DE SES AMIES
. : ■ « A satnt-Ntcolas au tcmp*auelala*> « domnatt tel guoguelû/sàtgneur de * ^ ™nn?temtnt cagneux et éùnats « en diable mats rçbusfe :au : déduit, et « p, ^ s ^ion un pliant dire de no~ « tre: Jehan Rameau — gardait, contre <c /*awgtf, a sa meilleure pratique le « . morceau le plus dur. » : ■
Vie »bs Dames^ Galantbs.
De Mpntmaxïre ou deVillejiiif, D* Sairit-Omer ojt de Beaucaxre, Siatoïste^ mormon ou Juif, Clerc d'huissier ou d'apothicaire, Maçob aux gestes en équerre, ' Soudrille imbu de chasselas Qu'embrase parfois la maukère, Va dormir cher Saint-Nicolas !
Une odeur de crotte -et de suif Et de ratatouille précaire Dans l'escalier dégueulëbouïf.
Au Ht égayé d'urticaire, lia punaise des. deux Macaire Et ceîspoux que tu régalas, Benoît Labre, se font ènquerrë.
Va dormir chez Saint-Nicolas!
Exécrable au doux monsieur, Cùrf, le boucher succède au vicaire Alternatif avec le -bouïf.
Beau clerc, émule de Vicaire, Dissipant son meiHeûr calcaire»
Pour dix ftancs — prix de ces galas — Rêve aux oulels-naïls du Caire | Va dormir chez Saint-Nicolas,
Ehvoi
Prince, madame Ségalas :
Aux bas-bleus ne. la vante guère.
Mais Jean Choùart s'équipe en guerre :
Va dormir chez Saint-Nicolas;
Laurent Tachai».
*5f> MERCVRfc DE FRANCE
SANGLOTS DANS LA EOÙTIQUE (i)
Le Krach du Livre s'annonce prochain, semble-t-ïl * De divers côtés montent des clameurs; les comptoirs se lamentent; des gens malintentionnés nous prédisent la faillite; enfin les Amériques, qu'on croyait si grandes regorgent de nos bouquins; Java, Bornéo en ont assez* la province se rebiffe, et ïe Tonfcîa n'a plus le sou. — En ces derniers mois s'était répandue là légende" de navires affrétés par les éditeurs, emportant aux antipodes des chargements entiers de Jean Rameau, d'Ohnet et dé t >ute la pacotille jaune. Ou y *»yait déjà l'avenir du roman. Eh bien, non ! C'était une fausse joie; Les ballots reviennent et s'accumulent dans les sous^soL A moins qu'on ne décrète la guerre du Livre, pour forcer à l'achat de lointaines peuplades océaniennes, comme on fit la guerre de FOpium en Chine, voici encore une branche du commerce national qui va pourrir sur l'arbre."
Ces nouvelles sont graves; le dommage des entrepreneurs sera grand.
Mais il faut voir les choses et les dire en quelques paroles sèches : je n'imagine pas que la Littérature ait à s inquiéter. Tous les éditeurs de Paris peuvent fermer boutique demain- matin; pour le profit qu'on tire d'une œuvre, on ne perdra pas lourd. Que la presse s'émeuve et propose les remèdes qui. retarderont la déconfiture je la comprends, et son inquiétude me charme; une belle source de ses revenus tarirait. Les critiques, tout en jouant les dédaigneux, sont même les premiers atteints. Ils sont bien bons quand ils se plaignent d'être débordés de recevoir trente volumes par semaine. Chacun sait qu ils ne les coupent pas, qu'ils en ignorent jusqu'au
(i) Cet article était écrit quand M. Camille de Sainté- Croix parla dans La Bataille sur le « Krach des Gens de Lettres ». Je le prie de ne voir qu'une rencontre dans l'expression de sentiments qui sont les siens — et les nôtres. C. Mkï.
