‹ Mercure de France, tome 3Chapitre 5 sur 111 · II · texte numérisé non relu

II

Lourde pèse la nuit au bord du Nil obscur.

Cléopâtre, à genoux sous les astres qui brûlent, Soudain pâle, écartant ses femmes qui reculent, Déchire sa tunique en un grand geste jimpur,

Et dressé éperdûment sur la haute terrassa : ; Son corps vierge gonflé d'amour comme unfruit mûr. Toute nue* elle vibre { Et, debout sous l'azur, Se tord, couleuvre ardente, au vent tiède et vorace.

Elle, veut — et ses yeux fauves dardent l*éclair — Que le monde ait ce soir le parfum de sa chair! 1 O sombre fleur du sexe éparse en Faix nocturne.»

Et le Sphynx immobile aux sables de l'Ennui Sent un feu pénétrer son granit taciturne ; Et le désert immense a remué sous lui.

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