‹ Mercure de France, tome 5Chapitre 79 sur 109 · LES LIVRES M · texte numérisé non relu

LES LIVRES M

Libri e Te*tro r par Lutci Capuaka (Catane, Niccolo

Gianotta). — V, page 349* l . .

Brnges-I

Flammarion

dément dan* ,„„

de Bruges, qui. doivent « collaborer aux péripéties 1» "dans le . roman d'Hugues Via&e, me semblent plutôt ** développer à partielles donnent bien une imp réunion de la ville morte, mais qui se dresse à côté dan» notre esprit, chemine parallèlement au texte, n'y ajoute rien, demeure différente. — Il faut

' SOnCfCV **** '</\T¥irrtrt /111«-lq. nanai* lUti.*!»' i«... J*».. - ■ -

pour "

nous, ^ ^

vision devient la nôtre, au 1 /moment fugitif où nous sommes si . imprégné* de lui aue nous avons son âme. La disposition, du jour, Fassociation éventuelle desidecs retardent ou précipitent cette communion dans l'illusoire ; on peut passer en deçà, au delà du point jprécis on: elle doit s'accomplir ; l'atmosphère d aventure, le ieu des contingences, suscitent Tétat d'esprit nécessaire où Y empêchent, et nous avons tous jugé insipides, nà soir, telles manifestations d'art un peu subtil qui d'habitude ïiouf agréent, simplement parce que les circonstances n'étaient point, favorables. ■— De quel profit maintenant sera l'imago sur Je papier, si fidèle qù>n la suppose ? Elle est une interprêtatïon de fait, une réalité brutale qui s'interpose maladroitement, pêne et violente le révë, le limite, le circonscrit, le ramène a de l'immédiat; devant la fluidité charmante des simulacres, le voile flottant et mystérieux des apparences, elle a RP° rtc $0Ï1 «tériprïtéi sa prétention aune existence effective ; èlTë donne une idée quelconque, une reproduction quelconque des choses ; elle ne donne pas l'idée qui plane au dessus et au delid.es monuments et des petits honshommes. — D'ailleurs» un livre véritable; vivant de lui-même, s'affranchit facilement dece secoursun peu puéril; dans ces pages de Bruges-la-MorU

/ ■ . «■ ■ m « ii 11 , il p., p. , ,■ 1 ^ . 111 ^ 1 .. ., , „ ■ 1 m^^fc— ^^^i

(i) Au* prochaines livraisons : Les Aubes mortes ; jho Pâle) *

Empedocle (Mario Rapisardi) ; Raggie Ombre (Alfio BcUuso)'

Le Policier (Oscar Méténier) ; Paraiso perdido (A. de OU-

veira-Soares) ; La Voie Sacrée (Jules Méry) ; Comte Salon

tWilly); L'Athènes de la Sfrée (Luc Gersal); Les Illuminés

, (Jac Ahrenberg et Fernande de Lyslek Coups de Plume Œitmin

Vanden Bosch); Anarchistts { John-Henry Mackày, trad. de

Louis de Hessem) ; Les Sphynx < Jean La Fargue) ; Pour F Amour

des Vers (Cornélius Pricej; Dans la Fournaise (Théodore de

,. Banville); Tiradenies (Monténégro Cordeiro); V Amoureuse

Chanson (Jean de Brion) ; De Jérusalem a Constantinople (Lu-

cien-Trotîgnon) ; Poésies ; Contes de Fées (Mme Gurman) ;

Contrastes et Charbons verts (Dunokidès):

a66 MERCV RE DE FRANCE

hier dans le Rignedu Silence, n'ayons-nous pa& vu se lever «s ville* défuntes des F.landres.que chérit et raconte pieuse- . ment M. Rodenbach; ne savons-nous pas les vieilles Mumi • r c décalquant sur l'èau immobile des canaux, les eg lisçs les WuinaKes, les banlieues désertes qui agonisent dans le ÏSlafd d^ver ; ne sentons-nous pas 4 peser 1 omb*e de? hautes tours - ne sommes-nous pas pénètres de V"nmense liesse des ci'ochcs, de l'ennui et delà solitude des dimanches ; Sénrauvons-nous pas, comme son Hugues Viane «ne.mpression noienante de mort, de deuil, à vaguer sous, la brume U

rnpl-ïncolUiues et crises « où tous lcsjours ontl air de la lous S ^°- M Rodf nbach a voulu cette fois indiquer 1 mfluence au^xerec une ville de physionomie aussi inquiétante sur les SFres oui acceptent ou subissent son affliction résignée, qui a ment sa trbtesse, son délaissement, sa misérable détresse , de . ctose condamnée. Elle les façonne, dit-il s« **•* ses cloches ; elle est presque, humaine ; elle oriente .1 action eïk conse lie, dissuaàe, détermine les actes; les suiveiUe en sa dévotion ialoùsè; elle obsède l'âme et sa présent comme ■ ' un renrochc 'retient l'être dâns-la voie douloureuse lorsqu^l tente de retourner, au solcir du dehors, à ki v^ claire et ioySse Hugues Vianc, dans la vénération des félicites abolies v croU iroufer la sœur moribonde de ^n cœur monbond ; il ^réfugie dans la yïlle de silence, ^ p.ete, de petites praticiues «liKieuses et de petits commérages ; il y dorlote ses sXénks s'y. trouve non point console* mais m.ms > seu ^ en communauté" de renoncement et de veuvage ; £j^ Pour lui la charité du repos ; , elle parle de Dieu ,^g£ ^ «£«.; . dresse en témoignage de. sa t^^^r^g^™^ clochers • elle sanglote ses. carillons, ses. glas d ?; ae .^spe»r . clk Pieu e avec lui les joies si lointaines de ^ jeunesse. IlpeutVagenouiUer devant de chères reliques, près d une ehe- . velure morte, des portraits, de petites depçuille^ et n£re r,«ÎT,t ridicul» ■ la ville est miséricordieuse. — Mais yoici Ç?ï re Se l'idole, qu'il pense mériter, encore^ de vivre nn'il s'éorend d'une femme rencontrée, ressemblant si bien a la mortc P qu'on dirait la morte revenue. Elle a les mêmes yeux, le même vîsage, la même chevelure d'or, jusqu'à la même voix ï l l'àmfe pour ce miracle, veut la. confondre : avec lancine " il la recherche et en fait sa maîtresse ~^f^ la ville réprouve le pieux mensonge qui ^«^»» H J™

