LA TRADITION DU 'CRUCIFIEMENT
.'. s'en':. orient ' ■''*..-'■"."
^ iy ' vi r ^r*"*»»» eues meories, eties inompnes qui- s y. déroulèrent, avaient tour à tour surgi dans là grande, lumière orientale. Les pompes de la religion chrétienne se dorèrent,' à Byzance du même rayon ; et c'est pour cela que Ton v voit si peu profonde cette pénombre où s'entonçait,en Qcçideht,par-dëlà ces clartés éternelles le monacal Moyen-Age. *
Les peuples chrétiens d'Orient né fréquentaient point lesr églises dans un distinct et unique but ^epnère-^eur dévotion était plutôt une manière d être foncière, végétale, inconsciente, comme celle des multitudesthéocratiqués du monde païen Etalée du portique du Narthex à l'escalier de la Porte-Sainte, sur les dalles, parmi cette buée voluptueuse, affadissante, qui, des temples dé l'antiquité, étaitpassée dans les basiliques byzantines (déjà, et bien auparavant, l'empereur Lîcinius, au *r £ r8 de ses persécutions, avait fait fermer les églises, sous prétexte que l'on y respirait un air trop étouffé), la plèbe était la- chez soi ; elle s'y laissait couler à ses habitudes les plus obscurément invétérées. Les Icônes étaient ses dieux lares; leur protection semblait descendre, en rayons ver-
=<)0 MERCVRE DE l'iRANCE
meils, du haut des dômes, sur ses haillons. Qapie et sombre partout ailleurs, la populace se dilatait là et, au reflet des auréoles, mieux qu au soleil des carrefours, elle prenait des entournures d or. . Là. le mendiant chrétien, ,"— comme autrefois le mendiant païen, sous les. portiques ou j passait Césir —vivait jovial, familier avec. 1 opulence de Dieu, sorte de Benoît Labre scrutant sa vermine à la lueur des nimbes.. La gloire" de l'Empire et la splendeur du Paradis se confondaient, a ses yeux ; . émerveillés, en un même champ d or, où; semblables à des Christs, ^érigeaient àes Basileus, : Et il restait accroupi au bord.de cette flamboyante Légende dorée, confiant,, comme sur les marches . ensoleillées d'un Palais' hospitalier: : .. . ,. Mais voici que des soldats, investissent les. basiliques, traînant dans lé silence des nefs lumineuses ■ le fracas des rues et la poussière de 1 Hippodrome.. Des tourbillons seèvrent, et la grande, lueur d or des mosaïques, épanouie en aurore, se, brouille , comme le crépuscule d'un, soir orageux.. De toutes parts des clartés tombent: « Au nom du • : Très-Saint Empereur, soientdétfuites les Images!»
Et l'éclair bleu des haches fulgure par-dessus les auréoles. Lâ-bas, pourtant, parmi la poussière vermeille des images croulantes, une haute stature rouge demeure ferme ; et la multitude, éperdue, .supplie vers le grand Christ en erorx,.tout debout, . au fond du chœur, dans la pourpre de sa faere : dalmati que — «Jésus ï vas-tu laisser s accomplir ce sacrilège?» Mais le. Christ même est renverse, . et, piétinant l'auguste simulacre mutile,un soldai comme autrefois le centurion du. Golgotha, bran- : dit haut sa. lance. . ." ' ■: ' .. ■■ • :
Trident fragile sur la fureur, de la lottle.
Les Images étaient* aux Basiliques ce que le Bœuf Apis était aux temples de l'Egypte, M irierye au Parthénon; Jupiter au Capitole. Le.cn qui se fût élevé, à une profanation analogue, dans les . sanctuaires de ces religions,, n'eût pas ete plus, terrible. Qu'allaient devenir les pauvres gens,.
ainsi pn yesde leurs cbèrés enluminures? Lé t>lai«r
4e les contempler les consolait de ffim
>esayart-on pas que l'Image du Bonî£te?r*
dont cornait, sous le péristyle du Gralé^lS.
la Forte-d'Airain, avait mien nri* fl^T ÏÏ ^
roidesse r , qui 1 avait palpée de la même f™ «».
