‹ Mercure de France, tome 5Chapitre 35 sur 109 · M AI · texte numérisé non relu

M AI

Surpris^ effaré, je regarde ..attentivement autour de moi : tout est en place et il n'y a pas de confusion possible. Ce microscope est le mien» je

me servis hier de ces flacons... Gomtnënt, alors,

-' cette - incursion dans une âme: étrangère, cette;, transfusion à laquelle je dois d'avoir' parcouru à nouveau, les stades émouvants qui précédèrent sa mort, n^a-rt-elle pas interrompu tous mes actes? Que s'est-il passé ? ', ';

J'ai interrogé mon aide, Il vCà absolument rien remarqué d'anormal chez moi. 'J'insiste : il maintient sa réponse. Il m'a vu continuer la hécropsie, prendre les pièces anatomiques et; me rendre au bâtiment où je suis en ce moment, pour les mettre à durcir dans la; solution d'usage. -

C'est donc vrai! Une partie de mon être vaquait à ses occupations, tandis que Fautre revivait

: une terrifiante agonie. Eh : bien, oui ! cette funèbre fantasmagorie, coexistant avec dès travaux multiples, encore que rie nécessitant pas un concours intelligent, est possible,; et; après réflexion, je rie devrais pas concevoir une .surprise telle, moi qui sais des cas de ce genre, en ai observé, en connais le mécanisme. Pourtant v un etonnement inquiet me poursuit, je ressemble à un hpinme qui posséderait là géographie parfaite: d'une contrée, en aurait lu d'exactes descriptions tôpographïques, et se trouverait transporté sur les lieux mêmes :

.. je crois que, malgré ses notions antérieures, il ne manquerait néanmoins pas d'être dépaysé.

Et je me surprends à douter de ce songe singulier, à chercher de craintives et de superstitieuses interprétations. % Je prendrai du bromure, dès ce soin ; : :

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Gaston Dànville. ..■■'-.

PETITS APHORLSMÈS

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