MATIN DOMINICAL
-4 G .-Albert Aurier.
rancesf 6 j ° ies quî ^Vàrie dans une vasque d'espé-
me S rT]!ï nffT* S °- a - ire éparpillant une pulvère d'or, la mer^belle offre son ir,s calme à là terre jolie. Un navire
S^'A 1 f ^ le < ^T' nien 8 Ie en Pa^nce vers uj lointain bercail où les pâtres oranges, rouirea, noirs aux plumages sur la tête et sur l'échi^e^nt^es o„S« s ! longs appelés javelots. 8
Fm JWl4 ChOSe déga * e ^ e ''aristocratie comme une llr- °, rd caracolant au Hy4» Park, à l'heure du fiancé ^Meme les oiseaux ne sont plus des oiseaux, ma^ïnt ment deux moustaches-de-brise avec, au mitan, quelque
te^r'lTv r*n hlI ? ndene V ° US « icIe •<*"»-, flècne i?3^ -J . Q - uanl aux moutons, sur la hanche de la colline, Us évoquent de grosses carêmes de nourrice • grosses caresses qui auraient des pattes. noum « •
inS^Ï^ me éis M ,e J f ™ u,ti Ple impression dW paon épanoui, d> concile de faisans, d'un jubUé de lèvrïs et
i4 MERCVSE DE FKÂNCE
de seins vierge*, d'une corbeille de désirs, d'une passer menterie d 1 idées juvéniles.
Si lès matins avaient tin nom, celui-ci se nommerait Tendresse*
-. Tenàresse à ce point étrange, et. s*infiltrant avec une persuasion telle qu'on se demande si le spectacle s'ourdit hors ou dans vous. Ce matin est une âme : la nôtre, jjp présume.
J'évite d'approfondir, crainte d^anéautir ce charme qui est une illusion sans en être/ une. Or c'est exquis <Thabiter cet Instant limitrôphant le rêve et la réalité '; pays de rinexistence-de-rhomme, à moins que ce ne soit celui de I T Existençe-dè-Dieu, Mais ïfapprûfcndissons pas, sinon l'enchantement va se casser comme un joujou. Plutôt évanouissons-nous dans cette limpide féerie de dimanche.
Rêverie...
O ce vertige! De par un tas d'oscillations ténues, et comme si la Nature soudain voulait marcher sur les mains, les Papillons et les Fleurs semblent s'intervertir. Et ce phénomène, on dirait qu'il, se reflète en mon -être bizarre. Une aile de papier se pose sur mes genoux, je l'endeuille de ceci :
Mou Ame gît* Taile pe saute de. vils deuils;
Mon Corps s'envole, ayant aux flancs de beaux orgueils*
La pécheresse cuve la maligne absinthe f Et le fol cingle vers les cimes d'hyacinthe.
(La Fleur a pris Toffîce du lourd Papillon Qui versa vers la tige son bref pavillon.)
Mais le Corps n ? a pas su savourer le ciel tendre, Et mon Ame n'a pu sur les cailloux attendre.
Il s*est brisé l'orgueil sur les cailloux d'exil,
A jamais Elle a fui vers les saveurs d'avril. „
(La Fleura regagné sa tige malévole;
ïl est déjà bien loin le Deux^Âïles jErïvole.)
Las! j 7 ai voulu savoir ; aussi, ca ssé le joujou! Le sable et le son du déboire m'inondent* Maintenant la Tendresse ambiante me chagrine, et suis triste, comme une petite ïllle devant sa poupée qui, le ventre ouvert, sourit quand même, impitoyablement*
36 avril çr*