L'ARGENT
Patience ! Ecoutez ceci, vous les pauvres gens pour qui Jésus a voulu souffrir. ■.',."
Si quelque fanatique de ma : prose pouvait un; jour être suscité, lé malheureux dénicherait peutêtre j avec le secours du ciel, les lignes suivantes, aussi parfaitement ignorées, j'imagine, que la page citée plus haut :
« On a fort écrit sur l'argent. Les politiques, les économistes, lès moralistes, les psychologues et les mystagogues s'y sont épuisés. Mais je ne remarque pas qu'aucun d'eux ait jamais exprimé "la sensation de mystère que dégage ce mot étonnant. .; ".
« L'exégèse biblique a relevé cette particularité notable que, dans les Livres sacrés, le mot Argent est synonyme et figuratif de la vivante Parole de Dieu (2). D'où découle cette conséquence que les Juifs dépositaires anciens de cette Parole, qu'ils ont fini par crucifier quand elle est devenue la Chair de l'Homme, en ont retenu^ postérieurement à leur déchéance, le simulacre^ pour accomplir leur destinât ne pas errer sans vocation sur la terre.
(i) Nous offrons à nos lecteurs quelques chapitres de ce nouveau livre de Léon Bloy, dont l'auteur à bien voulu nous communiquer les bonnes feuilles et qui paraît cette semaine à. la librairie Adrien Demayv'&i, rue de Châteaudun (1 vol. in-8°). Nous ne citons point la conclusion assez inattendue de l'ouvrage, et qu'on lira ~ avec stupéfaction,. N. D. L. R,
■ * (2) fs. h, 7 ■;■■.
OCTOBRE 189a rot
« C'est donc- en vertu d'un décret divin qu'ils posséderaient, n'importe comment, la plus large part des ; biens de. ce monde. Grande joie pour . eux ! mais qu'en font41s? »/(i)
Ce qu'ils font de l'argent,, je vais vous le dire, ils le crucifie nt, .
Je demande pardon pour cette expression assez généralement inusitée, je croîs, mais qui n'est pas plus extravagante, si on y regarde bien, que cette autre : « Manger de l'argent », dont la monstruosité réelle } divulguée; ferait expirer d effroi les innombrables humains qui. l'utilisent.
J'ai dit exactement ce que je voulais dire. Ils le crucifient, parce que c'est la manière juive d'exterminer ce qui est divin.
Les symboles et les paraboles du Saint Livre sont pour toujours, T Eglise, infaillible, n'ayant pas plus^ raturé les figures quelle n'a congédié les prophéties. C'est l'éternité seulement qui a leur mesure, et lest Juifs ayant égorgé le Verbe fait chair, après l'avoir très jalousement gardé, aussi longtemps ^'il n'éclatait pas à leurs y eux charnels, épouser enta leur insu r effroyable pénitence d'être fixés à jamais dans leur sacrilège et de continuer avec rage sur l'indestructible Symbole ce qu'ils avaient accompli sur la chair passible du vrai Dieu. * .
Crucifier 1 argent? Mais quoi! c'est Texalter sur la potence ainsi qu'un voleur ; c'est le dresser, le mettre eh haut, Y isoler du Pauvre dont il est pré- . cisément la substance!... .
Le Verbe, la Chair, l'Argent, le Pauvre... Idées analogues, mots eonsùbstantiels qui désignent en commun Notre Seigneur Jésus-Christ dans le langage que l'Esprit Saint a parlé.
Car, sitôt. qu'on touche à Tune oii l'autre de ces
effrayantes Images, qui sont si nombreuses, elles
. accourent toutes à la fois et mugissent de tous
(1) Christophe Colomb devant les Taureaux , p. 108^
les cotes comme des torrents qui se bâteraient en bondissant vers un groupe unique et central.
C'est moi î crié chacune d'elles.
iv~ Ç ^ moi ' VAr ë^U qui suis le Verbe de Dieu, le Sauveur du monde ! C'est moi qui^uisla Voie, la Vérité, la Vie, le Père du siècle futur r
— Cest moi, le Verbe, qui suis l'Argent, ia Résurrection, le Dieu fort, le très bon Vin, le Pain vivant, la Pierre angulaire I...
