LES LIVRES M
Le Miroir dos Légendes, par Bernard Lazare (Lemerre). ~ Voir page 350.
' U) Aux prochaines livraisons :Eose .et Niheiie (Alphonse. Daudet) ; Les Chants du Divorce (Henri >fer) ; Les Arlegùinades (Remy Saint Maurice); Quand les violons sont partis (Edouard Dubus) ; Le Cuirassier blanc (Paul Margueritte); Les
358 MÉRCVRE DE FRANCE
a^^ 16 d f ^ -B? 1 ™ 6 ^' P a ^. Adolphe Rbtté (Bibliothèque
Artistique et Littéraire). — Voir .page 356. ' ■ • ■
La Montée, par Gabriel Saslraxw (Perrih).— Livre indulgent et charmant, tout, d'amour et de foi, r- livre jeune soit •par les dates, soit par la. jeunesse d'âme que le p'oète conserva sous les soudes- des vents de la maturité. -LWulgence £?«i V '?' pw S gommes, pour tous les êtres, c^est peutêtre la seule vertu Ne garder rancune ni à l'existence VouY -les déceptions dont elle nous abreuve, ni aux hommes oui' nous leurrèrent de leur amitié pour nous, frappa assurément, c'est posséder un état d'âme en vérité supérieur -et tendre la cela devrait être la règle de tous les erres vraiment intelligents Sous prétexte de Justice et d'indépendance" les esprits étroits jugent sans cesse et avec sévéritéf magistrats à. la merci dune mauvaise digestion, d'un Wm' intime d'un changement, de température; — et à la merci des h rn«
t^A Ute . b0nne vol °? té >. «» sortes de gens s'étonnent un jour de se trouver seuls en nu désert ; ils clament que rien n'existe, hormis Hlot, l'oasis, qui est leur moi, ^ le > cl£
S'^ ai l», 6n V ? m: ° ul ùentei »d. leurs criset nul ne voudra, entendre leur en suprême. . .■•■...
Dire que. la sympathie - même avouée banale— est su-
Fit lf, E à un ° r S? eil si mal , c "™prîs, cela, va de sou Le prétt£L li r > re r e fJ ustem f I j!/n livre de sympathie ; on sent que lame de 1 auteur est liée très strictement à ce qui fait la gloire delà vie, Part et le sentiment; et que la non-wmmunion
peTr Sfî'X»""* ^ - ,Art Ct t0it r ^ m °^. voiliTseule . " r ft? eSare 7 — temom : .
,;ii» f NC t°, s - — *} . me "- semble que. je suis une pauvre bête adee, tombée soudain dans un enclos' de.Jhauts murs. Une vapeur noire m'engourdit, je n'ai même plus le sens de l'espace, et au Heu de m'élever, de monter dans le ciel, fe vole
saignant "* ' .""** * *"" J ' C ^.^^ la tête > ^ritombe « l'enclos, c'est la douleur, c'est la. vie humaine: vais-ie donc y rester à jamais paralysé, blessé, et n'aurai-je plus la force de voler haut et droit dans/la vie de Dièu>7 P
dernière p n agef Ce d0Ute ' elle est e *P™»^ clairement dans la
« ... Là-haut les portiques s'ouvrent à pic sur mon extase
S-SSt C 'r s tT; nl là - haUt T> S ^ rès ? r ^' ^haut c'est l'amour^ ^-baut cest la couronne. La-haut, je ferai couché sur ton sein' ■ o Seigneur! Il est vrai, ma journée n'est point èncorVau soi?' et pourtant, et déjà, semblable au céleste^Tl'inSe refiaïd des fe ^ me . ton regard, ô Dieu, s^est posé' sur moi P o~fj£ mais. Maintenant, mon vol peut veiller ou dormir, j e |uU me
t^t UX A G ^^ ^ ir,; K'" C ™*™»" dT Artiste (Montaury) , La Passton de Jésus Antoine Chansroux) ; Giovanni
Kegla); et les livres annoncés déjà.. . *
reposer sur les vagues de' réther ou les fendre: je suis entré-
' -dans l'Eternel. »* *~" - " * . ., ,. - 1
■ Telle est, non l'analyse* non même la substance, mais la .
/ pensée dominante de ce livre, carnet d'un voyagea travers la
vie et carnet d'un voyageur qui avait quelque, chose à dare:
partir d'en- bas, de la terre, même,; et arriver en haut, —
voyage qu'il est donné à 'peu d'accomplir, La mort nest pa*,
■ pour l'auteur de la Montée, une enseigneuse de néant : il sait. * que la seule raison delà vie est son incontestable éternité. ..;
: I*è Roman dVn Bas bleu, par Georges de Pbmmmb / - fOUendbrnV— Ce . nouveau roman de Mme de.Peyrebrune, . . ■ est bien mieux -l'histoire d'un curieux cas .pathologique, d un
* cas très rare (j'allais dire .: heureusement), que le récit poignant ■
• des infortunes d'une femme de lettres vertueuse et jolie. Sylvère du Parclet est, .en effet, l'exception parmi les Georges
■ " Sand moderne; Elle est atteinte de-... froideur. Mal- mariée à •
• -un homme un peu brutal, elle ne connaît de l'amour que les -'■ corvée v assouvissement bestial .de l'époux, enfantement don-
' loureux, et se refuse à- dés. recherches indignes dune honnête .