lTiémoroïdesse derEvaiéile kttSrJhfS * q du Christ -.-.- -T^e^eattonclia le- manteau :
même
^^/•ftait aussi et surtout comme la màiesté
prenait di^r ^ r W ié ^ iconoclaste 5m!
fF n *$.. d î «» .c«t outragé aux pompes du cuire -
S?A n&t ; quab f taitla ^che-de S p soia a t Sj pS:
îou\e S a?Si/ïi la r dfeS Bàsi ^*, I°troni2ef ^ i . pyree namboyant des coupoles, voici oue lTm»a~
c^ïfon^ -f 5 ,1 tait 'P ré «Pitëe ; -^mai ToS - que, selon le nte> 1 empereur, en présence d'anT
bassadeursprosternésj'enlèyeraitsïrsoïtrôn^" an rugissement des lions d'airain qui le gardent' pourrait.on rêver, d'un Eternel sur des^nuajï roules du souffle dés trompettes ^chaSéSquï?
Et la fastueuse ordonnance des Conçues ne L
prolongeràitplu^danslesperspectivSduPaS^ en chœurs d'apôtres et de^pWlmïsteï ^
rouSSHe^^îf *?"* a P°*éose, une autre .
rougeur se levait, , barbare, au fond dé l'Orî ftn f
de 1 Islam s avançaient, ■ tes Khalifes, partout où ils passaient, anéantissaient le culte dont îZ em°
ISel Yez S "^^^f^ 4 e ^ prophétie jldis S tS™-^. V ;? K > a ^ fe 1 U1 Porterait les coups fScSÏ «f î fG + nd ^ ; à la ^igi.^dn Christ, toute ' teticrte sur la terre, et puis tout le ravoimem«t
des sept caeux:diamant,Wraude;to P a?rsaph?
E5frk°3 ^ th % Et le ^ ^teurs Se ïï£ pbétre étaient ceux-là même qui naguère^
SS&ffi^ dé ^ ^onri S aurien,ii Ainsi la .barbarie asiatiq.ue : envahissait la civile
MERÇVRE DE FRANCE
sation néo-grecque, cette civilisation qui. fut 1* première; tenant d'Athènes le génie plastique et Se Rome le génie politique où le dogme éyan- Kéliquè se soit, de forme et d'action, identifié aux hommes, ait trouvé sa mise en œuvre. Et 1 on se réporte, parallèlement, à l'époque oui Asie afflua pour la première fois vers VEurope, lorsque la
&rèce ancienne fût mondée par les Perses L examen de cette correspondance a son utuite, ^e fut là aussi, le choc de deux mondes, de deux -croyances, Mithrâ contre Jupiter ; et 5j de même qu'à tous ies. moments de l'histoire oudeux races se sont heurtées, jamais, comme alors, les idées religieuses ne revêtirent , de part et d autre, d'aussi nombreuses matérialités ; jamais le panthéisme grec ne multiplia pareillement ses symboles, ses emblèmes, ses aspects, ses attributs, iamais il n'y eut telle profusion d idoles, tant . de cultes particuliers; U vie nationale, comme^pres , de cesser, voulait se définir, pour qu'il restât d elle une mémoire éternelle, en une glorieuse, en une impérissable expression. Chacune de ses activités,
pour ainsi dire divinisée et comme déjà en puissance au sein del ? infini, se manifesta hiératique-
ment. Et l'Hellénie en armes offrait comme le
spectacle d'un camp d'Homère, ou les dieijx se
mêlent aux hommes, et où la foudre de Jupiter et les javelots d'Achille sont noués en un même
faisceau. .' -, ..... «•••'• „^„
Qu'on nous permette, afin de mieux faire ressortir bientôt la désolation du monde oriental chrétien* bouleversé , dans sa religiosité* par. la main des empereurs iconoclastes, et cela au cornent précis des invasions musulmanes, quon nous permette de développer- ce tableau^ des, religions aux prisés, sous les , couleurs de deux autres époques analogues, et non moins caractéristiques, de l'histoire. > ■■..." " ■ .
