‹ Mercure de France, tome 3Chapitre 89 sur 111 · LITTÉRATURE ANGLAISE · texte numérisé non relu

LITTÉRATURE ANGLAISE

THOMAS LOVELL B EDDOES

hi£ e ff fP° a *J dra,n ** nr 8f ultra-romantiqtto, macabre, morphites étaient devenues de* raretés pour biblio-

On vient de les réimprimer avec des notices de M. Edmond trosse, ce qm a donné l'occasion * notre ami Arthur Syoraw

mm yoici le. résumé. *

Si Beddoes neit pas un grand poète, il est, du moins, dans le sens le plus absolu du mot, un poète surmenant Lise» ces vers, en vous souvenant qu'ils ont été écrits précisément pendant la période de stagnation littéraire qui attend entre Keats, Shelley, Byron et Browning, Tennyson h 8a i-i8a6) C'est un meurtrier qui parle ; .

/ am unsouhd, dishumaniseà \ unereated;

My Passions swcll and grow like brutes conce\'ved -

*fv Jf'tfare fixing roofs, and evcry iimb '

Is btilotvv and gigantic, ?*M 1 seem

A wild* old n wickcd momtain in ihe air :

And th* abhorrcd consciente of this murdcr, .

2t ui'I grow up a lion, afl alontf !

Amighty-mancd % gratc-monthcd prodigy.

And /air him %n my caves ; and other thoughts,

Sûme util be snaks, and bears, and savage wolves

And when I lie tremcndous in thc désert, '

Or abandoned sea, murderers and idiot nten '

Wtil corne to live upon my rugged sidts/~

Die, and be huried in me. Now it cornes;

I break and magnifv^ and lose mv form f '

And jet I shaïlbe 'iaken for a nian, ' î

And never bc discov:red till I die. ï

« Je n'ai plus d'âme, je ne suis ni un homme, ni une créatare virante ; — mes passions se gonflent et grandissent, imaginaires animaux; — mes pieds sont de fixes racines et chacun de mes membres -^ est houleux et gigantesque, et je vais ressembler- à unesauvage, vieille et miiéraole montagne très haute : — et l'abhorrée conscience de mon 1 meurtre — la voilà qui devient un lion, tout solitaire, — un prodi«ré avec une puissante crinière, une bouche de tombe — et il faut que je le terre dans mes cavernes : et mes autres pensées —seront des serpents, et des ours et de cruelsl loups, — et, gisant formidable dans le désert, — ou dans 1 une mer abandonnée, des meurtriers et des idiots — viendront vivre sur mes rugueux flancs, - mourir et être enterrés en moi Cela commence :—j éclate et je m'imroensifie, et ie nerds ma forme, - et pourtant je serai toujours pris : pour un mort" 1 !' — et I e «»* serai jamais découvert jusqu'à ma

Beddoes est toujours ainsi gran.diloque et impressionnant; son œuvre la plus importante, Z* Livre des Bouffonneries de fa Mort, est normalement un drame en cinq actes, mais il n'y eut jamais r.eu de moins substantiellement dramatique que cette admirable poésie dialoguée. Le génie de Beddws était

n^nH ", 17 "^ 6 : ' aVait ^«^"tion, le don du| style la maîtrise du rvthn.e, le sens du choix des mots, de llonranisa-

nT a Q nt T! ^. P - ra -' "?" de Vrai ***»*«* drUltique, néant. II n a jamais pu ni concevoir un plan logique, ni dé-^

velopper une s.tuatton vraisemblable. La nature hu naine lui

échappait, ainsi que Te caractère distinct* de l'homme et d«

la femme.

Constamment.on tronw, en ses drames» U pins saperbe poésie U ou elle était inutile, mais U est rare àK ««*£££

moraMes™ CCBar ' ^ CC * brèT " ** r ** e *' *M*»«rt *é~ Dans les «cènes qui voudraient être passionnées, c'est «ne constante inhabileté a être naturel. Toujours d* la littérature, — jamais moin», jamais plus. Beddoes écrirait ce ré oralement sans émotion, sans inspiration. Tons se* personnage» parlent le même langage, expriment les mêmes désirs : tous également nous stupéfient par leur vie purement spectrale; en dehors de U chair et du sang, « L'homme est fatigué de n être 9a une créature humaine, dit Siegfried dans LesBomffortes de la Mort , Beddoes s'est fatigué de Humanité, avant même de lavoir comprise.

