V MAI
faillit naguère s'établir a propos de ces mots : Poètes Français^ , ', ■".
A ià suite d'une information trop rapide, publiée au Figaro^ des gens, que je dois croire les plus purs du monde, m'accusèrent de prétendre au titre de chef d'école et m'enseignèrent au'il n'y a, en attaque des individualités* Je m'en doutais. Voici les première lignés d'ùiï livrepublié en 1889 ": '■-■'.' ; ". . ;': ",'. fc -
« Il n'y a plus d'écoles littéraires, il. n'y à 911e dés manifestations individuelles; Troià écrivains d'accord sur les principes, voilà ce qu'on ne verra
plus..»(i). " v."\ "*'.;■." "'/"'*'
Mais voyant, non ààns surprise* que des tentatives d'écoles — très étrangères et au çénïè français et à cette date— ^ se produisaient ici; là, ailleurs, je songeai qu'il serait peut-être Opportun dé leur opposer un mot qui, sans être un programme,, sans créer ni chef d'école ni « écoliers >, eût le mérite d'unir quelques bonnes volontés dans le Souvenir respectueux des grandes traditions; d'où ce titre : les Poètes Français*, J'éprouvai, à cette occasion, qu'une entente, même si large, n'est plus de notre temps,
CLuant aux conseils indiscrets que me donnèrent alors, et que de te^ps en temps d'ailleurs et sans autre prétexte que: leur, bon plaisir, me donnent sur ma propre production des moralistes imprévus, je n'ajouterai pais à ces vétilles,èn y insistant, Timportançe dont elles manquent. Comme dit le bon chanteur Gabriel Vicaire : ;
Rions donc un peu ! . /. ■ ~ •■-'■"
Aux inforixiâtions erronées ou aux intentions médiocres il sied de 11e répondre que par des œuvres — et la date m'appartient ■ . . .
Edouard Dùbus a, au plus noble degré, l'amoiir
et le culte de la Beauté. Tbuiour s davantage, pour
(ï) La tïïxÈRAXURB de tout A x'hkumï, Avertissement. ,
se rapprocher d'elle, — et ce sont là les hautes promesses dont je parlais, en commençant, — il dépouillera les mièvreries sentimentales -et cette gracieuse mais caduque friperie des « regrets: ■ poétiques ».' ■ , "
Je ne crois pas qu'en ce siècle de toutes les banqueroutes, — quand d'une part la multitude trop leurrée d'un inconsistant avenir de jouissances immédiates menace' d'exiger violemment les terribles échéances; et que d'autre part les religions elles-mêmes, ces grandes agonisantes, ne savent plus prodiguer aux vivants,pour endiguer leurs désirs, les consolations d'éternelles récompenses, — les Poètes, qui seuls disposent de richesses réelles, à la fois immédiates et éternelles, aient le droit de s'oublier dans l'égoïste et mauvaise délectation de leurs deuils intimes. Il ne s'agit certes point, de faire oeuvre directement utilitaire. L'utilité sera dans la pureté et dans la nouveauté inêtfiè de l'oeuvré. Et par l'oeuvre sereïne;nous dirons — à ceux qui se plaignent :
• Votre erreur est dé chercher hctfs die vous des trésors tangibles, réels de la douteuse réalité des' pierres changées en pains. Il faudra toujours souffrir et peiner sur le chemin : mais : rhomme a dans ses rêves des refuges splendîdes, dans son esprit et dans son amour des féeries infiniment changeantes. Le rêve est à tous. Quelques-uns le chantent — musiciens, peintres, écrivains, tous
Î>oëtes — et vous, l'humanité immense, écoutezes. En grandissant eux-mêmes, en s'élevant toù- : jours davantage vers lin idéal que par pitié le sort toujours différera, ils vous enseigneront comment on s'affranchit des contingentes douleurs, sans les oublier : car ce rêve unique, ce rêve de vivre, tient compte de tous les éléments ile la vie, niais il les transforme en lea touchant ou s'en délivre tout en les indiquant par le recul d'un vaste essor. Il peut dire : « Je » à toutes les. pages sans rien avoir d'égoïste. Il est d'essence eucharistique: ~ Cette Religion qu'ici je prêche^- en prêtre
qu'aucune raillerie ne va plus étpnner — (et que déjà j'indiquais dans un livre), cette suprême Religion de Beauté, la seule désormais possible, où rhumanité s'adore dans les éléments d'infini qui prêtent une forme impérissable . à~ ses éléments
mystérieux que vie annonce et qui sera à 1 homme ce que rhomme est à là bête inconsciente ^- tu Tas prévue, nion cher Dubus, dans ces beaux vers que je veux laisser pour dernier souvenir à ceux qui me lisent
Pour, devenir, un jour, celui que tu recèles Et. qui pourrait mourir, avant d'avoir été, Sous le poids d'une trop charnelle humanité, G mon aine ! il est temps enfin d'avoir des ailes;
.. ; -■'■■■ Charles Morice.
io MERCVRE DE FRANCE