Ainsi, à la bataille d'Andrinople, qui se livra entre Constantin et Licinius, où le monde païen et lé monde chrétien se heurtèrent, et non par
AOÛT 189a
Ssâ^^? 315 foïméll ^ént, chacun dans la disposition 4e ses- suprêmes ressources et dans la
^SS8r£ nérale t s ^ a «'ibuts, ainsi toutes m'^Sr^^ à ^ rS3 ^ ax du Paganisme, gS ïïtr?f - 1 - ^W^ P^en Licinfus, Vali^ gnaient entre les rangs des cohortes, les rénfor-
daWe Olympe emu par de nouveaux Titans dans la poussière de l'armée. Du fon! de sTcorrie d abondance, le Panthéisme avàg cSnmé v ïde
se^^rS^* 6 T? lète ^rie . d Wbîêmi, mîsSlïlfrJ 1 f i d * fo . rces * de volontés, fré^ Sèri kSl J a ^dation haletante des der-
Sur ^fe5,ï aï ^ eS ', de senti ' sî imminente leur catastrophe.; Dans l'autre armée Yè&ido A™
Labarum se repliât, en flottants ^pïfde Xwè
SîSd5SPl^5 M ^'- U& , **&-■ tont P aut?ur; Pleins d ondulations, semblaient comme le nrol
longement de cet étendard, qui refoXdeS ÏŒwZTÏ S 01 **™***' les clartés "flétrie 5e •
Périr^Fe mon^ 6 - Ma,S ** moins ' a * mo * e nt de ïuSé dinfi^ eai i çien a PParut-a tout entier ré- ?^ e dans 1 edair de cette bataUle..,
ce fu? Sffw e Poq«e des invasions normandes; ce tut, au-devant ides païens du Nord le même
SreSe ! v Pf r ç des Restés de'kreïgSn chrétienne,, à son tour menacée. Des religieuses plntot que de déserter leur couvent et afin de
fe^W^Sr ^ té ^J**™», s^ mutilèrent ïaTchfn^ 5 °P?*Ï?"* comme un déploiement d archanges, avançaient à l'encontre des rafale où. tournoyaient les corbeaux des sinisées étendards, danois. Translaté d'église en é«H s ? de TmL
vaiï£ en ^ OIlast ^ ^Ânbssuf&e denrée PeuS ^ff.f'T^Wt'P-nnî llmploratfon des iSt?^ 11 ^^ d ^ s r eliques F -De toutes Se^hâsse^dorïïf Î DS ^ déroulaïent, ruisselantes "arrêtai? fe *" ^ "M»«W d es hordes barbares retS?ni;'c^ ^decise , surles bords de ces méandres Sïïfiïï? SantS> Un J° ul % enfin, elle recula, le jour pu Rollon, converti, s'agenouilla devant i'arche.
a 94 , MERCVRE DE FRANGE
vèquéde Rouen, lui demandant quelles étaient les églises considérables . qu'il . pourrait le plus magnifiquement doter. .; •-■■■'■'
Ainsi, à toutes les époques, del histoire, les
' cultes quels que fussent l'es attributs de leur re-. présentation, les cultes jamais ne se déployèrent avec un appareil plus somptueux, ne s'organisèrent en rites aussi actifs, que lorsqu'ils furent le plus menacés. Il n'en fut pas: de même a «yzance, nous l'avons vu, aux jours des plus fou-, dfoyantes incursions, sarcasmes, lorsque les : K/balù'es campaient sousles murs mêmes de la Ville- Impériale. Il né-fallut rien moins, alors, que l'effrénée tyrannie des empereurs iconoclastes, pour avoir raison de ce jeune Orient chrétien, qui, avec une nouvelle exubérance, avait apporté., dans ses concéptionsreljgieuses,toutlefétichismey
■ toute la sensualité du vieil Orient païen. Une sorte de réaction du sombre esprit biblique, si aristocratiquemeht abstrait, s:opérait,.par.ees despotes, de race asiatique d'ailleurs,, contre le praticisme .
