‹ Mercure de France, tome 6Chapitre 78 sur 125 · PAYSAGE D'AME · texte numérisé non relu

PAYSAGE D'AME

j'éclat pensif du soir sur la raste foret ' ^tend nonchalamment un brouillard de lumière- Dans l air vibrant sourit la grâce meurtrière ' Des tristesses qui font le vespéral attrait.

Tes yeux mystérieux, où l'idéal Regret

Brûle comme un soleil rêveur et funéraire .

le donnent la splendeur de ces. cimes qu'éclaire Le paisible occident de son calme reflet.

Ton sourire répond à des appels mystiques '""■".-■

Parle souffle attiédi des bois mélancoliques

Portés vers toi, leur sœur, comme de longs sanglots,

Et vers la volupté du silence nocturne .

b épanchent lentement, en invisibles flots.

Les désirs alanguis de ton cœur taciturne!

C« Maryx.

,6a MERCVRE DE FRANCE

VERS POUR HYMNIS.

- Viens respirer Todeûr des vigne» et des fruits.

Ce soir te sera doux comme tes longues nuits, Ilymnis, enfant qui dors depuis deux mille années, Et par le souffle lent des sentes où je fuis Los roses du tombeau ne seront point fanges*

Je te dédie, enfant, la mourante forêt,

Elle se pare encor malgré son mal secret :

Tu te reconnaîtras A sa noble agonie, Vierge dont le front pile et fiévreux se parait Avec l'or éclatant et la blême ancolie.

L'automne funéraire embaume le* halliers

Hymnis ! Hvmnis 1 Hvmnis ! tes cheveux déliés, Libres du bandeau frùle où tu les emprisonnes. Ont frôlé Ucs santals et des girofliers Et se sont enivrés de cruelles automnes.

Déplus calmes parfums, ce soir, te charmeront.

Pour que ton corps sacré retourne sans affront l3e la forêt lointaine aux ténèbres divines, Te veux entrelacer à Ventour de ton front Le thyrse en demi-deuil des suprêmes glycines.

Pierre Quillard

OCTOBRE 189a .

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