‹ Mercure de France, tome 5Chapitre 87 sur 109 · RÊVE · texte numérisé non relu

RÊVE

■'.. Fantaisie

. J'ai vu en réye une rougeur de soir, — rouge comme du sang ondoyant/ bouillonnant, — très foncée.

Vautrée, large, elle? s'étalait floconneuse, fine- ; tuante à" l'horizon vide, longue traînée.

Lourdement elle pesait : bottrbe lumineuse ,

Etait-ce le soleil qui disparaissait là-bas?

Il me sembla, et je le crus en mon rêve, je le crus avec un rire cônyulsif, qu'un géant céleste j l'un des voyageurs de là-haut qui de lambeaux de nuages entourent leurs reins /précipitait dans la mer une ôràmçe sanguine pourrie qui, fétidement, éclata. , . Bravo, rustaud chevelu!

Mais. maintenant?..

Un remous .d'or; sillonne la' rougeur, effiloche la masse floconneuse en clarté, en lueur phosphorescente , en scintillement nacré , en lumières fuyantes, dansantes, aiguës/

Oh ! Ciel ! le soleil, Te soleil! Le soleil, pris de folie, crache ses entrailles d'étoiles dans la nuit„;

(i) Titre du volume. d'où sont tirés les cinq poèmes eii prose dont xtous publions la traduction inédite, et qui vji ont de paraître (mai 1892) à Berlin. Son auteur, M; Otto-Jules Bicrbaum, est né le 34 juin 1865 a Griïneberg, en Basse-Silène. Outre Poèmes vécus , il a publié un ouvrage sur ^exposition annuelle des Beaux-Àrts a Munich (1890), une monographie

grand*

des fondateurs de la * Société pour la Vie moderne* à s Munich. — La traduction littérale n'a malheureusement pas permis de rendre le rythme spécial de chacun de ces cinq poèmes, et qui en fait d + exquises œuvres d'art. ...

AOUT 189a ,

Un poing gigantesque menace, étend ses doiirts

<K ?*? '£ b ^«i trépide encore^ **

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I travers iS?^ ?* mUlioiï * a'astresloninl a travers la mer nocturne.

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Les ailes^grises du vautour de la nuit bruisseht au-dessusdu lac. Dans ses griffes d'airainX?i au

£ forl7lèSl nt Ver ?, ^ uest / Les T*°* nofrs de ia roret lèvent leurs.cils, les pins: et d'un regard

pagned une troupe d'onibres moroses. Du hwïdu ciel un vent g acé souffle une unique pensée"

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