SUR LE BEAU
■'' ■'■■ : .■'•'*••■' : ï' .'■'. . . ' . • :' ; - '•'•■. Le beau domine le vrai comme le ciel la terre.
Être sensible au beau, c'est le concevoir. Lé beaii se trouve donc être ïa synthèse du moixde -
■ sensible et du monde idéal. . : !
Le beau et le laid, comme le chaud .et le froid, sont d'ordre identique. Le laid^n'exïste pas: il. n'y. a quéplus bu moins dé beauté. On appelle beau ce qui plaît, laid ce qui déplaît: Entre eux, comme eïitre le chaud et le froid, existe un degré d'iri- . ■'. différence, -tout conventionnel,, le z^ra. Mais là, à. . ■ rencontre du zéro thermômétrique^ lezéroçàl-
■ limétriqtie né peut être fixé ^mêmè par une con- . ■ . ventiomll varie d'individu, ,à individu,. entraînant, :
.avec lui toute, la série des degrés. L'un trouve . beau ce que Taiitre trouve laidv comme le climat. . ; âë Paris paraît, chaud. à. un Sibérie^èt froid à un Indou. Lélaid .même, en déplaisant, ..peut plaire et revêtir une beauté : comme en aiùoùr. nombre de personnes éprouvent une volupté à- de brutales . et douloureuses, caresses:
■H y à un beau inférieur, qui est ce qui plaît \
sans causer aucun travail à l'intelligence. Ce
beau a un grand succès auprès des-foules; Elles
* le préfèrent au "beau supérieur* quoiqu'elles . . se.
rendent fort bien ; compte de sont inf ériori té. Neuf
. personnes sur dix entendent plus volontiers la
* musique : d'Ojffeùbach que* celle ;de .Beethoven ;
cependant toutes dix sont d'âj^côrd ; pour procla- .
met Beethôyen un plus grand^mù'siçieh qu'Offen-:
baçh.- ' ":"' - J'V'. .'"«':■"-.: '• .'".y '"' ..-■"'; ■-•.'.'. /■ '^
. = ■■ Les plus belles choses ne résistent- pas à leur . vulgarisation;'- ' - -'\'- y"-'" ' '"..>■"':■:
30 ■ MERCVRE i)JB FRANCE
Le beau doit, être entouré de quelque mystère pour exercer. tout son empire. : ^ ue m ? stere
wJ: e . qUe le , cœ - ' troilyé beau paraît plus beau que ce que la raison trouvé beau.
La vraie beauté doit éblouir toutes les facultés
à la fois.