naïf et populaire du. Nouveau-Testament, ht, certes, cette réaction .partait directement de la. Bible, car il est facile de -reconnaître des façons de docteurs de la loi, race de ces scribes qu ana-, thématisa Jésus, et. y emi s,. pour surcroît de super-, chérie, après les charlatanismes de Simon-ie- Magicien, dans ces astrologues juifs qui prédirent* . en Asie-Mineure, ;ia pourpré à l'Isaunen,. alors. enfant, sous la condition qu'il abolirait le culte des Images. Et pourtant, si les peuples chrétiens d'Orient durent jamais être,. par le langage des emblèmes, entretenus des mystères de leur religion c'est' bien à l'époque, où l'Islam menaçait de tout absorber Quoi! le Saint-Sépulcre était aupouvoir des Infidèles, et l'on cherchait, en vara, dans les basiliques, l'Image dû Sauveur, cette Image que les premiers Conciles; où régnait un génie .encore à: demi .païen, avaient conçue si ?eune,si sereine, si triomphante. Telle elle s était reflétée dans l'imagination populaire.. On ne se
AOLT ittji
représentait le Christ que soiis l'apparence dun e^rnel Adolescent, tl un nouvel Adonk, dont le bleuâtre soir de mystique angoissé, passé au jardin desQliviers, aurait à peine pâli et affine la chaude beauté. Les femmes de Byzancé, lorsque, extasiées, elles serraient cette Image sur leur sein.
faisaient songer aux prétresses des sanctuaires de Byblos. ■".;'• . ■
L -idée du supplice ombrait si peu cette vision oue souvent-, dans les représentations du Crucifiement la Croix é.^ et Jésus,. au-devant, se tenait paisiblement debout; gravé et doux . ■■ coffime.lorsque > dans .Béxlianie, il donna la salu- . tatron a ■Marie-Madeleine/ : .
•"■.'. Te l il «yoanaif dans tout ï"Qrient, où flottait, ^ P.eme d hier, là blonde langueur des vieille^ : r ?î^°? s du . Soleil. Et brusquement, voici que cetaitlanuit-la huit dans leségllses, où ne resplendissaient ; plus ses Icônes,, le vide dans les
ïîife q *>' n ^ ï)eu P laient P lu > «es simulacres; déserts et ténèbres, comme aux Lieux-Saints rava- ; ges par le glaive d'Omar. ,-.
Alors les Moines fomentèrent dans tout rem- ' P,F e g re c une formidable agitation. Sous le nar- 'thex des basiliques; on les voyait déclamer, montrant au .peuple le crépis jaune, . boueux, qui recouvrait maintenant les murailles, hier tout enluminées de mosaïque^ gémissant que le Diable "■ ne craindrait plus d'entrer dans les sanctuaires dénués des Samtes-Images, qui les avaient, jus- ; qu alors, .préserves. C'est que l'Iconoclastie ruinait, en prient, Jïniluence des ordres monastiques. Peinture pu mosaïque, les Icônes étaient presque toujours l.-œuvre des Moines,-manïfesta- 1ion de leur génie, et la vénération publique
S aut ^? t . a l >»?« ■**? louvrâge. Cela leur avait confère, sous les empereurs orthodoxes, une autorité presque sans bornes, C\îst ainsi qulU régissaient même les armées , employées à bâtir des églises , armées où c'était, sous tes.étendards plus d auréoles que de casques , et qui gravie
a 9 6 -., . . MERGVRE DE FRAHCE
saient vers des calvaires plus souvent qu'elles n'escaladaient des citadelles. .
Tout cet empire, sous l'action gourde jles Moines, se penchait comme vers un mirage chaud . . e 1 b leu d e paradis crépuscula ïr e : Le. mysticisme qui noyait alors toutes choses n'était, nous l'avons vu, que la paresse , à peine plus consciente , des an^ : ciennes religions. Qu'on imaginât toute la gloire du Haut-Empire Romain à demi perdue dans la.
profondeur de. quelque cathédrale universelle ; la clameur du Cirque, des Çâmps et des Triomphes fondue parmi le silence d'une insondable abside v buccins mourants en gémissements d'orgue; la pourpre et les trophées irradiés à travers un nuage d'encens; une rayonnante aprèis-midi d'été voilée d'une ondée soudaine; que Ton mît cette gaze de mélancolie sur ce flamboiement, de jouissances,— et l'on aurait, sembïe-t-il, l'impression de la crépusculaire et chatoyante civilisation byzantine.
