‹ Mercure de France, tome 4Chapitre 60 sur 140 · THÉ A TRE LIBRE · texte numérisé non relu

THÉ A TRE LIBRE

La "DnpOj comédie eu cinq actes, en prose, de M. Georges Ak-cey. — Je n'étais pas .seul, l'autre soir, au Théâtre libre. J'avais .à ma gauche un monsieur dont une ( main était chargée de "bagues si pesantes qu'il était -obligé, de. la soutenir avec Vautre. Il .remuait, péniblement des doigts oh le sang ne circu- ' lait plus. II causait' avec sa compagne; tous deux, jouaient au .petit j eu des réflexions sottes , tant à la mode .dans le grand monde. Ils gagnaient chacun leur tour. Le souci des conve- ■ hances les empêchait d'admirer les grandes, lignes, Tentraînement qui* pousse tous les -personnages de la pièce jusqu'au bout, Albert de sa rosserie inconsciente,, madame Viot de son égoïsme vulgaire i Marie de sa méchanceté sournoise, et Adèle . . de son imbécillité sentimentale. Incapables d'idées générales, ■. préocupés des seuls détails, ils en étaient choqués comme de menues insultes à leur propre distinction, et démontraient l'inutilité du théâtre. ' .

— .elle :. Un "peu grosse la plaisanterie de Marie : « Je t ai dit que ce mariage serait une combinaison excellente pour tous; Te t'ai dit qu'il .fallait absolument .qu'il se - fit, mais, à

grise, UU1 T gL.Lï>C J ai 4,u ^ciajucujiic jjo.1i.. r .km-^^.* **-^~" jf— - ■-

de là pluie, des rues .sales, des! trottoirs encombrés. Est-ce intéressant? — lut? De ton avis. Oh peut-être forcé de .marcher dans la boue, niais il ne faut pas s en -vanter. — ' eixs : Encore une plaisanterie. : «La.mèreaun frère, dont la femme est la fille d'un jùgè au tribunal de- commerce ». Est-ce fort? ' — lui.î J'en ferais autant. — elle : Couplet oVAdèle sur la

■ manière dont ses petits sens se sont éveilles. Du' romantique, à

■ présent-.! Jamais tu ne m'as fait éprouver ça, toi.- — lui: Albert a pris soOjOOO fr. d'un coup et sans effraction dans une caisse. lia eu" son nom dans les journaux. Ce doit être un chic type. Cet Antoine en fait un monsieur malpropre que je

-I 7* MERCVKE DE FRANCE

te 'ȰaI P > ""^P 1 Un '"â™™- - ma : Le- malin i il avoue Sûreté dS^w ^«^ ***»« J™afs. Èî JSK

Scène de famille ! chanson de Beranger ! joli i -Im-^hf^ ' terne des contrastes. On chante Pan i iVhil. 'i. ^ mes hommes de. théâtre; tons îe^mes -£t ^BaSw

- ^ n - Ah t s t° r t ^, ge T mal T e ^^« q^ s:en^éuS

lto^'i™ iST«,w to tt : " Je P? rs P°™ Bruxelles. » -

un : Albert bat sa femme, mais c'est qu'il . tape dessus T^nT la lorgnette. La femmene se défend' même ■ bas «J * a,' ■

SSï'tSiiî 1 ," 1 -!* d — ^rtoLLe.' ^nature" œ J c^tn ^i aiS - B,ain ■«*=«*. )« te .tuerais. — lui ."'En

ai serait peut-être mieux encore s'il jouait seul — pttÏ- T«

e te ^tcT UantSO?1Sle sife ^ A ^te-lui «nStttaffiv- '

mÈolSau* Cœ ^? £ ? :e 6 ? ^ acte ' en vers ' de M - Lo°^ ii.AKsoLi.BAn. — EiiE : Exquis ! i ul: Délicieux i — »t't,,'T

-^ D <KI> a>a> a » a < -

LES LIVRES (i)

1iW ™^ v c ?*? r > Pat. Jean Blaœe (Dentu). — Un beau ihn ' ™t™ hvre a «gauler. Tout un ordre de. préoccuoati^ philosophiques et morales dédaigneusement reFereef^r^

ziiv /^ Pr °^ hailL ^ fraisons : La Montée (Gabriel . Sarra-

et raffiné, intoxique de scepticisme, a glissé peu: à .peu à la perversité, et s'enfonce dans l'enfer de la négation absolue.. De Vautre , M re . Thursnane, une créature d'élection, qui porte dans ses yeux tristes le deuil d'une existence perdue, mais dont la bonté foncière nVpas voulu désespérer.- Lé- drame t c'est la rédemption d'Octave par l'amour, par le rayonnement de tendresse projeté par un cœur profond et plein de foi. L'ami — , car leurs nuptiales ivresses, à travers des révoltes saignantes, resteront tristement chastes — retrouvera à la fin la paix du cœur dans Ja voie indiquée par le doigt levé . de la martyre <Jue dévore lentement un implacable cancer* On le voit, la donnée n'est . point bànalel Jean Blaize me permèttra-t-il de dire que la Paix du tœur est un livre chrétien, dans tout ce que ce mot, par la légende fervente des siècles, implique de

" '" * ' "" pérarices, d ascension -.

auteur cette idéalité. '

t ( 'esprit court les nies , de

délicieux critiques .pour railler doucement ces amants, transis, ' ces péripatéticiens galants qui se grisent -de caressés métaphysiques! C'est pour nous au contraire l'attrait de ce noble livre : tout imprégné de pensée et- monté au ton d'une intéllectualité sévère. On pourrait seulement regretter que, par les conditions 'de son plan, il se soit, astreint à suivre parallèlement l'évolution . sentimentale -. de ses deux héros, mis en égale valeur., . Quelque monotonie,- superficielle d'ailleurs, se dégagerait de ■ cette comptabilité spirituelle, tenue en partie double. Mais, ■ pour" éviter cet inconvénient, il eût fallu sans doute un escamotage, et sa conscience d'analyste y a répugné. La .Pal x du cœur est écrite dans' une langue dense, et substaritielle v Des notations exquises, de. larges- touchés- justes.. Partout aux marges du livre l'arabesque vivante des choses, l'atmosphèrepuissante ou tendre des ambiances.. -7 Ces paysages d'Etretat, - et ces affolantes promenades dans, un Londres de vertige!...

