‹ Mercure de France, tome 4Chapitre 124 sur 140 · CARTE POSTALE A M. JULES RENARD · texte numérisé non relu

CARTE POSTALE A M. JULES RENARD

Au SUJET DES SIMPLES ET DES, COMPLIQUÉS

Mon cher Renard, - ;. t . . ■

Votre dédicace sur la garde du précieux Ecorni fleur

me. pourvoit -cf un brevet de « . compliqué ». Que c'est.

aimable dé là part du « simple > que vous vous croyez

et dites de bonne foi! Les bourgeois se doutént-ils,

enfin, du parti quun compliqué - comme notre ami^ Barres, par exemple ~ saurait tirer d'une exploitation rationnelle de son complexe moi ?• Cela peut bien auS à trois volumes oui... peut-être même â quatre , aveè ...un « examen » des trois, quelques notes,' des* con-

sur Vhfr? %n^ ^r*^ ! leS COI ? m entaires annexes S^wS??' Ç ° a f e dC L °y° la et M. Renan, les volte fa ffiK^T*?. 6nCOre ' ^-ancèuvx.s de ,

et t h s l ££5Z%, S: Set ^W ■ pauvres compliqués que nous sommes!. Et moins que ■ J^ 18 , 16 public va savoir àuqueide nos nous entendre

Hter%^ r ^ e > SeU ^ ment î VOUS ' feut-il vous in Mil citer ? Si c était votre moi que (au lieu de sonder au. .

plus profond des abîmes tout de' suite, comme BatrS

vous écorniez, quelle longue théorie d'in-i8 ,W

Seigneur ! En ce cas, je ne plaindrais ni nous, ni vous'

sincère que je vous sens, sinon, simple. Mais, heureu- .

S il ™™-f Y' CC peureux qui vjt sa littérature, la vomit et y revient, dans la pleine horreur dune parfaite conscience, Ou, si vous êtes cetoT c^est seulement par lointaine transposition, toutïe ■ quenousécnyonsne pouvant être, d'évidence, qu'autobiographie transposée. D'ailleurs, vous né dites pas •

fiance ^ Cest moL * Cela .^ donne. W .

Mais, vous, simple, et moi, compliqué ? Vraiment ? ' Dites-moi donc par télégramme, je vous entuSe' : ce qu'est un simple ! J'attends, vole retouî duS

™ ^ C T da feu ' ailxieTIX - J e n ' ai Jamais observé un seul de nos actes journaliers (ceux d'habitude et d instinct exceptés) qui n'accusât des quantités de mo-

Se riison^ ie Ft S A V?S£ - SteS à ^ US Paient-ils moi£ : ' n.hïïï^ «- F ■ P ^ S S1 ' com I sll< l ué > j'essaie dé me montrer smiple naît une complication. Et l'inverse ? . Pire encore. Enfin, je prends un simple . avéré, vous" '

F a L? ei?P ] e ' 6t £ plaCe , entre deux m ^oirs : voiîà qui

dEntl de , mdl - er i. de J^ es Renard de grandeurs différentes. Je sais bien qu'en absolu il n'existera

lasm^T JuleS Rpnard ' mais au * yeux de qm F ? Pas même à ses propres yeux. Et si j'ajoute unetroi-

co e Sg!r aÇe ' POStUreS et " %neS " e ^iplienV f de! . ■ Je m'y perds. Eclairez-moij vous qui savez, ce que

■AVML ,89«V ■. ;■ ; .355

■ ,. c est que.le single. J'attends votre réponse pour me mettre à l'œuvre. Je vous confesse 'que, dès longtemps, je m étais proposé, de me mettre à écrire vers 40 ans, quand j aurais lu et appris «au moins une modeste partie de ce quelles derniers venus de nos jeunes écrivains savaient de naissance, eux qui ont déjà tout lu, relu et médité vers 22 ans et demi, .

Un complément de bagage, de grâce ï * ' '" '

Poignée de mains.

•*',. ;.. * - Adriek Remàole.'

Merci, en attendant. UÈcomifleur est une étude uniquement curieuse. Serait-ce Poil de Carotte, seul qui a poussé? J'en doute, Il n'eût pas donné un si grand;

arbre.

THÉÂTRES

TÏÏÊATME LIBRE.