convenir qu'il s'est trompé - la .^^^"wnt^totate * eUe n„f oar des apparences; ses cheveux dor sont ternis, eue n^tï'unc filL P . Dans, le naufrage de cet amont *« el£ ».. nas commis lane a encore l'imprudence du définitif sacrilège* Slll T tieht Hugues que par la chair, l'habitude de son corps, la crafnteà présent de se retrouver seul en face de la cite • à uloùreuse P devenne hostile; elle s'introduit dans sa maison ose norter les mains sur les petites dépouilles, les choses du nasse les portraits qui lui sont pareils et la chevelure de fa morte alors que le conseil de la ville se fait plus imperieuirtriomphe dtus le chant des processions, le cliqueta

des encensoirs, tandis qu'on promène sous les fenêtres la châsse du Précieux-Sang et que toutes les cloches carillonnent Tinccrtitudè de Ta joie. Hugues l'étrangle, de la chevelure qu'elle a saisie, de la chevelure vindicative, .qu'elle profane, qui lui sert de jouet, ~ parce qu'elle n'a pas deviné le mystère et 4ue le respect de la morte était la condition de sa vie, »- parce qu'elle-même doit. s'identifier à la morte et, dans

cette avilie de rêve, devenir ïc rêve.

'.' J'ai dû entrer 'dans Quelques détails en parlant de ce; livre, et je pense que beaucoup encore serait à aire, M. Roderibach a mis dans Brugés-la-MorU nombre des jolies choses précieuses et charmantes de ses poèmes ; mais oh nous a fan t rasés. avec les symboles que je crois méritoire, de ne point insister. Çn terminant, je le féliciterai. —: sans malice — d>voir écrit en bon français un livre très simplç, très. beau, et^ pourtant si subtil que dés chroniqueurs ingénus avouèrent n'y avoir rien . distingué (1): ,; ■ ." ."

Pélléas ei Mélisande, par Mauiuce Maetebxtnck. (Brut-" xe31es, Paul Lacomblez); >r- M. Maurice Maeterlinck manque d'égards pour les critiques : il était convenu tacitement que son domaine propre était le royaume de. la terreur et 0e. la mort et qu'il n'avait pas le ; droit d'en sortir ; petit à petit les plus ottuses brutes du journalisme .s'habituaient à la: topographie de cette . intelligence et Ton pouvait prévoir, à une semaine près, l'époque où notre ineffable Maître — j ai . nommé. M. Francisque Sàrcey — en aurait pu' décrire toutes les allées et tous les sombres parterrcs.Et voici que tout dua coup, en ce nouveau ara rne r l'indélicat poète se permet de troubler toutes les notions reçues. et d'obliger ces messieurs à trouver, d'autres phrase*, d'autres épithètes, des sottises . encore inédites- Cependant, pour qui ne s'arrêterait pas à l'extérieur* c'est bien encore la même idée directrice qui a ordonné la création de Peïïéas et Mêlisdnàe comme celle de

iûinae nous, a eteruei ay<^um.c w ucwuj^, v^ ^*v~ — t —

du vieil Arkël : « Il n'arrive peut-être pas d'événements inutiles », apparaît. l'inévitable nécessité des actes, humains. Vn soir; dans la forêt, Golaùd rencontre une petite grille épouvantée. qui pleure .près d'une fontaine, pu sa couronne est tombée r couronne de princesse inconnue, et mystérieuse..

' (1) On lit eh effet dans le XIX* Siècle du x* r juin :.---. « Je voudrais pouvoir dire du bien de ce roihan et je serais tout disposé à le faire si je l'avais compris... Cest le cas de dire que la sauce fait passer l'anguille. Les descriptions de la ville de Bruges sont neûtrétre fort poétiques, mais elles sont si confuses que l'on pourrait prendre en yiallant le Pirée pour un homme et les béguinages . pour, des maisons de tolérance.» ^- Sous la signature de M. Théodore Cahu, — et sans commentaire.;

a 68 MERCVRE DE FRANCE

Encore qu'elle s'effraie un peu de ses c^«k. ÇW, £J£. d'elle sa femme et. la ramène^u ctat^ulheréditatte d^Ue monde, où habitent autour d'Arkel, Laieul, ^^f,^* . . Viève son frère Pélléas et le petit Ymold, son fils du premfer 'lit Des ïa première rencontre, avant d'avoir .prononcé . une parole, par l'élection des Pmssances supren^es Pelleaa et Mélisande s'aiment éperdûment.. longtemps « ils jouent en rêve -autour des pièges de S ,desUnees • v * *£fp£. échangent leur baiser dé noces adultères, GoJ«d L tue w léas et blesse légèrement Méhsande^ qui meurt peu après non de la blessure,, mais d'une, incurable »ostelgie. " ' llis Telle est l'affabulation : on n'en P°™»ft »W£ eï ± e J *£ initiale. Mais comme chaque scène .conduit f P« ^ l'abîme ouvert pour eux,dcpms l> r ^* u des f8"'lw ^ s "r de ce drame! ils. ont un pressentiment ^« ^te ^X adviendront et nul contrasté n'est plus poignant que celui ue îeu^Tmour iugénû et.de leur tristesse secrète;. ils devinent Won n^chapf e pas à sa destinée et qu'il y a .une harmonie . pVééteblie en?r P e ils événements et l'inconscient ^su^otre volonté. Certes , ils semblent étrangers a ce *^« -"f 'J* en ' qui sait cependant si la cause. réelle de tout f **£}***** - - eux-mêmes. La scèue du meurtre est bien Ç£acter «t^iie . ils viennent de s'embraser brusquement; f°£?*£j* -leur joie nouvelle et il» s'arrachent P« s qne a leur d «tmee comme s'ils devaient se mentir toujours. Mais ils aperçoivent Goîaudquiles épie, aviné, prêt àrégorgément et alorsleurame véritable se dévoilé et c'est un débordement forcené de pas-

Sl PbLbas. - Va-t'en ï Va-t'en ! il' a tout vu 1 il nous, tuera ! Méusande. - Tant mieux rtant.mieuxl tant mieux!