I/ÊÊlite, par Pajtl Rabiot £Dentu). — Il y à, je crois, différents lecteurs de. romans. Les ; uns y cherchent l'intérêt de la passion; d'autres le style des phrases evocatrices de doux pay-

- sages entrevus ; ceux-ci des flatteries dé leurs sens-; ceux-là des satisfactions de' leurs chères ",. manies. Il enest.de peu cpm- •

' pliqués qui demandent simplement à pleurer ou a rire. J'avoue pour mon cpmjpte. ne point tant . m'intéresser -au roman même

. qu'à la .mystérieuse' âme de celui qui l'écrit. Il me plaît de' reconstituer derrière ces, pages' imprimées le moral de leur auteur. Ainsi j'ai beaucoup aimé M. Remy de Gourmont lorsque j'ai lu Sixtine, car je lui ai trouvé un beau moral de sadîquecérébral, tout à fait* en conformité avec ceux que, j'estime le

' .plus. Il semble, uniquement affairé de., sa projpre jouissance, et pour- qu'il jouisse, il faut que ses facultés, intellectuelles comme physiques } même ses eréthismes bas, passent au. crible

' x ™, . MEECVRE DE FRANCE

délier de la cruauté t>ointille7i<;A ptr.« n i« j ■ ^r' trop se

' font jprofession.de le posséder? "^ ^■«mttomea qui

L'anie dont je veux parler aujourd'hui, celle de M P™i

Radiot, est encore parmi celles que j'adore le plus S

elle constitue une primeur littéraire et Tune T n rim^v"i^ - rd

■ aussr authentique est un sûr régal de gourAe^È?^ riu"""* '

sort -de cette admirable catégorie d'âmes^midS E? ' • *"""

u^e sortf^P ?T' m ^ teS aU moilde ' ' s * contenant de rédiSr tft£ • P blCn ?°- mpris 1 ue ^ Ra <Wot, au 5^ de ce îon S -

que je m'y intéresse, lé cri de ^station ie pWl£é o„t> ' ■ encore poussé une jeunesse artiste et ardente contre ^t^"

f^w-^ ' , •/' 1(1 -raasse laissée- a son niveau #•+ trine

..cha P çnn suivant ^£^5 dTsffa^l^t " ' ainsi constituées formant un terrean rtW I, 7~ Ies . ca ? tes cevablepour la culture de !riST "* SU5calM « ^- Plus loin ; ' ; *

gra^aîr 11 !^ tiee/dW £ïf CCUper d « P<*PV mais laisser lillis sanrsèvf et^s 3 ro^'Tà v^iST T ^ ne sert à rien ; U faut donc damner JZïïggrFÎSS Z

liSi'ïpBÏ^. V ***fc-*i *>*P* la tête de son meil- • .

FÉVRIER 1893 . ï75

s'éteindre les. estropiés. La masse doit vivre peu, étant .un . déchet. Donc plus de fourneaux, noûrrisseurs; plus „de dïstn- .. ; butionsde vêtements, d'institutions de .prévoyance, de caisses ■ de retraites. [..". instruction religieuse -importe : peu ; que la foule croie ce qui conviendra le mieux à la hauteur de- son intelligence; elle redeviendra sans doute fétichiste, adorera les monuments élevés ou les dernières découvertes électriques.., ■; Enfin, ce- qui importe avant tout, c'est de, reprendre la civilisation au point où elle était avant que le Christianisme leùt ■ troublée par le .règne du loqueteux! » - . , ■ ^

On le Voit, c'est la théorie anarchiste elle-même, mais un anarchïsme à système,- ramenant infailliblement à cette con- ceptioh d'une féodalité -héréditaire. . Ainsi lorsque deux vrais nobles, deux membres.de l'Elite, voudront s'unir pour fructifier, ils devront être en. un état/physique et .moral de' premier ordre, afin de fonder .une belle postérité. Sans celai homme devra dire ' à la femme : ', '. \

« Chère amie, .stérilise donc ces- germes. préliminaires de

notre race; ce soir elle ne serait pas pure. Si des enfants nous naissaient, ils pourraient avoir l'attitude .de là lâcheté bourgoise,-' car nous avons- courbé la tété", et .nous ne, pouvons, encore, la relever en noblesse I » . : , .

'On peut, suivant son éducation, trouver ce -passage délicat ■ou odieux; maisce qu'on ne peut 'refuse* -à Paul Radiot, c'est, dans la harration^une fantaisie échèvelée, intense, délirante. Il est question de duels à cheval étonnants, de conversations ' ' avec Guillaume II ou avecle tzar Alexandre !,„' Enfin l'a prochaine guerre européenne y est narrée tout au long; et avec d'infinis détails. - ■, .

Achetez donc ce livre, ô âmes souffreteuses et criminelles, Ô soeurs, de celle de Paul Radiot !.;. C'est, je vous le répète, le roman/ le plus extraordinaire, le plus ■ stupéfiant, le plus enthousiasmant que j'aie lu depuis longtemps !„. Aussi, bien, que- -"' *-— -— *-i-"« --£««-«« — /U,™i*iit ™*

toujours '.

■ toujours,.

à mépriser à son tour î

H. Beaubourg.

Sanglots d'Extase, par. Michel' ABAnrE.-(Vanier).— Voici,

sous une 'couverture élégante, .une '.série de petits poèmes

charmants oiï se décèle une âme éprise surtout d'élégances;

modernes. .M. Abadi'enous .promène a travers ' des . jardins

fleuris de villas, dès parcs /de rêyë aux corbeilles opulentes; .

il note la" chanson fuyante des fontaines', le murmure frêle des

orangers sur les 1 , tèrrasses^les senteurs mouillées,des pelouses

matinales. 1 Parfois un écartement de branches, un détour

brusque d'allée,, nous montre l'aimée toujours correctement

- gantée/ en toilette délicieuse, sous la flamme rose, ou bleue de

l'ombrelle. Pour traduire ses visions, le poète- use d'une langue

savamment maniérée, fraîchement artificielle,. Aucune des

innovations prosodiques où excellèrent les décadents' ne lui

■ est étrangère'; On sent qu'il se tient au * courant des systèmes

x 7 6 ' MERCVRE. M". FRANCE

"- S^ éCOlëS û U u lu Vertaine et sesdisciples et il s'en insbire parfois avec bonheur, à preuve ce sonnet charmant? P "

Ta toilette! avec ses tapageuses couleurs! ' Et ses parfums riants et frais, Chère si frêle ; On diratt qu'elle porte éclatante sur elle Un zdéal parterre éblouissant de fleurs.

Et U voilette f enjolive de pâleurs! ' vJf* cr ?*™* ï** sous ta voltigeante ombrelle, ■ ' '■ 1 " . S opposant aux rayoïts^ui te cherchent querelle . . . .. Un batazllon s'ébat de papillons f râleurs! ■

#Z *k me réjouis le cœur comme une fête £n donnant chaque jour à mes yeux de éoète Le pain essentiel des, clairs rayonnements.

