‹ Mercure de France, tome 7Chapitre 18 sur 86 · III'. '*.' : \V · texte numérisé non relu

III'. '*.' : \V

"■. Déjà ïe philosophe: souffrait sous' l'atteinte de la cruelle maladie, Pendant des. journées entières, des • maux de", tête lui interdisaient tout travail ; de pius> * . une maladie d'yeux le rendait presque*, aveugle. En * 1876,' on le vit- à Bâyreuth' parmi les -fervents. Sonapothéose dé Wagner, venait 'de paraître," une " amitié :' intime, contractée pendant" l'exil deZurich, le liait au ■ maître. . •■

^ Puis il partit pjôur l'Italie. . r. ■ ■•

Quelque .temps après fut'publïé ,1e poème de- Par- ■ . $wal r ;Et ce fut la fin, des relations entre Wagner et ■ Nietzsche. Les tendances catlïolisàntes "de L'œuvre," la ■ glorification", des, idéaux, ascétiques, dont .-Wagner- se trouvait si éloigné jadis, détachèrent "le philosophe dû grand : compositeur. Il vit' toute l'œuvre de celui-ci, ' ■ depuis Rieii^î jusqu'à Tristan" et. Isetiïf, sous .un" jour!, tout nouveau,/. l'envisagea ' comme un phénomène, dé . maladie de décadence- (1). « J'ai vécu tant de choses en ce qui concerne cet homme, et son art, écrit-il "■' dans.une lettre particulière (2)- ■— c'était toute ..une .longue passion, je ne trouve pas d'autre mot. Là renonciation, exigée ici; ce retour. vers; moi-même enfin nécessaire, . font partie des. choses les plus dures et ■ les plus mélancoliques de ma destinée! ■ Lés 1 derniers "mots- que Récrivit Wagner sont la dédicace dVn bel -' 'exemplaire '.dé Parsivaï :\ A. mon fidèle ami Friedrich. Nietzsche, Richard Wagner, conseiller ecclésiastique;» Presque' en même temps, je lui adressais mon livre « Choses, humaines^ trop humaines »..''. Tout était clair mais tout était -fini../.

- « La mort de sa foi en Wagner fut la'grande crise daiis la vie de Nietzsche. » (3) La ■ maladie l'oblige à la' solitude^élle en. fait un ermite réduit à lui-même,dëli-

(1) Une traduction français &d)xCas Wagner vient d'être pu- ... bliée.Je croi$ pouvoir affirmer que la publication de cet. opuscùlë^.aînsi dégagé de ses autres ouvrages, n'était nullement £elon les intentions de l'auteur. Nietzsche s'est expliqué en " maints- endroits de son' œuvre .sur sa position vis-à-vis de . Wagner, cf. surtout sa lettre an Kunsitâârt,- citée plus haut); Gomme phénomène^ l'auteur' de Parsivaï. lur tiarut toujours inestimable. ■■,...■■, -.

(a) A Madame Lou Andréas- Salomé,; ■

5& . -, MERCVREDE. FRANCE-

vrè des hens du passé, sans piété pour ses maîtres 3S?- «^f ncè P°^ le Philosophe tette^éS dé

de Wa^rTw Vî? Scho ^ nh ^^ le 'romàntSe ™JfciL g ' ies vo , Lt avec d'autres: yeux et se rend

- Srife $L*?i qU Y a àimé n ' a été Qu'une imSe ÏÏXàïrfJw* Sel ° n S ^ pr °ï* es as P^tions. Sifa. fi P ST de gagner, a été brusque et douloureuse

quitte un a^devS e °^f PeUà > ea ' W-2TS §Soin. anu devenu méfièrent, et dont on n'a plus