N'importe, quels que soient ses défauts comme ptycholo«ue ou comme dramaturge, il n'en) a pas moins produit une couvre tout à fait à part dans la poésie anglaise. Les Bouffonneries sont peut-être le livre le plus morbide de notre littérature. Pas une page où Ton ne voie, triste, grotesque, gaie. horrible, apparaître l'image de la mort. Baudelaire lï* pas été plus amoureux de lai corruption, ni Poe plu» effravé par Û€% idées de cimetière. En somme, Beddoes a écrit une nouvelle Danse des Morts en poésie. « Fatigué d'être un homme », il a peuplé un drame de purs fantômes, il a créé une humanité funéraire.

J'ai dit que le génie de Beddoes était plus lyrique que dramatique; il faut ajouter ceci, qu'il ne fut jamais mieux inspiré jïue dans la chanson, — chanson d'un genre très spécial, à la lois amoureux et macabre. Ainsi : .

If thon wilt case thine keart Of love and ail its smart y * Tien sleep % dear, sleep; And not a sortow Hang any tear on jfour eyeîaskes ; Lte still and deëp, Sad sou/ 7 until the sea-toave washes The rim o'the sun to-morrow, In eastern sky*

But wilt thon cure thine heart Of love and ail its smart, Jhen die y dear y die y ■ ■ - ■ ' Tis deeper, sxoeeter

Than on a rose-tank to lie dreamintr With foîded eyt; &

AnoYihen alone f amid the heaming Of love* s stars, thou % lt rneet her In eàstern sky, *

* Si tu veux soulager ton cœur — de l'amour et de toutes

se* brûlures, ~ alors dors, cher, dors; - et pas un chWrin ~ ne suspendra ses larmevà tes cils; - repose en profonde paix, — ame triste, jusqu'à ce que la vague revienne laver — la lante du soleil, demain, — dans Je ciel oriental

«Ma* si tu veux guérir ton cœur — de l'amour etde toutes ses brûlures, alors, meurs, cher, meurs ; — paix plus profonde et plus douce. — que de gosir en rêvant surun banc de roses,

— les yeux clos, — et alors seul, parmi, les rayonnements — des étoiles d amour, tu la retrouveras -dans le ciel orientale

loete lyrique supérieur, artiste de magnificence, Beddoes ex l5 te et restera, non pour la foule des lecteurs, niais pour les chercheurs et les délicats, à côté* d'Ebcnezer Jones et de Charles -Wells - moins dramaturge que Wells, moins personnel que fcbenezer Jones, le rude et tumultueux poète

— mais peut-être, au fond, doué plus qu'eux du génie poétique essentiel ; et n'est-ce pas tout?

Ajoutons que Beddoes, né à Clifton en 1803, mourut à «a.e en 1K40 après une vie assez vagabonde. Fils d'un médecin il fut médecin lui-même, passa même pour un physiologiste très distingué. Ou en avait longtemps douté, mais Ta notice de M, Edmund Gosse est décisive : Beddoes Se suicida dans un moment de surexcitation maladive, — à l'imitation jusque dans les détails, du personnage d'un de ses drames '

LES LIVRES

Chantefable un peu naïve. (Sans-nom :d'àuteLir ni;d'éditeur). — - L autour de .ce livré au titre si peu significatif s'est

le locte, c est celui qui chante derrière un triple, vciie, sans que la ioule lu. puisse faire ■l'hon.m.gc - injurieux, peut! être, apres tout ~.de la joie qu'elle refsent à l'oufr. Me par-

Roi ée ■/«/>.. tG V du Valïony;^.^^ 1 ^^ 1 ^^ vÏaÎ'V ; Li l i< r »} ère « réimpression *> de M. Emile Zola (Emile Keaard ; et les livres annoncés antérieurement.