Uyttt fallait des atours lumineux et charmants ■> ■ ■ Pour griser, mon âme, solitaire et sereine.

mLeî*l\tZv <* quelques, pages un: recueil de poll

t^fau, ■ f r nneS -' aSSez , sP^elles, semées d'aphonWs - ' ïSv*3?% " r CeaX * U1 0nt le P^ s de désirs sont Ul pW?n S^ 1 ? ? aUVXes °^ beaucoup de désirs - dW les membres du Parlement devraient être choisis dans 'les dL^!

f,,7f a ca P ItJ ^ est T une lde& basée sur le crédit,- lequel est un fantôme. » - „ Les voleurs .sont généralement pâriotes „ " '

*</*J^f OTC k e ?™ e >P a * MA *><s KJETTSHTSKA/Lemerre) -Il est même arrive, je crois! Rien- de plus joli, èé Sus délicatement ouvre que cet Amour en. biscuit de Sèvres stataett* fort chaudement encadrée de peluche feu,<ïe roslfroute^par

• ~ ?.*£ ^""r de Sa - n «- Au J° Qrd 'k«iquè'l a NouveR tofS sous les doigts grossiers des hommes qui font lien et an? w" £ , se trouverait-il des femmes capables dé la ressusciter avec tous les soins qu'exige sa fragile constitution ? M™ &Ska

doublement poète puisqu'elle, est musicienfle' à suTS son œuvre de mille savantes coquetteries ; elle' n'a »éS la métaphore neuve, souple, nUe trait, mi la form? rtcei Amour si fin, cheminera encore longtemps que d'autre* Vm™ rence plus robuste, iront en s'effrifant Maut de Um socle" Comme je veux au moins, chicaner sur un détail ië reoro cherai seulement à l'auteur de dédier, pêle-mèlTs^bl£tT ses nouvelles à tous les journalistes àlèbres.l. b eSpêchi de les comprendre r C'est là un excès de co«SS ' dont une femme de talent a le devoir de se passer, MaS|'! '

nr^Tinf- ~, Ce8t ' en les P ace d - ua mois > ** huitième livre à nier r^dn fraac ?: ras ! es 1 ui *« de chez Savfne, et cTder* ■ nier, roman possède cinq cent trente-sept pages. Il- y a de'

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qpfoï devenir fou! L'ordinaire littérature de terroir n ? est pas ; déjà bien fameuse, mais cette soudaine introduction, dans nos bas, feuilletons, de Natachà , . de hârines\ de serves ou de serfs , * , de knout i de kopeks, de popes, et de toodka. (eau-de-vie) T ■parachève l'abrutissement du lecteur,- On. raconte que l'en- ! thousiasme russe va jusqu'à, payer des filles à nos matelots; , prenons les filles, soit; seulement renvoyons les études de moeurs» qui sont, moins légères et beaucoup plus encom- . b'rantes. '"..•.■ " . •

. Un Volontaire \ de : i 792; par Jeak Lombasi* (Savine). —

Depuis que -Lombard est mort, ■ de " ^maladroits partisans n'arrêtent point de crier au génie méconnu; on n'ouvre guère un numéro de périodique sans y trouver quelque copieuse étude sur -son œuvre et des exclamations -douloureuses j- c'est tpùjouxs la même histoire; Lombar,d trépassé n'est plus gênant; c'est une concurrence de moins, et chacun, est bien aise de faire de la . copie eh manière' déraison funèbre. — Malheu- v reusenïent, en plus de Byjanceet l * Agonie ■, — livres -d^ailleurs contestables et sur quoi à serait bon de revenir : — Lombard laissa, P. P. Ç., ce Volontaire de rjoa, tome, compact et cette fois absolument vide, qui -est bien le plus crueL démenti aux allégations des siens* "•..."., > '.

Mon Dieu î-jeue- voudrais pas être accusé de basse envie;, il est toujours pénible de chicaner les défunts; je respecte

' autant qu'un autre là désolation de la famille; mais on doit mettre à part ces considérations sentimentales* La prière d'insérer — .plus sincère qu'on ne, pense "^ nous affirme que

. Lombard avait l'étoffe d'un, historien-; ayant lu, je ne suis . point persuadé. Je vois dans ce bouquin posthume une corn- * . pilât ion / des extraits- de -vingt- auteurs médiocres, des arrêtés et des discours municipaux! des . certificats de. civisme, des , - lettres insignifiantes- de François Mireur, parti simple, soldat en 179a et mort général. en lEgypte, un, résumé des campagnes de l'époque, r— La psychologie révolutionnaire et militaire dont parlait le titre n'apparaît nulle part.

Et puis on nous a tellement rebattus- des dires et gestes de tous ces grandiloques'dë la République ! Il faut l'enthousiasme et la frénésie, d'un Michelet, lés phrases magiques de son

■ poème — beaucoup plus poème qu ? histoire — pour qo'ons'y arrêté. Lombard n'était pas de force. Je dirai plus, son .. livre n*est pas écrit du tout. Le style bizarre et torturé des précédents ouvrages pouvait faire illusion; . les. philistins. . " s'arrêtaient, ébaùbis; ici, rien ; 'dés notes crayonnées^ peut-être,, mises bout à bout* Et quand il accumule vingt pages pour ' nous . prouver, par exemple, que la Marseillaise fut. apportée à Marseille par Mireur et non par Jacques, Paul ou Jasmin^ ' . on se demande ce que cela peut nous faire. ' ' .

Ah ! je sais bien ."Il y- a les lettres, qui servent de prétexte. Tout acteur de grands événements qui raconte ce qu'il a vu est curieux a consulter. Mais Mireur né raconte rien. Il écrit à papa, et maman, .à peu jprès dans ce goût :—*« Je me suis

. Tjattu hier, j«me battrai demain; ehyôyez-môi de l'argent ;\

x 7 8 MERCVRE DE FRANCE.

portez-vous bien et moi aussi. » — Si Lombard, tenait à la : • publication de ces lettres, un opuscule suffisait • "il en a "tiré 400 pages; et c'est lourd, lourd à l'estomac comme le plum- pudding du saint jour de Noël. ■ '

Geneviève, par Henr .Germai (Heymannj; — Un roman doux comme miel. Le vice est puni, la vertu récompensée, et ' on montre une belle-mère qui est le modèle du genre. A lire ces livres d intentions pures, on éprouve autant de stupéfaction qua rencontrer une robe de soie rose sous une averse. Le pré-tacier, M. C. Dumont, nous prévient "que hauteur est un 1 '

himedu monde. Gela se sent, 'n'ajoutons -rien.' .

Paul Verlaine, par Aufred Ernst (Extrait de la Nouvelle

Û' V E ! Ud - e *° Ut à . faît e * celle ate, et comme il est bien que M. Ernst ait evangelise les barbares voues, en la revue ou elle parut, aux vers de M.. Chantavoine, et contents de ■ ces petits pains au son !

Mademoiselle Rondecuir.par Henri Bossanne (Labbéï '— Tout petit roman de poche à. lWge.de Mesdemoiselles et de Messieurs les employés de l'administration des„. lettres Ne ps s imaginer, que parce qu^on touche.. ..aux lettres oh est de xa littérature, c est la morale de l'histoire. Ecrit avec une gaieté bonhomme, des saillies amusantes et tout-ce qu'il: faut * d. esprit pour avoir raison, ce petit roman-est plus gros d'observation que beaucoup d'autres études ,de mœurs pompeusement ■ étalées dans un format charpentier de six cents pages. A, citer cette, jolie- boutade de. 1 auteur • qui, pour prouver qu'un de -ses- : .. héros est décidément bête, se fait en a parte cette réflexion • «... ht d ailleurs il avait prêté de l'argent à un- député ' »>

