‹ Mercure de France, tome 4Chapitre 122 sur 140 · LES XX · texte numérisé non relu

LES XX

Dans un article, d'une date relativement peu éloi- ' fi-née':M. Octave Mirbeàua rendu justice ainsi quil . ' convenait au grand et vénérable artiste qu'est Camille ..

Pissarro. Mais* .parlant dès transformations de tech- .

nique adoptées par celui-ci, n'est-cepas, sinon une mf or- ■

motion insuffisante, tout au ^^""S" •

■ tice que de n'avoir même pas nommé Georges Seurat^ • HnstWateur de cette technique ? Sans attacher à

celle-ci une importance exagérée, ne peut-on dire qu il a droit à la reconnaissance des artistes celui qui apporte un procédé nouveau permettant a des efforts, immiissants iusqU'à ce jour, de se manifester yicto- , rieusement,el qu'il est pénible de le voir frustrer d'une .

^MortSnernier, au .milieu, d'accablante travaux, ■'■ ieune et très clairvoyant de ce qu'il voulmtaccomplir, . Seurat n'a laissé que ,1'imposante ébauche de sa des-

25e vLes XX, auxquels il avait apporté de > l'inconnu,.

iVn'V apas si longtemps, se devaient de réunir dans

assure possible, l'œuvre âél ^ e ^r Tllè^>Te sition actuelle -29 numéros^ soit ^*<»°»?Jg£ e . et pèrmëtte.àpeuprès de se faire une idée d ensemble

■plusieurs toiles désirées - telles la Baignade ^ la . Grande Jatte, le Chahut rr manquent. Mais avec ^e début, Parade.de cirque ; les Poseuses, cette. Joge merveilleuse déjà classique ; le Cirque le dernier onrand tableau; .^admirables paysages de mer et de. leuvés et. de ports- :-C«« d'un bassin,. Hospice et

.. Phare, Entrèe.duport,Èmbouchure-de la Seine, Hon- ■

«evr-^ Avant-fort marée haute, Avant-port marée

. Ssss^Port-en-Bessin ; te chenal de Gravehnes,unsoir;

Le àhenaî de Gràvelines direction ds la mer {les

■•" deuxmeilléures peut-être parmi les mannes exposées . ;

enfin une sériel dessins évocatifs ordonnent le plus

" ■ - ■ Sand respect pour celui qui nous, a donné, avec quet

lues œuvres définitives, des indications grâce aux-

• .quelles d'insoupçonnables trouées en avant pourront

^'inté^dominànt de cette neuvième ; exposition des XX va vers le groupe néo^impressioniste. J^anm

■ £ toiles de ; Seurat,. sifioh le Cirque „vu. l'an.dermer.

? 4a MERCVRE DE FRANCE

aux Indépendants mais ignoré à Bruxelles la nhinarf

voir le chemin parcouru depuis quelques S après les gloussements ahuris* devant L\ s premières peintures divisées, . si quelques-uns qui- ne* vSleS

fi^ S ^ V ^ Cer P rotestent ™°™ devant telle ou teUe figure des Poseuses ou du.ÛV^,, tous ont fini enfin par oublier le procédé, et, choie amusante se servent des marines pour soutenir leurs restrictions au S

van fc^be!X e ^ ment V U ? ^ W££H£ J*rL£/u ? rgh ? ex P°se trois portraits qui déconcertent les plus acharnés adversaires de ceinilheîireuy- Hfe 9f- S1 Semât "et Signac ont éprouvé^ueW difficulté à. faire vivre leurs leures • £ wJ^Ï^Î?

igures — et encore en ce

berghe a su mettre dans les silnnes une vie ïntenS: une couleur admirable. Il est peut-être le nlus pèfntre

rœifet U Fo;ïn œUVre$ S °, n ^ es ^hante^ents W i œil, et 1 on éprouve une véritable jouissance DhvsWl

™ hhX * mtun i té P^re et caractéristique de ses

S qul e narfoL e S S 6U f* ■*?" ^wfl-Snaintti? montrée! et que parfois la profondeur, que nous cherchons ™

da^ P JÏ S ^ tati0 + n *, telle in ^uaUté se perdïn ' P eS dans le décor total, quelqu'adéquat qu% soit Tu

• avonVhi 0n Ve ^' , Ua ,P eu a fleur de toile, mS "nous Sïï^îX'AJl — tante é V0lutioaqtte ^

Paul Signac n'a pas eu tort, de donner de* ™™a

nI° C s?, s y m P ]l0nie d e la mer. Z« £àr*««, Conear-

renTs 5 ^IT ""^î' SOU l des as P<** s &ra SS5-

SdesXft 16 ^ 6 froid ^ ^ peu sec des.

desTêche^Jri 1 ' ^ <ï ue le *?* encomendormiforce

nrl-^^ à mettre en marche leurs barques à coutil

vers îes Heures violettes des crépuscules et Whâr

SiSîVSStfcî^ f<M ? n ,î les *35 Si KS:

£« k, etIeurfont croire qu'elles n'arriveront iamais • les barques ragent de ne pouvoir aller aussi "Stert 1

tout £ re ^ SC , 0mm f lasses > des enavant plus noueux tout de suite, dans la grande résignation' du fsofr ^

f wf î C3lme de l midi ^ brûlan * oÇtouâs vofles 'de*

i iSri^î/T 69 b0Ugent a P eine * ^ semblent dorafr insouciantes des rocs ados de crabes oui émew«,t -

AVRIL i«9 a 343

La limpidité de F eau, la transparence- de. l'air*, les jeux de lumière dans les petites vagues, et la faite', des horizons, : sont atteints avec une sûreté et un bonheur prodigieux.'.

