‹ Mercure de France, tome 4Chapitre 44 sur 140 · SUR LES PASSIONS · texte numérisé non relu

SUR LES PASSIONS

L'indépendance de l'âme consiste à" s'affranchir des passions, sa science à lés connaître, bonbon-, heur à lès assouvir. Conciliez cela I

. LTiomme iie sent jamaisplus vivement sa faiblesse que. lorsqu'il entreprend dlépurer son

âme, ' ■'-.'-

Le cœur est un élève insubordonné, la raison un maître ignorant.

Les grandes passions sont l'indice de petits caractères; mais les petits caractères n'ont pas toujours de, grandes passions. . ."'■■'-,

Les caprices sont les passions des personnes légères^ .■':■■"''■■■

Ce qui vient de l'âme est noble, ce . qui . vient du corps est ignoble. Pour savoir si une passion est noble ou ignoble, il suffît de voir si elle pourrait, s'exercer chez un être incorporel. Mais il. ne s'en suit pas que les passions immatérielles soient recommandables: elles sont seulement d^uix ordre supérieur. L'envie, qui est de cet ordre , et qui n'est par conséquent point une passion ignoble, est une passion mauvaise. La sensualité, par contre, sans être proprement une passion mauvaise, est une passion ignoble. Il y aurait donc .quatre catégories de passions. Mais comme ce qui fcàptive l'âme importe plus que ce qui captive le

corps, autant une belle passion psychique remporte en bien sur une belle passion physique, autant une laide passion psychique remporte en mal sur une laide passion physique. ,

7 ' ' : . ■. -. .** ' Nos habitudes dégénèrent en vices, et iios vices

en habitudes.

Vis-à-vis de nos passions,la retraite n'est jamais qu'une déroute.

La volonté n'a d'action sur les passions que si

elle est une passion elle-même. \

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Il faut traiter les passions comme certaines maladies : les couper à leur début, ou alors les laisser couler.

Pour l'âme, comme pour le corps, la chirurgie est plus sûre que la médecine.

Nous conserverions peut-être des passions éteintes des souvenirs assez doux, si elles ne laissaient pas en nous les traces de leurs ravages.

Nous regrettons de nous être guéris de nos pissions, lorsque la sagesse ou la charité né viennent pas remplir le vide que cause leur absence.

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