FRIEDRICH NIETZSCHE W
« .... JB$ après avoir été longtemps en chemin , nous ; les Argonautes de ï * Idéal ] plus .courageux petitêtre que ne Vexigera.it la prudence,.. souvent naû- , f rages et endoloris, mais mieux portants qu'on . voudrait nous le permettre, dangereusement bien portants > bien portants toujours à nouveau, — • il nous semble avoir devant nous, comme récompense, un. pays -inconnu y dont personne, encore n'a vu les frontières,- un monde si riche en choses belles, étranges, doute uses > terribles et divines, o;ue notre curiosité. autant que" notre. . soif de posséder soni? sorties- de leurs gonds. »
■ Fr. N» ■..."*■
. « Il est encore une heure trop tôt pour moL Pour mon peuple je suis mon propre- précurseur^- ■ - . Mon propre chant du coq dans les- ru es obscur es. »
Par ces Vers mélancoliques et fiers jetés comme un défi à rincompréhension que lui vouaient ses compatriotes j Nietzsche tenta un jour de définir- sort absolu'-
(iji CEuvb.es : La Naissance de la Tragédie^ Leipzig, 1873 ; nouvelle édition, avec un essai d^utocritiqûe, 1890. -r Considérations inaduelles ; 21 tiavid Strauss, -Chemnitz, .1873-; II, Utilité et Désavantage de V Histoire,- ïbid., 1874 ; III. Scho* penhauer éducateur - 7 ibid, x$74 ; IY. .Richard Wagner à Bayreuthy ibid t i876; traduction française de Mme Marie Baumgartner, Paris, 1876,.*— Choses humaines , trop humaines ^ ' un livre pour les esprits libres, Leipzig," 1878 ; 2 e volume, ibid, 18^9- 80 ; nouvelle édition, "a vol, ibid, 1876. — ■ Aurores, pensées sur les préj'ugés moraux, ibid, .1881 ; "s**, édition/ 1887. ^ La Gaie Science [La Goya Scien%a)\ ibid, 1883, — Ainsi parlait Zâraihusira^ un livre pour .tout le monde et personne^ 'trois parties, ibid, $88^84 ; 4 te partie T 1892 ; nouvelle édition avec portrait et autographe de l'auteur, 189a, — Par delà le Bien et , le Mdl } - prélude d*ûne philosophie de--raveair, îbid* i8$6 7 nouvelle édition, 1893. — Généalogie de Ijz Morale, une polémique,, ibid,' 1887 ; nouvelle" édition; 1895. — Le dzs m Wagner, un problème musical, ibidV 1888; 2* édition/ t8o»; traduction française de Daniel Halévy et Robert D.reyius 7 Paris et Leipzig, -189s. — Le Crépuscule- des Idoles, comment on ?nilosophe avec le marteau; îbid;, 1889/ Euvres inédites on.raiÇKKVÉEs ; Kiei^scjie contra Wagner \~ La Volonté de Puissance, une dépréciation de j toutes les valeurs. — Physiologie de? Esthétique* — Eccé Homo. ^~ "D Antéchrist,
insôucï du succès actuel, et son inébranlable confiance
en ce que vaudra soii œuvre pour Tavenîr.. . /
« Gommélès nuages nous . révèlent où vont ? bien » au-dessus de nous, les vents, ainsi les esprits légers . » et libres, sont annonciateurs du. temps à venir. Le , » vent dans là vallée ;et les opinions de la. foire du jour ■* ne signifient rien pour ce- qui. sera, mais nëtémoi- > gnent que de ce qui fut, »; (1)
Inconnu, le poète philosophe, le resta durant toute : sôn-àctïvité littéraire. Seuls, quelques rare s- fervents ■ ' " connaissaient.ses œuvres,- en sorte -.qu'il y a trois ans * le public apprit avec mdifi&érënce la nouvelle que M., Friedrich Nietzsche, ancien professeur, à rUniyersitéde Bâle, venait d'être livré aux mains des médecins, " -aliénistesv ■"■■■■.■/.■.'■■