Aous rappelons aux auteurs et aux éditeurs qu'il n'est rendu compte que des publications récentes.

Il ne ncrqu

. A. Mockef «oit un précurseur de la très or^ienL TJ"&. romane : ,1 veut simplement indiquer par if <?ue £ n „ï™

?™!£ q " C ' et ' maj * ré la volon ** «™ é«dente4'êt«" mole^S

v°È Sé^dVn "P""* lci ,a «"**«*• »*dié *ie et £££ I«,nT, ? des longues geste» : premier regard i m erre il U des enfants vers le* cEoses coutumlerea, émoT^rXwit

âansïelfeur ET*" T "*"*« d " »««• MP-M^SS

Sur "S L dés ^LÏT*? T U *°™ •**«.

" *îl- « • * f d ètre un triomphateur dans l'univenalle

«/*, aussi vaine, -et enfin, a la suite des Voix qui oarîenVl„ nous-mêmes, la recherche de celle dont ^tes le* P autr« S

monstrueuse perversité : ainsi une courtisane usée qufë «rime

raiten Agnès. L'art d'Albert Mockel «tdes plûlcbmDU«s onl

■»«ï Wi q,!il deV ^P«rfois obscur. JeffpStaSrSoir.

^ Umm„„ a X e ' q m U «H S , "f«*'«l.-« daPre etrcce?.ïle

o,r,li; P î„ f q exceptionneHeniènt, .taàdis .qu'ici neuf lois

vers fc£ w£*™ lfe qH 'l » n P°rterait d'éviter. Ainsi tela

Te rêsSuv^?^/" eux : mêm ". rompent ici l'unité d'effet p« « ressouvenir des musiques régulières tandi* n »',;u-„l.îL

tahf »ti i 7 ° nS e i d ? s ass « a ances. Mais si j'oublie un ins-

tant cette analyse esthét qtié meurtrière de toute joie des ve£ comme ceux-ci m 'â^WÀn*- ;«#:«'; ^v--* - * - • :l WIC » uc * Ter» «vit n^f^V. " -/«Î^^HWi^^^^et^ma .peine est que ce ^ P^utrétm -contre U vt»ù du poète;: - : > y " ■ \

"^gue jatlhe atnst que répuist ma lèvre et mon rêve est aussi de ckost disparues

dJÏÏ'fl* '" n" P \ rS < faim "'> '*J' voudrais dire a F Amarylhs Us mots dt mon rêve

A r . B. La Chantefable d'A. Mockel est précédée d'un prélude musical que je ne saurais apprécier avec compétence.

Chansons d* Amant, par Gustave Ka.hn (Làcomblez, Bruxelles; —Le titre du volume indique assez combien l'unique sujet choisi par M Gustave Kahn est familier aux poètes de tous les temps. Aussi faut-il louer sans réserve l'absolue nouveauté avec laquelle l'auteur a su revêtir sa pensée. S'abstenant rigoureusement de toute manière directe de traduire ses sentiments ou ses idées, il les a perpétuellement suggérées en- de symboliques poèmes. Ceux-ci sont parfois de : véritables drames, où, parmi de féeriques et significatifs décors, les nuances d'un seul état d'âme s'incarnent en divers personnages, qui agissent et dialoguent selon l'intensité ou la lueur de vie qu'il a été esthétiquement nécessaire de leur attribuer. Ces personnages ont le geste surtout hiératique et le verbe d'une rare splendeur, témoin cette strophe :

Sous les averses des soleils, Us mystiques tambourins^ devant ses pas heureux* psalmaient les annonciateurs et les bannières des nuées et les arômes de la nier^ et les voiles, grand Ivs de mer, et les calmes de la mer, et les senteurs des haies, et les cortèges en ferveur préparaient les portiques à sa démarche avenhtrine.

Cependant, non loin de tels fastes se rencontrent d'exquises simplicités comme celles-ci :

Je révais d'un oiselet

au un enfant cruel torturait

pour sentir palpiter ses flancs.

Je rêvais d'une terre comme maternelle avec des siestes d'ombre et desfrolis d'ailes et des allées de rêves blancs.

