‹ Mercure de France, tome 5Chapitre 37 sur 109 · IO · texte numérisé non relu

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L'égôïsme du, coeur est le plus noble de tous les ' égoïsmes : mais c'est aussi le plus tyrannique.

Llncrëdulitf du cœur est un vice, le cœur étant : fait pour être crédule, comme l'esprit pour ne l'être pas. ■ '.-.o. ." . V ■■

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La beauté d'un sentiment notis -illusionné souvent sur sa légitimité.

■-■'.'.- ..'■■■.. '='■'- iy . ■■ "■'"■■ Le cœur est un organe essentiellement lâche,

au'Ù soit ouvert où Wil soit fermé.

: Une excessive sensibilité témoigne plus de nerfs.

malades qu e de délie atesse de cœur. ■■*'."

Les personnes qui s'émeuvent facilement n ont

pas plus de cœur que lés autres : elles l ont plus

mou. '.'*•'•■ ' • • ,-..'' '■'<.•;■■'

Il y a souvent, chez les personnes d'extérieur froid, une émotion intérieure d'autant, plus violente qu'elle est comprimée. • ; •'■ ''■.. ■-. ■ .■- .17... ■ ':' ' ..■■•'• •■ . "'■'■■.■'

Celui qui s'émeut de tout ignore lès émotions.;

'*' .■ ' ■■■"■". 18 ' . .."•""'■ '•■'. ■ '.".■-•' ^impassibilité est une force.à condition qu elle ne se communique pasV.la sensibilité en est une . autre, à condition qu'elle se. communique.;

: Pour réussir, il faut parler avec le cœur et agir

sans lui; ^ .

Le degré d émotion auquel un homme amène une foulé esteh raison directe de son sang-froid .

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L'évolution du sentiment chez le sage : égoïsme, amour dé la famille, patriotisme; amour de la civilisation, amour de l'humanité, détachement de la civilisation v détachement de la patrie, détachement de la famille,. détachement de soi-même..

L'indépendance du coeur est le triomphe de -■'VégoïsÉme. ■■ ■ * ' . --'

Ge qu'on nomme indifférence n'est que Tacca-

parement de rame par un objet audetriment.de tout le reste,

Le cœur a ses prodigues et ses avares; il a aussi ses économistes qui le discutent comme un budget.

Quelques-uns font carrière par l'élégie * ils savent pincer adroitement leur cœur, jusqu'à lui faire ousser des cris de douleur.

Les femmes sensibles se donnent facilement et se reprennent de même.

Rien n^èst moins digne de sympathie «qu'une sensibilité qui n'est pas doublée de charité.

Les égoïstes de la sensibilité agacent plus qu'ils n'émeuvent.

Les larmes ne viennent jamais des couches pro-.

fondes du cœur.

Les détresses du cœur sont des faiblesses de

l'âme.

■■ • 3 1 Pour ne pas se perdre dans le labyrinthe du

cœur, il faut ce fil d'Ariane : le mépris.

Mépriser les souffrances du cœur ne . veut pas dire ne pas souffrir, mais garder son sang-froid dans la souffrance.

Les souffrances du cœur ne doivent faire crier qu'élégamment.

Un cœur éprouvé se barde d'un triple airain.:

mais souvent cet airain ne recouvre plus qu'un

■ cadavre. ' ; ; '

.." * Louis Dumur.

MAI 189* yj

VE.HFÈR FAMILIAL

A Georges JRocAçgrosse*

Un habitacle de griheements^de-dents, voilà ce que j'étais en vérité. - ;..-.;

^ Après mille sondes jetées dans mon hospitalité bizarre, à cela j l avais singulièrement conclu*' grouillaient en moi des êtres fantastiques, des-, quels émanaient les grincements..

Certes, j'étais hanté comme un donjon par un mystère ayant des dehts, ; puisqu'il y avait grincements. Cela grinçait d'un ton si tragique même que m'incendiait parfois le vertige de m'entrouvrir, pour mon édification, avec cette épine d'acier qui pousse dans les mains désespérées; la brèche eût été perpétrée, ; n>ussé-jé à tènips pense que la mort éteindrait l'œil et l'ouïe apparemment néces-

saires.

Je m'enquis alors d'un miroir fabuleux, le mvroir qui fait voir en dedans: . ; .

