‹ Mercure de France, tome 2Chapitre 86 sur 127 · CENT BEAUTÉS DE LA PETITE VIERGE · texte numérisé non relu

CENT BEAUTÉS DE LA PETITE VIERGE

Pour toi, petite sœur de Madame la Vierge, Des cierges, l'on voudrait brùîer pour toi des cierges - Et te faire un tapis des bleus poûrpris du ciel Et que le croissant d*or te soit ua tabouret !" " \

— Est-ce un géranium, les fleurons de tes lèvres? Ah ! tes cheveux, couleur de lune qui se lève, .

Couleur ile poésie et couleur d'auréole -!•'«'. .

-y Ce grand vol triomphal, ce vol de cygnes rosés

S'effarouchant au froid de ces neiges d'automne .

Dont s'effarent les lys et les roses d'automne,

Ce. beau vol, n'est-ce pas le paifum de ton corps?

— Qui donc ne te dirait: Tu seras le jardin^ L'exquis jardin fleuri de lys et de jasmins,

Où, sous le ciel rose et or d'éternels matins, - Grisés d'effluves blonds et d'aurore et de thym. Bondiront des troupeaux: de biches et de daims?

— Il pleut, il pleut, dans les jardins, ïi pleut, il pleure-

— Enterids-tu le silence d r un astre qui meurt?».:

— Ah ! tes mains!... Et tes doigts, qui finissent en fleurs!

Ah ! le puits bienveillant, parmi, les blondes mousses, Blondes, tels les duvets des Blondes I et si douces!... Le charitable puits où j'ai bu bien des coups!...

Ah! tes gestes, pâlis comme un refrain d'autan ! Et ta subtile robe, en effluves d'encens !

Et ton rire de givre ! ah ton rire d'enfant !

; / MAI i$ 9 r ' : a«7

^ . . ■ '■ ■ ^^ J ^^^^^ M f^ M ^^^M JM .^— ^M^^^^M^^»^^^^

, Et jtes yeux, qu'il faudrait pour le bandeau du roi, . Opales qu'on voudrait pour le bandeau du roi; Tes. yeux, ah, ! tes grands yeux, bénévoles étoile* Vers qui vole, eu la nuit, la prière des voiles !

Et tes seins ! Et ton front ! Etta.mignarde oreille Faite d'un peu de nacre et de beaucoup, de rêve !.,. Et tes pieds longs et fins, tels ceux de Ganymède !.„

Tes cuisses i N'est-ce pas celles d'un jeune archange Qu'emporte dans l'azur un beau vol d'ailes blanches? Et ta voix» paradis immarcessïble où chantent

Les Séraphins ailés et les mystiques Harpes!—

Et tes sourcils, tes. purs sourcils, d'un blond trop, pâle !

Et les serpents très ( carressants que sont tes bras l

Et tes ODgles aigus qui semblent des. pétales !

Et ton corps ! Tout ton corps î Et ta tète, si chaste !.♦.

~ Mais ton ventre, on dirait un rêve de vieillard !..

ao novembre r iSçô -.- ■*■.'■/

LE SARC OPHA GE VIF

A Charles Wiest

."/Les Doigts ont dit à la Cervelle : Non!

Et, fors les yeux, maléfiques du Rat, . > Nul doux espoir d*é toile n'éclaira Le ciel moisi du sanglant cabanon!

.■ La Tarentule immonde, en faction, Raille mes cris d'un fou rire moqueur!...

J'ai dans le corps, à. la place du Cœur, Un vieux cadavre en putréfaction — ...

MERCVJIE DE FRANCE

Un vieux cadavre où la horde des vers A découvert, pour assouvir sa faim,

Ou fin festin, digue des séraphins!.^

— Moi! je mettrai, dans mes lugubres vers,

Ainsi <jue dans mes proses, afin qu'au ^ Pmde. je SO i S acclamé le vainqueur

Le plus possible démon pauvre Cdeur !....: ■

— xant pis, si Ton y trouve un asticot!

Les Doigts ont dit à la Cervelle : Non ' Jbt, lors les yeux maléfiques du Rat *ul doux espoir d'étoile n'éclaira r -Le ciel obscur du sanglant cabanon ..."

Le Scolopendre hydrophobe et pelé

Le Stercoraire aux airs de matador/ . •

Le Capricorne et la Limace d'or

S estramaçonnent parmi les bolets, *

L'Araignée acéphale fait le guet. .'," /

pïJ?i' ma maî * ress « aox suçons trop ardents, Plante en mon Cœur tes ongles et tés dents ' L'Araignée acéphale fait le guet;,... ""* !

~ \? is ~ txl les yenx male fiqùes da Rat^ .

T^, n,^f ? »°n cœur, commensale du veri...

lu me diras s'il sent le vétyver On le cédrat, ah! ah! ah! ahl ah! ah! '

iç Mars x8po

G.-Albèrt AûriejL

DECOUPURES

Page 1