Deux étrangers' (2>, un- -Danois, et un Suédois, . M. George Brandès et M Olà Hansson, par de cons- ' ciencieuses études, apprirent : à r Allemagne" stupéfaite qu'elle venait de . perdre son plus grand penseur, l'esprit le plus' subtil et le .plus profond de notre .époque. , ^ ■ •Maintenant Nietzsche est. célèbre. Là gloire qu'il- ; méprisait tant, mais, dont Û entrevoyait raurore dans ' .un avenirencore très lointain, lui est vënuê : . durant . ■ . sont .vivant,.» Hélas,lès ténèbres de son esprit, n'ont pas pu se réjouir de^ la « venue, de son règne ». Qu'on ,,' feuillette une quelconque revue de ces derniers mois, . toujours, son nom paraîtra au sommaire. Son oeuvre^ commentée dans/tous ■ ses recoins, exaltée jusqu'aux , nues parles uns,. attaquée vivement par les' autres j a ' " .provoqué toute une littérature. - de pamphlets, de bro- ■ cnures et d'articles i$). Tous le s jours s'augmente Faiir
{i).JL'e Voyageur et son Ombre. ■ ■■• .■■,'.: '. '2) GéorgeJBrandÈs, ArisiohratiscJur Radic&ïismus, De'ut- \ sc&e Rùnâsckau\ avril .1896. — Ôla -Haîisso^ Friedrich. Nikij- , : sche, sa Personnalité, et soft.Système^ Leipzig,' 1890 (publié dans Unsere Zeit r x8B^IÏ). ■ . * " ■ ■ -
■ {5) J. Mjehty, Fr. Nietzsche. {Gegenwart, i8$p 7 ,N°. 36). ..— . . ■ Paul Etlkst, Friedrich Nietzsche {Frète Biïhne; juin 1896). — ; . M. .G. Cohti&ù, Au$Fr+iNiei%$ches :Lehen [Gesellschaft^ août et septembre, . i$9Ô). — G. 'àx>vz&-, Frièdrich\ Nietzsche, der Sofial-Fhihsoph-der Aristocratie Word.u.. ; Sii&^m&isi%<)z)+-- ■ Mme Lpu Aiii>TtBAS-SAi.OMÉ, Zùm Bilde ■■ Friedrich JSfieUsehe^^ (Frète . Bûk?ie, ' 189* janvier-février, 189a' rriars . et. mai). — Ola Hansson, Friedrich Nietzsche "u?zd der Naturalismus (Gègehwart, 1891., N os *8, %<)): ^-V F*aïtc ^Kscy.^Es^Kiet^sche, utid .der- Sociaïismus {Freie Buhie^ 1,89^ -janvier; et février): — E. Kjœlke, F: Wagner u.Fr. Nietçscke, Leipzig,.' 1890.. t-t ,
48 MERÇVRE PE FRANCE
mée des disciples, et des, imitateurs (i)/ces satellitesqui butinent autour du maître et se nourrissent de sa pensée* Les anthologies s*ornent de ses .sentences-, les. poètes épigraphient leurs pièces de vers de ses magni-. fiques aphorismes, ...... '.-' : '
Cependant, Tauteur de Zàràthusirareste ignoré de . la fpuie. Il a fait de trop : profondes plaies aux idoles des classes moyennes/ ce .qu'il écrit s'insurge trop violemment contre ce qui depuis des siècles a été sanc-., tifié par Tusagej pour devenir jamais np l. auteur populaire. Professeurs et < philistins ■* voient avec terreur la jeunesse intellectuelle accourir érï foule aux;- sources de ses enseignements, et je sais telle ville universitaire, et dès plus « éclairées ^, où son nom n'a -encore/ pénétré <jue. pour exciter l'horreur et Feffroi dès « honnêtes gens 2>. . ■, * ' '
« Qn met à Saint-Fétershourg . et à Paris autant de sérieux à nie lire que de négligence dans ma propre ; patrie >, écrit quelque part Nietzsche (2), Mais, était- -ce bien vrai de Paris.... et de Saint-Pétersbourg ?,„;
* Récemment, des tentatives ont été faites- pour introduire le philosophe auprès du public français* Quelques études ont paru, quelques fragments furent traduits. L^intérèt qu'on portç à ses idées ira toujours grandissant, a mesure que l'on connaîtra mieux leur haute-portée humaine, et leur incontestable signification pour l'avenir.