Le portrait de M. Fénéon, tout intéressante que puisse être la tentative de cet < émail d'un fond ryth- , - . miqùe de mesures et d'angles, de tons et de teintes, > est une œuvre ratée. Parce que; dans un portrait, les . lois élémentaires d'harmonie exigent que Hiitérêt soit attiré par la personne décrite ; or, ici, le fond, le décor - l'emporte d'une façon si exagérée que M. Fénéon finit par disparaître d'un tableau qui, en somme, est son , portrait. Il y a là une erreur évidente dont M. Signac doit s'être aperçu le tout premier; mais de pareilles ,. erreurs honorent les esprits assez chercheurs pour

"les oser*- . '- ■ "

Les marines de Wiïly Finch dénotent un grand progrès. Quant à ses; projets de décoration tirés des - mythes,, basés, comme le portrait de M. Fénéon, sur des théories peut-être trop rigides, si nous y décou- . vrons un effort intellectuel,; nous n'y voyons pas de résultat d'Art. ■'■■■''.' « '■ '. \

. Lucien Pissarro^ outre deux peintures un peu indécises et insunîsamment personnelles, expose une série de gravures sur bois d'un très grand charme: des enfants dans toute la : grâce de leurs allures et de leurs attitudes, parfois si adorâblement gauches et comme malicieusement maladroites . De plus, eh ces planches ; il semble y avoir des recherches techniques d'un procédé injustement négligé et qui mérite" la rénovation que Lucien Pissarro tente avec quelques Anglais, ses . - compagnons de travail.

L'envoi de Luce ne peut guère être considéré que

.comme une carte de visite, ' .

Ce groupe passé en revue, il né reste plus grand*cho.se à signaler* Mellery eût vraiment mieux fait de ne pas envoyer les toiles exposées cette fois. Meunier,. un petit groupe en plâtre, V Enfant prodigue, très -.

empoignant. /. .

Séduisent par leur grâce et la fraîcheur de leur

coloris les planches, pointe sèche et aquatinte de

Mme Mary Cass.att. Cet Essai d'imitation de V estampe

, japonaise charme par l'habileté qu'il dévoile' et la joliesse d'aspect de ces japonaiseries si européennes. De Toulouse-Lautrec affectionne certains milieux

: qu'il reproduit d ? ûn crayon impitoyable : une surprise :

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cependant, une exquise petite tête, de femme, malgré . • Pieu sait" .quel vice latent. -, -v '■. ""..■■.-

Herbert Home, peu de chose, pas très personnel peut-être, car cela rappelle les admirables livres fran- . çais du XVI mc siècle. Mais intéressante, cependant, cette rénovation de l'ornementation du livre, si oubliée à notre époque d'entreprises de librairie; de délicieux ornements, lettrines et culs-de-lampe, une planche . gravée sur bois : Diane^ d'une souveraine beauté de lignes et de tons.

De Georges Minne, un dessin d'un empoignant et douloureux symbolisme et d une incomparable simplicité : Un don de majorité. Le- père et la mère, ah ces ■ têtes navrées ! couchés côte à côte, regardent la voie de vie en laquelle va s'engager celui qui aujourd'hui : les quitte ; hélas, ce ne sont que ronces enchevêtrées, et jusqu'aux lointains les plus, vagues, des ronces. et *. des épines.. A côté, une voie -fallacieuse où -brillent, ô les illusoires étoiles Me reftet'sî trompeur des- étoiles, \ froids clous d'or d'un firmament inatteignable et indifférent. . . ".. -'.,■■-." -

Toorop, qui nous semble l'un des .mieux doués parmi .la génération actuelle, a grandjpeine à conquérir; toute sa personnalité. Il l'enlisé toujours dans quelque souvenir d'art <iont, grâce à sa vitalité propre, elle parvient, mais incomplètement, à se dégager.!/ an dernier, nous croyions la victoire complète.Toorop nous revient cette fois avec sept ou huit toiles dénotant au moins trois influencés ou manières différentes transformées • en- passant par lui : Une génération nouvelle, tableau symboliste et trop littéraire, est encore une fois une bonne erreur que ne font pas complètement oublier : des tons superbes. Sans atteindre au rébusîsmë pré- * tentieux d'autres peintres^.le sujet est d'une compii- ■ cation que rejette, nous semble-t-il, un sujet de peinture. Devant la vanité d'aussi sincères efforts, nous sommes tentés de dire comme M., Georges Lee ojnte : i « Laissez-nous ces besognes; à nous littérateurs >. A côté: Une hétaïre, d'une comprèherission infiniment plus claire,est une merveille dérouleurs. Les Vieux songeurs crédules sont aussi concis et empoignants que des gothiques, et la Marée haute nous, rappelle, mais avec moins de personnalité, les toiles de l'an dernier- Henry van de Véide, uji, projet de broderie. d'une . belle synthèse de lignes et de couleurs , et de bien attachantes études d'attitudes rustiques^ ...