— Cest moi, la Chair, la chair débile, qui suis
pourtant la voie des Anges, la Pureté des Vierges,
1 Agneau des agonisants et le bon Pasteur des morts!...
— Et c'est moi toujours, moi le Pauvre, le Père des pauvres, qui suis le Trésor des fidèles, trésor de vermine et d'abjection, en même temps que le Roi des Patriarches et la Force des Mar-
yT f\r^ st ï ien moi qni suis l'Esclave, le Conspue, 1 Humilié, le Lépreux,Je Mendiant horrible dont tous les Prophètes ont parlé.;. et le Créateur des voies lactées et des nébuleuses, par-dessus le marché I
Mais qui donc pourrait avoir des pensées dignes de tels objets? .
'■•■.■ xx •. • ■'■'".■■'■■•
Les désolations et les terreurs de l'Évangile étaient ambiantes à tel point pour ces bonnes gens d autrefois, que leur aversion à l'égard des Juifs empruntait à la nature même de leur sensibilité quelque chose de prophétique.
Non seulement les Juifs avaient crucifié Jésus '• que dis-je r non seulement ils le crucifiaient actuellement devant eux, mais encore ils refusaient de le faire descendre de sa Croix en croyant en lut. . : .
Car tous les mots du Texte sont vivants.. -, Pour ces âmes profondes et amoureuses* il ne pouvait être question de rhétorique ou de vaine
littérature, quand il s'agissait de la Parole de Dieu. . '■ -.
Les faiseurs de livres, qui ont tout dilapide? dormaient encore dans les limbes des maternités futures, et l'horreur eût été grande, si quelqu'un s'était avisé de supposer que l'Esprit Saint avait pu raconter une anecdote on relater un incident accessoire, élàgable sans inconvénient. .
On ne trouvait pas, dans le Livre, une syllabe qui ne se rapportât, en même temps* au passé et à Favenir, au Créateur et. aux créatures, à l'abîme d Vu haut et d'en bas^ ^enveloppant tous les mondes a la fois, d'un /unique éclair, comme le tournoyant esprit de TÈcclésiaste qtii « passé, en considérant les univers, in circuitu, et qui revient en ses propres cercles ».
Ce fut d'ailleurs, à toute époque, l'infaillible pensée de TEglise qui retranche d'elle, : ainsi qu'un membre pourri, quiconque touthe à cette Arche sainte remplie (le tonnerres: la Révélation par les Ecritures*— -éternellement actuelle au sens historique et universelle^ absolument; "au sens des symboles.
Fn d'autres termes, là Parole divine est infime, absolue T irrévocable de toute manière, iiérathte surtout,, prodigieusement, 'car Dieu ne peut parler qtie de Lui-même* ;
Ces âmes simples étaient donc ^raisonnablement > persuadées que la Raillerie juive, consignée par les deux premiers évançelistes, tfest rien moins qu'une échéance prophétique deThï&toïre de Dieu racontée par Dieu, et leur instinct les avertissait que le c Règne terrestre » du Crucifié et la fin glorieuse de son permanent Supplice dépendaient, en quelque inexprimable £açon r de la bonne volonté de ces infidèles.
...," .:V.; ; . ,xxr ■.'■ ..■ ;. -'; ;
Or T leur volonté, précisément, était , infernale. Ces maudits- se savaient puissants et leur détestable joie consistait à retarder indéfiniment ce
Règne glorieux attendu par les captifs, en- éternisant la Victime. "
Le Salut de tous lés peuples était, par leur ^malice, diaboliquement suspendu, — au sens figuré ' comme au sens propre, — et celui des Apôtres qui avait ete pharisien et qui comprenait sans doute ces choses mieux que personne, s'était vu forcé d avouer qu on n'était sauvé qu'« en espérance », nen qu en espérance, et qu'il fallait encore at- . tendre la Rédemption, en exhalant, avec le dolent . Hspnt du Seigneur, des « gémissements inénarrables ». (i)
Le refus de ces canailles immobilisait enroyablement, par minutes et par secondes, les plus rapides épisodes et toutes les péripéties de la Pas-
sir>n. - x
■ Le fétide Judas baisait toujours son Maître au Jardin, etle déplorable Jî/s de la Colombe, Simon- J'ierre, ne s arrêtait plus defe renier en «se chauftant » au Vestibule. ■ '-.''