La Première Glane, par Joseph Bouchard (Nadaud et C ic ) — « Les vers de la Première Glane , avoue l'auteur lui-même dans une prefacette, ne sonï pas un peu, mais tout à fait des a \k ^ ohe J' *> A ^rs pourquoi les avoir publiés? La plaquette de M.- Bouchard est dédiée avec « timide hommage de sincère admiration » au « poète préféré et cher" maître Français Goppée » Puisque M. Bouchard sort du collège et qu'il l2i faut^nebre ■ des maîtres, disons-lui qu'il eût pu en choisir un meilleur aue" le prosaïque auteur du petit épicier de Montrouge, et attendons pour le juger qu il nous présente un nouveau livre moins • ' enfantin, plus, personnel et, d'une prosodie plus' intéressante. '■

L'éditeur Nicolo Giânnotta/ de Catane, nous' annonce la prochaine publication de plusieurs volumes, parmi lesauels cosFESsroNi letteharie de Luigi Capuana, le romancier veriste > (notons. en passant que ce mot fut écrit pour la première fois, en" ■ ■ France, par Edouard Rod, Revue indépendante, août 1884 et ouM n a de sens qu'en littérature italienne, où il désigne un *roube "■ de romanciers à tendances naturalistes spéciales, parm-

lesquels ~Verga et Câpuana), — Du. même Capuana .Vient de paraître chez Pedone-Lauriel, a Palerme, un roman, 77 prpjumo, ou se modifie un peu, yers le sens 1 idéaliste, la manière de l'auteur de Giàcinta. . ■ r

journaux et; revues

La Société Nouvelle [nov.-déc^ est comme àToTdihaire -très riche- eu littérature et en philosophie -sociale : Strophes en prose d'Emile- Vérhaeren; HMangeur de Lotus etZocksley. Hall de Termyson, traduit par - Georges Destrée ;• les Lots de F esprit ' d'Emerson,- traduction d'ï, Will"! Francis Nautet continuè son- Histoire des lettres belges, d expression française;

..dans les nouvelles' du mois, cette, noté : « JLe, parti ouvrier et les étudiants socialistes ont , créé une section d'art à la Mai-

'■■ son du peuple de Bruxelles.. Le but des organisateurs de cette;

- section est d'initier le peuple au mouvement intellectuel contemporain et de lui faire connaître les .œuvres des principaux /écrivains; peintres et musiciens. » ta. première séance a été consacrée à Wagner : conférence de. M. Kufferath,: exécution " de fragments <le ' la. Tétralogie. %n la seconde. soirée,, on^ entendit K: Eeichoud exposer iemepris/des' bourgeois belges pour Fart et la commune .horreur du temps présent qui unit tous

- ceux qui pensent; ensuite .récitation de vers et de proses. La

' tentative a .été >ien accueillie ; elle' est intéressante : l'illettré est .peut-être notre 'Suprême ressource, notré : public- dé- réserve; ■ ■ ...';.'-■ ; ' ■' .

M'. Godefroid.Kurth offre, dans la Revue Générale' (dé-

' inier de- Pétrone à travers les imaginations.

ï}e la Revue du Nord (janvier) ; M.' Ch. Desmaze vient .' de donner -au musée de Sâint^Quéntïn les manuscrits, lettres, portraits de ;Quentin" de la Tour; . .- "...■■/

- De-Nieuwe Gxds (décembre). Ch.-M.. Van Devemte^A/Àibiàdes 9 'of àverden Eerbied ; Delang; Eene. Bloem, poème en ■ prose descriptif de l'étrange .et colossale fleur, Victoria regia;' Frans Eren's, Gedickien in pro\a; A, Diepenbroclc T Mélodie en. gedachfe of de mu^ieh in-de. intellectuecle evôlutie, avec .cette épigraphe empruntée à Stéphane Mallarmé : ■* Je crois -gue ■■ ■ la- Poésie est faite pour' le faste. et les pompes suprêmes d'une ■société constituée où aurait sa place la gloire dont les- gens semblent avoir, perdu" la notion »; M. Van Eeden .étudie les théories de Lombroso sûr le spiritisme et le dernier livre du célèbre critique hollandais .Mi Jan Ten Brinck,.sur les vieilles

i8o MERCVRE DE FRANCE .

et les nouvelles écoles, littéraires, ■ De Oude Garde en de Jongste School (Amsterdam, Jaa leendertz en Zoon).

Un nouveau giornale cCarte, paraît toutes les semaines à ■ Florence ; titre : Germinal. Ne se réclame nullement.' de M. Zola, ce qu'on aurait pu craindre , et le déclare.

Numéro double de la Cronaca d'Arte {1-2 dé la seconde année). M. Valcarenghi y commence un roman, Dedi^ione; musique, très intéressante, de M. Celega; une. étude de. M. A.-G. Bianchi sur la peinture abyssinienne. C'est à l'expo- : sition de Palermeque Ton a pu voir des spécimens de. cet art primitif, quoique contemporain ; la Crcnaca donne les re- , • productions d'un saint . George ■ et d'une. Vierge à l'enfant. \" L'auteur de ces enluminures, né et vivant dans le Tigre/ royaume abyssinien ou éthiopien indépendant,. se nomme, Hale&a-Luccas, « Agé d'une trentaine d'années j dit- M Bianchi r il a l'œil vif et parait assez intelligent. Je le vis, dans sa ca- bane, assis, par terre; il dessinait sur .un morceau de carton un Christ en croix entre deux "saintes femmes et il soignait le buste avec une grande minutie, arrivant -à le- rendre épouvantablement squelétique. Il travaillait sans arrêt, comme tin nomme sûr de lui-même et" ■ dont la main est faite à la besogne. Près de lui son frère coloriait trois pères éternels déjà dessinés et destinés à représenter la Trinité; il se servait d'un ■ unique pinceau trempé successivement dans des godets pleins \\ de couleur* délayées à l'eau; ces couleurs étaient le jaune, le . rouge, le bleu, le vert, le noir, le violet, le chair et. rien de plus :

« Haleka-Luccas, ayant lui-même terminé son dessin, prit un pinceau et se mit à colorier. Je. lui" demandai pourquoi "il ■ ne-le donnait. pas, comme les autres," à colorier à son frère ;il me répondit :

« —7 Parce qu'il est trop difficile.

« Je vis en effet -qu'il était plus habile à manier le pinceau. . ;

« — Combien vous faut-il dé temps pour faire un tableau'?; • . • « — Une heure, w

" b La, précision et là rapidité formaient .tout l'idéal de cet artiste étrange. M. Bianchi remarque que toute la peinture abyssinienne se ressemble prodigieusement; ïl y a une seule manière de faire*, tout le nécessaire d'un personnage. Tous les yeux, et non seulement des figures humaines, mais des animaux, sont ordonnés de même (cela s'appelle .les fresques égyptiennes). : un ovale allongé avec une boule noire dans un coin, — ce qui produit, un certain effet de pétrification, surtout quand il y a plusieurs paires d'yeux dans le, même tableau.