En ces temps de lutte entre un néo-idéalisme" s' affirmant toujours davantage et les doctrines matérialistes en désarroi, tandis qu'une jeunesse, tourmentée .• abreuvé son âme assoiffée aux sources les plus disparates, demandant tour à tour a la poussée socialiste ou âTEglise agonisante, à la philosophie occulte ou
H. TtTRCKj Nietzsche éter moralische Xrrsinnxge ah Philosoph. Dresde, iScjr. — R. ScHEixvraEïr,/ Max Siirner k, Friedrich Nietzsche, Leipzig, 1982. — StajïisiJlS ' PïtZYBYsztfwsKi, CÂopim ù* ftfi'ciiscke, Berlin, 1893. — MaxZekbsTv/^ uJNein, Leipzig, 1892, — Kurt Éisner, Psyckopaikîa sptritualis, Friedr. Nietzsche et les apôtres de l'avenir, Leipzig* 1 89* >~ Htxoo Kaatz, Die Wcltanschttuung Friedrich Nie trsches, i vol., Dresde, 1891- 189a. — F. "Toehhibs, «EtMsche Kultur » und i'kr. Geïeite. K I. Niefysçhe-Narrcn, Berlin, *8<}*: etc. ' '
(i)Vôx Humana, auck ein Èeîchihucji. Stuttgart, 1892 (anonyme): — Paul Lauterbach, Aegineten Gedarikenu. Sprilche^ « Dem Mets ter des Zardthusira » 7 Leipzig, 189a: ^ Aubest Kniepf,. Théorie der Ge£stë$werthe x Leipzig, x892,'etc. r etc. (;*) Lettre au ' 'KunsUoarÊ\ II, 6*. ' .'
JANVIER ïS 93 ■ ; : 'ty
aux théories dé lWarchîsme, un vivifiant remède pour sa torpeur intellectuelle, et morale, il sëhih|lait intéressant de projeter ici une image de ce "puissant individualiste, qui, sorti- du brumeux: idéalisme de Schopenhauer et de Vâgner,- traversa- le positivisme, .pour aller enfin se s jeter à pleine voile dans le mysticisme
." étrange de son Zarathùstra. " -' •,.;•*'■
J'essaierai d'analyser, , en -leur .développement suc r
cessïf, lès idées essentielles . épârsés; en ^oeuvre ;du
. philosophe. .Elles culminent dans son. opposition di-.
, recte âû Christianisme et à la démocratie.Par/rexposé ; de .' sa méthode dé travail, je tâcherai de." remonter en* suite à la. genèse de. ses œuvres, pour pénétrer ainsi, à travers ses avatars incessants, à Tâmè" !mêmè ôxl poète, avec tout ce qu>lle porte en elle d'ardente noblesse, de mystérieuses complexités, de contradictions,
. de désespoirs. Motivées par. l'époque et le milieu où . il vécut, certaines de ses conceptions paraîtront moins . singulières^ et Ton comprendra le -charme - qu'eurent pour cet esprit fougueux et destructeur,- sans, cesse en mouvement, les idées extrêmes, les dangereux éçùeïls où il s'accrocha toute, sa vie et où il devait
■ sebriser.
Qu'on ne -.considère pas ces pages comme une complète étude qui voudrait être définitive. Les problèmes ' . dont il s'agit ne peuvent s'élucider ainsi. J'aimerais que cet* aperçu, justifié par une longue familiarité
. aVec. les oeuvres . dû maître, puisse servir d'orientation à des études nouvelles que d'autres, et peut-être moir' même, lie manqueront pas d'entreprendre.