Pbjxéas. - Il vient ! il vient ! te bouche -ta bouche ! . ;

Mbusaxde. — Ouj!... Oui! Oui!

(Ils s'embrassent tperduement) ■

Phu-bas. — Oh ! Oh ! tohtes.les étoiles tombent i ■.,.

Méusahdb. — Sur moi aussi ! sur moi aussi .

Pbuéas. — Encore! donne ! donne ! .:

Mbusande. — Toute I toute ! totite •__ . -

La venue de Golaud semble seule les jeter dans les bras

. runirrautre^ point; ils s'enlaçaient ^à peureusement

; d'autres soirs ; mais ils n'étaient pas "^^^^^t terrible lumière des heures éternelles pour qu ils cessassent de ruser avec le sort et avec eux-mêmes.. .,■.-,.-. Mais le charme suprême,, c'est que ce drame qui prête ainsf à penser soit en apparence aussi simple qu un conte de fées • il P en à les Vives et charmantes couleurs, la grâce . mye- . Se,' 'élégance romantique^ ^st me^me qne^Maunçe . Maeterlinck sache ainsi prononcer les. fiches paroles de 1^ légende et pense en même temps avec la grave lucidité d un contemplateur. • •..'•'**?

1j*« VeTB-ers illusoires, par Âhdb.b PontaiSas (Librairie deVir7fnfô™ dÏÏK En V M- André Fjjto-JPJI bliait Le Sang des Fleurs, recueil de poésies eparses jusque-

là dans diverses revues qui témoignaient d'un = noble «Sort vers un art intègre et loyal, mais n'avaient guère entre elles d'autrç lien que ce souci même de bien faire. Maintenant, après le silence, le recueillement, l'ombre obstinément faite autour de soi, le dédain absolu dès vaines luttes; le poète se rappelle à nous, non plus par une collection un peu artificielle de vers composes au hasard des heures, mais par un livre d'une belle unité.

Un jour, l'âme leurrée par des gloires et dés baisera chi- . , mériquesjle Châtelain aventureux quitte les terrés de la vraie joie ; il appareille, loin de là Princesse du manoir , vers les havres aux fruits d'or, que recèle pour sa folie,, « dans. l'horreur- consolatrice et les. ténèbres », la brume merveilleuse des ■ . flots polaires. Là, des formes de mensonge lui apparaissent et s'évanouissent avant quU^. les ait 1 saisies, jusqu'au moment 1 oùj comme un étranger, u revient vers la maison désertée» Des voix obscures l'injurient; mais la Princesse! en deuil lui rouvre la bonne demeure et «avec un geste lent d'oubli qui lui pardonne » recueille le Voyagea^ las des chemins, aes : vagues" et des grèTes'.. r '.— ■-'

L'œuvre n'a. point dans son .développement réelcette apparence de conte logiquement conduit ; elle, ne se suit pas avec autant de rigueur. Sinon ce ne serait qu'une, fable sans autre portée» Mais, des motifs secondaires s'y entrelacent et des correspondances . lointaines Rétablissent pour le plaisir de l'imagination. Il advient même a une où deux : reprises que des: poèmes soient presque trop excentriques à l'idée primordiale et y semblent comme arbitrairement Téunis ; ils diffèrent de ton et la technique en est moins souple que dans . le reste du livre. Cela est surtout~sènsible dans la seconde partie (Voir p. ex. Celui qui s'embarquait, et. O foi; la, fleur, de sang)* Cependant l'harmonie jgénérale- n'est pas troublée parles rares— et si légers —disparates; et Les Vergers illusoires laissent en définitive -cette exquise impression d/une allégorie qui hésite perpétuelle nient T comme la vie elle-même, entre f émotion sentimentale et Tarixié té intellectuelle, Tune n'étant,* peut-être après tout que le signe de l'autre. Il faudrait citer quelques passages pour donner une idée plus exacte de cet . art savant et volontaire, riche, de rhythmes et d'images. Mats il y aurait péril à isoler telle ou. telle partie, et à- là dénaturer par conséquent. Ne pourrait-on, pour ,uùe fois, croire sur parole le critique, ce juge qui n'a pas plus que les autres magistrats lé' droit de juger et qui, Honteux en secret dte jouer, un rôle si méprisable^' est plus suspect, hélas ! d'acrimonie que àe bienveillance? P;.Q-

. Chattes et Chats, p ar Riout <jiiïestb, Préface fe PaJul '•

.AiûfcHE (Flammarion). %-«••• Raoul Gines te, compatriote du*

doux Gallus aimé par Virgile, tient sans doute de cette orî r ?

"- ginë le besoin de précision et de clarté classique, charme de :

ses vers, ainsi que l'inquiétude dû Mystérieux dont, au soleil

couchant des décadences latines, se' troublaient les âmes 1 h*

. Cette phrase dé la préface de M. Paul Arène résume, je crois,

tonte la critique à faire di ce livre aimable. Beaucoup de ; S22., W^Lienae.,-*ont édifiées : s*lon la technique du Panasse ; quelques-unes étaient fort connues avant la publication en volume, par exemple. Z« Vieux chais .

