THÉÂTRE MODERNE Y
Le Chevalier du Passé, tragédie moderne en 3 actes et en vers libres, de M, Edouard Dtîjarj>iîï y v deuirième partie Ae la,. Légende d Antonio) (1); Décor de Matj-
L'argument du Chevalier du Passé est aussi simple que celui à^Antonia 7 sinon davantage. Antoniâ. est devenue, .après la. mort de l'Amant, une courtisane,:
J'ai, donné aux passants que, m'amenait le sort Ce qtfils voulaient, l'extase, la joie, la mort.;
Cependant la mémoire de FAmant n*e$t point défunte en elle; au plus calme des héure^ nocturnes, la prostituée s'absente de l'actuel ignoble pour revivre Fautrefois, et, loin du présent, échappée au souvenir des réalités quotidiennes, seule enfin avec la Chimère fidèle qui la guide et la garde, elle évoque V Amant, et voici qu'une fois il àpparait, le Chevalier du Passé :
(x) Là première partie, Anfû&ià, fut représentée sur la scène du Théâtre d'AppUçatiott le ao avril ifyifV. Mercure de l?rancc y t, a, p.joaj.
35o MÉRCVRE DE FRANCE
Je suis celui gui n'étais plus.. : .
Du fond des temps révolus,
Du plus loin\des souvenirs les plus anciens Je viens. . '
Le rêve d'Antonia, le constant et unique rêve qui gitauplus secret de son cœur, s'âccompliràit-il ? La vie « se rouvre pour, elle >, l'ancien bonheur va renaître. . Mais 1 aube point, la clarté du jour « où toute vérité se reconnaît ^ et qui abolit le cher songe où s'exaltait
^, pa w e ? me d ^ hue : car l'Amant, s'éloigne d'elle, . qui n est plus que la forme, la semblante dé celle qu'il
....... tri n'es plus
Celle que tu fus....
Le jour retient, la vie revient ••
Adieu 1 Le cours dés choses indissolublement te fient. Le passe est détruit, ton âme -■
D'autrefois est morte, tu es une autre femme • . L, Amante avec l'Amant a connu le trépas.
O douloureuse créature, cherche ! ëttù trouveras Le chemin,, le dur et divin chemin :
Par où ta vie anra son lendemain.
Au milieu du sort qui t'envoûte, •'.'•
• Cherche ! et tu trouveras la route •
Elle peut refleurir un jour, ton âme absoute.-...
.^i 01113 ;. ^^ ?es graves suggestions de sa cons~ cience: elle quitte le heu de mensonge et d'avïlïs-
deSe.s° Ù eU<î V * CVit ' :6t S,en va * Ver * de nouvelles Cette seconde partie de la Légende d'Antonîa est de conception moins large que la première; L'Amante ne pouvait, jadis, en face du Tentateur, n'être point 1 Eve curieuse et faible dévolue au péché : elle était
f™ '?• *;? un(? ï a la ^rtde VArnant, elle choisit la prostitution : la conséquence n'était point fatale pem-être même moins logique que telleou telle autre' et cet acte libre de sa volonté individualise Antonia qui n'est plus qu'a»* femme. T" 1 ^
De même, il n'y a plus ici l'ombre d'un symbole et
^!S e ssyntSqueî geS ***** ^ "?" ""^ Le Chevalier du Passé se réduirait donc à uncas
SSSiï"^^^ * sim P« ficati ^ : procédé excellât en soi, mais dangereux. Tout ce quL en effet
L? ï?*?* 1 *»^vm*m d'une action àr£^^
le geste individuel, étant écarté, il est de nécésrité
absolue de le remplacer pas autre chose, une conception spéciale de la vie, une philosophie un peu neuve, une vision très lucide des .. arcanes de l'âme, puis une langue nombreuse en images, riche; évocatoire. Or, il faut bien reconnaître que M. Dûjardin perçoit d'une façon assez ordinaire l'éternel conflit sentimental ; que sa philosophie, sans nouveauté, est encore incertaine, une sorte de fatalisme tout à coup infirmé par un mot chrétien : < Elle peut refleurir un jour, ton âme absoute >; et qu'enfin sa langue flùente et inharmonique manque de € suggestivité »,
L'œuvre est néanmoins intéressante entant que signe; la voie est ouverte à ceux qui détiennent en toute puissance des qualités rudîmentaires ou frustes chez Mv Dûjardin, et le mérite lui restera d'avoir été le précurseur non dans la. voie d'un théâtre symbolique r- le symbolisme de là. Légende d'Anton ta étant d'ailleurs plus que contestable — - mais dans celle
d'une «simplification » au moyen de quoi les modernes se rapprocheraient des classiques, sans toutefois lès recommencer.
Il est inutile; je crois, de revenir sur cette évidence que M* Dujarflin ferait mieux de ne pas écrire en vers — si ses verssontdes vers — et que, à la juger opportune, rassonancë réitérée serait tout aussi sensible dans une belle ptôse. Je ne reparlerai point — Tayaut dit déjà l'année dernière — du comique irrésistible d'abstractions se mouvant en redingotes, avec des cravates de fantaisie, dans un décor de rêve : pourquoi pas des, parapluies ! La parole d'éternité que prononce tel personnage laissant dépasser de sa poche, selon un mauvais goût de petit gommeux, la corne de son mouchoir, perd: un peu de sa valeur. Cette question du costume mâle est un point difficile du théâtre de M, Dûjardin, mais il est iricontestablejque des deux ou trois solutions possibles il a élu la jflfe.