Nietzsche ne laisse point de « système ». Sa philo-'
:. sophie ne pourra se condenser en. quelques lignes, pour les « manuels à Fusage des écoles > où peineront les bacheliers futurs. Ses œuvres peuvent se diviser selon trois périodes : la prenîière C«iétapnysique\ dé tâtonnement, ' de dépendance* de juvénile enthousiasme pour. ses maîtres, Sohopenhàuer et. Wagner, terminéenettement, par sa désertion de "Bayreuth; la seconde, positiviste, scîentifique,bù il crée la merveilleuse psy- • chologie que l'on sait; il s'en détache peu à peu, ' pour gravir lès hauteurs illusoires de Par-delà le Bien et le Mal* '" ■ '; . . ' ' '. ■" : '''J '■•
Pourleâ détails biographiques j voici ce qu'en donnent ",, MM. Olâ Hansson et Georges Àdlér :.-/■ '
priedrich Nietzsche naquit à Rôeçken près Xûtien le 15 octobre i 844» Il passa son enfance à Nauenbourg-
5° . MERCVRÉ DE FRANCE
sur-Saaïe, ou son père était |pasteur. Dû côté- pater-
nais (Nietzki) ; sa mère était Allemande sa cS? : mère faisait partie des cercles de.Gœthe'à WeTmï"' - Après avoir passé son %xamen de maturité, Il étudfà les langues anciennes . aux universités de C .2 dt ' "feif' S °~t- la d l recti P n *"*«* du célèbre philol^ue
eSSn't f n b S Ôt C ° n i Çllt ** 1 > an * °P ini ™ ^ jeunl • . étudiant En 1869 sur -la recommandation de Ritschl
. .1 université de Bâle lui offrit une- chaire de profesS • avant même qu'il, fût reçu docteur. Il accepta âS I
■ S?^ V1 ?^- c m ans, et l'université dé. Lëiprif lui ^. ^" du â oct orat,sans thèse. L'année suivante il
. prend part a la guerre comme volontaire dan s les T'amt bulances - comme officier d'artillerie disent d'aufreT '■ ^f-iT* de -^te le prennenten !8 7 6,En vai^cherl ' che-t-il à se guérir en Italie. En' 187e, --il est. forcé dé prendre sa retraite, que Bâle lui accorde avec pensionentjère. Alors, commence, pour le philosôphfe cette existence nomade, .dans le midi de l'Europe Tantôt ' à Nice ou dans l'Engàdine, tantôtâ Rome ov âlS ' la l'atteint la terrible maladie qui obscurci" à iaS son esprit gigantesque (l ). Transporté ■ dans S • bhssement hydrothérapique à Ienàf il en sortit ré Jm '
' ■';■■.," •' -'' ' IIv ■ . -"•: . -': ■ : ' ... •
. .Le premier travail du jeune professeur: de Bâle fut *
^ - étU i e 7^ r 2 e -? i i atré «^' & Naissant* de làTra- " •
■ gedte, de V Esprit de-;U Musique. Cêst son seul ou .vrage formant un ensemble, écrit selon une méthode" avec une tendance à systématiser, —une apcÏÏeXe '
.. enthousiaste. dv.rêve apollinien et de l'ivres^ dionv- '
S ZÏT^T nde n l 6St J u ^ able q« comme phéno^ : mène .esthétique: Aux arts .appolliniens, miraV e du ' monde des « représentations >, N ietzsche ogf se - la
hIât^ t ^ e ^ t ^^'^ M '^^^-S>^ n'est'™. ■ héréditaire dans la -famille du philos&plie. 'En une nréfe,™à ; la nouvelle édition de Zarathastra S-, \£1* a P reIa 5 e a M. Pierre (Gast), l'ami intone Zli^L^ l/pIuTS compositeur de notre époque », selon lui, prêtent qSnS '
t,!»^ ?-7 rapP « rt e ^î re sa PWlQsopûiè *-l\di&tMfc£S taie dont il souffre. II. serait atteint de paralysie S -
^St^c?^.^ ?* a y bus d^ffl! ■
musique dionysiaque, image adéquate de la « volonté*. la chose en soi,' qui délivre .des apparences; -Le mys- ' tiqué culte de Dionysos brise les- entraves de la personnalité peur frayer le chemin vers Tessencê primer- diale des choses, le sein même de l'Etre. Le symbole dionysiaque se retrouve dans le chœur trafique forme primitive, et partie essentielle; de là •tra|édiô. , Les : - : Grecs étaient pessimistes ; la joie; la" sérénité grecques "■ .sont des formés de décadence. Euripide réduit le chœur " ' .à un minimum insignifiant et- tue le théâtre grec. Socrate, son complice, dont en* somme.il n'est que le'! masque, .est le premier -esprit 'scientifique ^uii-phèno-
■ ; tu. as Délaissé-Dionysos, -Apollon lui aussi ^abandon-
■ . nera à.
