‹ Mercure de France, tome 4Chapitre 11 sur 140 · EDISON · texte numérisé non relu

EDISON

« Puisque, l'homme a prostitué le verbe en

des jeux de, langage et Ta stérilisé en lui, ilest . devenu naturel que ce soit la machine qui. prenne, la parole. . ' ■ / ,

•; « Edison, tout à coup, releva la tête : .

«—Je suis injuste i....sMciia-t-il. II est incontestable que les enfants de* ce siècle de courage, délateurs et de lumières ont articul4 d'admirables syllabes, *et le plus souvent même avec de ces voix assurées dont les vibrations eussent été des plus réceptibles pour r.embouchufe de moit appareil. Voyons/ récapitulons un peu les principales I :. r ■ ■

« L'accent dont furent énoncés tous les inots hé- roïques d'autrefois est perdu . pour . l'humanité, . depuis le « Viens- les prendre ! » de Léonidas jusqu'au propos si ferme que tint 'cet officier françaisâ la bataille de Waterloo "I/.„ Certes^ il esti déplorer, dans le cours de Thistoire, l'absence d un esclave emboitant, comme on dit; le pas des grands hommes, et ce, le doigt sur la manivelle V de mon engin, prêt à recueillir leurs adages spontanés..,. D'accord! mais/oç doit s'affliger au

(i) V. Mercure de .France, tonte II, page -t. — Ces inédits et ces variantes ne^sont donnés;, qu'au seul titre. dé documents pour les cntiques, futurs. , .*']'■

moins également de cette même vacance dans lés temps modernes I Aujourd'hui, en fait de cris héroïques, n'aurions-nous, pas eu, tout d'abord, à. enregistrer dans TOccident le fameux <aPas %n pouce Y... ^. de ce magnanime avocat parisien dont le nom m'échappe,.. Comme devises patrio- , tiques, si nous ayons perdu celles d'Autrefois, depuis le « Pro aris et focis /....» j usqu'au « Montjoye et saint Denis A 3», en revanche, Aujourd'hui, n'aurions-nous pas eu r toujouis en France, le bienavisé^ le péremptoire « Enrichissez-vous /....» écrié du haut d'une tribune nationale par cet illustre député puritain, nommé Guizot, si ma mémoire est fidèle ?... En fait de mots artistiques, depuis T « Aftch 9 io soiï 1 piitore /.... » du Corrège, jusqu'au « Faites des perruques /.„,» de Voltaire, nous en comptons beaucoup dans Autrefois, mais, Aujourd'hui, nous aurions, ce semble, le cri prudent et si entendu de l'Esthétique moderne :

« Ne nous montons pas la tête! Du câline! Soyons médiocres ! » cri de ralliement.: imprimé chaque jour dans toute gazette sérieuse (i), —En fait de mots scientifiques, si Autrefois est à regretter, " ' depuis VEuréka, d'Archimède, jusqu'à l\jb pur si muovel..^ de Galilée, n'aurions-nous pas, Aujourd'hui, cette parole si justement admirée du grand physiologiste Moleschott — (et si profonde même qu'on peut la retourner sans.qu'elle perde rien de sa valeur), — savoir : << Sans phosphore, point de pensée '..„» — En fait de formules résumant l'inV telligence d'une époque, si nous ayons perdu dans Autrefois le cliché de certaines affirmations mystiques ( des plus admirables d'ailleurs ), comme celles-ci : « Dieu créa V homme à son tniage ! Il Fanima d'un souffle ! Nous sommes les consorts de. Dieu! etc. » r nous en eussions eti de bien autrement « sérieuses >> de nos jours. Quel dommage, par exemple, d'avoir laissé échapper sans l'em-

(i) Sous cette forme ; « Soye% médiocres^ Messieurs !» le mot est authentiquej il fut jeté un jour, avec véhémence, par Saint- Marc Girardin a son auditoire. — É. G. ,

■ JANVIER ..iSpa ■

prendre phonétiquement (avec . l'organe, doctoral

: dont on' a. dû se servir pour l'émettre) la sublime

conclusion, proférée en AUemàghe, desefforts de

if. îr^ 1 ?, 10 ^ -Sterne, savoir : . « En vertu de

■ .1 indéniable loi d adaptation et. d'hérédité, brincUe

; -et fin du .développement des êtres, l'homme n'est et

- . ne peut être- (et ce,- après d'innombrables êvoîu-

■y Jions de sa monère primitive) que le résultat de la

sélection dit quadrumane-type -dont les .vestiges '

doivent, êtres retrouvés dam. Vtle de Ceylan' Cet ■■ . individu préhistorique appartenait à ces familles = simiesques do nt le systèmepilèux tend à disàaraî- .' . tre. » — Ah ] qui ne regretterait, du fond du cœur que cette assertion éblouissante,- résumé de lW ' P nt de not re ère, n'ait pas été recueillie pieusement au .sortir des " lèvres du professeur, inscrite • sur le phonographe, et mùgïe ensuite, par mes plus. puissants aérophoiies, aux. quatre points car-

" % d t '* H ùlve " U ' V*>te, voilà là bonne

nouvelle !..., Nous sommes fixés,. maintenant ! Ou sont les chœurs ..d'anges de la huit de' Noël ■? lit les çhanlts des bergers : sous l'étoile des mages?

m.usipns de 1 enfance humaine! La Science, c'ât la Ve "* e J;-;. J Sl > de J a ? eu tr o'P sincère' de Hœckel, le papedlena, ce. typé. ancèstoriâl de l'île deCeylàn, . jl a . P as ete encore retrouvé ,. malgré les plus ■ légitimes espoirs, qu'importe ! ... L'essentiel ri'est- U pas que la phrase soit ^scientifique, c'est-à-dire feS 63 ° nt tont paraît confirmer la solidité, le ', . désintéressement, fa méthodique expérience ! — • : Quelle sensation d'évidence n'.éveille^t-eUe pas en toute conscience;; impartiale! Quelle intrépide. bonne fpi^quelle subtilité de coup d'œil analy! tique^Uedénonce-î Quelle compensation inei • . peree nous eussent offerte les clichés galvanôplas^- • •

a Sf fi S / y ^i d °^ eUe se impose,, si nous ayons perdu les vibrations de celles quiexprîment

Autrïffe lilUSOireS i et ^^gogiqles ISSées ' ÙbST' C n mm tf les Tassements de notre- SES™ "\ S Ue S? ? u P é riorité s'en émane au point .de vue du Vrai strict, tout sèc et propre- ■

METtCVRE DE FRANCE

ment dit! Voilà, enfin, du positif, et. non. des rêves I.., .';.. ■:/..■

« Loin de moi, certes, de disconvenir qu'an seul titre — (bien .entendu)— de curiosités archéologiques, certains mots... heureux... d'Autrefois ; eussent mérité les honneurs de la galvanoplastie. — (notamment le « Vous les reconnaître^ par leurs fruits / 3» et le « Je ne vous prie pas pour, le mondeH) — mais Ton ne peut refuser au mode d'en- . tendeitient actuel, tout récemment conquis par les tendances et les efforts des cerveaux de notre es^ pèce, la déférence que commande la si incontestable supériorité de ses axiomes.^La science déli* vre, c'est évident ; eUe prend cher, voilà tout. Bah ! Soyons grands seigneurs, ne marchandons pas. Encourageons-la par curiosité. C'est le devoir de tout bon, citoyen de l'Humanité moderne ;»,

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