Or ITconoclastïe . chassait cette brume d'infini, . ce mysticisme sensuel qu'entretenait dans, les âmes la contemplation des Images, Elle ramenait les esprits sur la terre, à des objets plus précis.. Le gouvernement passait aux laïques. L'adminis-r tration romaine renaissait, ayant, en "plus, ce : qu'elle tenait de l'esprit gtec, ce je ne sais quoi . ' d'ergoteur, qui caractérise;., par exemple, le Code de Justinien.; C'était, donc la sécheresse de cette administration, mais sans gloire, sans aucun retentissement de ses actes dans le monde. Le peuple, qui n'est si idolâtre que par ce besoin qu'il a. de. prolonger sa jouissance, en la reportant sur les . objets représentatifs de Téternitéj le peuple ne voulut point se résoudre à une existence disciplinée, précise. Il se sentait, avec impatience, ramené à lui-même, et, par lui-même!, il était si peu de chose : ce que l'avait fait TEmpire Romain, ce qu'il ne voulait plus être, en cette , brûlante et. mystique atmosphère .dé Byzance^ Les Moines , invoquant Jésus, l'eurent donc vite soulevé.
I- on sait quelle répression les empereurs iconoçl^stes exercent. Léon Plsaurien brûla la bibliothèque de l'Octogone; véritable sanctuaire où
la pensée nouvelle T païenne encore par ses procèdes spéculatifs, chrétienne déjà quant à son Wqn® but divin , s'attestait dans lesmonumehts le;S plus complets du néo-piatonicisme et les conceptions les plus formelles des Conciles. Ainsi, après les Images, c'était, pour ainsi dire, le principe même de ces Images qui se trouvait aboli, Evêques ou laïques réfractaires furent dépouillés dé leurs e ?f 1 ?^ m ^ ï la populace massacrée. Une multitude, de Moines périt par le glaive. Ceux qui purent échapper, se réfugièrent en Italie, auprès au pape Grégaire H. ■ > :
.Cette dernière circonstance est d'une importance, considérable: En. effet, ces débris des ordres monastiques de l'Orient importèrent ainsi en Occident la tradition de l'art dès Icônes. Transplantée dans Saint-Jean : de.Latran, la fulgurante floraison de Sainte-Sophie reprit, et s'épanouit avec une nouvelle, vigueur. A vrai dire, c'était l'art chré- ■ len i^ 1 "^ à son be rceau latin , mais magnifiquement développé; orné de tout ce que lui avait ajoute le génie neb-grèç et qui adoucissait sa primitive «évente- romaine. Déjà , dès la fin du V* siècle ■, 1 influence bvzantihe avait, à ce point de y ue, commencé., d'agir sur l'Italie {règne de Théodonc), et les symboles , sortis dès Catacombes, dans la simplicité de, leur représentation primordiale, s étaient, comme à Constantin oplë, matérialisés avec un. faste triomphal. Les Croix latines ,
£?J?? me A q - leS Ç™x grecques, sont gemmées etoilees de, pierreries, enguirlandées de feuillaees * or, arbor déco ra et; fulgida{i) . Lorsque la: figure
^UrhL S/Ji ¥p??^&> «m curieuse interprétation sLnn^XJ • aet f? J g***,.^™ et xm™ siècles. £a Croix sera un arbre equarri^ ou seulement ébràncné , ayant encore
8 • MÈRÇVRE DE-FRASCB
du Sauveur apparaît, remplaçant- T Agneau-, cette ,ture eZomle en Orient (telle ;que la contera Sfus tard le Concile Qjrinisexte), impériale vêtue
de Safnt-Etienne). W é * *\*^^n e tt . Tnpnt atténuée, écartée même, puisque ce™ mu
SelSn^tienne^^^ . du V siècle, représente, le Christ .sans la Croix. Cette idée du supplice, il. faut Je -^6 ?" ^ passaut paraît cependant exprimée dans une an .
ciennlmosaïque de la basilique du Vatican : Au r,\ed d'une flamboyante. Croix gemmée, sur un terfre Un Agneau-, de son côté percé le sang , jailmlns un ilice .• du sang coule de ses pieds et se déroule, arrosant la. terre de W**%*™™ A g pourpre. Mais cette, idée , cette sensation est d <£
% ècle Dès leur 4 siècle , en effet, on. en trouve la eprlsentatioh d.n.^Çatj^bejwrg^tt^-
. phages des premiers chrétiens, où la Croix esc Icnlptée, àleur centre, entourée des mots ; Crux adolnda, ou de leurs, sigles et sortant du Vasede la Cène, qui reçut l'ineffable ^g- {- f *P n *j£ Moven-Asè développera,d'une façon subhme,cette tfée Wcharistique^dans sa -tonde du Saint-
, Graal, interprétation, la .^lnajbeUa .-qtii ïg 1 ^*^. été faite du Crucifiement, mais qui eut. ete prema
nntre ère trot) proches.de la. sérénité antique pour : c^vSr k P fcdemption possible seulement « ..