Crachats, Soufflets, Meurtrissures pleuvaient sans interruption ni. merci, en même temps que le vacarme des^ Injures et le fracas . surnaturel des Cinq mille Coups de lanières plombées, mention, nés par la tradition, retentissaient plus horriblement que jamais, grossis et multipliés par tous les échos de la Douleur, de la terre,. comme le. carillon des ouragans. .-
Spus le haut portique d'une colossale demeure d ou semblaient sortir les ténèbres,- le morose dilate se lavait les. mains depuis mille ans et songeait sans doute à. se les laver mille ans encore pour savoir s'il n'obtiendrait pas de quelque océan ce qu il avait inutilement espéré de tous lès fleuves. .....
Et devant ce juge obliqué, l'impardonnable L °£ronne 1 authentique « Buisson de feu » qui coiffait le Fils de la Vierge, enfonçait toujours ses pointes atroc es dans le Chef divin, du Supplicié
(1) S. Paul aux Romains^ chap. 8.
OCTOBRE 1892 io«l
que le travail des flagellàteurs avait fait "brûlant comme-un tison.
L'énorme cri des tueurs de Dieu grondait plus fort que le rugissement obstiné d'une cataracte aggravé par la voie plaintive des agneaux destinés a 1 immolation pascale, qu'on entendait à chaque instant du côté de la Piscine probatique. ,.
^Et cette Croix de démence, le clouement et le declouement du Christ, ses langueurs inexprimables et les Sept Paroles qu'il prononça, la Station de la Mère, et cette Mort d'entre les morts qui épouvanta le soleil pendant trois heurestous les détails enfin de cette ribote scandaleuse de tortures dont le seul pressentiment consume les extatiques, étaient impitoyablement distinctset discernables, fixés à jamais dans le temps et dans 1 espace , ankylosés par un infrangible vouloir. •. ■■■:■■■:
«Descendat mntclde cruce... Qu'il descende maintenant de sa croix et nous croirons en lui Destructeur du temple dé Dieu, sauve-toi toi- même. » Il n'y avait pas. à sortir de cet ultimat. Kienne finissait parce que rien ne pouvait finir et que les choses finissantes, renaissaient aussitôt partout.
On saignait avec Jésus, on était criblé de ses plaies, on agonisait de sa soif, oh était souffleté à tour de bras, en même temps que Sa Majesté sacrée, par toute la racaille de Jérusalem, et les enfants même qui n'étaient pas nés tressaillaient: d horreur dans le ventre de leurs mères, quand on entendait le Marteau du Vendredi Saint.
Les laboureurs sanglotants allumaient alors dé pauvres flambeaux dans les sillons de la terre, pour que cette nourrice des malheureux ne fût pas mfécondée par l'inondation des ténèbres qui s épandaient du haut du Calvaire, ainsi qu'un interminable panache noir, au moment dû Dernier. Soupir.
C'était, en ce jour, le grand Interdit de la com^ passion et du tremblement. Les oiseaux migra-
io6 MERCVRF DE FRANCE
teurs et les f aiuves hab jtahts des "bois s'étonnaient , ' ; -de, voir les ■honuries, "isi jfrrfetes ,[ç±" 1^^: sûi^ii^iot" sains'- .-.,*:.: cplèfë ; suaient d}àrig;ôisse au fond,. ^&::é$$jàâ ï&tà'. " : ;.;'- -entendant pleurer leurs pasteiïtsi V V \ -!.?•'.. ~'';""\:'/- - Les* chrétiens;. a .Pïnj âge dVim Dieu Très ijàut ; . descendu si* bas, se xëb fâchaient avec afliérfumer dé ravoir- fait à lenrtéssémplancè'ëtxraïgimeiïtde regarder le plafond dés cièùx-..
Depuis les Matines du Jeudi absolu jusqu'à Timmense. alléluia de la Résurrection,, le; monde était livide et silencieux,, artères liées, forces per- . cluses, « chef -languide- et cœur dolent >. Arbi- ;'- .v . ..^aire absçlu de . la Peaitej^ lu- , : .
v^-^^rq ::en vii^néè^de pâïës' •• moÂstrësy afei^aiéiiçs^ -^ ^ ■ e^^ ..ï)iètu Lfes 4 viteatix.' %h
' .éclatants s"eféignaient/ Les bonnes cloches ne tintaient plus. C'était à'peine si on avait l'audace de.naître et on n osait presque plus mourir. .