^ï-^toîle Rouge, pièce en trois actes, en prose, de JVU Henry Fevre. ^- Vauxonne, un vieil astronome, ^s est ruiné* ainsi que sa fille Berthe, en poursuivant ' a "^sables rêves, tels la communication entre Mars et la Terre,, la construction d'appareils pour répondre âdeprétendus . signaux des Hypothétiques habitants dé 1 &tqile rouge, etc. Comme Vauxonne recherche un ; commanditaire pour continuer ses coûteuses expériences, il rencontre à Antibes, dans une maison, amie '■ un jeune homme riche et intelligent, 1 André de Suvi- . gny y qui est vite capté par l'enthousiasme du vieillard,* peut-être aussi par la beauté de . sa filje. Après un flirt, que favorise bienveillamment la planète écariate, les jeunes gens se marient, berthe alors trouve inutile d exposer son mari aux tourments de la misère - qu elle a connue, .et, eh petite femme positive, raison- . nable, 1 explique à son i>ère, qui,, devant là ruine de -ses espérances, tombe, frappé d'une attaque mortelle d apoplexie, '.'.•■

•■ Tel est, en quelques mots, le sujet de la pièce que M i^evre a tirée d'un roman inédit chez nous deM. Pawloski, mais en le modifiant profondément. Dans le texte russe, en effet, Vauxonne est un fou; il a déjà été en- ; ■ . , . fermé dans une maison de santé ; tandis qu 7 on nous le représente comme un savant de valeur, dont lé génie est méconnu, conception qui se concilie mal avec les

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puérilités et les invraisemblances de son caractère. Il nous apparaît avec des envolées idéales etutopiques, un désir effréné d-expérimentation. Or, l'astronomie, science éminemment mathématique et de géométrie, se prête peu aux tentatives expérimentales et à la poésie, à moins qu'elle ne sôit interprétée par un de ces vulgarisateurs dont les publications, menue et .fausse monnaie de la Science, semblent précisément,par leurs vues erronées, leur généralisation hâtive et inexacte, avoir mal inspiré il. Fèvre, au beau, talent duquel nous aurions été heureux d'applaudir. Après . cette méprise, il a une revanche à prendre.

Au dernier acte, M. Antoine, par son jeu puissamment tragique, a soulevé un véritable enthousiasme. Eloges mérités à M. Christian et à M.™ Meuris, qui Tpnt vaillamment, secondé. , . . '

Seul, pièce en deux actes, en prose, de ML : Albert Guixon. — Avec M. A. Gùinon; dont pn n'a pas' oublié le récent succès au Yaudevjlie, signalé .ici-même r nous rentrons dans la comédie bourgeoise. — M».Ledoux, après fortune faite dans la pharmacie, vit ' à la. campagne , entre sa . femme -et son ancien associé Bourdier, ■ qui tous. deux. rivalisent de sôins'.poux adoucir les moments pénibles que lui . font parfois passer des attaques de goutte. Mais il apprend un jour, dune bonne qui se vengé d'être mise à la porte, que sa femme Ta trompé, il y â quelque trente ans, avec son ami Bourdier. Il chasse . les. coupables de sa demeure, où il reste seul, privé de soins et des habituelles cajoleries, volé par une bonne malhonnête, écrasé d'ennui; si bien que, par égoïsme pur, il en arrive à pardonner à M me Ledoux, et .même — ce qui est peut-être excessif — il rappelle à lui Bourdiex,qùi

le soignait si bien..- .

Il y a là beaucoup, de bonne observation/ des motsheureux; le seul reproche que nous pourrions adresser à l'auteur serait d'avoir accusé trop certaines situations, en visant à l'effet de gros/ comique,, encore que cette légère critique ., s'atténue du fait qu'il a réussi, par ce moyen, à susciter parmi, les spectateurs une débordante gaieté. .

M. Antoine a composé : .aveç son habituel talent un goutteux très drôle. Dans un court rôle épisodique et. v maritime, M, Gémier, cantonnier de BlanchetU 7 a retrouvé le succès de sa dernière création. Compli-

ments pour MMÏ Pons-Arles et Christian ; MM mes Marie Laure, Jeanne .Dulàc et la petite Parfait, qui a tort intelligemment joué Jacques.

Gaston Dan ville: . ■

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