Je révais comme d'une sœur

aux lèvres uniques de douceur

et belle et chaste et femme et sœur.

Il est presque inutile de terminer cette trop courte note en ajoutant que la nouvelle œuvre de M. Gustave Kahn est

le pre- 'ont m-

. . peu bruyants

imitateurs. E. ; D.

Souvenirs entomotogiques. (Quatrième série.) Etudes

sur Vtnstinci et les mœurs des insectes^ par J.-H* Fàbre.

C'est, ici, une revue trop spécialement de littérature pour qu'il puisse être insisté sur ce livre, — dont le titre modeste dit mal l'intérêt et la portée philosophiques. L'auteur est le redoutable et l'irréfutable adversaire des darwinistes : cette série porte à plusieurs centaines les observations, prises sur les insectes et diverses bètes. d'actes impossibles à expliquer

■ .Il

NOVEMBRE i8 9 tV i ?07

pr la wétiode de révolution. H y est montré .qu'en telW ■ ^<^,™#*«Ui8tace- <* »»e science parfei?e S de leur méfaer d'ouvrières copiste avec une stupidité absolue pour tout ceqw n'est pas le travail nécessaire et inéluctable de la conservatmn de l'espèce; il y .st montré encore que Àc-

^SSfS°î Wl f a ces . acteî « d'apparence régis p a r une intelligence et au fond mécaniques, ne doit rien à . l'éducation

ME! Ch A Z * S ?*% ct ™ les P areats »'«<i»ât avant même, léclosion des œufs. Ce livre va très loin, et 2£ Fabre appa* rart comme un des rares savants de ce temps doués du sens philosophique et aptes à émettre, en une langue qui n'est pat mauvaise,. des idées pui ne. sont pas médiocres. * X G?

Vers l'Absolu, par Benoni Glador (Léon Vanier, éditeur)

m j£ S / CrS 5? <C f vo j ume ? e sont «i mauvais ni bons, ils sont médiocres. Rimes et rhythmés suivant le mode parnassien, T~ poncent mdisÙBctement les. sujets les plus disparates: Les epithetes banales -s'y marient avec des images neuves il v a tantôt vingt ans. Le tout. est dans ce ton : *

Sur les calices purs, tout pesants de rosée.

Que les grands lys rêveurs balancent an soleil, L Aurore promenant un long baiser vermeil ■Fait pâmer leur blancheur sous sa lèvre rosée.

Pour comble d'originalité, M, Benoni Glador a cru nécessaire de terminer son volume par une sorte de poënie dialogue ; Le Graah oà il a imité en conscience les menus défauts qui se rencontrent dans l'exquise Fille aux mains coupées de. M.. Pierre ymllard* . E D

^Syptiacque, par William Ritteu (Savine), — Une diffusion savante des gammes chromatiques dans un style à la gouache très rehaussée d'or. Roman-peinture par le soin des détails clairs-obscurs et les tons vifs des toilettes de femme qui sont longuement, amoureusement décrites. Roman-sonate par tous les accords plaqués au début de chaque' symphonie htteraire.C'est peut-être aussi une orgie de tout ce qui est susceptible de flatter les.nevroses wagnériennes; mais quand il n'y a pas qu une histoire d'amour, il faut bénir l'auteur. Tramé légère comme arpégée sous une broderie fantastique de . motifs captivants. Une nlle naturelle de Liszt s'éprend d'un pauvre pianiste. X amoureuse est un corps si' l'amoureux est un cœur délaie désenchantement "final et le mariage bête avec un '

autre virtuose du nerf. A noter une symphonie en or majeur

dune rare beauté" d'exécution (Et, du reste, pourquoi pas la ' harpe des couleurs après la finie à parfums /. ..], et un singulier portrait moral du grand Rubinstein. " *** -