prix delà mvino.Da^^Im««i^W t 9 ^SS' . fnhérente à la nature des- Dieux n .était P?s dans
Sprit du.monde païen, et 'lorsque \e Chnstia-
nïcrrift arriva l'on ne put concevoir de suite une
' ïènTsouSce d). 1& avait tant de fouve-rs .
, proscrire! non, la douleur, au-delà de la terre,
la couleur verdâlre d* l'ècorce , avec des .rinceau* appelant le feuillage. ' -„ rt t in'fcrève époque dés Cata-
générale. "..■'.
..août 1*9*: .-. iw
'.. . f e U S - xt . ? 0lIit 5 * es st <>ïciens avaient été comme
. les.theonciens de cette doctrine , et , plus haut ,
les poètes avaientmontré là douloureuse huma-
m?^? er ^- et ^ Demi * Dieux « ui méritèrent 1 Olympe se dissolvant aussitôt dans l' harmonie
t\^ S Eg^fuWbmoes éternelles; Hercule sur le sein dHebe, Adonis sur le sein de Vénus
Symbole, strict sans, développement immédiat, sans correspondance dans Famé des peuples 1 Agneau' sanglant disparut; en effet,, dès que 1 Orient lui eutsubsùtué l'Image de Christ triomphant, exaltée au vu* siècle par le concile dé .
. - Constantinople, type que l'art de la mosaïque byzantine fut si merveilleusement apte à Yéalisef T *°3?& d e t ?: tim Përieux resplendissement. Il était .malaisé d'assembler sous un dessin souple et mouvementé tous ces- dés multicolores, tous .ces. Mossions. dont se composent, champ et motiis r les. mosaïques byzantines : verre doré vjapis, -grenat syrien, cyprine, ophite. La roideur presque sculpturale du Christ grec, sorte de- Jupiter auguleux et momifié, s'harmoniait avec la sérénité de , l'immobile Orient Une telle. unagedeyait être, après tout, de^eu d'effet dra-
.matique, et le sentiment pouvant. résulter de sa contemplatiou n'était point, semble-t-il, pour faire
S,ïf^ S r?1 de ° eS P eu P^ q«i n'auront jamais dage.Q u on nous excuse d'alléguer que le
sens d» cette figure ne pouvait être bien dramatique. En effet , si la, largeur , le laïsser-allêr an- .
•SSÏS^^ <?*£*' «^Primé; car les premières restrictions du Moyen-Age, si fa pompe des draperies, la splendeur des auréoles., si toute cette écarlate expansion est enfermée et comme cloîtrée dans. Inflexibilité d'incisifs contours, si ce n'est plus 1 épanouissement païen, ce- n'est pas encore le xecuedlement chrétien: Entre : cette effervescence orgueilleuse et cette suavité humiliée , il ' , est une attitude terme d'impassibilité hiératique que l'art byzautin a fixée. '.".... H
-, Chassé de Constantinople-cet art, pour re-
y* MERCVRE DE FRASTCE
{>rendre racine;, trouva donc en Italie un fonds onguement préparé. II. s'était particulièrement développé à Râvenne, siège de l'exarchat de ce v nom, et où l'influence grecque était plus directe que partout ailleufsXWdriatigùe flamboyait, sous la basilique octogone de Sairit-Vitàl, de reflets aussi vermeils que le Bosphore sous Saïnte-Sô-
phie.