Comme ils sont tristes,, les matous,

De n'être plus sur les genoux.

Qui leur faisaient un, lit « doux...

Les bonnes vieilles, leurs maîtresses, sont mortes et elles ont emporté tout le vieux bonheur : cajoleries, gourmandises, . CguTparesses au épia de l'àtre pendant qu'elles tnco-

taient ■.,.■'■' j if' '

En rêvant au bel hon^ard bleu . Qjti reçut leur premier aven, . • >

* qU ° . Le ragoût qu'on allait maiigcr t

Cuisait avec un bruit Uger. .

'Ils rodent abandonnés, tiques et. funèbres, «ur les toits,

guettant une nourriture,

. Et quand ils voient passer en bas ■;

Dés bonnes femmes a cabas ' Qui trottent menu d'un air lai,

A s ianalèr encore La Fileuse, Mttamorphose, .Freya,^ Ballade dteoupe^dechat, «l'hom'me »^i«^™£fô!J . cette ballade nous laissa le regret que M, Raoul Ginesten en ait point écrit d'autres. " ■'■Z*'.^-

La Messa a Psiche. di Emma ;{E. Viola F*rretti) -> JCittà di Castéllo tipo K rafia dello. stabilimcnto S. Lapi). — Ce volume nTu*^^^ orné d'une dédicace bizarre dont voua la traduction- tA«MHUCTE*DB France, qut tente de galvaniser

Vsfmboul'un vieux ràt* ^^^.^TjfuZi'l livre] par dilettantisme d'antithèse. - M *Aw, '» «f»J »9»; » Le vieux « Rat», qui n'est sans doute ni 1 éditeur, ni la si- ^«rtna Emma a cru nous jouer un bon (ou mauvais) tour; ■ fTnous obHgeant Uireeetti. historiette, et il ne s'est trompé qu'à moitié; Dans ce conte fantastique assez compliqué qui co^mmence au V siècle et finit aux xvnf, la P?y,ché est une Statuette, jetée dans un puits par le dernier poète paient un convint se bâtit autour du puits; Psyché «jre- Vient » se promèae, est vue par un peintre, qui, croyant Sfre nu Viewe pour l'église du couvent, fait une Psyché. On a^riam«se P ^»r cette Psyché, - ce qui n'es :pas bfcn grave. Quant à l'expression là messe 4 Psyché elle est «ingùïèrement fausse, caf on ne dit la messe mi aucun per- : lonnage, ni à aucun saint, ni même,* la Vierge Le petit blasphème final est donc assez maladroitement raté. Je suppje le 4rieux«Rat» de na plus m'envoyer que des chefs- d œuvre.

JUILLET 189a 371

.. L'Amour cynique, J>ar Alexandre Boutique (Dentu;. :— Tout --bien considéré, Jules Simon a pu se permettre la lecture du dernier feuilleton àc YEcJtp de Paris ,. car V Amour cynique représente une- œuvre saine.,, étant donné que pousser a la roue de la reproduction de l'espèce est faire acte de bon citoyen par lé temps qui court, voici^ dépouillée de la magie des phrases, l'intrigue toute nue de ce roman naturaliste ; un homme exceptionéllement armé pour les luttes amoureuses rencontre deux femmes (la mère et la fille), dont Tune, la mère^ est particulièrement ouverte aux' aspirations sentimentales, et Tautre, la fille, possède un entendement relativement fermé aux choses de la passion. Cet homme a pour maîtresse la première et pour légitime compagne la seconde. Entre les deux son coeur éprouve dés oscillations terribles. Finalement, la jeune mariée meurt d'avoir découvert que les idées d'un

Sendrc s'adaptent . quelquefois merveilleusement au cerveau *tme\bellc-mcrè r {Npus aurons sans doute mis tous les points sur les * en ajoutant que le cœur du, héros donne sept oscillations, en. trois heures... ) Une nous convient pas de chicaner Alexandre Boutique sur le. choix de son sujet: le. romancier qui désire l'oreille du grand public n'a pas ï reculer devant la violence du document humain, et en fait de roucoulement voluptueux, le plus gros ùt de poitrine est encorda meilleure note. Malgré certaines dissertations médicales placées de-ci delà comme d'impatientants prene^. garde à la peinture, nous sommes allé jusqu'au bout dû livre avec beaucoup de

flàisir. XJn régal de chair fraîche, quoi t Et le savant garçon oucher qui disposé L'étal à droit a tous nos compliments.

Brunëttes, ou petits airs tendres^ par Jacques Madeleine

ÎL. :Vanier). — Le titre est charmant. C'est celui sous lequel ïallaTd recueillit, au commencement du xvm* siècle, tant d'anciennes chanson s, galantes bu populaires. On trouve! dans les Brùnetfrs de Ballard la Belle dans la vigne:

■,-'.' . Ahl mon beau laboureur I

Beau laboureur de vigne, .

O lire, â lire, Beau laboureur de vitnie.

: Olire r Ôla. \ '■ r \ . ; ' ." ■ t

N -, a vous pas vu '. passer Marguerite ma inie?

■. O lire t â lire^ ' ■'■ . ; Marguerite ma mie,

.; Olire+ô la* '■'■..■' .; : - '. ' -

Dessous un prunier blanc La belle est endormie*

O lire, élire, ?

La belle est endormie. ■

O lire, â la u ..„

On y trouve une des plus anciennes versions de À.U cMrt Fmlll -et tout plein de joliettes choses : • .

Dedans une plaine, pensant â l'amour: ^ J* rencontray Climein, Me mis à ses genoux.. ..