De beaux grès flambés ô\e M* Dëlaherche complètent par une noté d'art industriel une exposition que des œuvres de premier ordre signalent,, et déparée, en somme, par un nombre relativement minime de médiocrités dont nous n'avons pas à parler.

rACCOMPLiSSEMENT DES FIQURES.

Qhldtiïs est quia zpse voluit^et ,.*'-* , non aperu.it. os suum* "

',*'',■■'■■ '* . IsaÏe, LUI,: 7;

v Le "Christ vient d'être flagellé. A droite et à gauche deux prétoriens, deux brutes, le serrent et l'exhibent à la multitude. Les anges ont fui; le dernier se voile la face et T va s^envoler à son toux, car ils. doivent être absents de là consommation du crime suprême : ; — n'ayant pas trempé . dans les fautes, ils n'ont pas à prendre part à l'expiation. Donc, tout élément divin supérieur disparaît dé cette scène. Le Christ torturé,

. épuisé par les coups, ayant perdu presque tout son sang,. est arrivé au plus haut degré de souffrances

: physiques que Thômmé puisse supporter ayant 'de rendre l'âme, carie Dieu s'est effacé, devant l'homme:. c*est ;r.homme qui souffre seul et avec, la seule forcede résistance dont il. est capable. Cette force est déjà surépuisée : l'intensité .de la torture va mettre fin à la torturé, même.

Maïs ce que rien ne peut rendre^ c'est la douleur morale sans W et - sans bornés que le Sauveur

. éprouve en contemplant le spectacle donné à ses yeux divins, divinement bons. Ses souffrances ont été prédites, il les connaît, niais ce qui n'a pas été formulé,

, c'est ce qu'il ressent à la douloureuse connaissance, en cette heure suprême, — de.leur inutilité.

Il aura tout souffert, tout assumé, tout expié, — * vainement. ; .

Car qu^st^-ce que le petit nombre des bons, comparativement au flot sans nombre dès" méchants, qui ne veulent pas être rédimès,"qui refusent le rachat, Çui exècrent le Rédempteur ! ' .' . -

Et ils sont là devant lui^ lui montrant le poing, Tin- yectivant:- volontiers ils le feraient mourir autant de, fois que la, pensée qu'il représente se levé en oppo-

sition avec les actes qu'ils veulent commettre. Il n'v a que deux principes en présence : Udéalisme.qùe le Chrat seul signifie, et le matérialistae.qui a pris corps dans la foule ruée vers lui, même dans les plus petits enfants. ■-.-.. y

Et toutes les Convoitises apparaissent sur les visages de ces créatures, —sorties de ces cœurs où elles somvmcamées, — et toutes les Convoitises comme un flot furieux s exaspèrent contrele Principe, qu'elles : veulent écras er parce qu'il gène leurs satisfactions.

<-e ne sont pas seulement toutes les injures, toutes les haines jetées sur. Itd parle Présent que lé Christ subit a cette heure, - Non, niais encore toutes ■ celles qui lui ont. été adressées jadis par- les êtres qui 1 ont outragé et haï avant sa venue, — et tous fleurent a sa. Passion. •* & .

Les Sensuels du temps de Sardahapale et de Nabuchodonosor vomissent leurs- imprécations : la reine j eza&ej. elle-même — pompeusement parée — se tord

Toute 1 Antiquité se lève pour manifester sa haine à . celui au nom duquel, lés prophètes crièrent l'exécration contre les débordements des rois, des reines et des peuples LAvenirestlàaussi:.une figure quidonnel'idée dune religieuse du moyen-âge. exprime la convoitise de . celles qui, enfermées dans le cloître, adorent l'homme dans le dieu,er.le haïssent de n'être qu'un. dieu et de' ne pas devenir pour elles un homme. — de la ceinture au pieds. . ■ . . "■'• l " c ■

Tous ces appétits se heurtent, se pressent, s'entrechoquent dans une houle, une violente vague hu- ■ S' 01 d f ferle ■«« Pieds du Christ, grondef monte, ' grandit, va le couvrir et triompher enfin, quand aveclé crucifiement elle l'aura fait disparaître ■

<+ dw^?**?*!? ' S?nt le d ^ er de la condamnation, et elle croit y échapper en faisant mourir celui dont

ZL ni ? e les , me nace dans la jouissance des. bassesses qui sont, leur vie. .

Tel e i* ^^Wean intitulé le Christ aux outraeès

AVRIL ï.893/ 347

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