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titre et les revendent sur le quai — en bloc, jPtiis U y a
«.lancer »I — Tout se paye; ces petits bénéfices sont dans le secret de polichinelle. Les éditeura mettant îa clef sous la porte, que vont devenir ensuit™ iS chro„i! qneurs gagés pour avoir V air de s'occuper deVlhîeî
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«ouveau- testament — depuis les quotidiens à demr pour cmq centimes jusqu'aux revues c^mpaS.. *"" • ■ J-es littérateurs ne sont pas menacés de la sorte Sans
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■us le savent et. se resignent. Déjà beaucoup oublient pour eux seulement et let leurs, et'cousidèreifsf o[Jn " a Sf % C?m ^ Un ba ? *^ fic ^s ™ Wrtl«nt point en
ainsi deuv cet, ^ 6 ■*" pU ^ perte ' i,s ec <»°°niisent haute On î« Z' exe mplaires. La question est aussi plus
S™,? !f gUe de donner dçs volumes ,< au pair » ou contre des sommes minimes, fatigué de là promk-
nofJf Ca ^°^«>>tigué d'être dfns la conïe dt non-valeurs y fatjgué d'être à la merci du négoce. Sur! tout, on co£ p ren<l quela Littérature ne doit len avoir
ite 1 J™T° n: En b ° nnè consc «n«, on n'est pas artiste et poète comme on est ferblantier, journaliste, sal-
ï« w? s e ;? cnre I e beaux ? bons U ™ s ™ *«WÏt
rt ïïïS dS PelS et SmCèi : es . sous -^tend des rentes DiTn,È' ^ «W»«-P*^ ^dépendant. C'est un plaisir, une. distraction, un exercice intellectuel, qui porte
mJrr e?,e Se - P - eiûes et ses «compenses;^ c'est un
S ™! V1Vre >.f. m * S ue le veut M.de Sainte-Croix; ce u est pas un metter. . '
Autrement- lésés dans leurs tripotages se trouvent les
pÎSÏÏuJ ?£fiï ^ St68 ' * ^œuvreSSri:
r»£L? i a V, Lltterat » re e st un* métier, un métier qui Perechte diablement. Car il n'y a pas à dire ca ne s écoule plus. L'indifférence, du public L à ce S n tqu'„n article de journal haut coté - faut-il citer? - P qui SS
i!- e ^ er , duc et >™gt . éditions, provoque \ ne ne anjourdhui, la vente, de trente exemplair?». D'aiEeuï'
Eelt^ Statl 'ï?" eS P ^ ,ent dc *™" Wll e ]oïvn£2 cormint , edlteS en , France > dont trois mille romans, comment veut-on que le public achète? Jl est laa, le pul bhc, et trop occupé d'autre part. On l'a tellemenTabreïvé
de sottises, de pseudo-moralités, de niaiseries et d'insignifiances cent. fois retapées, on l'a tellement trompé avec les reclames, les articles dé complaisance, les insertions et tout Tattrape-nigaud de la troisième paire, qu'il ne s arrête plus devant les montreurs. On en veut a sa bourse: il la défend et il est difficile de lui donner tort»
Pourtant, . tout le monde lit! beuglent les optimistes. — Peut-être. — Mais tout le monde lit quoi? — 1$ PeUt Journal, les suppléments plus ou moins littéraires, . les fascicules à bon marché, les Auteurs Célèbres pour douze sous, les ouvrages en solde, dont les piles- multicolores — maladroitement lâchées par les éditeurs qui eussent mieux fait de les incinérer — s'étagent, envahissent les trottoirs .et les devantures des librairies, sur le boulevard* On les a pour vingt-cinq centimes et audessous. Les affiches annoncent 30.000 volumes, 30:000 volumes des meilleurs auteurs. Les bouquinistes en ont les larmes aux yeux.
Parmi les bourgeois, les gens chic,, le public dit lettré, on acheté encore un peu. Mais c'est le dernier de M. Zola, le dernier de M. Maupassant; c'est M. Bourget, M Del- .pit, M. Ohnet, M. Pierre Loti, enfin les dix tomes à peu •près qui forment chaque hiver la production de ces Messieurs les arrivés; coût : vingt-sept francs; hors cela, s'il vient au jour un livre à sensation, on le prend au cabinet de lecture. Je sais bien, jusqu'à présent on se rejetait sur la province, on se consolait en expédiant à l'ëtraniçer^ les éditions disparaissaient, fondaient, s'évanouissaient' que c enetait a mourir de bonheur et de. surprise. Mais puisque la province nous abandonne! Puisque X>étranirer lève les mains et demande grâce!... Ah misère! ah calamites et désolations !