Tous les chevaux galopent ; tous les vieillards et tous les " dignitaires ont des barbes de fleuve; tous les Christ sont de cette maigreur qui permet de compter les côtes ; jamais de paysages ; les sujets sont de piété ou d'anecdote : miracles : saints, batailles. Le saint George est ainsi colorié - le- fond

jaune ; lé cheval, blanc ,. cerclé; de violet ; la selle-, rouge ; le ■ "- cavalier, bleU K . sauf les xnaîns f le ; visage et les pieds, naturel^ "■. lement chair ■-. Je dragon , vert* . .-, - '.:-.■

Ce saint George ressemble encore beaucoup aux peintures . que l'on voit, sur les. vases étrusques ; il aune certaine allure et- séduit plus,' en sa noble barbarie, que toute- la bondieuserie

académique. : :'.'■" ~. ' - . '■

' Un volumineux journal de Melbourne, The Age^ s occupe de Y Etiquete sur V Evolution littéraire et s'arrête au mot in> . ' . prudent de M. Zola':.» Ils- veulent du nouveau: je le ferai, ■' moi* » Je relève dans les- annonces une singulière collection ■ de poésies "fûn'éraïres.: lorsqu'un Australien' per.d un parent, il est de bongout qu'il fasse insérer, en un journal -quelques -vers -attendris ; "même cérémonie .'aux 'anniversaires. . C'est toujours un peu de besogne, pour les poètes, si atteints par le •déclin du mirliton et de la. papilloté à devise. R. G.

.Revue Philosophique,' dirigée par Th. Ribot, — . Prenant ■ texte de deux travaux médicaux de valeur inégale : Opessïmismonc pàn fo. de v isto Ûa psychologie morbida, -de J, de M a-

' galhaes ; Des rapports de Varthritisme. avec les, manifestations ■ ?ierveusè$, du D r G/Huyghe, M. Bernard Peret, l'auteur de travaux. si remarquables -sur la ■ Psychologie de J 'Enfance v se

:' demande si aux diverses maladies du corps né correspondent ' pas des tendances .particulières de l'esprit. Ainsi, le pessi r . raisme, par exemple,, ne. serait-il pas en' rapport avec une

- « diathèse » spéciale?. Sans doute, "conviendrait-il, *— ■ et L c'est ■■■ là un. point sur lequel l'auteur a tort, à notre sens i — de ne pas

• insister, de nous dire d'abord ce qu'on- entend., car ce terme . *' .de « diathèse morbide »,' attendu que les .médecins, eux- -

• mêmes, croyons-nous., ne sont pas tout à fait d'accord sur le "'. sens qu'il faut attribuer à ce terme; Est-ce un. état morbide

.ou une prédisposition? Combien. doit-on admettre de dia- ■ , ■ *' 'Ahèses, etc.? Mais, -sans plus nous attarder % cette question , " . préjudicielle, nous signalerons le réel intérêt qui. s'attache au mémoire, de M; -Peret; en raison surtout de la .nouveauté du point de vue .qu'il découvre, et. .des -considérations dé tout ordre qu il est loisible d'en faire procéder.

- Vï» Ui. \. m

La nouvelle série, de la Bèviis Blanche (trois numéros 'depuis le 15 octobre . 189 i\ n'est point supérieure' aux pré ce- . ' d'entés par le seul charme delà typographie, mais aussi par la qualité des articles qu'on y peutlire. £a revueiut inaugurée par -'.--■ les P.romeJieurSy nnê délicate -prose d'automne signée Henri ■ de Régnier, et invita successivement des poètes comme Gustave Kahn, Stuart Merrill, Paul Verlaine, Francis Vielé- '- Griffih; récemment "ML Henry Céardy'a célébré à "sa .manière/' ■ ? toute- de raépr is'discret , le cen tenaire de M. Scribe. Mais 1 es ré dac-r ■ teurshabituelèse suffiraient fort, bien à eux-mêmes et Thospita- ; ■lîtéqu'-ils-offrentàleursamis de'lettres est toute désintéressée:- ., on né saurait reprocher à M. Lucien Muhlféld, qui parle , mensuellement de la littérature, qu'un peu trop d'impartialité; .

i8a . MERCVRE DE FRANCE ..

maïs peut-être n'est-ce qu'une rare' et précieuse aptitude à comprendre ; M. Maurice Beaubourg invente des cadres ingénieux pour. l'expression de ses fantaisies esthétiques. M. Ludovic \Malquin défend avec une grande force logique les louables doctrines de Van-arckie, et M. Tristan. Bernard, en * d^exquises allégories comme Rédemption, ébranle, sans àvo.ir-. l'air d'y toucher, les. fictions fondamentales de la Société ; iè respect de. la richesse par exemple,. Enfin, lesjloètes ne sont point absents de ce recueil, et les vers de MM. Romain Çoolus,. Claude Céhel, L.-A. Natauson, de M; Paul Leclercq surtout, ne déplaisent pointa entendre, encore, qu'ils.-rappellent parfois les thèmes et les variations de' Paul Verlaine, de Jules .Laforgue et d'Henri de Régnier. ■

■ \ Notre collaborateur Remy de Gourmont a' consacré sa pre- mîère Semaine littéraire , dans la Petite "& épublique Française (6 janvier), à deux livrés de -grande valeur : Vitraux,

• de M, Laurent Tailhade,. et Tkûlê des Brimes , de M. Adolphe Retté-, Nous croyons intéressant .dé 1 reproduire le début de

■ l'article : . . .'■.'.'',

« Jamais peut-être autant qu'en ces dernières années on' eh parla d'écoles, de clans, de chapelles et même de catacombes littéraires, et jamais il n'y en eut'moins, si Ton veut bien admettre qu'une école, en littérature , comme en art,' se compose d'un maître, d'une théorie et de disciples. De maîtres qui aient le vouloir de commander et d'enseigner, point ; de ' théories, à peine; de disciples, néant, toutfabricateur de- son-* - nets selon la formule se croyant nimbé d'une.. personnelle gloire qui lui suffit. Néanmoins, voici' toute, une armée de pèlerins engagés daus la rude besogne de traverser l'obscure et dangereuse forêt de l'art; chacun va, se frayant son propre, sentier vers la lumière et, vers les hôtelleries 'et; quelquesuns tombent en route 3 ayant butté .contre les troncs pourris de l'imbécillité, s'étant égarés dans les ronces empoisonnées. de la mauvaise foi, ou enlisés dans les marécages de la traîtrise;' quelques autres iront jusqu'au bout et ils touchent déjà aux. derniers arbres de la longue forêt sombre, pernicieuse et sanglante ; les bandits sont pen à craindre, — si lâches qu'un coup de bâton les fait fuir. Le. nom de symbolistes a prévalu' dans le public pour désigner ces pèlerins : il en vaut un autre, si on lui laisse sa signification confuse et illimitée,- si on «permet que, ni plus ni moins que le mot' romantisme, il abrite ho? pitaliè rement des talents divers et même contradictoires. '"'■■..