Mlle Mellot, en progrès, s'est beaucoup donnée, et eUe a honorablement tenu son rôle. M. Lugné-Poé manque décidément de souplesse dans la voix; et puis, je sais bien que l'Amant de là légende d'Antonia est \m crucifié et que les bras en croix sont ici comme uni symbole, mais invinciblement je le revoyais en évêque, dans Tltiodat, ou lès bras en croix n'étaient peut-être pas de toute rigueur.., Quant aux Floramyes, elles furent déplorables.
352 MÉRCVRE DE PRÀNCE
Mélie^ pièce en un acte y en prose ^d f après la nouvelle, de M, Jean Reibrach, pur M." Georges Docquois; *-*? Les FeHôtres, pièce en trois scènes , en prose y par MM. Jules Perkik et \ Claum. Couturier; — Péché d'amour, pièce en un acte r en prose y pdrM.i&., MiçsBh Carré et Georges Loiseau,
Mèlie est une piécette réaliste vraiment réaliste. — sans cependant être tout à fait exempte du convenu r naturaliste. Elle est: bailleurs, mal équilibrée,, d'une désespérante longueur d'exposition. Fallait-il tant, jaspiner -^ à parler comme dans la pièce. — pour présenter cette fille du. peuple qui va se. marier ? Mais elles sont toutes ainsi : elles ont eu. ou ont encore une amie, ancienne camarade d'atèlièr, qui fait la noce, et, si elleé sont non pas jolies,, fraîches seulement," elles n'ignorent point qu'il leur suffirait de vouloir pour avoir aussi de beaux atours, ne plus]travailler, et se dérober à la vie malheureuse que, huit fois sur dix, leur réserve le mariage^ Tout le long début dé la pièce, si peu nouveau, eût donc pu être réduit ,â. douze répliques, et. le drame ne commence réellement que lorsque le fiancé, pendant le repas èn~ famille, la veille du mariage, lit ce fait-divers lamentable : une femme affolée de misère tuant ses cinq enfants avant de se suicider. Toute . la famille, fiancé compris, s'indigne contre la < mère dénaturée > y d^où une belle scène de colère révoltée chez la fille du peuple qu'on va marier demain :. elle approuvé l'acte cle là pauvre femme, et, pour ne. se jamais trouver dans son cas,
Ï riante là famille et futur etcouirt rejoindre son amie a noceuse.. L*i pièce vaut surtout par là vérité du détail et la précision de la langue. Il est en effet très rare que l'auteur ne force point la note et ne -détonne . pas lorsqu'il emploie l'argot.
MlleNau eûtun beau mouvement de révolte, M. Gémier a délicieusement ânonné le fait-divers, et M. Janvier a su ne pas charger un rôle de pochard ; M. Janvier est d'ailleurs toujours d'une surprenante exactitude;.
Si Maurice Maeterlinck ri'ëxsitait pas^ on se serait dit, en écoutant Les Fenêtres; z < Il y a là un effort vers quelque chose de neuf >* Mais M. Maeterlinck existe; il donne, beaucoup plus . intense, ce même « frisson * qu'on tâche à provoquer ici; deplùà,chez lui,
fait pas un:lïeu, &\*^^££^%™ )
tio„ exte^eurè est concomitante à l'action occulte eî
^^^ÊS^T^ et ^déf fi cSwe C du te c'o„cret et <ie i. abstrait le drame acquiert une e^tranrrlî •
: , ' en somme, ont assez mal imité leur m->îtr*» t-i« bens , queiques-unst même de ses accessoire- i=* i *,««*«/
■ qui .éteint, le rideau qui flotte* la ponTaûU^Fe-
Ti^f; l p - ur l£? redui .re a l'entendement du oublie
ILe^t certain que. s! la pièce avait cessé là où le drame
. s achevé réellement, quand l'architecte laurier ; £S£
s^culbaM S ^ U ™ iTO e ,d uhé frayeurquï prouve sa culpabilité, la moitié des, spectateurs de la rémU
■n^& e T£t\??^ éS de ge ^ de lettres et dejoS . , naustes, neut déjà. nen. compris, et il est sùDDosabl^ queles neuf dmèmes du vrai oublie -JTJ* P -?° J7 ' le irièmf ra« .. A„o^î îi. • 1 puiuic eussent ete dans
BreîvS fu^n^ , ^ UtÇUrs ont " ils - accumulé les preuves jusqua la. maladresse, jusqu'à eë treste miî
est un aveu.forihel de Laurier âsa ïèmmeXefmovJns
sont .par- trop gros,; les fenétres/c'est-à^e Sri J
factes inconscients par lesquels Laurier ïîvre" soï •
... wt^ ^dsde.safemméfsont unesïlte dSpoSs "
de^mpïché^^ V A *f- * ? ar u n y ont -™ P^manqué ■ ue simplicité ; M. Antoine fut bien l'homme nn^idA
cette attitude même ne. nous dit^elle pas oue rS ■ 3l C ™ P ? b;e . ?: Co ^iencet assassin'StTtepS!
teressant. en jouant l'insouciance, la libè'S d'eSn?
la parfaite mno.cence tf âme - alors oui car ivS . bâillement des « fenêt r^ - ™ vî-+ ■ q p - en tre-
MM Tih'-ri^V -1-' *. n 1 eut rec .»nnu crim nel 1 '
™ ourde rôîl ^ r ^ Dt ^ents. chacun dans . -
ordrÏÏ «ri?,- rEJ^ t: îaitm enfent > abandonne les éS^^'i^ USerjestunactecoil Ç u «n mélodrame . écrit en mélodrame,, et qui fut joué en melodSSe