écrifces S^ï? 8 ^ 6 P^ tendit d'ailleurs n'avoir ecnt ces apologies des deux maîtres aue lor^nn'ii ■* n y croyait déjà plus » lui-même. Tll ni faut Sï que de ce que l'on- a surmonté, mes œuvres ?£ ' que de mes victoires. -Lorsqu'il écSEj£*S2£

ticfsme'et' 'S S^TT* *** * en P Iein *uSf5ÎS£ ™~ ? t et \ da PP r °fondissement du pessimisme ne

c3S£ftlrfi5 enf ^i même à SchoWaue?!'. analvse df^^' pou F ^ mqnographes futurs. Une *?»V: **- se, \ s me mèn «rait trop loin. ] . i •• •

qultima^ Sou, a ï^ P - P rofon dément. Solitaire que jamais *. bous cette impression naauit C/z,><ïa*

eéTr'ia^^^^ a «* ■« eSslibrSS c est la grande œuvre de délivrance du riJwTi,. ■ croyant s être enfin trouvé lm-mêmef Niéïscïe y «t "

qS a éc^T â ^œ^ i0 " I de ce *** «SSSâJSî

S=L i^PP e • ^aïyse, de ce prestigieux style aohorismafaque qui rendra ses œuvres immortelle Se' si le sillon de ses idées devait s'effacerS ' OueUe profondeur derrière la plasticité de ces phS; Svec

recuîfs &££i ttU S 0n > ? f * uille Ie * Sïles^ aux ^^ A^^'î^ ■ cora Promis, sans égards b« u P ?i f^ ■ ^ acune de ses phrases laisse un lam- ■ beau de chair cruellement pantelante Pareil IrL grands confesseurs de l'Eglise, il caSérise £s âm« '

toi, sans consolation, sans espoir. Rien n'échaobe à ses coups.de- stylet. Pour ceux qui savent hre 3£ï e s ncèrement il devient une liquidation aVefle Palsé' 1 inventaire des idoles abandonnées, la pSre TûVSt che ou succombent les âmes médiocres. ' ? ' . ' .

écriai rtw^ P e ^. sous ^elIe inspiration Nietzsche

SSs fer^f-- :I1:venait d'aborder nos mo^ ■ . ' raustes. Ce fut. pour lui une révélation. Dans toutes

JANVIEJE" 1893

ces vicissitudes de sa. pensée, il devait rester fidèle au- : culte de, Tesprit français. Pour lui, des. écrivains comme-Montaigne, Fbntenelle^ I^bruyèré, .Là Rochefoucauld, Vauvenarguês, ont accouche de plus d*idéès

. que toute là, philosophie allemande réunie. Et Nietzsche ne fait pas honte à ses maîtres français, car H a su manier en artiste impeccable; la lourde langue allemande. Vers la même époque, Te phUosophe fit là. connaissance d'un jeune savant, M- Paul Rëe, ix£s influencé par les positivistes anglais, qui venait d'attirer Vat* tention par. un* ouvrage sur les Origines du Se&s mo~: "riZ.(i); Une étroite amitié, des préoçcupatipn s analogues, les lièrëntdés lors, Cette nouvelle communion ,'. d'idées .provoqua au début de nombreuses côntrâdic- . tions de la part de Nietzsche,, maislè rendit conscient

. de -certaines' choses, . et nous retrouvons -M. PjauLRée, huit ans plus tard, .partageant. entièrement les idées du maître (2). C'est peut-être grâce à lui que Nietzsche

. s'arrêta si longtemps dans cette voie des investigations presque scientifiques, qu il n'avait choisie que pour échapper à ses anciennes idoles et où sa nature . d'artiste-, " ardente; et individualiste, se trouvait, somme . toute, très dépaysée». Il né pouvait . pas renoncer' tout à fait à une philosophie .« ;'. des derniers . et des plus hauts Objets ■>. La nature inême de. son esprit s'oppp;-. " sait aux. tendances empiriques où Tesprit objectif dé il; Paul Rée se sentait à l'aise. :

L'analyse de la conscience morale forme la. partie . essentielle de Choses humaines. Icïla valeur de Nietr-