. . Nietzsche dit lui-même dans unèpréface écrite plus "' : , , de - quinze ans^ ■ après -' l'apparition du . livre ~ <■ Une- * œuvre de jeunesse^ pleine, de courage et de mélancolie juvéniles, 'plegtnë- d'innovations.; psychologiques, ".*■. ■ et de chuchotements d'artiste, avec une métaphysique • '
■ ..d artiste â rancière-plan, ceuvre indépendante même ... quand elle semblé; s'incliner "devant- une 'autorité et ■ ■
une vénération, bref une œuvre dé début, avec tous les mauvais sens du mot- ■» Il convient Ae rappeler
■ que M.* Schùré .reprit- cette .théorie dès' arts d'ivresseet de rêve pour en faire la .base de son Drame 'Mu^ ■
V •' siçal... - \ : ■ "' ■■ , ■*■ .' -, "'.>'■,;■>' \" ' '. -..La Naissancki'de la Tragédie f se termine par un vail-* - lant crr d'espoir, en là régénération de- l'esprit germa- ' , nique .Schopenhauer et Wagner,, auxquels Nietzsche ; . va revenir ,,mais pour s'élever avec eux contre Pépôqué -, devaient ramener sùxl'Allemagne le souffle de la Grèce ^ : tragique. Deux ans après,- la scène à changé. Dans ="* . . une brochure sur D.avid' Strauss (.1873) .1—. un éréinte- ..; ment à fond qui fit quelque bruit ■■— Nietzsche fait ' ' volte face contre tout le' courant*- â" esprit qui régnait alors. La guerre de 1870 avait porté à- leur comble Tbr- Çueil. et la suffisance, germaniques.' Quoi! lu civilisa- . ■' tu>n allemande aurait-eU'e vaincu la culture française > Non,. répond Nietzsche, la civilisation française sub- .
, (1) Nietzsche revient souvent .dans! ses ^ouvrage s ultérieurs '' *: su* ce qu U- appelle lé. Problème 'àe Socrdte.-ll s^en .'servit de ' ..point.de i départ' poux une série d^mrmations (Cf. notamment ' '
^oet\endaemmerung^z.%p%. .9^17»} ■';.'-■'.
^«/n ra ^ ! Allema ^ ne en ^perid comme par le . passé. Des éléments qui n'ont rien â voir à la culture
- ont favorisé les armes aUemandes ^ela' surtout : puisque la notion, de culture s'est perdue |n^ï e :.
«La .culture se manifeste par une unité de stvlear, tastique dans toutes les manifestations d'un Seupf e - Au contraire, avoir beaucoup appris et savôfr 'K-
SallèlémLt îu^u'T? peUVeni; * ès **** mar <*er parallèlement à la barpane, au mancnie dé <ktv\« =.it "
galatimatias des. stytes. Avec une téUè Cu l?ur?on né SUS!; PaS de ^^ UeS ' °? ne " triomphe ^sd'u? date uneTw,!? Fra ^ ais » ^1 Possède, de Liguî date une véritable culture fructueuse ; sa valeur' en ' : elle-même, importe- peu ici. Cette unité de cXre
ÏZf^T*?* ? OU î avoir con( ^ l'originalité: doh S£ ™LÎ? Ut& i -ks fennes.de la vie. Point n'est besoin quelle soit nationale, indigène. La culture «™?
SF^ e 7\ a ' in ^ nC " ^ienni erSilues" 1 Italie de la Renaissance vivait des traditions Te S
Grèce et de Rome, la France du xvn« et du xvîm
siècles trouvait ses .éléments de cultu^rifformeS,
l'Antiquité, en Italie, en Espagne, et les™ " "
par excellence un peuple de fusion.
™!uî C ™ JS*™" l ,au ^ re PJûçhaine d'
— ;- v *■"•*"- ^D^icmcmsae culture uniforme Hanc TAntiquité, en Italie, en Espagne, et les Inglafs sont par excellence un peuple de fusion. '^«fis sont
e prévoit l'aurore prochaine d'une. culture . o n d une culture nationale, mais làiwrfi mt européenne. Maintenant déjà 1'éW SSÏ is de frontières — Iac v,*™™^ „--^ ■
connut pbasdrfro^es^ Sommes ^Seur!
