‹ Mercure de France, tome 5Chapitre 95 sur 109 · SUR LA SOTTISE · texte numérisé non relu

SUR LA SOTTISE

Ufeomnie d f esprit garde le souvenir de tes

sottises, le sot èefui de celles des autres,

J^solïâ^tîté de^ &oH est là pierre angulaire de

l-opinion,

1^ nature fut clémente pour les sots en les dotant aussi de fatuité,

La sincérité n'est point de mise avec le» sot» ; ils la "croient ; toujours dictée par Terme*

Il y a des abîmes de attise, comme il y a de» puits de science ; quand on se penche, au-dessus d'eux pour les sonder,, on reste effraya de la profondeur de l'être humain,

ta prospérité des sots est plus une; injure pour notre bon sens que celle des méchants pour notre ■■coivsçience*,

Modérer ses appétits» surtout ses appétits spirituels, est la première condition d'une bonn>

hygiène, "'.,■■ .•".. ■.-''. .

Maintiens-toi toujours la tête libre, comme le .ventre,-.

:-"'.La-sàntéintéllecttie11e exige que Ton ne soumette point son cerveau â des efforts trop violents: autrement on risque les hernies, les protubérances, les inflammations, les engorgements, les

lésions, anomalies que l'on déguisé sous les euphémismes d'originalité,. de talent, de génie, mais qm n'en sont que plus justement honnies des tous les gens sensés. . -

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Les dérangements cérébraux sont lés plus dangereux : ils font école.

Certaines personnes déploient .une habileté . prodigieuse à se tirer des mauvais- pas que la plus* vulgaire prudence leur aurait évités, ., ■*...

Les hommes déchaînent souvent de grands maux pour la défense de petits intérêts.;

L'homme, fait plus vite son deuil des désillusions qu'il ne se corrige des illusions.

Nous né voulons comprendre que .ce que nous sentons; et çé que nous nésentoiispas^nous 1ère- \ prouvons, comme si nous n'avions pas une raison pour suppléer à l'insuffisance de nos sens;

On est banal- chaque fois qu'on accepte lesiop inions d'autrui sans, au moins, se les être faites à nouveau. "r .

Contentez-vous de peu, on vous plaindra ; ne. vous contentez de rien, on vous enviera.

Il est très facile.de tromper le peuple, même par des paroles, et très difficile de le détromper, même par des actions. '■" .

L'imbécillité contemiporaine détourne du présent les esprits délicats; ils se réfugient dans le passé, où la plèbe révoltante des sots, emportée par l'oubli, n'offusque plus leur çegard, et où subsiste seule la compagnie des hommes intelligents et valables.

Louis Dumur.

AOUT 189a-

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