Au vii c siècle, la tradition de l'art des Icônes passe de Ravenne à Rome/ Elle trouva là le décor du Haut-Empire, toujours' debout dans sa sévérité latine, tout le sôlfennel poème de marbre que le déferlement des invasions n'avait pas effrité, car ce que leur flot emporta fut plutôt Tappa rat ,1e faste éphémère., extérieur, des Néron et des Héliogabale, tout ce a ui était somptuaire et notait point scellé dans raustère granit dé la Ville-Eternelle. Sur ces pages de pierre, ainsi dégagées. Tari pieux des Images s'inscrivit avec le plus pur éclat. Les portiaues, pu roulaient les. tournoyantes et fumeuses bacchanales, s'ouvrirent sur l'azur lim-
{>ide du Paradis. La robustesse romaine, spirituà-. isée, s'estompa dans la gloire de la religion qui s'appuyait, temporellement, sur elle, comme le géant éaint-Christophë s'effaçait dans, le rayonnenement dé Jésus-Christ, quand il porta le Messie sur ses épaules pour lui faire passer un fleuve.
D'ailleurs^ en ce vn e siècle, l'iconographie sa* créé parvint à Rome, non seulement par Ravenne^mâisdirectementïdéConstantinopleméme.
En eftet, avant de se réfugier auprès du Papcy dans lé siècle suivant, les ordres monastiques de TEm r ; pire Grec, les moines dé la règle de Saint Basile , envoyaient déjà en Italie tous les tableaux qu'ilspeignaient du Crucifiement, tous ces dyptiques, à fond d'or, dont .oh peut lire, la description dans Gori, et qui venaient orner les murs des églises de Rome, ou servir à des imitations développées. Cette imitation est évidente dans le Crucifix en mosaïque de Saint-Etienne-lerRond, lequel est du temps du pape Théodore 1*%' mort en 649. Lé
style dexet ouvrage est bien byzantin. Le Christ & sont^ees d V ; C^^
i-]^ -ï^* d . é douleu ^ Josqo'au vni^ «ècle dela^e^g^
^L ombre des Catacombes, cependant, recelait toujours la frugale semence des symboles TumoU
dS fiS? V ?^ M «^ienV dïns lSonda n cl des ténèbres^ initiales et indécises épreuves d'an-
■SHTkff'Â? ^ réVéki ? nt «* Sommes qu ^ par un lent dévodement. tes lampes, allumée*
■■"22s ssa? in ^>y*$£ assis
£Sï ?!' Ç es de Ç 1 "'* tombeaux, de loin en
muéttS Pa flâe S P ^ eS T, règaeS d '™** &UTÎ ï«£ i?w£ T*' f te^Jes, comme l'écoulement d un sablier dans les limbes des temps infinis*
diS? OUS Pa ** 0,,5 fCi S ° nS ****** •** doc nn ,enuti<m fasti-
3os . . " MERCVRÉ DE FRANCE
Soudain une rumeur envahit les cryptes obituaires. -Ce n'était plus le fracas de la Rome païenne. Du dehors, du grand soleil/ ne venait . pas' le rugissement des lions déchirant les martyrs T mais de doux, cantiques^ des hymnes- de mi- ; séricorde et d r espoir-
L'époque était arrivée où les Catacombes allaient perdre leur mystère, leur utilité tabernacu-
. laire>et s'ouvrir à l'activité des siècles nouveaux. Un pape, Adrien I er , les restaura, les anima de liturgies et y fit entrer l'air fervent des Eglises, La chape papale rayonna dans cette' même-nuit où se glissaient les anciens confesseurs en leur tunique de fantôme. Ce fut comme un soleil revenant visiter Tombre qui le. couva-Mais dans cette ombre résidait, depuis les premiers chrétiens, le dogme,organique et pur';. Ses .fastueux développements mondains T lorsqu'ils retournèrent vers leur berceau, reprirent, par l'effet de cette confrontation,
. la sévérité de leur principe. L'éblouissant paradis byzantin fut enclavé dans la grave architecture . romane.
Par rapport aux nations du Levant, Rome était
■ le seuil de l'Occident ; elle était , au ix e siècle r le
/portique ouvert sûr le MoyenrAge. La tradition du Crucifiement, parée à. faux de tout l'héritage de l'antiquité, reçu dans Byzan ce, revenait se recueillir sous ce natal portique, avant de pénétrer, par l'intermédiaire de Charlemagne, dans la nuit, de l'Occident, où elle prit son véritable caractère .mystique r durant les douloureuses époques: qui suivirent.
Edmond Barthélémy.
AOUT rtp-. ;; , .■.-•
P 6 il de Carotte