Vainement on s'efforçait de consoler la Vierge .aux Epées dont les yeux brûlés de larmes ressemblaient à deux soleils morts. Cette Face materne!le T qui . paraissait exiler tout réconfort, était dévenue un volcan d'effroi et jetait par terre les multitudes.,., ^
, « Qu'il descende ! hurlaient toujours les cha- . cals de la Synagogue, — Pourquoi donc T ô Israël? Est-ce pour le dévorer T ce nouveau Joseph engendré dans ta vieillesse, à qui tu as fait une si belle . robe de pourpre (r) et que voici dans les bras eu croix de cette Rachel immobile qu'on ne peut pas consoler?
. xxv./ .
Je n'ai certes pas lieu de supposer que leschré^ tiens du Moyen Age possédaient, en général T de -., -si transcendantes a perceptions sur Dieu et ser Sa Parole- Mais nayant pas vu le dix-septième siècle ni la Compagnie.de Jésus, ils étaient simples/et
(i) Gestes^ chap. jj, v. j- ,
OCTOBRE rSga
' ■■^•P^I%Çoijtètriporaine.- ;: - \. .■.":"•' • .. ..
'■•'■•. ^'^S e "*?*& paspoùr rire quejV t'ai aimée»,. entendit,un jour la visionnaire sublime de Foligno Ce naïf mot raconté l'histoire, de plusieurs centaines de miilionsde cœurs. ■ .
; . r ; -La. religion n'était pas . risiblè, alors : e f la. Tiedi- ■•:; vw^péTçne^artp^t ^était^ pour ces simples" gens; : .: -la chose du mondé la. pin?- sérieuse, la .plus péremptorre. ;.■.-■;■..:.' . r .•*.-•
Il est parlé dans l'Évangile d'un certain Simon -. de Cyrene que les Juifs contraignirent à portérla croix avec Jésus. qui succombait sous le fardeau La tradition nous apprend que c'était un homme pauvre et pitoyable qui voulut, aussitôt après, devenir chrétien pour avoir lé droit de pleurer ' sur lui-même en se souvenant de la Victime dont il avait eu la gloire de partager.rignorninie. * i e J°: ns femblé-t-il pas r comme à moi, qu'un tel adjoint du Rédempteur mortifié est une évidente, préfiguration de ce Moyen Age plein de .potences ctàe basiliques (2) T :pleïn de ténèbres et
. d epees sanglantes, plein de sanglots et de prières, qui, durant I espace de mille années, mit sur ses ■ épaules tout ce qu'il put de l'immense. Croix, ~
. ^mmant ainsi dans les vallons noirs et sur les collines douloureuses, élevant ses fils . pour la même angoisse, et ne se concharit sous la terre que lorsqu'ils avaient assez grandi pour substituer aisément leur compatîssance à la sienne ?
.Prodigieuse, inlassable résignation !
(r> Sf Jacques T <ù&n, tej Paul Verlaine.
ai'-v. 15.
xo8 MERCVRE DE FRANCE
Point de pain quelquefois, et jamais de repos ; Sa femme, ses enfants, les soldats, les impôts, -
Le créancier et la corvée Lui font d'un malheureux la peinture achevée. Il appelle la Mort. Elle vient sans tarder, Lui demande ce qu'il faut faire, ■ .. — C'est, dit-il, afin de m'aider A recharger ce bois; tu ne tarderas guère. .
Ah [ La Fontaine s'est trompé. Ce n'était pas un fagot que les bûcherons priaient la Mort de les aider à remettre sur leurs épaules. -'
Çétait le Bois du Salut du monde; T« Espérance unique » du genre humain que les Juifs les. forçaient impitoyablement à porter.
Ils ne disaient jamais non, bien qu'ils fussent exterminés de fatigues, enveloppés, dans un perpétuel brouillard de misères, et si, parfois, ils se ruaient contre les perfides, c'était, comme je l'ai dit, parce que ceux-ci refusaient de mettre fm aux langueurs du Christ; — sentiment d'une tendresse ineffable que personne jamais ne comprendra plusl ■ , . .■.■■■"..■
Je sais trop combien doit paraître absurde, monstrueux et blasphématoire de supposer un antagonisme quelconque au sein même de la Trinité • mais il n'est pas possible de pressentir autrement l'inexprimable destinée des Juifs,, et quand on parle amoureusement de Dieu, tous les. mots humains ressemblent à des lions devenus aveugles et qui chercheraient une source dans le désert.
Il s'agit bien vraiment d'une rivalité pouvant être conçue par des hommes!
