DOULEUR
Douleur,quel sombre instinct dans tes brasnous ramène? Lt pourquoi vibrons-nous cette âpre volupté En entendant du fond des viol on s. monter Le vieil écho poignant de la misère humaine ?
Pourquoi nos soirs d'amour u -ont-ils toute douceur Que si Tâme trop pleine en lourds sanglots s'y brise ? La tristesse nous hante avec sa robe grise Et vit à nos côtés comme une grande%œm\
Les plus hauts Centre nous,vaguant par les ténèbres.
Artisans- raffines de leur propre, tourment Ont taillé leur souffrance ainsi qu'un diamant ±>our lui faire jeter des éclats plus funèbres.
Et le Cœur dit : « Je suis l'ivrogne furibond; Certes, la joie est bonne et luit couleur de gloire- Mais, quand c'est la Douleur même qui verse â boire Le verre qu'elle tend nous semble si profond. . ■ .!,
J'ai soif... A moi lé vin des artères brûlantes L amour terrible et doux, l'espoir vermeil des forts. L ennui brûle Jai soif... Ah! versez à pleins bords i-e sang jailli des grandes âmes ruisselantes! ."
I- orgueil coiffe nos fronts.d'un casque triomphant • Mais je sens des fraîcheurs de torrents et d'eaux vives lit d immenses forêts profondes et plaintives Quand la Pitié me touche avec sa main d^nfant.
Les dieux puissants vivaient l'éternelle journée Assis dans la lumière avec .des fronts d'airain... l,a Croix du Pale a fait son, geste souverain &t la terre à genoux, vers elle s est tournée.
Je veux la passion et l'amour et la foi.
Comme un guerrier farouche, avide de blessures Je veux voir, même au prix de défaites trop sûres, 2> éparpiller mon beau sang rouge autour de moi.
Sons la main qui détient l'Or des miséricordes,: Vivre, sentir en moi les houles de la mer :
Tendre — toute en frissons 1 — la* lyre delà chair... Et que la lyre en feu fasse éclater, se a cordes !
Car- je suis, dans Tivresse ardeiite du : soufErif , ■ Frère des hauts ftambeaux',dont le vent.-tord la flammé. Et qui, saignant à flots les pourpres de leur âme, : Jettent leurs plus beaux feux a l'heure de mourir, * •