LE POETE
Eh I nous agissons selon notre nature : vous venez, sans y penser, de faire notre apologie* Oui, les hommes se laisseraient aller peut-être à subir éternellement le joug; à peine s'apercevraient-ils qu'ils souffrent et que des tyrannies monstrueuses les écrasent Nous venons les secouer de leur sommeil et de leur lâcheté ; par nous; s'écroulent les séculaires idoles, et rien n'en demeurera, que nous ne jetions à l'abîme, et avec allégresse. Nous n'avons pas exi faim, nous : n'avons pas grelotté sur les routes d-hiver, mais quand nous baisons la bouche des jeunes femmes l'angoisse ,de l'universelle douleur empoisonne notre volupté, et nous souffrons en tous ceux que . nous savons crucifiés autour de nous. ,Nous ne nous tairons plus désormais et notre clameur ira grandissant de la terre jusqtfaux étoiles : ;puis les heures venues, nous disparaîtrons, le cceur joyeux, frappés peut r être par nos frères que nous aurons affranchis. :
: : XB PHILOSOPHE * ■'/
Nous serons frappés par nos frères et nous dis- . paraîtrons, le cœur joyeux, si notre mort, de . nous qu'on appelle les -sages, est aussi glorieuse que celle de cet illettré sublime, et si nous chantons pendant les suprêmes minutes l'effondrement de toute hiérarchie et de toute autorité..