‹ Mercure de France, tome 5Chapitre 97 sur 109 · PHILOSOPHIE DE LA CENSURE · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE DE LA CENSURE

Ce n'est pas \m recueil sans intérêt, ce volume récemment paru où sont donnés différents rapports des censeurs dramatiques sous le second Empire (1); On peutmême négliger Tinéiuurabîe sottise de la Censure. elle--mème, bieri.qu*elle ait une certaine saveur dé

■". (1} La Çntiurcsaùs Napoléon m, par ***. Rapports inèdttset în-exteaso (iSjs.à 1866). Préface de *** et interview de ML Edmond de Gojxcoart. (Savims),

courtïsâhërïe peureuse et bigote mélangée d'un bizarre . fumet de .vanité professorale : •— " la lâcheté des au- . , teurs dramatiques, tel est plutôt, ïiiaperçu du compilateur, inaperçu de tous les journalistes qui ont chronique sur ces documents, le vrai sujet du livre dé

Que la Censure demande quelques suppressions de mots qui paraissent salés ou trop durs et que Fauteur consente à ces suppressions qui n ? amputent que de; verrues, souvent, l'intégralité de'son œuvre, il n'y a pas . à lui en vouloir; ainsi M, de Concourt dût laisser quelques bribes delà peau de.Germinie Lacericux aux origles de lamédiocre Harpie. Mais, d'ordinaire, m cela va plus loin : la Ceïisure dicté et l'auteur corrige-, .-■■■■'

Alfred de Musset fut, après M. Dumas fils^ Tun des premiers à capituler. Deuxième rapport sur André del Sàrto: «... Aux théories trop exaltées et paradoxales, qui d'ailleurs ont parfois été affaiblies dans leur expression, Fauteur a oppoàé des répliques en forme de correctifs qui en atténuent la; portée ; des détails trop vifs. ont été supprimés ou adoucis... » Diane de Lys, par M f Duitiasfils; deuxième rapport; c hauteur ayant remanié son œuvre a demandé un nouvel examen. Les modifications ont. été capitales; elles ont '.' porté sur les principales situations qui nous avaient paru rendre la pièce inadmissible... > Ce rapport est ' tout à fait tjTpïque ; si Diane de Lys ne porte pas. au faux-titre cette menti on : en collaboration avec . la Censure, ce ne peut être, que par oubli ou ingratitude. *

Le Verrou de la JReiht, par Dumas, père: c Cette pièce est la réduction en trois àrtes de la comédie La .Jeunesse de Louis. XV*.. y refusée sur notre rapport du 9 novembre 1853 >«. . . •

Deuxième rapport sûr Le Mariage d'Olympe, par ' Emile Augier : « L'auteur du Mariage d* Olympe, auquel nous ayons communiqué nos réservés... a fait, droit à" celles qui- concernent le dénouement et les détails du dialogue indiqués sur les manuscrits. >

Souvent le directeur se fait le complice de la Censure. A. propos d'un drame historique en vingt^cïnq tableaux, Paris : < Le directeur est entré pleinement dans nos vues, mais il s'est trouvé en présence des résistances de l'auteur. Il a passé outre .. >

M. Paul Foùcher est bien plus conciliant;. Il consent,

dans sa Notre-Dame de Paris , draine tiré du roman dé Victor Hugo, a «séculariser * Claude Frollo ; l'archidiacre devient un ïmaLgier, et Fauteur s'engage à lui enlever < tout caractère ecclésiastique >.

Pour la Tireuse de cartes-, Victor Séjour autorise la . Censuré à ; modifier elle-même tout ce . qui lui avait déplu dans le drame ; elle le bouleverse entièrement et l'auteur approuve.

Je sais bien que l'indocilité des dramaturges n'eût servi derieri. La Censure est plus entêtée qu\me mule ; ellç ne cède, jarbais, — mais cela, parce qu'elle sait que la majorité des : auteurs préfète l'argent à la dignité, . la recette à rindëperidànce/ Si jamais aucune concession n'avait été faite à la Censure, son rôle, serait devenu si odieux- qu'une impopularité certaine, la balayait. Il est encore temps -, pour ceux que cela intéresse, de prendre ce parti* Y. "... ■■ K.G. V ;

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