‹ Mercure de France, tome 4Chapitre 85 sur 140 · DE L'ACTION · texte numérisé non relu

DE L'ACTION

«S? ■ lunede ces Mves histoires, pleines -d'une sagesse si sayoureuse et si judicieusement oppose au sens commun, Théodore de Banville ava? PP ^™^

■ aLS^TrtTdeT^ ^ ^ « "- SuSé mères conséquences cette idée fé™™£ ,,1 ses der-

ausî SïïteSi lïft"* 'T 8 ™ 5 '«oie inutilité

doît chacun Ê^ q ^- Ppur la ^norité intelligente ™ *L i - P 311 ^ aucune époque semhle-t-il

SiSeSS Pr ° P1Ce ^ îa **« à s* -oisLTeïhras 1 ;

. f îs t ^i^^ sis »

au jeu des énergies^ndi^duelLsTe^ ^que'stlSé^T

. rl^evInSonf nSf "^ ' * ^âefpSques poser à nlrsonn™ ° at ">nales, ne pourront plus se .

verra hien, puis ?J^^?^^£

borieuses lts errlmentfJe t. T^™ paU 7 es et la ' avec moins d'éSnce toutefoif 5 tf 6 f^ der ? é > Elle ne leur a laifsé des frHt= /. ! pluS dh yP°crisie.

part strict^^àÎTsàTio^l^^iè SV* ment, moins- avisée que' sel de^nci^f îu *' > Ule ~' entretenu l'ignorance" P^eu^|^ t ^.

cierites de leur force et partant in offensives. Elle a miné et détruit, ces croyances qui, entre la crédulité des . uns et la prévoyance; des autres, . formaient ce

: qu'on appelait. si justement une religion. Elle n'a pas nourri la bête famélique, mais .elle a débouclé sa muselière, et limé sa chaîne, et maintenant que le moment est venu d^être personneHementmangée,elle s"*indigheavec un illogisme, vraiment frivole. .Car elle -sera- mangée ;. et, comme il est facile de l'augurer en

• ces années favorables'' aux séculaires rapprochements, les neuf cent .mille fusils LebeL de ses trois cents régiments d'infanterie ne sauveront pas la bourgeoisie, . .pas plus que lès sabrés, du Royal-Allemand ou les mousquets des Suisses n ont sauvé Louis XVI* Très différents des légendaires chassepots qui devaient partir tout seuls, ces fusils,. bien qu'éprouvés, ne partiront pas, au jour suprême où. onvoudra lés tirer, et ce sera pouf ceux qui se croient .maîtres des détentes ■ un pénible mécompte. Dans cette conjoncture, quelle tâche pourrait s'offrir au jeune homme français? Dé- . fendre la bourgeoisie? De toutes les : causes perdues, c'est la seule qui ne : soit pas intéressante. Il y avait

-quelque agrément à teindre d'une pourpre, dévouée le . blanc", drapeau "fieurdely se, mais se faire broyer le crâne d'un coup de rivélaine, devant le coffre-fort international qui ne s'ouvrit jamais pour nul des vôtres, .

. serait une duperie sans grandeur, . Cette bourgeoisie n* eut ohcques pour nos pareils : qu'indifférence, haine ou ; . envie;. nous rie lui devons rien. Et puis, ce serait tellement vain.. Il n'y aura même pas de lutte; ce sera l'accomplissement ; d'un phénomène physique. Quand " vient Tété des mers polaires, nul rie songe a s'opposera^ dégel des, banquises. Jadis, le. tiers-état n'avait '■

l'hypothétique victoire de caste à la transformation de- .

' leur sort- personnel : il leur faisait leur part et les résorbait en lui. Mais, aujourd'hui, ce sont tous les ' meurt de faim qui ont compris qu'ils sont les plus forts, : par cela seul qu'ils sont, qu'ils savent, et quils veulent. Que faire? Qu'on aille jusqu'aux ëpi- ■-" sodés du massacre, du viol et de l'incendie, ou qu'on s'en tienne à une méthodique expropriation, il est bien clair qu'il ne restera rien de la société telle que

.' nous la voyons' aujourd'hui. Avants que par la- force

'30 ■ MERCVRE DE FJRANCE

.W'^^^fS ^combattre dans :

. forces mocStées» StL P |'LÏÏ. , ' Ue e "ï p ? <>i des

bord, pourrait-on répondre â céuïci i l.îÏÏTSi cause qui, d'eUe,même et forXem -^KSIi?"*

^ plus inconnus peut-être tm'aux maître Si i

Se^is^^ »'°«™°™£?d£>i .•■■

ils sint, a M S iï t<* "o»v»„i bien conane .

DadSwnïï? 1 * • JR é ^ ode transitoire dont on a

Si w£ T^ D?ie i U nombre se ^bstituer à cellt qe l argent. Tyrannie d'autant plus monotone qSi?

tyran étant tout le monde, on n'aura pas la passagère . distraction de le renverser pour le remplacer par un autre. D'autant plus- lourde que, n'ayant rien à craindre, elle n'aura rien à ménager: D'autant plus exi- . géante qu'elle ne pourra subsister que par l'assentiment forcé, que par le concours; obligatoire de tous, sans exception. Aujourd'hui, encore, à condition de ne rien demander à l'organisation sociale et de n>n nçn attendre, certains peuvent s'isoler à peu près, et, après ' lui avoir, payé de lourds tributs, . se soustraire quelque peu: à son inquisition. Il n'ira pas de même dans la société nouvelle; où tout acte, tout vouloir, tout pen- : . ser, tout désir, devra se soumettre â la norme com- .' mune : ce sera la mort de toute exception. S'évertuer vers un tel résultat paraît inopportun.

Enfin, prendre un tel parti exigerait des attitudes qui déplairaient à beaucoup: C'est se retourner vers le ,- soleil levant, évolution fâcheuse. Et puis, que nous Tayons voulu ou non, et tout en n'ayant pris aucune part à son gouvernement, nous .sommes du monde qui s'en va, etil est séant de nous en aller avec lui.

La seule chose convenable est donc, plus que jamais, de rémonter dans les tours d ivoire pendant - qu'elles sont encore debout^ ce n'est pour longtemps — ,et d'y rêver, soit aux choses éternelles, soit, aux difficultés de la grammaire. Agiter des subtilités lin- . guistïques ou prosodiques semble, en somme, un emploi judicieux et: correct des minutes dernières.. Et qui donc, sinon les; lyres familières, pourrait nous ! chanter ces chansons suprêmes qui . faisaient aux sages anciens des morts sereines, et berçaient leurs . rhythmiques agonies? D'ailleurs^ à quoi bon discuter : les barbares sont là, et les barbares ont toujours raison* '.'■''.'

-•'••■' Marcel Coixièré. .

^^^S^t^^tv^ 30

-3* MERCVttE DÉ FRANCE

Page 1