I«e Serpent de la Genèse, Livre I, Le temple de Satan. par Stanislas de Guajta (Librairie du Merveilleux). — Ce livre^ de tout point remarquable, mérite mieux qu'une simple • mention bibliographique; Aussi une.étude complète lui sera -t- '

y& - MfcRCVRH D£ FRANCE

elle consacrée dans un prochain numéro du Mercure II importe en attendant de le signaler à l'attention de tous ceux qui veulent apprendre chez un auteur absolument initié rigoureusement informé et soucieux d'écrire en belle langue Irançaise, quelque chose des problèmes les plus obscurs et les plus captivants de la magie noire. Les lecteurs de Là-bas trouveront a la fin de l'ouvrage des révélations troublantes Mir un des personnages les plus, mystéricu:; du romande M, lluysmans, E D

Il ne faut pas mourir, par Jules Bois (Librairie de l'Art Indépendant; — Dialogue entre Psyché et l'Esprit : — l'Ame buu^iiie et Dieu, Psyché, * lasse jusqu'au dégoût » de son état, voudrait. n être plus, convoite ardemment le néant. * L« rêve stable de primitive harmonie — ce souvenir de l'Eden' — quen rcste-t-il au milieu de ces perpétuelles reri a i>sa ne ei pour une proche mort?... L'immuabilîté qui lui semble chimérique dans le Hîcn et -l'Etre: elle espère l'atteindre dans 1 ombre vide du Rien. » Mais l'Esprit guette sa délaillancc ht r, ce ne sera plus la sublime mais leritc ascension par le Christ. Ineffable l'Ajnour se révèle \ ». L'Esprit pénètre

du divin ». Et

ï sycne. *. emportée bientôt dans le vertige < qu'elle «ne redoute plus d'être quittée : la prière est le «rand rite magique par lequel on conquiert 'Dieu », ^ Les phrases citées sont extraites d'une G/ W < qui accompagne le poème, car le dialogué est ca yer e ^ et je le regrette. Je voudrais que le ^ers ne semt qu'a la suggestion de NncxprimabU. Or, rien de ce que dit ici. M. Jules Bois n'est inexprimable en un,e prose rythmique, harmonieuse et souple — où ne voisineraient point nécessairement, un peu comme dans les romances, les mots : amour et jour, femme et flamme. (p. 15} ; l a majestueuse gravite des sujets ou se plaît l'esprit de M; Jules Bois s'accommode mal de ces petites faiblesses. A, V;

Va. poète inconnu de la société de François Villon. 7\ v ?* KT 'f** DB «errière, poème du xv"" tiède fiubUé avec Introduction, Glose et Index, suivi d'une Ballada Inédite

.Honoré Champion, libraire,: - M. Bijvanck, d'abord, avoue franchement qu'il hésite à rapprocher de trop près — son 1. poète sans nom de Villon, frais, pour qn'on lût cet échantillon d un poète inconnu du xv*- siècle, l'éiiqaette avait son importance Qu'est-ce qu'un grant garde derrière? « La maîtresse du poète, du moins il îe croyait, avait un arrière .garde, .un amant secret, qui entrait par quelque porte dérobée Cette presque certitude exaspérait le poète, au j point qu'un jour excite par l'exemple de Villon, il voulut crier sa propre honte a la lace du monde et. bravement jeta ce titre sur le papier : Le grant garde derrière . » .

Il est, en plus d'un point, exquis, ce poème, et îl faut vivement remercier M. Bijvanck de nous l'avoir fait connaître.

s^iï^&a^ cbo ~- "c— T-u

Un petit jars danse selon le tentas.

Uni se tricote au stile de la court - /V« suis ouvrier, mais je tourne trop eourt.

A n»»; t ;Â**f 4 W *** 7/ ï r '" pW ^semble' A quoy Ucni-tl que tout te tueur me tremble,

Quant tl me faut danser tes quatre pas?

Il continue :

Bien pert sa peine, qui se me sic d'amer.

iJ^Sr^i^^^ dc "■-*«*.« baise

Mais c'est sans feuille, bec à bec, nu à nul %}: J atl c , r <> lti > f'» rapporte une moue, Uteu sache que fie, — toute pleine de boue.

Il ^*;™J eUX : n ; garde U erotie eon,n »« «»• «lique. et fièrement? 5 V ^ "*" " mCtte <n traV «" de «*• ch «.™.