. sché comme psychologue ressort toujours davantage. Il met tout le ppids dé ses. investigations sur la psychologie, «cette science des sciences»-. Métaphysicien, il ne l'a - jamais été au vrai; sens du ..mot ; maintenant il niera toute métaphysique. Il soûs-ordonne i l'intellect toute là vie instinctive. « Au lieu de faire ressortir les différences de rang entré, les .hommes, idée fondamentale d^bù il était" parti jadis; 1 et où il revint plus tard avec une ardeur, redoublée, il place tout "Je . monde sur un même écheiôn, sur un échelon très infé- ' rieur. Il ne trouve pas assez: de mots pour fustiger- ,

; (ï) Païji. Rbe,'Z« Origines du Sens moral, Çhemnitz, 1877. . 'Un ouvrage de jeunesse de Paul JRée,. Observations psychologiques , s ententes: écrites - ' dan s ' rësprit et le styl e' de - .ta " Rochefoucauld^ publiées, sans nom d auteur \eri 1075 i avait déjà ■été', remarqué par. Nietzsche -,'

(2) Paul ÏR£e, Là formation de la Conscience. Berlin,. 1885. .

1 orgueil deceux qui veulent se savoir' exceptés' de la

généralité,, et l'on sent comme ' avec ses coups.; dé

•fouet .il tend à se délivrer de son. propre moi; Il né

pouvait supposer alors qu'il ne saurait s-en délivrer

. que pour si .peu de temps.'» (i) .

-M^is quelle virtuosité dans ses dissections morales I Combien, cet nomme a dû . observer de choses pour • connaître sx bien, le, cœur humain I Dans T aphorisme dans la sentence,- «.qui sont la forme de l'éternité » il - s enorgueillit de dire « en dix phrasés ce qu'un autre ■ «dit dans tout -un livre, ce qu'il ne dit pas' dans tout un livre .» {2) Il souffrait, tandis qu'il déchirait- les autres, il souffrait de. sa cruelle maladie, il souffrait" plusencore dans son âme'. Cependant, au milieu ' des souffrances qui maintenant, comme un second luimême, faisaient partie de sa vie/ il naissait peu à peu ala joie : « Un malade n'a pas droit au pessimisme », il a. jeté loin.de lui la défroque schopcnhauérienne et s eleve. lentement vers les hauteurs sereines des aurores nouvelles. Son sourire*, nait du désespoir.- En un fragment autobiographique (communiqué, par.' Mme .• l'vr. Conrad) (3), iÇpeint 'lui-même, ce contraste entre son corps, délabré-et. son esprit pétillant : « Tè ■ vécus toufl hiver '(t^/telle une ombre à Saint-Moi ntz et 1 hiver .suivant, ,1e plus , pauvre en soleil de toute, ma vie, comme ombre â Nauenbourg, Ce fut mon minimum. Dans ma' 36*' année, -j'arrivais au plus . . bas degré de ; ma vitalité. —Je .vivais" encore, mais ■ sans voir trois pas devant moi. Le Voyageur et ■ son Ombre .(4) , naquit alors Sans doute,- je m'y entendais • a parler d'ombres. L'hiver après, mon premier hiver a yenes, amena cet adoucissement, cette spiritualisation, presque motivée' par mon extrême -pauvreté de Sfi n ? u ! c ? e f ? <& produisit AW* La complète' S * ï serémté > mème l'exubérance d'esprit que ™ e i 1 °»/ n - ^ uèstion r ^' comporté chez moi • . avec, la plus profonde. faiblesse- physiologique, même avec un excès de sensatiorrs.de s^ufearicl. ï " ^

(3) Çxoefyenâaemmerung. ' . * ' ^rL D Jh^i Se ï S i< if l8 * 6 > N °V Ces pages sont rédigées

(4) En appendice i. doses humaines.. . .

