GERMAIN NOUVEAU
ET LES.-<r VALBÎsTTmES »
Du recueil de iftaârigaux que Germain Nouveau a si joliment baptisés << Vàiefttïnes », nous avons entre lejs mains seize ■jpièces,;L*éàite]Êi^ :r ya|piier a. chez lui/ paraît-il, le yolurne Recuis longtemps composé et corrigé même sur première épreuve de la main dé l'auteur. Nous nesaVons tro£ pour quelleraison là publication en fut arrêtée. ^
A soit retour de la î^lèstïne, où il avait: passé quelques années, Nouveau fut accueilli à, Pa^s par un airipur que le long isolement subi lui fit accèp* ter avec nne joie enfantine, une adorable reconnaissance, Les Valèntines furent composées à * cette époque. ; '
Ecrits pour une femme, ces vers ne s'adressent en réalité qu'à elle; seule, Elle en est le sujet et ypbjet^ Toutes ses grâces^ toutes ses vertus, toutes ses pèrfectipns "y ; sont détaillées et célébrées par une imagination jardais à court, avec une merveilleuse abondance et une irïfinie variété, Spitirqtfil évoque une à une les beautés plastiques ou mq-»
t*o MiiRCVRE DE FRANCE
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raies de l'adorée, soit que, pour I3 mieux faire valoir, il se pare lui-même avec humilité des pires vices — et Dieu sait la fière intégrité de sa vie
Sauvre et retirée! — le poète a su, avec quelle élicatesse, quel tact, quels spirituels artifices de gaieté évitant la monotonie et l'emphase, diviniser la créature humaine sans attentat sacrilège et sans blasphème. Amour sincère et profond, certes, mais dont la sincérité n'a rien de tragique, la profondeur rien de prétentieux.
Dans ces poèmes de nerveuse allure, de rare saveur et de clair style, il nous a semblé retrouver la politesse exquise, la courtoisie aisée du grand siècle, plutôt que la gai an erie mignarde et effrontée du règne de Louis XV, bieï» que surgisse à la lecture quelque petit abbé érudit et musqué. Une ironie aimable et bienveillante, dont la noblesse est de porter sur les sentiments. plutôt que sur les personnes, y siffle à chaque phrase, merle moqueur dans une tempête d'opéra. Parfois même — et de quel imprévu ! — au milieu d'une phrase la plus artîstement correcte, hardi comme un page, un gras mot^ terme d'argot ou jyron, se dresse, impertinent et délibéré comme un petit coq sur ses ergots.
La dernière fois que nous rencontrâmes Germain Nouveau, ce fut par hasard, avenue de l'Opéra, une après-midi de ce printemps : il remontait de son pas lent de rêveur, sa petite taille cambrée un peu, les yiiux clignotants, comme d'un peintre qui cherche à localiser les grandes masses d'ombre et de lumière d'un paysage, intéressé candidement... peut-être aux foules vives évoluant dans le soleil. Nous raccompagnâmes" un instant. De l'Ecole des Beaux-Arts, où il avait passé sa journée à feuilleter les grands albums cTarchit^ture, il emportait un enchantement. Avec son enthousiasme autoritaire et serré comme de la belle logique, de forme gracieuse néanmoins et singulièrement pénétrant, dont il mesure discrètement les doses selon le plaisir qu'il vous devine à le partager,
■ ^SEPTEMBRE *8*r ' *&
revivant sa joie profonde de toHt à l'heure* interroge ces grandes feuilles où s'ahaiyseni et ïw
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recrûmes, il nous dit son admiration pour cet art
ou 1 harmonie règne sous son expression H' rigoureuse, le ClnlSre, où l'unité s P impJ e , £*££
au S e ?d7^w m K P - rabIe r **>?» à^SX au point idéal les brisures des profils etles aeci
dents des reliefs. Surtout en ce spécial Sn des
architectes, en ces traits calligraphiés, lŒdel
mécaniques que le compas déterminé e Taue &
règle conduit, il exaltait la Lignç 9 ,a
Or, les V <denlines, en leur savante ordonnance de motifs décoratifs, avec, au lieu des wlffinhi" dont nous pariions, leur langue quaTELne amoureuse de pure syntaxe, d^ingéïieuse éSnc^ et de géométrique précision, ne témoiirûerfient elles pas d'un eÔbrt à rechercher, au Sn tout linéaire de architecte et de l'ornemaniste à cet art dont la rigueur et la probité dédaignent lWî£ secours du clair-obscur et de la coulSnr^re d équivalent littéraire? ' orte
Pour nous, la lecture encore une .fois achevée .1 nous en reste comme la vision d'un meuble dé
Ceilini E? n^ gUière ° U d ' Un coffret ** £S2îuto Fellini. Et nous nous imaginons aussi que venant
au mdieu de notre littéraire trouble e?capheuse
eau to^T y h * 9 l t ! ' effet ^un diamant Sfbeïle eau tombé dans un bouquet de fleurs rares fanées
Louis Dekise.