Quanl un autour son gibier a marché Ce n'est raison qu'un buisart le luy tille .- Arrière, escoujle, depuis que t autour vole.

leSt D M d R& 0n i. lep0è ^ <ï" e i»**e «*** pour en donner

néd£ J?P? a } Z™ C l?» mp i ete " brochure avec une ballade

!5»« ♦,./ f**" 00 " Vll, on a «a Dame. H w réserve de donner

ajoute*-1l ^T 5 ? ï S ° n < «««rtieHé. « Moi-même ajouie~t-u, j eus le bonheur, il y a quelaues dno^i h-I

qu elles portaient sa S1 g„ atu re en acrostiche dan. leu? en-

ï ^ ( T 1,ala . Va l CUr d<S la P etite «Couverte, même a ml P - P«. dC V ^ e "'«P 1 *™*»* biographique, elle était bien mince. Pour Villon r.en n'était changé. A y avait seulement deux mauva.,es poésies de plus. » — % ut -(l dire : trois™

n?t;«?fii M ' * ,oso * (SavmeJ. Hedda Gabier est une ^lc5?T ,Uel,i< rt *»W«««: '«' a soif de vivre "ne H'h^i d ", bour S colse cossue, de femme coquette et libre

venir tV^™' t0ttt ^ Mra ">»"he-pied, Vyen de pari

Le dansVnri î *V l ,ndost ™ domestiqué au moyen-! a été un* iff^^ nt * , et f em ï* t00t de snite nn imbécile Mît ffa,rC £ calcul •' elle est fille d'un général et veut

danU*°Ti r ^? ; Tes,na " éta j* 1« Pl« «*rieux §e «V prête", somme. «S?. nOD,,né P rof ««»- «t touchera de grosse. sommes, Hedda songe même un 1. -.ment à le pousser vert la poht.qne; elle donnerait des soirées, aniait soi cercle7'ado!

Jio MESCVRE DE FRANCE

rateurs et d'intimes, .des domestiques, cheval! et voiture; mais Tesinan a si peu de moyens! Tout cela avorte et tourne au grotesque. — Henrjk Ibseu a voulu montrer qu'il n'était point d'union possible entre gens.de castes différentes, de milieux divers. — Hedda, fille orgueilleuse, volontaire et fantasque, a mal à l'âme, s'ennuie à mourir; elle '-n'aime nen ni personne de ce qui l'entoure. Exaspérée encore par un état de grossesse, la voila condamnée à vivre intimement près d êtres qu'elle méprise presque, d'é très odieux et ridicules, d*etrcs qu'elle estime intérieurs et qui l'assomment de leur tendresse et de leur sollicitude. — A la fin) elle se tue pour ne pas tomber aux mains de l'assesseur Rraçk, un vieux beau, l'ami du mari, qui profite de la première occasion et veut se faire accepter comme amant. Çlle se serait peut-être donnée, jur ennui et lissitude ; son amour-propre se révolte à l idée d'une .contrainte.

Les personnages de ce drame, on doit le remarquer, sont d ailleurs insupportables surtout à Hedda, qui ne se résigne point, qm. n'en a, sans doute., pas. même la pensée. L*s taules de Tesinan apparaissent comme de bonnes vieilles qui se sacrifient, pour l'aisance du nouveau ménage; Tesinan égoMe et pusilanhne, qui ne vo't rien au-delà de ses petites paperasses et s'effare d'un concurrent pour la chaire de processeur qu'il convoite, est un caractère doux; il a bon cœur et $ attendrit quand on lui rapporte d'anciennes pantoufles Luevborg, le concurrent, est un cerveau fêlé, un utopiste rv-rogne qui serait presque sympathique; son Egérie même, rhea. Inspiratrice aux cheveux d'étoupè, un type curieux des mtheux littéraires du nord, peut se dévouer et prétendre au romanesque. — Mais quoi, chacun découvre un côté de ridicule, un trait caricatural que L'aristocratie énervée d'Hedda n accepte pas. Elle dépérit dans leurs bonnes intentions parce que personne ne cherche à la comprendre, à l'aider dans la vie, . à lui montrer la route qu'il faudrait, et se tue de degout — avant toutes choses - de rancœur, dé spleen, dans la desespérance du lendemain. .