; "janvier 1803 '. '^ •■; -59

. Plus tard encore, en la; quatrième partie de Ainsi' parlait Zafaîhustjrd r où -reparaissaient tcas les fantômes du passé,; Nietzsche "évoque devant Ini Sombré anémique et' douloureuse qu^il était alors. Cette ombre. . comprend l'ironique sourire .qu'elle arrache au sage . Zarathustra, ..et cependant elle prévoyait, déjà la venue' .de.ee Zarathustra libérateur, de ce grand visionnaire de ràvenâj idéal* Folle et. folâtre, elle errait sur ses traces:. ■!■■'- .' ;, : : - ■

■ «K-r- 1 Après toi, ô Zarathustra/ j'ai, courue et volé le, -. plus longtemps., et, quoique je me cachais devant toi, \

j'étais pourtant ta meilleure ombre: ou tu fus, je : " m* as £is. aussi.

» Avec tojî j'ai fait le tour des mondes, les plus: loin.- ■ tains, les plus . glacés, tel .un ■ fantôme. qui volontairement court sur les toits' d'hiver et sur la neige* " >'Avec toi l'aspirais à tout ce qui est 'défendu, .au pire, au plys. él&gnér et sï.quel^ue chose est vertu " en moi, ■ c ,- èst que je- ne crains aucune interdiction. ■ . » Avec toi- je "brisais tout, ce que jamais mon cœur .. adora, te renversais toutes lés bornes-, toutes leslmâ-. ■ ges ; je courus après les plus dangereux désirs> et vraiment..-, une' fois au. moms j : ai passé, sur tous les crimes- , a> ' Avec toi j'ai désappris la' foi aux mots, aux va- ,.' leurs, aux -grand.s noms*.» « Rien n'est vrai,- tout' est .permis ». Ainsi parlai^ e en moi-même.,. -

■ >Ah! où donc s'en alla pour moi -tout . le, bien, et ; toute la honte^' e,t. .toute ma foi en, lés. bons ! Ah, où

donc est cette mensongère J innocence que' jadis je possédais-^, l'innocence . des bons, et leurs, nobles' ■mensonges 1 ■ • ' ' ' ' •

y> Trop, souvent, vraiment, je serrais de' près les ta- 1 ' Ions . de la vérité ; alors. elle me .marcha- sur la tête. ■Quelquefois je croyais "mentir, et voici' ; alors seule - .ment fàtteign ai d là vérité.' .*

' :> Trop.de choses devinrent claires en moi, màmte- ■ nant elles ne me regardent. plus. Rien ne vit- plus que j *aime, ' — e- . comment saurais-j e , m'aimer ' moi 1 mêrne?.*;. ' '.:';■' % -'.''■.."

» Ai-je- encore' un but? — un port, où-s'abritë ma ■■ Yoile ?■*,... ■ ' ■ ■

. :,» Un .bon vent ? Hélas, celui seul qui = sait où il va . sait aussi quel est; le bon vent,, quel est son bon vent. ^Qu'est-ce qui me reste encore? Un cœur fatigué ■ et T imprudent ; tin e : .volonté instable,- des ailes vola- . ges, une épine dorsale brisée... - ; . ; '- '.

<*>; -, • ' MÈRCVRE DE FRANCE

>■ m'iPJ 1 ' <%&,?**— ma demeure? C'est d'elle que ié

'■" afSSîfSr^* que 5«-«M«**V g«e je cherchai^ •Vï' 1 SlWoe-nM pas .trouvée. O étemel partout ô ,.:, éternel nulle part, ô éternel — en vain i » (i) '

./:.,• ^« Où donc est ma demeure.?» Inquiet et. incertain .- = .. profond? rephs de leurs cœurs, poursuivi les plus în-

L2^S« :îl ? eratait & as bordée comme un s^- • -»««/,. indifférent aux conséquences de ses études

1 ' f£»" cw ? ne .™ h91 Z më V* Perche une rèSe de 4e - La ou se trouvait à l'aise l'esprit positif dWPaul RéT

• • lecerveautlt a ne S que d éNietzsche S e S enteifàSlt ,

De nouveau, il brise avec le passé. Il reste bien des maisons à construire, « il y ; a beaucoup ffSSSSS

'; SSTiïïSSr lui " * Et ? ?**¥&?!'* ^s ir

« Oui, je sais bien' d'où je viens ! ^

Inassouvi, comme la flamme J'arde pour me consumer. .