« En termes très généraux, le. symbolisme (cela a été dit, mais il faut, être net) est un mouvement de réaction contre'le naturalisme. Il s'agit non plus de mettre en des -livres la vie toute brute, mais de se servit de la vie, même quotidienne, même banale, pour faire .autre chose- que de la vie brute. La littérature,, en effet, doit être explicative, analytique et critique des. matériaux qu'elle emploie et que l'observation lui

FÉVRIER 189s ■.■■'''.,.'■ *?3

- a- fournis. Des faits, soit, mais non- -tous nus comme des ânes- '" en foire/ des faits harnachés : d'une idée. .Cela- revient un peu .à la conception, que ton se faisait de l'art- aux époques'clas- \ ■■ 'siquesoù r écrivain avait ce but : exprimer, sous .une forme sensible une vérité éternelle. Comme il. règne, maintenant : dans les -esprits une grande liberté, comme toutes, les idées . .ont 'été délivrées, .toutes les prisons spirituelles ouvertes, une * '. infinie quantité de vérités, dont on ne soupçonnait plus TexïSr * tence.ont francliMei portes.des geôles, . se sont répandues par le monde, et c'est à courir après. pour se familiariser avec ' elle, les pénétrer, .les féconder,- les comprendre, que veulent .travailler les symbolistes. ' Ah !■ les- idées 1 -incomprises, nous . ■ -donnent bien du mal/Ce' labeur, du' moins r est propre, etproj&tablë à l'avancement - intellectuel de chacun et de tous.."- - . " « Le- style, en ce" genre- de littérature, acquiert . naturelle- * "mëiit une capitale importance, nulle vérité . ne" consentant .à . s'envelopper définitivement que dé vêtements- somptueux, . ^^zii' j'i i M « A w n viû;. ôc+T»fltîrtn(» Ap> nnancfts concordantes

-. f 3 it comprendre). d'un parfum adéquat . .

,sençe. Le style est. tout, en- .ce sens -que sans le style, nen

T% A^P"1 CTO \\ • - / *

..n'existe. »

■ ■ 1/ Avenir de Bordeaux (numéros des 10 et 18 janvier)con^

■ tient" une longue et belle étude de -f œuvre de notre, collaborateur ' Laurent tailhade: félicitons M. Jean Berge, f qui la, ■ signe, de sa' double-, audace/: ï° Commencer une, série de

■ feuilletons -littéraires' (titre : . Sur., r Art Moderne} -pat un poète dont la presse se gardé assez ordinairement de parler

■ — .parce que... "quoi? 2 Avouer dans un -grand quotidien son. ' - admiration pour Tauteur.de Aù^Fays du Mufle,-

Mi. Erànçois dé; Nion quitte la Revue indépendante; Ci-;

■ dessous sa lettre de démission :

Paris, le 11 janvier 1893^

«Mon cher Savine, . - ■ ■■ .,'/.'

,- «Quand j'ai accepté' la rédaction en chef de : la Re-oue In- • ' défendante i c'était -une .publication littéraire d'une certaine, valeur .artistique: - ■ <■ \ ...

h J'aurais voulu, .dans la faible mesure de mes moyens et; •secondé par des. amis et des. collaborateurs -tels que . Jean ' Ajalbert, Pauï-Àdam r Lucien. Descayes, J.-K.. Huysmans, ' J.-H. Rosny, etc>, etc., continuer cette tradition; mais depuis plus d'un 'an, sous un- prétexte ou sous .nu autre/ vous . refusez.de me communiquer les sommaires' mêmes de vos. numéros, me mettant dans l'impossibilité dé les contrôler,

■ ■ comme c'était mon droit absolu de rédacteur en chef. . ■

- « Aujourd'hui encore, vous opposer un refus formel a ma . ■ dernière 'sommation; iie voulant .pas ^accepter la responsabi-

■ îité de ce qui peut-être écrit dans votre périodique, je. 'vous adresse ma démission de rédacteur en chef de. la Revue.

l8 4 MERCVRE DE FRANCE

« Agréez, mon cher, éditeur, l'expression des sentiments quej ai pour vous. »"

Cest M. Georges Bonnamour qui devient rédacteur en chef de la lievue Indépendante.

Chimère annonce la publication prochaine d'un livre de poésies de son secrétaire de rédaction, ML Pierre . Dévoluy

r a ^^ J f U *V*r a * pref li Ce , S . er ? U contre-partie, paraît-il, de larticle : Le Joujou Patriotisme, paru dans le Mercure de France et signe Remy de Gourmont. >

Les Entretiens Politiques et Littéraires de janvier publient de curieuses notes inédites de Jules Laforgue et des articles de MM F. Vielé-Griffin, André Gide, Hfnri' de Régnier, Bernard Lazare. Le même fascicule contient cette lettre d une sœur de Rimbaud dont nous parlions dans nos derniers échos, lettre insérée Sabord dans le Petit Ardennais et reproduite par la Bataille Littéraire. Elle est cette fois suivie d'un bilfet de M. Paul Verlaine, protestant contre une phrase pu il est question de sa « violence » et de sa « méchanceté réelle ».

\ ^?,!i e î" Art iî stG consacre son dernier numéro à la mémoire de M™ Agar. Pour la circonstance, il a sollicité de -poètes et de journalistes notoires des poésies et des articles. Les uns se sont exécutés; les autres se sont excusés /par des lettrés que pubhe le journal et dont plusieurs sont... au moins bizarres. M. Auguste Dorcham, par, exemple, termine ainsi la sienne- « .. je ne puis rien écrire non plus sur la pauvre Agar, que <c sa parfaite beauté rendait si digne d'incarner Camille ou « Fnedre. —A une autre fois... > Considérer dans la tragédienne sa seule beauté pour jouer Camille ou Phèdre, ce nV tait déjà pas banal; mais que dire du : « A une autre fois »? Ceci n est nen cependant à côté du'billet.de M. Emmanuel des .bssarts, que je me ferais scrupule de rie transcrire point tout

« une de mes amies ; « A vous de cœur.

« EmMANTOL DES E$SÀItïSi, »

Et M. des Essarts le fit comme il l'avait annoncé! Or on imagine sans doute que, pressé par l'heure, il composa un sonuet ou quelque courte poésie? Point. La Gloire d'Apar

compte cent ^ioo) vers, dont la plupart sont, de cette force f

Agar, sœur des Poètes Do7i£ les lèves muettes Ont fait vibrer V accent Du èeâu^H Passant ». .

Et. pour comble de cocasserie, Rauen-Ar liste — bien obligé de. boire le vin tire - déclare- :« -Nous ne pouvons mentionner les nombreuses lettres et adhésions qui nous sont parve- ' nues, mais nous tenons à en mettre; quelques-unes. sous les ■ yeux de nos lecteurs; elle -donnent la note générale.., » Pauvre Agar! Et quand on "songe que c'est nous .qu'on ap^- . pelle, f umistes ! v "- - i '

Ne nous accuse-t-on pas aussi perpétuellement de manquer

-.'■ de respect aux' institutions', de nous soucier des , traditions

/ comme d'une guigne, de nous railler enfin de tout ce que nos .

aînés vénèrent? Or,' nous qui ne publions point tons,. les ans,

à la Toussaint, le même article apitoyé' sur le « culte des

■ morts», nous, n'aurions peut-être pas tout de même osé" cet écho délicieux, publié — en première page, s. y. p. — par le

./Figaro du is janvier.: ■*.':' -..' ' \ '■..;' -

, :* C'est aujourd'hui qu'ont lieu les obsèques de ML de Choû- 'bersky-, '-'.-.' ' * ."''.*'''

■ . <L On ne sait pas encore qui tiendra les cordons du poêle.»