Bien d'autres aspects seraient à signaler dans la nouvelle, a; ivre d Ibsen, mais il faudrait dépasser la mesure d'une note bibliographique, lin somme, c'est la du bon théâtre et très jouable a côté du grand poème décoratif. On a parlé démonter Hedda Gabier au Vaudeville; l'aventure serait amu- ^sante; le public ne comprendrait pas; la presse dirait des bet.ses; M Sarcey, encore une fois plongé dans la pluralité de La stupéfaction, nous servirait une de ces joyeuses chroniques dont il a le secret. — Pour nous, ce serait le cas de reparler de cette pièce curieuse et de l'étudier plus longuement * C. Mki*

BeprAMllles, par Geohgh Bonkamovr (Savine), — Psychologie de femme et de jeunes grands mondains à la Bourges Livre cependant personnel par la forme très froide comme discrètement analytique, de M. Bonnaniour, qui

NOVEMBRE 1891 ,, t

semble, de ci de là, avoir peur de ses propres fougue* Juliette surprend sou mari dans lc$ bras d'un*? cabotine à crinière rousse; elle croit se venger en tombant assez piteusement sur la poitrine large d'un viveur, lequel cueille les femmes pour le seul plaisir de grossir son bouquet. A cdté de . ce draine, déjà suffisant, des aperçus, des esquisses, dés portraits pn s dans le monde politique et artistique. Des luttes fiévreuses sur le terrain du combat pour l'amour et des orages dans le ciel parlementaire. Le type de Vimcusc. un écrivain fils et frère de fille, est d'une jolie perversité contenue, intéressant par ses brusques tressants d'honnêteté ses rechutes dans la volupté, ses folies cérébrales, le «arçon intelligent que les abjections détraquent tout en lui étant nécessaires. A la fin du livre, quelques lignes vraiment belles et bonnes, poignant et consolant à la fois comme ces mélancoliques paysages du nord de l'Angleterre où tout est d'un ordre grandiose et -en même temps voilé de brumes, morale de 1 œuvre qui s'enveloppe d'un scepticisme élégant. ••*

en reconnaissent sept. M. Chaigneau, dans une remarquable étude/où il emploie successivement la méthode analotfaue et la méthode expérimentale, établit que les sptrites et les occultistes sont, au fond, absolument d'accoid, les premiers comprenant sous une seuîe dénomination des éléments dont les fonctions sont analogues, mais que distingue l'analyse plus minutieuse des seconds. E. D

A toute volée, par Marc Stéphane (Savine). — Des nouvelles laites de;rfc sur des sujets bien étranges, tels que 1 introduction dune ecrevisse dans le pantalon d'une jeune personne. Du musc, du patchouli; par instant, des illogismes de bas-bleu et des outrances de collégien qui a peur de ne jamais en dire assez. Une citation au hasard * « Ma jritfolette était une brune toute frisée et gamine, qu'avait poussé su' les tortiis comme un champignon dans de la merde. » •••

Idylle russe, par Doxguixe, traduit par X. Koupriawoff

flL^Tï' RIEE - {Pilri ?' G ^ tU <?"*****)• - Une des mille formes de la niaiserie sentimentale et de l'accouplement ftaîloslave; de la littérature pour les demoiselles, avec des petites fleurs bleues et des fautes de français; une préface d'une bêtise alarmante, mais point factice, déclarant par exemple

« La note sympathique qui est apportée par N asti a sera certes goûtée, les lecteurs s'éprendront de cette héroïne ch a r-

DimHri et * d ' UQ rCgrCttcra de n ' étr€ POiût à la place de

* Le vœu sincère des traducteurs comme de nous-méme

*® *v= ysi Jr a. sa.r- '"*-»'

« Vive la France !.. Vive la Russie !.. „ * " Allons, tant mieux; jeunes filles, allez en naix »t „„„

les ,ournaux de modes vous soient' propices! * 'c "mL?

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