Ce que je tiens devient lumière • ■ ■ . Charbon ce que je délaisse,

Car je suis flamme assurément ï» (z) '■'■'

■'■■."• ' C ^ e ? oif de détruire et.de créer à. nouveau est caracténstaqu^ s de- l'esprit de Nietzsche. Ce^quTa créé, hier aujourd'hui. il l'abandonne; ce qu'il à vaincue brisé derrière lui. Sa soif de connaît^ ^flucSeTcfs-

terrain positiviste, mais il s'est élevé au-dessus de lui .

• ; Lfc ant tou J° urs P Ius h aut. -jusqu'à dlsparaîS

5 os yeux et P our toujoars. » ■

Mme Lou Andréas-Salomé, que je viens de citer a

'Sh^^' presque ésoténqui.à cette derùflre

penode du philosophe Je voudrais pouvoir reprendre

• -ShST' - 6S f merv ^ lUeux développements, de cette

extraordinaire femme, qui vécut pendant des mois en

.communion de pensée avec le maître. Je me permettrai

■"•■■ ^T^ ëe ^ Ut ' en déter ^a«r la genèsTspM--

Ectrmln^n?nin aUXPa£eS *«**»***. « *«V

T&lâi™* f ar ' 9i [ ZaratAusira S<mttème et dernière. partie : , (a) La Gaie Science, « Ecce Homo' ».

JANVIER i8 93

, Mais il me reste préalablement encore à fixeï: les dernières conceptions de Nietzsche, sellés que ses critiques ont considérées comme les plus importantes. . Jusqu â présent, nous. ne l'avons vu que négatif destructeur. Que vaut-il dans . seà affirmations,, quel édifice construit-il sur. les ruine s\ de ce hideux présent écroulé sous son mépris ? / . '.' /■■■/;■■,/■■;.,-'■"'"'

Il serait oiseux, et même impossible, d'anaïysér un . à un les ouvrages qui nous occupent. Là fonne en

. reste aphprismatiqùe, les idées vont en progression de .volume en voluirié, mais ce sont lés mêmes; reprises détaillées, déformées, à mesure que se transforme l'esprit deTauteur, tantôt fluides et limpides? comme la nappe transparente d'un lac . ensoleillé, tantôt bouillonnantes, et impétueuses, destructrices ■ et envahissantes, pareilles aux flots tumultueux 1 d'un torrent de montagne. ,

- Vêtues de lumineux symboles, les théories . philoso^ phiques, de Nietzsche nous revierinerit dàné ce mer- " veilleux Ainsi parlait Zaratkmfra, chef-d'teuvre unique dans le lyrisme de la pensée;/ chef^ceuvre qui plane âur-dessus dés temps, comparable à Faust- peutêtre, mais combien plus chargé de pensées ' Là le poète s'élève auTdelà àe l'aphorisme, au rythme indé^. fimssable- dû monologue lyrique';

Dans sa polémiqué contre, le Christianisme et îâ morale altruiste les tendances de Nietische ont atteint ■"leur sommet, leur point .extrême où elles /sont en con- ' tradiction avec . toutes les idées régnant ers.; ' = : ■ ^ On co nnait dans ses grandes lignes : ce côté : de ; ■ ■ : 1 oeuvre du. philosophe. M. Jean .deNëthy en donnât . un résumé concis dans la. Revue Blanche U) * récem- •' ment, M ; , Cherbuliez en fiile thème d'une.étude aiprbfondie dans! la, Revue des Deux-Mondes fi); Te pourrai donc ne pas- m'y arrêter trop longtemps. ' :

