FRONTISPICE
heurtant nos coudes et nos «enont aur'fn1lJ ÏKand , . et "*■ ~ plinthes.aux ^égori^^^^^U^Ï^^ - avions nous suivi les corridors qui convenaient 1« X, ^ es étroits et froids et obscurs et oui— ™î^™m?£t ' <? or ™îors ^r-U^d-te parde's pthSSfchr petites salles innombrables endormies sous des TmAte, "il ? ? Cirées par les verrières dé rares ogives et w»? ' 6t ?? al de silence, de renfrognèrent et le grimoire ?" rCmplles
«*» entassés ^n w or^^ ^T^S^ a ^
murailles, jusqttes aux architraves, qui donc, quel providentiel . savantas à lunettes rondes en corne,, à -perruque et à culotte,' :
: eut radorable lubie de nous révéler les rayons des \merveil- % leux manuscrits où, entré mille missels dorés ■ et enlumines comme, dès belles' dames, "il nous arriva -(on croit se le remémorer) de découvrir (ne fallut-il. pas bien que cela *e -passât. ainsi?), ce petit livret sali, jauni, crasseux, fripé, corné, sans somptueuse reliure et sans miniature, ce petit livret <ru evi- 'déminent nous prîmes, à première vue, pour l'aide-memoire ■ familier et de poche de quelque pauvre jongleur? ^
.'. Pourtant, ce n'étaitpoint cela, point le. portatif guide-ane . d'un chanteur .ambulant, d'un héroïque râcleur; fc de rebec, et ces feuillets contenaient (on ragirrnerait quasiment) .une ' œuvre, certes, moins précieuse que la moindre épopée du der- * , nier trouvère, mais, aussi, avons nous cru, plus rare, et, qui sait? plus curieuse : l'album de voyage d'un de ces artisans
Ïu'iî faut "bien appeler sublimes-, d'un, de ces naïfs- et glorieux • magiers, tailleur de pierres où cclorieur de. fresques, enlu- ' mineur de parchemin ou' orfèvre, ciseleur ès-métaux ou peintre de Verrières, sculpteur de chêne et d'érable ou tisserand detrames de haute- lice, qui, , bien que,, déjà, -hélas l vivant en ■ ■ pleine. Renaissance, avait pourtant conservé dans son cœur la * . ■" foi tenace du Moyen-Age, fardent spiritualisme \deTart gothi- . que. la haine du matérialisme ' et du. classique pastichisme , de , ■
la nouvelle école ! Sur ce petit cahier de vélin, chaque jour, " au hasard des belles choses rencontrées^ il consignait, lé bon artisan, ses réflexions/ ses rêveries, ses émotions, ses critiques, ses admirations* II- ." y notait, non point pour l'approbation d'un banal lecteur,' mais pour lui, pour, s'instruire et pour . se rap-
Seler, les visions suggérées, ses imaginations interprétatives, . ■ es observations techniques, ces mots d'énigme qu on dérobe .parfois aux chefs-d'œuvre et qu'on n'apprend jamais dans les
académies !»»• - "'
'Et vraiment, ne fut-ce pas de cette heure trouble et douce,
en cette très vieille et .mal- ressouvenue bibliothèque de Là-bas
et d'Autrefois, que nous prit la fantaisie de nous métamorphoser
. pour quelques semaines," aujourd'hui* en ce pauvre Imagier du
. t>assé,— et puis, oubliant tout, doctrine, philosophie,, esthétique,' science, théories, de pieusement rechercher, parmi les usinés
' et les casernes du maintenant, les .débris méprisés- des- cho ses qu'il aimait, lui, pour, nous aussi, avec sa naïve émotion de bon artisan, noter, sur un livret 'pareil au sien, nos réflexions de dociles écoliers devant les chers rêves éternises des magistraux ancêtres de ces âges si péremptoirement défunts?...-