remprunterais avec confiance les métaphores de nos amis les Magnifiques pour dire que l'heure de la culbute a sonne au cadran de la. futilité. L'anguille de l'imprévoyance va « rentrer au fourreau de la déconvenue »• le commerce du livre crève d'indigestion. '
Ici se place un incident comique. On incrimine 1 amateur, le jobard, le bon jeune homme qui paie pour se faire imprimer. C'est le bouc émissaire, le galeux et le lépreux. Si 1 on écoutait les conseilleurs, il faudrait le mener la corde au. cou par les mes, replanter les poten-
tes royales et le brancher sur l'heure. L'amateur a envahi les officines d'édition et donné de l'argent pour faire porter ses petites infamies au catalogue. Lui seul est cause qu'on a baissé les prix, qu'on ne vend plus, qu'on n'exporte plus. Il a trompé sur la valeur de là marchandise. — Comme s'il y avait une telle différence entre le bouquin de M. Tartempion et celui de M- Jean Rameau! — Et voyez comme le malheur rçnd injuste. Sans ce pauvre M. Ceinturon — argot professionnel — les officines auraient mis leurs volet» depuis belle lurette. C'est parce que M. Ceinturon verse dix-huit cent» francs à l'éditeur pour son mauvais livre que l'éditeur peut en verser deux ou trois cents à l'homme de lettres, — dont le livre ne vaut peut-être pas mieux, mais qui a un nom et fait bien dans la vitrine. M, Ceinturon a été la poutre de soutènement. L'édifice lézardé ne tient que par un miracle d'équilibre, et de continuelles réparations réglées avec son numéraire. Il a été le sauveur en sa naïveté. Et vous lui ouvrez les yeux maintenant! Vous, lui hurlez qu'il est un idiot et un misérable. Imaginez-vous qu'il apportait son argent pour le plaisir ? Il se croyait appelé, lui aussi! 11 sacrifiait une somme ronde pour; s'ouvrir la route; il fallait protéger ses illusions, flatter sa marotte et, en politiciens habiles, le féliciter de son dévouement à la cause. La situation se serait prolongée un an, deux ans peut-être, et c'était autant de gagné.
Parbleu, la débâcle devait venir. L'homme de lettres
au vieux sens du mot — n'a plus guère sa raison d'être; tout le monde lit, disiez-yous; tout le monde écrit, ce ■qui est pire. Le mal n'est pas que, de jeunes hommes payent leurs éditeurs, mais qu'on produise trop. Faire du roman n'est plus le privilège d'une caste; c'est une industrie nationale. Sur les trente-huit millions de Français indiqués par le dernier recensement, les noms de ceux que la Société dès Gens de Lettres pourrait accueil* lir empliraient le Bpttin. De par le gouvernement et les principes d'égalité — inscrits sur tous les frontons — chacun a été a l'école, a passé son bachot ; nous avons 1 Instruction obligatoire, et le roman obligatoire qui en découle ; nous recueillons à présent le fruit des semailles universitaires; on est arrivé à ne plus lire que ses livres, se disant qu'on . n^a pas besoin d'aller i prendre chez le voisin, ce qu'on peut fabriquer soi-même.
Et vraiment d fallait être bien mal doué, bien abandonne des Dieux et de ses professeurs pour n'être point
cirait P ° n UnS Comtesse Sara}l ou ^ "«£ <**
„'fl 1C ! momen * se Présente enfin où l'on s'aperçoit qu'il ' n est plus possible de gagner de l'argent en fabriquant des bouquins, nous crierons : tant mieux, la place sera ?T;i e . f™** «* . compromis, Mais c'est une forme hybride e transitoire, forme si bien descendue, si basse depuis qu'elle appartient à tous, qu'il devenait nécessaire
ÎL+ ? n 1 Sf °^!?? r - Le P° £me et le lÎTO-.de vere, formes hautes de la littérature, qui ne furent jamais devente cou!
£ t' il" 6 S ? Dt paS en <I uestion - On écrira toujours <te belles choses, quand on en sera susceptible Et nous vivons a une époque si bizarre, si hostile aux prévisions, qu il pourra se trouver quand même des curieux pourl.es acquérir. -Va pour le Krach du Livré; il n'atteint que le* bateleurs et les négociants. Et qu'ils 'le sachent bien: ils peuvent gesticuler et se répandre en dolëancesce n est pas nous qui en aurons pitié. ■■.'■■
Charles Merki.
SEPTEMBRE i«^i