* L'humanité tout entière dans son développement a fait fausse route,: s 1 est engagée dans une voie de perdition, de décadence, de stérilité^ LeChristianisme^sa morale de pitié et dé renoncement, ont été les facteurs de ce phénomène. Déjà le judaïsme, « cette, première ■ insurrection d'esclaves dans la morale », avait semé

<0 £<*«* BUndkç, ïyMxXifyîyNîetxschè-Zaïatkusirk, .. Le Z>r Frtcdrick Nzei^che et sesgHefslconfre la Société. m à-

■ ChSsïïori> S p ? P ^ ltl0n ' <* Io .rsque la religion du foTÏe ffi 1 ePal « tIne pour conquérir le monde, ce '

• ™". e n faste envahissement d!une maladie virulente V. partie de ce. foyer d'infection. Ce qui fut un baW aux âmes deTàntiquité malade, fut L dau£réSp^- son.pour les robustes oarbares, ivres de vie Pa?lt ' foinouveUe s'introduisit le culte de la faMesse delà :

fa F^r 1 ^ 6 ! 1 ^ et méai ^re. Seule & lâ religion" de

la Force, de la. Dureté impitoyable, la Morale de

■ Mitres peut sauver l'humanité de la décompbs Mon

tÀ^TFt P h ysi«3ue et .moral. Notre époque a

' 'Ave C T,Tf } ^T compile- de la A?W* d'Esclaves

Ht aT™ ias * ncts ^ troupeaux, elle mène les masses

des forts et.des solitaires.Dàns son princîpe^lkToT" fred une contradiction flagrante : « Le prochain aime :

' s e elon Sm 4w SS T en r *™^' 1 } en ^ des avantage™? ftiu J hetzsche ; ** moral * avait une -valeur éssen- . tielle comme contrainte, soumettant lés hommes à une longue obéissance sous une même loi, et aidant ainsi

• eS Hnï 8 ™ 6 ''^ dév j; lo PP^ent <*W race encore enfant. Une morale individuelle devient, pour celui qm la pratique, une règle de prudence, une ^ette contre les passions. La soumission absolue à ùneino-

Sfci ^r 8te '* nest - pa8 dément morale. 'en X. • même, elle peut être motivée par la cupidité, la vanité ou des passions basses. ■ • ' V< "^ 1< -

Les/jo/w^s ^ ra C * ontune M»/-^ de Maîtres avec •

SîïïXfc 6 l— Ce SODt à ^origine les conquerants barbares bien portants et fort!,, qui ont soumis a leur domination les habitants primitifs, faibles' et dégénères. Pour eux, race noble : et royale, ïe peuple asservi devant la race des esclaves, vUe et livrée à ' leur merci. Le concept bon a donc le sens d'un processus politique, créé par là' soumission politique de l autre race. . ' . ■

Le contraire de la Morale de Maîtres est la Moral a esclaves, aveclesçoncepts bon et mauvais (méchant •.

Tout a rheûre, le premier concept était :.£<?«, .maintenant, il est «zawïWîs.L'esclave trpv.ie-mauoiu's l'oppressioîi de son maître, mauvais le maître lui-même. Tout . ce qui est puissant, fort, . noble est. mauvais- bon, c'est ce . quil. est lui-même> . '' ■ . ■

■Bon. de la .-' Morale de Maîtres équivaut à noble '; puissant; beau,, aimé des dieux. ■ ■■ . - • .'

' Bon de la Morale- ^Esclaves . ■ équivaut à- faible, mi-

■ sérable, bas, laid, malheureux..' ■ "

■ "Lé. Morale d'Esclaves est une morale de rancune et ■.- d. envie-. Les races asservies ont fait de leur impûis- ' sance .une vertu'.. Ne pouvant pas se Venger, elles ont

' f^ Uner ^ hgl6n ^'- faible ^ e ' d,llu ^ illt6 . âe pardon

et d. amour du- prochain. Eïlesont imaginé une « autre

vie »..en compensation de cette .«.variée dé larmes ».