Tous les viols imaginables de ce qu'on est convenu d'appeler la Raison peuvent être acceptés d'un Dieu qui souffre, et quand on songe à ce qu'il faut croire pour être seulement un misérable chien de chrétien, ce n'est pas un très grand effort de conjecturer par surcroît « une sorte d'împuis-
sançè divine provisoirement concertée entre la Miséricorde et la Justice en vue de quelque ineffable récupération de Substance dilapidée par l'Amour» (1). ,
Puisqu'on nous enseigne,„dès le commencement de la vie, que nous fûmes créés à la ressemblance de Dieu, est-il donc si difficile de présumer bonnement, comme autrefois, qu'il doit y avoir, dans l'Essence impénétrable, quelque chose de correspondant à nous, sa ns péché % zt que le synoptique désolant des troubles humains n'est qu'un reflet ténébreux des inexprimables conflagrations delà Lumière?
S'il 'existe au monde- un fait notoire vérifié par l'expérience la plus rectiligne, c'est l'impossibilité d'assortir et d'atteler efficacement l'Amour avec la Sagesse, Les deux incompatibles chevaux de ton char funèbre s'entre-dévorent depuis toujours, p identique Humanité I:„ Qjtie celui bpiï peut comprendre, comprenne; mais, assurément, c'est là que se cache le Secret de Dieu,
Et voici maintenant que, du fond des hypogées delà mémoire, me revient un apoiogue sublime d'Ernest Hello sur la Gloire et la Justice^— réduplicatives appellations de ces deux antagonistes éternels.. -'."■■■-'.
Cette parabole étonnante, qui. ne fut peut-être
* jamais écrite et que l'auteur, vraisemblablement,
n'eût pas osé publier, je la livre de bon cœur,
telle à peu près qu'il me la coûta lui-même,
quelques années avant de mourir. .
Le Juge vient à son heure que nul ne connaît* A son approche, les morts ressuscitent, les montagnes tremblent, les océans se dessèchent, les fleuves s'envolent, les métaux entrent en fusion, lès plantes et les animaux disparaissent; les étoiles accourues du fond des cieux montent les unes sur les autres pour assister à la Séparation des bons
(1) Le Désespéré^ page 51,
IIO
t^l^r méc ^ aîlts - L'épouvante humaine est au-delà de ce qui peut être pensé.
à m^nir 1 - e rJ a L m * -?™ ** ^avez pas donné donné fbôire ?\%L™1 6t V ° US ne ^vez pas
Séî,, • î-î • ' J ?* ^ lS nu et vous ne M'avez pas
««;, D i u^ n ^ omme se présente, un être horrible noir de blasphème et diniquités. nor ™ae,
C est Je seul qui naît pas eu peur.
C est celui-là et non pas un autre qui fat mau-
Dlu; e t?rHw qUi fut , maudi f Par les cris du P atrm > plus terribles que les rugissements des volcan^er les. corbeaux des torrents ont affirmé ai? «HT W roulés dans le lit des fleuves q Si étS vÏÏt ment maudlt paf toug j ^^ p^Snt sur les champs en fleurs. H 1 " passaient
eihîï T"*? Par 1 - éCTœe bIanche des vagues
bku ni: U n tempétei , par la sérénité *^33 -
enfin S S ? ou 5 eur ^ la Splendeur, et mandii entm par la tumee qui sort des chaumières à l heure du repas des très humbles gens mieres a Et comme tout cela n était rien encore il fut maudit dans son infâme cœur, maudS^Ï cim
r„ e a s^^ rsff/Wwi besoi ^ * <£ V-s
a u.^nîu^f P* 8 »*^* *■** saisies Séraphins £ rron^ r U ir^ deS *■*■ ne posent
(i) S.MdifJticu, chap, 25,
nr
Il a l'air de marcher dans une colonne de bronze.
Rien né le sauverait. Ni les supplications de Marie, ni les bras en croix die tous les Martyrs \ ni les ailes éployées des Chérubins ou des Trônes... Il est donc damné, et de quelle damnation!
-r fen appelle 1 dît-il.
Il en appellel™ Â ce mot inouï les astress'éteignent, les monts descendent sous les mers, la. Face même du Juge s'obscurcit. Xes univers sont éclakés par la seule Croix de Feu.
•^— â qui donc en appelles-tu de Mon Jugement? demande .à ce répTOUvé^ptre Seigneur Jésus-Christ.
. C'est, alors que dans le silence infini de la Création, le Maudit profère cette réponse :
— J'en appelle de x a JUSTICE j, ta GLOIRE I
LéonBlot.
•OIN TRIOQN