. L e livret de M. Jacques ^^^^^^S^ assemblage de versicnlets ^ne s e * ^ >: d , uu se]1

sis, de blancheurs et de T0 ^P:--' r x . ; Pet its airs tendres, timenfcdisme qui n'est m naïf, ni pervers, rçurs at .

tendres, tendres.;-. Ri G.

résume bien l «"WP™?"^ e " ? ~ ; L a thèse est celle-ci : mal est.comparableala penser- »^a e e observation .

. quand un homme s ^^^J^^es, sa propre perle soi-même, ce. qui fut le *owU£* »£ l'Analysé maudite ; sonnalité, tout s'^^^^^if^ation continue, la

• la vie *>*V l ™^lZ£%£ touche à l'infini dans un folie consciente d un damne VI" 1 .. heurt douloureux,

gouffre -«^£^%ffffî£iïiffi™ intérêt au lueur apparue, donne^n ^y™"?* ** L 'efEort n'est point banal mouvement uniforme ^de cett^ ^wj^JgS. a u/tel drame, et honore grandement < & ul «»?£. a 1 Tii oireS . tfambur, d'ambi- '■< " S i peu semblable aux . ^^S^ioSK a s'égaien tla plution, voïre de simple bavardage, ™°^am M^l'œûvre n'est part des écrivains Jança*, «^ÇÇ^S faire etpropas égale toujours a 1 idée V «?•**" £ t ve Ce n e sont voqut dans son ensemble ^^l^ts m^^ ^™ s pahes actes jnémes d* ^^^^ manuek de ■ assez monotones des P aro £* ^j& re ntès stations du récit : psychologie, ^-^^^JË^to^w animer ce % quoi bon ^ ■£*"£»£ e Tprécisément P par. l'analyse, . qui, dans lestes sp ^vain lin épisode seul satisfait à mort, fragmentaire et- "«SLTÏÏTlo pitoyable héros de cette., toutes les agences esthétiques. La ji .y d la ^

normale, ins ^ iy ?,' H ?^Xr lui apersiiadé^ pour quelques physiques. Ellen d-tiinisa °^£? ■ *\ iWell&eiice et cons-

fours, que la ™^te .^«^^AÎSSwrte d'attentat . lituait la vraie vie. No» sans se ^ c J^^ eu aU3t chames .

à l'esprit pur, 1 analyste "^JgJ&t.Juà deux amants heureuses du senUment et de iasensnau, n'existait

. revivent les âges jeunes eT Jemx* °£ *£ Christ îan, pas ... Mais un jour, en P^.^-g^rs, oublie la femme séparé de sa maîtresse qui £ u ^£* "S et le prestige de

■ quelle ^.^^i^S^i^S^^ ?éloqlente ses yeux de jadis », alors ^5 u f ft „ ■ Vanalvs - e le ressaisit tout

JUILLET 1891 a 7 j

gnanteVMais partout ailleurs règne; dans le livre, l'abstraction fatigante et inutile; et Ton pense 1 maigre soi, à cause d'une certaine gaucherie, que toute cette science, psychologique et autre, n'est pas très bien assimilée. Lé drame même . s'en trpuve diminué, Christan ne serait-il malheureux que . pour avoir mal compris ?

..- , ■ La langue aussi est inégale v diffuse et parfois inexacte. . : . Elle rappelle en cmelques passages les poncifs romantiques: « S'il est des anges, elles doivent être toujours ainsi » ; et elle est aussi surchargée de termes techniques ou savants, non . sans quelque méprise, Ainsi il faut dire le « chérubin», comme tout le monde, ou le « kéroub », comme lés hébraïsants, mais point , le .«. kérbubin », qui n'est ni du vocabulaire courant, ni du vocabulaire des érudits. De môme, il serait abusif, de s'imaginer les « aruspices» comme des personnages qui .' détenaient de graves secrets hermétiques : c'étaient de pauvres, petits sacrificateurs étrusques, sans aucune valeur sacerdotale, des diseurs de bonne aventure peu -considérés,, qu'on .expulsait de temps à autre de Rome, à la manière .de gens suspects et interlopes. Critiques de détail peut-être ■\- méticuleuses, il faut l'avouer, et qui n'enlèvent que peu de ■' son très. haut intérêt à une oeuvre de si rare intention.

PO

I*a Vie sans lutte, par Jean Jtjlltjhi (Bibliothèque. Artis-

* . tique et Littéraire). — Livre antérieur, j'imagine, au Maître

et & La Mer.; au reste, même simplicité de conception et

;. d'exécution, mêmes qualités d'observation menue, mais, ici, avec des fugues romanesques plus fréquentes. La première

1 des trois * nouvelles qui le composent, La Vie sans lutte, repos é. tout entière sur bette fausse idée si répandue que la condition: sociale de l'ouvrier est préférable à celle de Te m- , * ployé. L'auteur nous montre un rond-de-cuir appointé 4 a: 1.00 fr; et qui, avec des écritures expédiées en dehors du bureau, doit vivre sûr le. pied d'environ 3.000 fr. Certes^ ce n'est; pas riche . Mais prenons un ouvrier gagnant une j o urnée moyenne, soit 7 fr. : un ouvrier sérieux et qui ne se dérange point, de bonne- santé, dont le métier ne chôme jamais, ne travaille guère ■— dimanche s t fêtes et circonstances "inévitables retranchés — ' que 360 jours .par an; total : 3,100 fr., juste comme remployé. Mais il faut observer que l'ouvrier a donné toute sa journée à "son patron, qu'il ne gagnera rien .une fois sorti de l'usine, et que, à moins ^de s'établir (cas exceptionnel)^ sa condition ne s'améliorera jamais , — tandis

; <jue l'employé d'administration, paraugmentations périodiques,

Tagnêra jusqu'à. 3.600 fr., à supposer qu'il ne passe sous-chef

[cas exceptionnel correspondant à l'établissement de l'ouvrier).