A force de mie creuser comme un Bol rebelle avec acharnement, l'idée de ce miroir germa. Bientôt je récoltai : le miroir qui fait voir en dedans, c'est le Son-de-Cloché ! ; ^

^Effectivement le" Son-de-Cloche déracine la fleur humaine, l'accapare et, s exilant des apparences* la greffe sur un intime et foncier chinât au décor tissé par une essentielle araignée.

J'allais donc connaître en quels hôtes crissaient les. mâchoires occultés.

Un soir je gravis le clocher du village. Le silence recevait, parmi l'escalier en caragol, les cendres du dernier angélus. Accédant à la cage du phare sonore, je découvre, grâce aux vers luisants de quatre pipes, quatre énormes campanules de métal. On allait dru glorifier, ce vêpre de Peritecote,les douze langues de feu spirituelles.

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Sur un signe du cadran, les gaillardes campanules s'émeuvent puis se meuvent de par huit ■ bras qui semblent de glacés coups de bise; chaque cloche passe du hanap impérial à la, jupe populaire, et le vacarme crucifie mes oreilles. ;

Le tympan halluciné, je m'imagine des appeaux invitant les étoiles ou que. tout un. peuple de mi-. sère cogne a la porte du Paradis. Station par station, ma Fièvre de savoir, mûrissant son à son, aboutit finalement à une île étrange et ni'y accroche comme un naufragé, loin dé la falaise logique de ma Vie, près sans . doute des. cannir

baies adéquats,'

Or cette île est le Dedans-de-mon-être..

Bientôt r abominable théorie point et se divulgue . progressivement : tas informe de chrysalides, puis larves indécises; cela rampe, chefiillés; vers ma. compréhension et s-y révèle papillons. Non certes des. papillons, mais des formes . jadis humaines rongées par la lèpre du malheur, moignons ;fu-^ mants", os calcinés, avec d'ignobles imbroglios qui durent être chevelures et barbes.

* J'allais interroger ces indigènes du cauchemar ' lorsque je perçus leurs dents grincer, oh grincer terriblement — si proche ! — ainsi que : grinceraient les portes de prisons qui ne s'ouvrent jamais. Pressentant alors qu'ils souhaitent.m' enseigner,

je balbutie: ' - . —Dites! ■ ■

Ces hurlements vinrent aussitôt me meurtrir comme si mes oreilles se débattaient sur des

ronces:

ï-de-saTpostérité.

brûlons à travers toi sur les aspics rouges -detes ^vïces noirs. De grâce, pour que s'éteigne notre châtiment, fais pénitence, ô notre. Fils l verse des larmes réparatrices jusqu'à ce . que ; ta conscience ait mérité de se mirer sans honte en le sceau des margelles, et cette contrition sera la lavan-

dièi'e aussi de nôtre désespoir, leurs fils améliorés pouvant seuls abolir là peine des ancêtres damné?. Pitié donc pour nous, car ta vertu nous affranchi-

: irait, et pitié pour toi-même T car tu devrais subir l'inéluctable expiation dans là malice de ta descendance !. Nôtre passé de forfaits rendait nécessaire ;toh : futur de vices, de par ceci que l'ignominie d'unëiamilte est: charriée, de Tàube au yêpre T par son fleuve jgénétationnel; de la sorte nous sommes nos propres, bourreaux/ Mais, en-

: core que prétendent lestages Sain tes. rhiamanisant impiement, le Miséricordieux point ne désire un enfer sans, fin, l'enfer il lé commet aux soins amèrideurs, de là postérité des réprouvés, enfer anriihilàble au gré dé la race clémente. Daigne le marbre dô ta mémoire accueillir ce discours diabolique et ton- âme lescander jusqu'à sa neige rédemptrice Ç. . ,

Je : ne. pus écouter davantage en le mircûf dé

cloche dont le silence, à, propos, ;mé ramena vers

. le rivage aimable des contigehces.

ce. souvenir de flamme sur. les lèvres :• .— ^ Le père souffre dans le fils ! .. : ■' "

M'ëtant regardé . dans là voix rose d'un rossignol

nocturne, je me trouvai plus pâle que l'Amant de

Béatrice. •"■'. j[\ . ., .

Le matin me vit agenouillé deyant'une niche

où languissait une madone, ; ;

Depuis je noue mes bras affolés autour. de la Sagesse afin de h'duïr plus jamais les dents infâmes. Hélas! elles 1 me: ■ rëveillêht,. parfois, à l'heure oublieuse de là faute.

Il est si savoureuxje fruit de Tartre aux branches de serpent!.., " ; . ;. , '

Saint-Pol-Roux.

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