• créature, qui a cependant..., tout .ce quzl faut pour écrire \. ' Etudes des milieux mondains où' s'agitent les, bonnes petites
. amiestoujotrrs prêtes au payé de l'ours, études des rédactions
où minautorlsènt' les rédac-chefs," études des diverses -occa-
! ' sioris- de pécher que rencontrentles belles romancières roma-
' nesques, tout, y" est fiévreusement décrit par une main haut
■ ■■ eàhtée pour les soufflets dé r indignation pudibonde (lesquels
. ressemblent* si souvent à des coups d'éventail...) On y reconr ,
■ ■ ■ . naît quelques types de Don Juan des lettres, vus,- hélas,- parnn
■ seul côte ! Mais an' cœur du livre il y. a trois belles, dbsoïu- ,
ment belles pages fSylvère attendant , exaspérée, 1 homme à qui
"■'*■. elle a décidé enfin de se donner, et qui ne vient pas, ..étant
trop tard élu. j'aime moins l'apothéose de pseudo-vice ; .de la
fin, où Sylvère- s'offre à/;.. Boulanger, pour la satisfaction
■ seule de se voir adulée du Tout-Paris canaille.. que 1 on sait,
c'est-à-dire le Tout-Paris journaliste.. ■ ^.
Vamireh, 'romàh des temps primitifs, par J.-H. Rosky (Ernest Kolb). — « C'était il .y a vingt mille ans . », Oh ! cette phrase 1 On est tenté.de s^en tenir là, de se oerdre^vec peur et Joie dans une longue rêverie engourdissante, Quel
*..im ~-:4. „„ T,„*.<* ke+A^i cnrnr^Tl'ïï-nt flili lie raconte ' pas Q.eS
jLui vu u.x^.;— .^ ^ U retombe sur la page, eL.vuicx.^ *■««. Spelaca, r Aurochs, . VUr us f le Mammouth,
• tous les êtres chers à "notre imagination. Le plaisir, ne lire Vamirek n'égale pas celui de le relire, et je .crois bien que
' la grande jouissance est" de se le .rappeler. On a fermé, le volume. Un à un, lés souvenirs remontent. ; ." - * — « C'était une clairière- parmi des hêtres, des chênes, et des •' ormes,...;.::/. Une 'hyène Rapprocha........ Vamireh dormait
.toujours'..'.. :. Des chacals- s'embusquèrent dans les ±our-
rés • ' Trois vautours churent sur un arbre proche.......
' Les "corbeaux- tinrent un conciliabule, en accents bas, gargouil-
3<*> MERCVTŒ DE FRANCE
3 ^s, alternes de danses Levautourse décida..,,,. Là main
ae Vamireh^ dans 1 inconscience, se porta au point menacé....; * bes poings d athlète trouvèrent le cou du vautour Puis
1 asphyxie vint, et la mort, sans que les doigts, de Vamireh lâchassent prise. » . ■
Invinciblement . iï faut .songer à ce qu'on admire ailleurs' de plus beau et on voudrait tourner, un compliment point banal qui . fut agréable aux auteurs. . ■>.'"-..
— « Des branchages s'écartèrent rudement, du. bois se brisa avec un fracas de tempête : il parut un mammouth au front bombe, haut de quinze pieds. La clairière lui plut, il. y ba- ^ * aa t a - s 5 n ê rand c <>ips, arrachant dé sa/ trompe -quelques herbes dans un caprice de colosse puéril, puis il se coucha, • ^? ut *? demi-sommeil des grandes bêtes, le rêve coula par- " sa tête, 1 intarissable flux des -formes et des mouvements que .' sa prunelle avait lus au long de ce jour » '
A propos de Vamireh, on a faitde la haute critique scientifique, prétendu que certains détails n'étaient pas absolument a la mode préhistorique. Voilà qui m'est égal. J'avoue n'avoir aucun goût pour les restes d'une.vérité âgée de vingt mille - ans et je me bouche les oreilles dès qu'on discute il mammouth quej arme. . ■
Et Nell Éprn,Le Bilatéral, Mar Fane, Les Corneilles, L'Immolation, LesXtpéhu^ Le Termite, Daniel Vaïjrraivc, Vamireh, me sont autant de « mammouths ». 9