|e ne dis rien de là; retraite, que ..remployé paie "de ses

(celui' ^ . „

son impossibles) ; il peut . enfin n'avoir .pour vêtements que

s ' MERCVRÉ DE FRANCE

homme des ateliers

C€ u* qu'il porte tousïésfe g^^tfS

prétention :. ton ours de ■%&*»$&*£$' %?£ romance- . . ïare aujourd'hui un peu ^^^"f.^f par surcroît)

Tienne tout gâter? D ^^J IO S H nouvelles, en. ce . M. Jean Jullien. . j^.y;

, chat et Eggimann). - »• >*™f £" c " claire e t simple, son gination tendre et *f^- S V*^^.a iSw rtte» et un pati vers, un. peu mou de facture» es «-gjj* ^ ^ àans , ^

monotones, sont loin a eue aùelquës poèmes qui

liques et des plus gracieux, dont celui-ci .- •

DelaUine demonamogr

' Te tresse un poème ineffable

•Qtf une dame,.reine tfun jour ^ Traversé comme dans la fiable. . .

Cette dame* d'Un geste doux, . Semble commander quelque empire,

Et mon rêve y papillon j ou,

S'est laissé prendre à son sourire.

Mon pauvre cœur est devem

Une fyreaux cordes fragiles

Ou frissonne un air inconnu

Qui n'«* que pour ses doigts agiles.

& §?gï U. suivent j^j -c^elqu^heavec le reste du livre ? ■ .. A.-F. H.

JUILLET i8 9 3 '. . m

cette traduction- est une pure parodie * V Intruse est un peu moins massacrée que. la Princesse Maie trie y mais l'opérateur semble n'avoir compris le texte. français que par à peu près.

\ De Branche: en- Branché, par Achuxb Gkisa&d (sans

*êditeùrL — Des vers pleins de bonnes intentions, mais qui

s'en tiennent là. Sous prétexte de morigéner les. décadents:

' Sy/nb 7 listes divers^ décadents extatiques] JResteç dans vos brouillards et dans vos songes creux,

Fauteur nous inflige, toute la séquelle des vieux clichés : .

■ . - Pégase d'un seul' bond escaladant les cieux..i ' L'amant farouche et fier de la Muse aux doigts, roses ... Vos "fils sauront y ai fier è ou mourir en braves..* Ouiy je pleure comme un. enfanta * Elle avait des yeux Meus y portait un -nom de fleur... . Les bois, sont remplis de frémissements.*.

■ .., et le vieux maître \ Qui nous montra toujours, le chemin de l r honneur...

Bans une seule pièce, je remarque îles grands bois, cueillir de* roses, des oiseau^ bleus j lointaines grèves, joli printemps, couhùr du Temps 7 courir dans lès bois; tes filles, les garçons, la terre étrangère, les ■■ ronces des, buissons r la forêt mystérieuse, les ■blancs muguets 7 c 'est toujours la même histoire, une: autre patrie ; fai Souffert; foi pleur f; une idylle flétrie. Vive la . simplicité j sans doute, mais vive la jeunesse : et. tout cela c'est bien vieux. Dans ce yolnmé, une pièce passable : Usine, abandonnée,, et une- pièce bien : [En pleins bots, où se trouve un. joli effet de crescendo-diminuendo finissant sur un vers élégant agréablement amené. . Mais quand, dans tout un volume, il n'y a qu'une pièce à citer.., on ne la cite pas.

L'Année fantaisiste, par Wh.lt (Delagrave).: — M. Villy, que les Gaietés de Grosçlaùde empêchent, évidemment de;

■ dormir, nous régale d'un n bouquin ^articles ; il a visité lui aussi le Pays du: Mufle, et de ses impressions au jour le jour cuisine une Revue, des douze mois avec couplets,, calembours

. jeux.de mois en plusieurs -langues. Lecture facile, même eà' omnibus, honnête; et ne, donnant point là migraine; dessins

■ d'Albert Guillaume (un amour de chien* page 10, qu'on voudrait voir suspendu à de notables derrières) f — J'observe d'ailleurs que M, Villy «ne se gène nullement pour servir à sei lecteurs deux ou trois fois .la même blague, et en accueille de r bien vieilles; Thistoire du dentiste-assassin, entre autres, qui traîne ' .dépuis , combien dé lustres dans l'Almanach des 56.000 drôleries. /. C. Mki,

Chansons poilantes, par Axcajsïter bt Saint- Jra,k ; (au Nouvel Echo, 19, rue Cassette). 7- Pour moi, je préfère m en prendre à M^willy ;. discutailler avec des. chansonniers — littérairement les derniers ' des êtres •— laisserait croire que nous sommes aussi bêtes qu'eux ; si Ton ni 1 écoutait, ils

seraient ce soir murés dans leurs . beuglants, soqb un mortfer de chaux vive. - Mais M. Willy , qui : est ■««§"«« oui certes ne s'illusionne guère sur la valeur de. id otie pr£ sentes aue nous veut-il avec sa préface en boniment de foTre? fi ! la chanson ? - Quoi! la chanson littéraire? - Nous devons nous esclaffer devantes niafaenes ces péta-, rades, ces coq-à-1'âne ; devant nv« Marche dti.CahcoU, une Complainte des Académiciens ; .,

Qui nous rase comme la fluie' ?

. C'est Victor Duruy ;

Qui porte des bas de lain' .? .

, . C'est ce bon m'sieur Tain\.. tte.y

M. Willy, avouez-le; pour faire plaisir à des copains, vous nous en jouez une bien bonne. . ^ Mua.

I/Eiriand». parNADA (Saviné). - L'auteur, à en juger narla SaTurequi sert dé frontispice à l'ouvrage^ nous a paru Q'une beauté rêveuse, un peu mièvre, digne de tous le* ^ef. Nous avons le regret de ne pas. pouvotf en doutant de son œuvre.