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Au Louvre. Salle Michel-Ange : — Terre cuite ■polychrome. Écoles d'Italie (XF siècle). — Sur champ d'or la Vierge et l'Enfant Jésus, tous deux effarés en leurs auréoles,. où, en lettres pures, se gravent les prophéties. L'un et 1 autre regardent dans le^ noir,
C^rfl^J^V^Ï P"**®** « dresse le ^S ntrî^ aUX fins: ? heve ** d'or ramène à sa
§22?? astnctéesa menotte tremblante ;. il est à moitié
éto v £s^l1t c o m Z s T e iv Ianc ^ sanéede «wSX
rouée '«m JSS ^ é P aule > et . » sa brassière rouge ponctuée dor, remontée par le roulis des'
uc djieu cnaste . L attitude est la peur nerveuse- du
c'est^ue 11 ' Ct " " M Se re J ette P^ « «S TmaSnS ^w, q ' ~~ - aison et amour infinis en Un corps d enfançon, - il ne veut pas la faire pleurer? éSèîî
volt Toïté i le f eSt tranSfix 'f e P ar de * a ^enr Eue 1° rV S. * sa face P ^ le s effroyables stigmates
par SnîabK ^.«".^ L'œil? .fixe, éîSSS pari indéniable apparition. Il y a dans cet œil l'aeonie
l?ifl à - m, > trahlSOn de J ùdas > le reniement de Ifera . la verberation au^ poteau, les crachats,. la- croix S nee comme une chaîne le long du Gol-otha les ma^ . fendues par les clous, les. pieds déjointurés le san? qui coule de lacriblure des ironiquei épihes et areu °lf les yeux, obstrue la bouche, le saug des mains le
ficef ttJ^t le i. ang - du «** ■« levais SïïtaË ùceb futurs, la mort en. ignominie et la mort eh trloire qui est encore- la mort, fa bouche est selon la fourbe
Se Pen^uï n a eu PlUS aVér ^' et -* uèlle ■P*^ iïïêS se penche un peu, comme fascinée. A peine sent-elle
Portent ?^ eaU de renfant : c ' est l^ommé qu'lK : porte, et cadavre, sur ses genoux pito'vables Sa
S 1 a f^ Che V S ° rtai î td ' Une étroite m ^ dorée et
aurs^n e ^HVu n ' 1 pluS - qU ' èUe ne sou * ent ' le lambin! Ivl^l % la reine-mère, dressée dans la chaise lSsSln^- 6 - Wetie étreint une poitrine où.
i angoisse, s il n était divin, ce lait de viéree le ferait
Saveur 6 a ef < ST ri ^ qui 5 nt eu ^i'fraySr ■«™kST ' " la a v tun ^ de lamentation bien -
symbolique,-™ mouchoir sombre les recouvré et S
STÎ, 6 ^P leurant sur les oreilles: coiffure prêtre
tine maîs onl' ^^ authenti ^« ^ damlflorS S« f 9 ' Ia -', accent u« et remémore le deuil de ate^ r n le V C ' eSt la tristesse inconsolable ae santtoL w2 * nosant P as «e regarder, se connaisrémission ™^ y0Ue . S àu " sa PPlice ineffableet sans. ™E£ ™L™ S la "ature ■ humaine, naturelle en la mère imposée au fils : pâr l'Ordre suprême : se crisne
runde r^t° US riné !T able -«alité ; usont^peur 1 un de I autre, peur du spectacle visible en leurs yeux,
FÉVKIÉR 1893 . 171
ils ont éternellement peur, .et ils savent, les Inconsolables, qu'ils ne doivent pas être consolés.
Telle est cette effroyable v. et glorieuse œuvre d'un Inconnu, qui a eu le -génie d'évoquer avec rien que cela, une mère et son nourrisson, les XIV Stades die* la Passion du -'Sauveur, (àyeç les mêmes éléments $. Raphaël donne à satiété Timpre s sion de F animale joie deJà pouliche et de son poulain). Je: ne crois pas que Ton puisse aller plus loin dans là représentation de ^invisible ;par le visible, =— r ce qui est l'art tout entier.
. , • .'■'■■ - IVImàgeer.