Mais ne faut-il pas conserver, au Français sa réputation depeuple le plus' spirituel de la terre? — Encore iin ? l'auteur de cet écho* que sa mère aura trop chéri (Dédié à M, de Saint- -Genest), - ;

La Plume (1- janvier) commence une nouvelle dé M. Léori Blôy. : Le Secret de- M. Pérêgrvn Germinal; -le même numéro contient des vers de MM; Léon Clàdel et Adolphe Retté. —

■ Le numéro de décembre dé la "Wallonie est consacré à un.

. longjpoèmè de M.F.Vielé-Griffîn ; Au Tombeau d'Hélène. — Les Essais publiés par le Cercle .Littéraire Français, à Garid, deviennent Le Réveil; au sommaire dû premier fascïculej les noms de MM. Georges Rodenbach, Maurice Desombiaux, Arnold Goffin, Valère Gille, Charles Sluyts, José Hennébicq. -T- Dans lès Hommes d'aujourd'hui, portrait-charge de M. Paul Delmei. dessin deHenricus. — Pour finit» signalons tm nouveau confrère, le Nouvel. E cho, revue littéraire, et dramatique bimensuelle (17, rue Cassette; Directeur: Emucb Steàuss; Secrétaire de la Rédaction ; Alçajhter t>E : . Brahm): relevé parmi les noms de collaborateurs annoncés : Edmond, HaraucOurt, Georges Rodenbach, Wilty", Léo Trézenîk (dont le premier numéro publie une noùyefle : La Dame aux clous) 1 Ernest Gegoùt, etc.

> <c <a<t <ixi> 3> ti> »«> - » ■*■ - CHOSES D'ART.

; Chez Boussop et Valadon ; des Claude Mpnet. "- ; .

Chez LeBa^c t>e Boutteviixe^ 47, rue Le Peletier : Ex-, position permanente d'oeuvres symbolistes et .impressionnistes^ Avoir, libéralement offert aux jeunes artistes novateurs, encore

- contestes par la critique et dédaignés par les chalands et généralement bafoués par les. marchands^ et les jnrys, un asile permanent où ils puissent exposer au jugement du public -sans craindre de trop infamantes promiscuités, ' les résultats

. de leurs travaux et de. leurs recherches, c'est, assurément, une belle et généreuse idée dont il convient "de féliciter M. Le - Barc de Bouttëville. Nous consacre rons, d'ailleurs, prochainement, un article spécial a cette entreprise si" intéressante- et si absolument d'art. -Pour aujourd'hui, contentons-nous de mentionner les principaux exposants :,Anquetirt, Emile Bernard,

■ Toulouze-Lautrec, Seruzier, Maurice Denis, Willette, Renoirl ' ' Signac, Paul Vogler, Bonnard, Ranson,' Roussel, Ibels, Willumsen, Albert Fournon, Luce, Roy, Petitjean, Gaûsson, Giran-Max, .Albert, P ailla rd r *P.ru nier, etc. On nous annonce, ' pour bientôt, des Van- Gogh, des Odilon Redon,-' des Gauguin, des Pissaro, des Eiligér, etc. -^ Depuis l'inauguration,

. quelques œuvres nouvelles, notamment un Séruzier d'une ' ■ merveilleuse certitude de ton et- de: dessin, et un H. de -' Grôux,.Emigrants dans un entrepont, tableau encore inachevé, synthèse du douloureux et inutile grouillement humain, d'une, maîtrise on dirait classique.

- A la Galerie Bodiniek: Pastels d'André Sinet, art joli,pîus, ' ' et spirituel moins que' le-* Forain; des attitudes bien saisies de femmes à leur toilette, étant ou remettant leur * corset" :' ' rien de neuf comme art- Même galerie, une suite de petites toiles de Richard Ranft; plus de tempérament, que le précédent/pas plus d'origina- lite; des- choses spécialement mauvaises parmi quoi deux .ou • trois paysag-es de- tons compliqués amusent un instant, •

Musée -du Louvre. — Le baron Alphonse de ■ Rothschild . vient de faire- don an musée- du Louvre de deux petits bronzes florentins du seizième siècle d'une belle; exécution-. Ils seront placés dans la grande salle de la ferronnerie et des objets en ■ . métal, récemment installée. . *

Antres dons: une Vierge a ? Enfant, bas-relief de l'école de Donatello; un buste de Michel-Ange^ œuvre .du seizième siècle. ■-. , '-

D'autre part, M. le docteur Fouquet; qui quitte le Caire et a déjà fait don au Louvre de spécimens très importants de . l'art arabe au moyen-â^e, vient encore d'offrir. à notre musée national un lot considérable d'ouvrages intéressant au même titre nos collections.

Le musée a fait une acquisition de la plus haute valeur ■historique et artistique: ' -

.11 s'agit d'une statuette en bronze de Dionysios, découverte ■■■ à Athènes, sur l'Acropole. Elle fit longtemps partie de la ■ . collection de Photiadès Pacha, gouverneur de Crète, et passa ensuite aux mains d'un antiquaire italien, M. Giulo Samboni, qui vient de la céder au Louvre,:

Péristyle du Moulin-Rouge. — 7 A voir ; près d'e l'affiche tien connue deChéret, une très . curieuse affiche de Lauirec

: représentant une des . luéroa* ulès -du lieu dans .Taccbmplisse- ' . ment de son sàcerctoce. ■'-.*■

L'Exposition de blanc et noir aura lieu dû i cr avrilau 15 juin, . " au. palais des Arts "libéraux. Envois -du i/Tau 5'mars. pour les . dessins, du 6 au- ïo pour la sculpture. Relevé -parmi les " 'membres du- jury" lès noms de MM.Kugène Guillâume"(presi-

■ *dent),Gérome, H,. Pille, Allongé, Didier, Waltner, Th. ChauveT, -Panriemaker^thermitt'e, Hàrpignies f Gallard. Congny, H. Ha- ■

. ■ 'vard, G. Duplessis, H.'Delabôrde, Armand Dayot, Desboutm, Didier.. H. Jouin, A. Rbuart, H,,Rouartj Dubois, Falguiere, : Mercie v Barriàs, Rodin, Allouard, etc. :

. Le Salon- des .XX ouvrira le 10 février; exposeront, les . peintres français': P: Signac, M. Luce, L. Gàusson, L. Pissaro, M. Denis. ■ .- - /

v ' Aux: Indépendants, ouverture le. 19 mars (Pavillon "de la Ville). On nous promet l'œuvre complet de Seurat.