JOURNAUX ET REVUES

La National Be^iew de juin contient. une. intéressante étude d>Xr Symons sur Paul Verlaine? envoie, la con- . clusion : .-. .. ■• .

„ •. Ce que Verlaine a fait .de sa vie cela nous intéresse ■; seulement entant, que •«.**■* «J* ^^ausli i <«»««-* a* l'artiste* et en lui vie et art ne font qu un, aussi s£emen Ms ne Tion\ qu'un ^ Villon.Depnis les Romances sans toro%s\™^xÛturgies intimes, chaque période de cette « fièvre appelée la v& », il. l'a chroniquée et caractérisée en vers: Te P vers a changé comme- la-vie a change," de-, meurant fidèle à. certaines ^ctéristiques fondamentales ™mme l'homme, à travers tout, est demeure fidèl a ^son étrange et contradictoire tempérament. Verlaine a fait ;*■«-■■ que chbsedc neuf du vers francs, - quelque chose de plu? pliable, de plu*: exquisément délicat et sens.tif ; la langue, avabt lui, avait quelque qualités de moins.. Il a invente xette nouvelle 'sorte le poésie impressionniste, « *■»«»«?»£■ nuance encore »», qui semble correspondre si ■. Cément -aux dernières tendances des autres arts :1a pemture.de Whistler, . la musique de Wagner. : Lui-même, créature de passions et"e sensations. blÏÏéttée çà et là par tous les vents il a donné une voix à tous, les vagues désire, à toutes les tumultueuses impressions de cette faible et frénétique créature, te moderne hom P me des villes. Il a mis. cela en une musique

JUILLET 183a »77

tantôt exquise, quand le mode est exquis, tantôt dissonante, quand lé mode est dissonant ; musique toujours aiguë et musique toujours flottante, telle qu'on n'en avait jamais entendu de pareille* Ainsi, bien nouveau et bien typique apparaît ce chanteur qui n'a chanté que lui-même : ses chagrins, se* fautes, ses détresses ; ses heures de joie, les heures où il se croyait heureux; les heures où la chair triompha et les heures de mystique communion avec l'esprit j les couleurs, les softs qui le délectèrent, les mains qu-ii baisa, les pleurs qu il essuya, » '.. .'■;

Revue PhUoeopMque, dirigée par M. Th. Ribo^(JuiB).

Sous Je titre : Existence et développement de la Ko/<w«#,M.FouiUée entreprend une étude psychologique fort importante. Non seu-> lement il tend à montrer la présence constante de la volonté dans tous nos actes psychiques, mais encore il s'attache a révéler l'ubiquité, du vouloir et du sentir; La philosophie gênérâlé.selôn lui, verra dans l'énergie physique l'expression extérieure, de l'énergie psychique, c*est-à-dire de la. volonté, qui est omniprésente -et constitutive de la réalité même. L auteur s'inspire, comme on devait s'y attendre, de sa théorie des idéés-forces t exposée déjà plusieurs fois dans ses travaux intérieurs. M. 1 Fouillée nous fait à ce propos l'honneur de nous citer à plusieurs reprises^ en nous reprochant, entre autres, une contradiction à propos de la non-subordination "des centres moteurs aux centres sensoriels. Nous ne pouvons ici entrer dans toutes les considérations qui seraient nécessaires pour nous justifier, . aussi ferons-nous seulement observer a F émanent professeur que seules les interprétations et non les observations auxquelles nous ayons fait allusion ont prêté à discussion. . \ v ^

. Rapprochant de M. Spencer le baron d Holbach, et comparant S la Morale Evoluttôttniste le Système dé la Nature, M. À. , Lalande montre ingénieusement la parenté d'esprit de ces deux auteurs, qui contraste avec la différence considérable de temps et des milieux dans lesquels ils vivent . ^

. tes « Numéros excepjtiônnels » de la; Plume sont presque toujours intéressants icelni qui fut,en mai, consacré au Jargon de maistre François Villon infirme gravement cette règle. Le laborieux disciple du laborieux Vitu s'est; donné beaucoup de maï — .pour 'rien ;- T « interprétation » de M, Jules de Karthold, en effet, outré qu'elle paraît inexacte, est encore un peu plus obscure que l'original. Ne parlons pas des bizirres prolégomènes où une érudition confuse étale des naïvetés. , de cette force ; « Ballade, le mot lui-même tient du Jargon en ce qu'il est d'importation étrangère, Venu de l'Inde, où

„ v *™* „,- Zingarï qui __ T __.- -

pas que l'on puisse accumuler,, en si étroit espace, plus a incohérences. Tout le monde, en effet, tous ceux, du moins, qui

37 g MERCVRE DE FRANCE

possèdent quelques notions de linguistique,, savent que le mot Ballade et ses congénères viennent du bas latin dalla, balare, ballare, baldior, billafor, balatto i vallatto^ balltmathta f **/«/**«, etc., etc M et que la probable origine de ces formes est le grec patte*; $a\\il<* ; le provençal donné ballar.;! italien ballant: l'espagnol et le portugais ^f/ar*; le wàllon^&r; 1 anglais, baie; Tallemand, baîîen; Tancien français, bal,baut y baule, balcr,. bauller, baloièr, etc -,. ' ■'..-*.■ ■ « Les langues'de Tensèingne vont au vent baloiant. ». L'ancien français donne encore Ww/waJt-et.to/f, et, le français moderne balistique, balisie, ballast, ballas ter , etc., et l'expression de langue verte balade, balader, se Pf*™*/}- On voit la fécondité de cette famille. Quant au mot ballade, luimême, le provençal donne ballada, et l'italien ballata^ chanson à danser; et quant kbayadère, c'est purement et simplement le portugais bailadeira, danseuse. / . .

Tout cela prouve que M. dé Marthold, ignorant les plus élémentaires mécanismes de la linguistique, aurait mieux fait de s'abstenir d'une étude où cette connaissance' est indispensable. . .'..,, . , .