' ' tf s *?*** O 5 t '.-to«jours lutté contre cette" invasion d'une

.morale de faiblesse^ mais ils. bntfînï par succomber ■

Dans la lutté entre la Morale de Maîtres' et la Mo-

.-.*£** d Esclaves, entre; l'aristocratie .romaine etïa dé-

' ^.°^ at ieju4éo-chrétienne, cette dernière a triomphé

■ sur toute la ligne. Pendantfa Renaissance,fa Murale ■de. Maîtres a pris un nouvel- essor, vite réprimé par

■. fa Reforme. La. Révolution française lui a porté' le dernier cpup. '".. -,

. ' Mainténknt la mêlée des races s'accomplit, toujours ' davantage^Tous les-.ins-tin.cts but .été étouffés et méconnus. 5 Quoi ! l'homme devient ■ tôufours plus'netrt ■

- ' bé^ m % Sé ? émlne: Tb ^' ^^t' au bonhèurS-. bénéfice des paresseux et des indignes," ad -lieu de-

L a ,™2? T V - s %- mè ™}°* veut diminuer et même hKT r ''# soufean <=e' (donc aussi son pôle -'oppose,

'■■ ZJ±$' ~* En,un inot, on annonce le règne du làis^ ser-aller et du bon. sens,, de la .- platitude' et ' dé'.fa sté- nhté,.le pays de cocagne des frivoles et deè- superflus/ le règne de. l'impuissance. ». . ■ ■' '..- " ""*...'

■ Ici Nietzsche intervient avec- la tâché, qu'il' s'est '"'■

■ - posée lui-même, fa création systématique {l'une, nouvelle- aristocratie, d'une race qui se délivrera des " énervants principes de .bien et de mal, qui se placera "

, ' résolument j>ar~delk UUen .et le «J, 'asservira leî ■' masses pour rendre leur droit aux instincts supérieurs =

fvw ai T 1 î Slla ' ^ arth ^- La sélection se fera - ,£ elle-même. Jl ne peut, être question ici de' -justice et

' neTnf^' C3 5* n ^r^^P^tationetrasseryissement ne sont pas. des injustices : ils dépendent du foyer-

est

En deux phrases, ^^È^T^L^ de

. La- seule réalité, c?ést celle de nos instincts Ta „•.'• instinctive tout entière dépend d'une deSp.J

qui nÏÏ ÎLVZ'J:** dit S^Penhauer, maisVce qui n est pas ne peut, pas vouloir, et ce qui se tronw

dans la vie ne peut pas vouloir encore la tu 7 ■ «/*-»/ nvr^> ■*■.««- 7«-jr/j t-w" ■».■.»"«««*, encore xa vie, > Le

bans trêve, nous devons travailler au dévelorav. ment de ces esprits libres, de ces pMoSphes de fê" ■ 7?™f,.«l n i se saisiront de tout ce qu! P futpour l'en ser"

nduvelle^S "S? V?% ^/ or £ "^anité miîlf ^~ ^ 0UI \ celai1 faut des hommes nouveaux

et - ce ouiTst le »l5f ^S a ? eUrS haiaeux de la fouI * rar Ie^ll^f difficile - sans être paralysés par les remords de leur propre conscience- Ce s<£nnt JSL 8 ^'' les ^gislateurs^.. les méchante T avec 5

S^&S ï ?SSfrT»* é "'- ^ mtt ' s °rtirïïoûte ■ une culture de l avenir. Ils seront le nœud d une t>e-

rJ^.S?*?" travaillera, confinée dans s, donlou- 5SÏ rlïf ' SI* "î P rt 6>°ae ^onnVnnce rend noble '

* u Alor t accomplira peu à peu . la grande métamorphase de rhumanité, et de cette racld^élu S ?oSra Të dernier homme,Fhomme surhumain '4). Car^le SurfuS main est le sens du monde. » vdx.«.ie aurnu-, .

Henri Albert i •

•La fia dans la prochaine livraison.

0) Ola Hanssôw. .

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