» '■" La Ville de Béziers prépare pour. le mois d'avril/ à l'occasion de l'inauguration" d'une fontaine monumentale due .à M. A. Injalbert, 1 une. Exposition de Peinture, Seul pture,; Dessins, - ' Pastels^ Aquarelles et Emaux: Le nombre des œuvres exposées

■ par le même artiste est limité à trois. Les tableaux ne devront . pas excéder 2 mètres dans les plus grandes dimensions. Les

. ouvrages, de sculpture ne devront pas excéder 200 kilos/ La -. ■ Commission * se réserve, d'ailleurs d'apprécier le' cas où il

pourra être, fait exception 1 à ces conditions; L'administration ■municipale, annonce qu'elle, acquerra quelques-unes dès ■

œuvres exposées. — Demander le Règlement à , M, Charles ; La-bo r^ Président de ,1a Commission d'organisation.

' Autres expositions prochaines :" ■ *' . " '

Nantes," mars ■..,,- .'*.'*;..*'

■ Amiens^ juin-juillet: ■ '■.,-'" .. ■

' ]' ' Lyon,. 28 février. ,'...-. ■"■ , ' - . Evreux (Gravure), 31 janvier.

Cannes } janvier-avril," '.

' ; " ,' Munich, jujLllet-o'ctobr.e. ."'...'•'

•' -. Glascow,. % .février. ' ■" .

. '. Nécrologie. —.Le statuaire Ernest Christophe est mort le •15 janvier. 11 avait collaboré avec son maître Rude à la belle statue tombale de.'Çodefroy Cavaignac. Ernest Christophe a. . * ■ * peu produit .: esprit inquiet, hante de haute s^ conceptions, ilse survivra surtout par la Femme au Manque (Jardin des Tui- ' leries)'. Deux autres de ses ouvrages : la Fortune et. le Baiser . de la 'Chimère 7 sont au Luxembourg. .'■:.;"

■ ' Le comte de Nïeuwerkerïie est mort le 18 janvier à Gatta-

j'ola, près- de Lucques ;" ce fut. le dernier Surintendant des Beaux- Arts. On ne vit à ce .poste, après lui, que des' commis

d'ordre. ■'■''..:''.*■ -

i8S MERCVRE DE FRANCE ■* '

ÉCHOS DIVERS ET COMMUNICATIONS

LEndehors, qui s est assurément plusieurs fois mis dans le cas d être incriminé pour articles séditieux,, est poursuivi pour... pornographie. M. Zo d'Axa ne s'attendait point a celle la, La rigide vertu de M. Jules Simon triomphe, mais les arnarchos doivent bien rire qu'on prenne de : ces petits chemins pour les atteindre. — La Justice^ d'ailleurs, au bon pays de France, devient bizarre Nous n'avons non pas. parce qu'il disait des saletés, mais parce qu'il ïes . disait sans aucurïjalent — jamais soutenu M de Chirac, et le premier comité de lecture du Théâtre d'Art composé en majeure partie de rédacteurs du Mercure de France, a toujours unanimement blackboulé les pièces qu'il présentait: nous sommes d'autant plus libres, compétents aussi, pour donner notre avis sur la peine infligée Or, ainsi que l'a . très exactement démontré M* Labory, le directeur-acteur du 1 neatre Réaliste est, en matière littéraire, aux trois quarts inconscient, et sa condamnation à 15 moisde prison est tout a tait exessive. à considérer surtout, comme le note spirituellement M. Henry Céard dans le dernier numéro à'Arf et Critique, que d'autres, a dont les. délits étaient autrement précis - ■ et dont les actes furent singulièrement caractérises, ont payé d une moindre incarcération leurs idylles des Champs-Elysées et du bois de Vincennes ». — Autre chanson à propos de" là condamnation de Fin de Siècle, du' Messager Français et du Courrier Franchis. Le premier reproduit un article que le second a emprunté au troisième, lequel le publiait il y a dixhuit mois. Donc, trois délits, et, comme il n'y a prescrïplïon pour aucun, trois condamnations. Mais cela n'est juste que de droit étroit : la coutume est en effet, st Ton peut dire, plus légale que la loi el e-mèmè, et, le Parquet n'ayant point coutumeùz poursuivre un journal dix huit mois après le délit, les deux journaux reproducteurs étaient autorisés à se croire a 1 abri. D'où, à pousser cette doctrine aux dernières * conséquences et en admettant qu'il y ait prescription pour le premier délit, ce dilemme fâcheux: ou la justice, ne pouvant atteindre le premier délinquant, abandonne les poursuites contre les deux autres — ce qui est immoral puisqu'elle juge qu'il y a délit; ou, sans se soucier de celui qui lui échappe, elle condamne ïes deux autres — ce quï est immoral puisque n'est point puni l'auteur du premier délit, iauteur. des délits >ubsequents.

Art et Critique a' reparu le 16 de ce mois -ci sous la direction de M. E. Wchot,qui déclarait dans. une circulaire prea- " i' i-îi » ■ * "■* ■" . -

a « fe" me suis, dès à présent, assuréle. concours de M ^ a*

* TuiiiE^ fondateur « S Art et Critique »ï£t de MM. Henrt

. ■* CÉAW), Ahdwb CàROTAÎi,' Aura*» Exnst, Gustavb Geffioï, .;

* Georges Lbcômte, Gaston Sàxàîïdiu, etc., etc. ..,.:.. « Rien ne sera donc changé à la ligne de cette Revue si

* vivante, si appréciée des lettrés et du public, et quires-

« tëra: comme par le passé, largement ouverte a tontes les- . « tentatives d'art intéressantes, neuves et originales. »

Nos complinents à M. Pichot, <-t nos vœux .de réussite — . d'ail »eurs non douteuse -àson entreprise. Deux numéros , d'Art et Critique ont déjà paru-

'-M.leanjullien succède à Henri déLapoomieraye au journal -Paris, et- tfest M, Marcel Bailliot qni est charge de Ta; critique dramatique à La Plume. . :

■;■ Le Réveil Catholique publie par souscription (3 francs) un . volume de vers inédits de Verlaine, Zttusgies tnUmes . ^'adresser à M. SignoreVi; place delà Sorbonne),

Nous recevons le i« numéro d?un journal bien étrange intitulé Le Chasseur de Chevelures. Nous, en- parlerons le mois prochain, surtout s'ilcontîhue, ce qui est. douteux. ^

Au dernier dîner des Têtes: de Bots (5 janvier), sous* la présidence de Jean; Dolent : les peintres Kugene. Carrière, Âg-ache, Baud-Bovy, Jules Valadon, Debon, Saint-Gerimer , . lef sculpteurs Doublemard, F; GilbauU; le myeur E f Daumont : les poètes Charles Moriçe, Edouard Dubus, Jean Carrère, Julien Leclercq, Alfred Mortier Léon Duvauchel, Y van Rambosson, Hugues Rebell, , Devillers, Ernest Jaubert, Èmilë Besrius, Edouard Schuré. Georges Seanles; le romancier espagnol A Sawa; le chansonnier Ernest Chebroux; Frantz Jourdain, Paul Dupray, etc.

Avant lu la note que nous avons insérée Je mois dernier à . propos de VEcko des Jeunes, revue toute récente publiée au . tanlida par M. Gerbee, . M. Victor Gresset- nous prie d annoncer que depuis janvier 1896 se ^ublie^a f.f n \ s ° u ? ,"> même titre à Echo des Jeunes, un journal dont il est le ton -

''■- dateur. • ..-.■;

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