Le numéro suivant de la même revue (i<* juin) s enrichissait d'un Supplément poétique où je trouve une. pas.banale . pièce, Evancsccnces ; les fuyants vers de M. Alfred . Thooti s disent les quatre initiations pour/lesquelles s éclairent « les

<ogives»^ -"* . ... ; . • *:

Oh planent des luminaires et les Saints en dérive, La communiante, p comme une hymne vers Dieu passe—» : C'est la première fois que le Rêve pêrennel Communie a genoux et a peur des souffrances Dontpalpiie tout bas le nouveau de sa chair, Uâme sourde aux évanescences De f encens et des prières ! . . ^

Principales matières de Mélusine (Mai- Juin) ; Un Ancêtre du quatrième Etat, par M. Gaidoz, notice sur un curieux placard ancien dont la revue donne en même, temps, le fac-similé ; La Pernette,vzTVL. Van Duyse, texte d'une version du xv c siècle; ta Fille qui fait la morte pour son hânneur garder, par M. J. Courayé du Parc, version normande de cette jolie chanson populaire :

Dessous les lauriers, blancs,

La Belle se promine, .

Blanche comme, la neige, •

Fraîche comme le jour»

, . Trais jeunes capitaines

Vont lui faire F amour. „

'La Fascination (Suite) par M. J. Tuchmann* etc. -;

Le Livre d'Art (DÏr. .Paul Fort, la, avenue du Bac, Asnières) est une suite aux ProgrammesTRévues du Théâtre d'Art. Son premier numéro, dont, le rédacteur en .chef est notre collaborateur Reiny de Gourmont, a paru en mai, avec

JUILLET 189a *Z9

des poésies de P>-N/ Roinard; A.-Ferdinand Herold;une tradiiction par Remy de Gourmont de deux anciens poèmes mystiques, un article du même : Le ParatUt des Poètes; un poème en prose de Saint-Pol-Roux : Le Paon; njjamte ^e Rachilde : Piété mondaine; et des dessins de M. JimUe Bernard et Jean Yerkade. .

L'Art et lldéô (Mai) donne un très intéressant article de M Octave Uranne sur le statuaire-décorateur Joseph. Chéret, «r une des physionomies les plus modestes et les plus originales de ce temps ». M, Joseph Chéret est le frère de Jules Chérét; « Les deux frères ont, du reste, une grande parenté d'art- chez eux, quoi qu'ils fassent, ils apportent la vie, le mouvement intense, jusqu'à la frénésie voluptueuse des corps -dessinés ou modelés; ils conduisent un sabbat charnel fouûjueux, entraînant, diabolique, et ils tendent palpitant tout ce qu'ils créent,...:. Les vases de : Chéret t par exemple, les cratères, les coupes, les amphores élégantes, les jarres ventrues qu'il a décorées, ou, pour mieux dire* enguirlandées de femmes mythologiques^ d'amours folâtres et de babys exquis, sont des^productions sans équivalent. Joseph Cheret a apporte dans cette manière un frison nouveau. .. . ; on reconnaît dans l'arrangement dé ces vases* dans l'ensemble de ces décorations charmantes, ce sentiment profond; inné, païen, de la femme, que les artistes du xvm c siècle portaient si bien hors <Feùx. » Reproductions dans le texte et hors texte de vases, fragments décoratif s, cheminé es, médailles créés par M* Joseph Chéret, puis un portrait-croquis inédit de 1 artiste par son frère Jules. — Au sommaire du même numéro \ Propos de .table de Victor Hugo h Guemesey^t Les Etapes de ta Rdcteme curieuse et amusante histoire du puffisme à travers les âges.

Dans la Société Nouvelle, de beaux poèmes d!Emilfe Verhaeren : la suite du remarquable roman de William Moons, l'esthète socialiste anglais (Nouvelles de nujle bari)* une étude de Charles Henry sur la transformation de 1 Orchestre, ?

Dans le Banquet, d'excellents vers de Grégoire Le Roy, mais point inédits, et une étude biographique un peu incomplète, sur ce bon poète, trop discret. : .

lieux excellents calembours de M. René GhU dans les Ecrits POUX l'Art : «M- Péladan (Joseph..* fin de bon

sens^*;" « '•:.• • • * * >-.-> — ' - • •■•**■• — * P° ur lcs V êhaf ^ (des bâts cfânés;). . ".;>.' . b

Gazzetta Letteraria : un boa article de Giuseppe Depanis •■taîr tonier roman de Gabriele d'Annunzw, I Innocente : «Comme œuvre d'art pure, c'est un des meûleuwjivres publiés en Italie; la forme est merveilleuse par la clarté des Images, la ciselure, du style, là franche saveur d'italiamté de la langue i quelques chapitres ont un relief et une force de coloris èxtoaprdiaàiies. ..» .

3 8o MERCVRE DR FRANCE

Cronaca d'Arte : de jolis, vers français d 1 Alberto Sormani : . ■ ■.-;'..',

- Comme une barque, perdues les rames, je ne vaux plus rien. Amour est mort*

Vite Moderna (Milan): une étude de Enrico À. Butti surgf»* nouveaux romans français. Ge jeune romancier avoue un goût particulier (et bien dangereux) pour La» Sacrifiée de M.Kod . et le manuel d'anthropologie préhistoriqu e que M,Rosny publia (en collaboration avec Louis Figuier et Camille Flammarion) sous le titre de Vamiréh,

la Critica Sociale réclame, article de M. G. de Franceschi, la liberté pour la femme; Mais la femme, en comparaison de l'homme, est scandaleusement libre dans la société actuelle ! Elle n*est soumise à aucune des obligations qui mangent la vie du mâle... Elle est libre comme le moineau, — et aussi paillarde, ce qui fait que le mâle ne -proteste pas contre ses privilèges.

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