chait àS ° n nCVe , U Tibère « * eJlre d * cruauté). L Ecolier Limousin ne parle pas d'autre sorte

que les plus accrédités poètes de notre temps -

« IS.ous transfretons la Séquane au dilicule et au crépuscule .nous cauponizons es tavernes méritoires.... nous meulcons nos vérètres es pudendes de ces meretncules amicabilissimes... m'irrorant de belle eau

no S ctiVs .T Ct StCrge m ° Q a » imedes «inquinamenta

La Collantîne de Furetîères et les amis de Gombault

Sî,? TU^T°. Ie m i me St >' le - II fallut l ue Malherbe \mtetb.tlattoutson Ronsard pour détourner le iroût

françau .de ces chemina rocailleux. Le principal effort des jeunes littérateurs contemporains consiste, comme ie le crois, a découvrir la Pléiade et à la traduire en moldovalaque.

Récemment, Barrés inventait Ignace de LovoIa,aùquel il voulait bien reconnaître des mérites égaux' à ceux de M.Deschanel. Je ne desespère point, avant ma mort, de rencontrer un hardi novateur par qui nous seront appertesles Oraisons funèbres, et qui nous fera savoir quil existe, sous le nom VAthalù, un drame assez honnêtement charpenté.

— Vous avez lu le Pèlerin Passionné ?

— Et je suis passionné pour ce pèlerin, encore que la tacture moins inattendue des Cantilbhe* et des Syrtes par quoi nous fut révélé Jean Moréas, s'accorde mieux a mes habitudes spirituelles et me laisse goûter sans eflort les riches trouvailles de ce glorieux artisan. Sous le même titre {Passiomd PilgrOn), Shakespeare écrivit un poème qu ont fait oublier la Tempête et le Roi Lear Jean Moréas, dont les lectures s'étendent sur diverses

(i) Je me meurs de ne pas mourir!

(a) Suez, o feux, a préparer les métaux î

i ii

AVRIL 1891 a5> .

nationalités, favorisa le grand Will dans le choix de son titre, mais pour consoler nos nationaux emprunt» mu vieil Rutebeuf « le d i et du chevalier qui se souvient *+ sans compter les grâces vendômoises dont je voua parlais tantôt.

— Quel avenir accordez-vous a ces deux écoles nouvelles : les psychologues et les symbolistes?

-^ Ceci est plus sérieux :- je crois q u * 1* premier poète qui,! dans la langue savamment préparée par nos devanciers du Parnasse et par les écoles contemporaines, ex* primera simplement une émotion humaine, et pleurera d'humbles larmes en racontant que sa bonne amie lui a fait du chagrin, ou qu'elle a cueilli des pervenches sous les arbres en fleurs, sera le maître indubitable des générations d'artistes qui viendront après lui. Entre Musset et Verlaine, toute voix sincère avait fait silence, étouffée par les rugissements méthodiques de M. Léconte de Liste, ce bibliothécaire pasteur d'éléphants» Cette circonstance e£t pour expliquer la fortune sans précédent mais non iiljégitime de Sagesse et de la Bonne Chanson,

Quant aui psychologues, MM Bour^et et Barrés ayant contracté d'opulents mariages, Pécole a certainement accompli sa destinée, tout aussi bien que le* héros Siegfried, quand il eut reconquis le fameux anneau.

— Quelle est donc votre formule littéraire, à vous ?

— Je vous le dis tout de suite ;

Je considère <jue', lorsqu'on n'est point un sot, ni un bélître, ni un pion, ni un quémand, l'art de faire des vers est la manifestation intellectuelle d'un ensemble d'élégance qu'à défaut d^autre terme je qualifierai de dandysme, nonobstant Pabus qu'on a fait de ce vocable, éculé par les génitoires de Maueroy et le pied de Péladan. Je réprouve donc toutes les exhibitions ! foraines ou mondaines qui assimilent le poète à un phénomène ou à un cabbtin, et je n*aime pas plus les veaux à deux têtes des parlotes symbolo-décadentes que les Vadius des salons basbleuesques où Jean Rameau gasconne ses pleurardes inepties.

Voilà,

Avec Théodore de Banville disparaît le dernier héritier immédiat de cette — pour nuos du moins — fabuleuse époque de 1850. Bien des écrivains de ce cycle nous sont indifférents, quelques-uns même insupportables, mais le poète àt^ Odes JFumtmbxletqHfs et de tant de délicieuses fantaisies rcs—

~ a 5 6 MERCVRE DE FRANCE

tait, reste un de nos maîtres aimés. Nous nous associons pieusement au deuil de sa famille. associons

-.n5^* PPI ff° ns la 3S£ de M " Louis <*•«»*», j««ne poète auteur d un François Vtlîon représenté naguère au Théâtre Mixte (depuis Théâtre d'Art), pièce un peu g jeunette où s'annonçait toutefois un tempérament d'auteur dramatique.

jours que

ÏTïïcIe." Tl^"\ » C ~ cô^« J ;e 'soTt dament po^t les seules, helas! et nous publierons désormais une liste d errata dans le dernier fescicule de chacun de nos tomes!

Voici un nouvel hebdomadaire illustré : te Messager Français <i8, rue Vavin. Secrétaire de la rédaction : Léon Perrin ; administrateur : Mahius Tréblà). Article de Jules Renard Nouvelle et poésie de Marcel Schwob, Chronique musicale de W,Uv, etc. Dessins de A. Calbet, Lebèjrue E. Rousseau, Camille Langlois. — Nos meilleurs souhait! au nouveau-né.

Réunion particulièrement intéressante r le 7 mars à l'Auberge des Adrets. Parmi les Têtes de buis présentes - Bracquemond Charles Morice T André Lemoyne, Armand Renaud LeveiHe, Constantin Leroux, Panl Gallimard, Comble. Présidence de Jean Dolent.— La petite fiète recommencera le 6 ayrflL

Pour paraître prochainement : La Chanson dm Grillon fPremieres Chansons», par E<L Teulet, 1 voL, chez l'éditeur Jh. Meunot. X

La dernière livraison de La Société Nouvelle (Bruxelles 32, rue de l'Industrie. — Paris, A. Savine), revue internationale, ou la littérature et Part occupent une lame place, donne la fin d un bon article sur Odiîon Redon, par Jules Destrée.

Le Masa*in Littéraire (Gand. Président du Comité de rédaction : Hermann de Baets; secrétaire : Jean Casier. — ?t.» s -' A * T Savuie 1 Publiera dans ses prochains fascicules : Vtlhers ât lïslc-Adam (Henry Bordeaux); La Chevalière de la Mort v Leon Bloyl : Un Fragment de Rnysbroeck r Admirable (Maunce Maeterlinck), etc.

Chez E. Bouhaye, 3 r, rue de Chabrol : Le Sillon, revue mensuelle, littéraire et artistique*

Mercvre.

Le Gérant: A, Vallette

Vanves. — Impr, Camille Dillet, 97, route de Clanxart.

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