de tous les pays se sentent, compatriotes alliés C^c *™* ***<&*** seront la caste future qm régnera sur 1 Europe, caste étrangère, tant au vam patriotisme démocratique ou monarchique qu'Iu so P c1aSsme à 1 anarchie et au nihilisme. ■ ?> ou ausme, a
^9? w ant ™ e Çl ass e de gens forme- le. principal ^ acle *^.déjeloppementdans ce sens. Ce sontfes Bildungs pkihster, les philistins de la culture olé béiens de la; société intellectuelle, qui, Sun or gueil satisfait, prennent leur vernis, de cfvUisatibn' leur éducation impersonnelle, l'uniformité de leuis connaissances acquises pour de la haute culture Leur principal représentant, c'est David StrausF le S*7 dungs philhter par.excèllen-ce. Lé phuSuf se rlnS dans sa stérilité,, croyant a la vérité tri Zl f| g Z%
(x) M. .BaAWDÉs, cité plus haut.- '■.'■
- jÂtm-E& 'xSç? • .-, 'V ' ■ -,53
défuntes .grandeurs historiques qu'il vénère, oubliant . . quelles ont passé, leur vie à chercher la vérité. Son -.ennemi irréconciliable, c'est l'intelligence lîbrè^îe grand solitaire, qui cherche loin dés grandes routes,: celui qu'à leur tour les; philistins de Fayenir viendront aidorer platement avec la certitude qu'après lui il ne resté plus rien à découvrir. .
Le culte de l'histoire— nous sommes à la seconde ' étude « inactuelle * de Nietzsche — le culte <ie l'histoire exerce la plus néfaste influence sur la jeunesse, tue
1 l'initiative et .entrave là production personnelle.
. . L'homme moderne traîne après lui son passé comme un boulet, ses études historiques lé rendent objectif," ; rétrospectif r pareil à un dictionnaire, incapable d'être lui-même. .«. Ton savoir ne pèrfeciionrie.pas la. Nature, . il. ne fait que tuer la tienne, lui /crie le philosophe; mesure donc une fois la/hauteùr de ce que tu sais, avec la petitesse de . ce que tu peux ! . ™ » « La culture àèr tueile produit des savants, dés philistins, elle ne sait pas créer des hommes qui euxrmêmes^ro»? de l'his^ V toiré, qui combattront contre Thistoiré, contre la vérité factice, des individus . qui. s'inquiètent peu dé ce qui est) mais, qui agiroïit avec toute leur énergie accumulée vers, ce qui doit; tire. .* n)
«Deviens toi-même », dit Nietzsche. : — ÎPour devenir lui-même, le jeune homme cherché. un éducateur, un libérateur qui le soutienne dans «es. luttes contre Tinvasion du vulgaire, un guide qui lui indique la voie vers sa. propre personnalité. Nietzsche, lui âussi^ avait cherché des maîtres; il les avait trouvés eh Schppenhauer. (2) et.en Wagner (3).. Auprès d'eux. nous pou- . yons apprendre à être. < îriactuels >,. à nous élever contre nôtre -temps. Ils sont les grands et les bons exemples, non -seulement dans leurs oeuvres, mais . encore dans leur viéw Les. grands hommes ne sont pas, les fils dé leur époque (théorie des milieux de MVTaine), . .
. mais les grandes exceptions, qui opposent .fièrement
impossible- Ce que l'homme peut ■atteindre -de plus haut, c'est un^e vie. héroïque, une vie
'" ■ | '' '^^^^^ . t "" h ' , fH ' ■' ■ ■■ '■ ' "^^ ^^^^" ■ ■» " > ^ ■■■!■! Il II !■ ! ■ ! !■!!■■
■ (x)'M.Dla.Haksson. ■.. ,* •' T -
f 2) Coiisidérations inactuelïes^ III; Schàpenhàuer éducateur. [3) Considérations • inactuelles, IV : Richard 'Wagner et Bàyréuth. : " - ■' '.','■■'•'■'■■:.
54 ,- ,■ MERCVRED'E FRANCE . ""
• de lutte difficile, pour une «ans* ™; .*>, ^ : r ■ d'une autre, servira' à ton* rTL^'/ ? ne façon ' 6u c'est de produira r *K«îf 7 bas 5 ***»*« culture,
époque Ernest S «fpnts aristocratiques de notre
te P ^ .«Tn s Sn^lfoît^ e r1i Ue **■ ** «A**
. ation de ^ÂÏÎSS^Etïï^^^
bert n'est-elle pas. identiane ™„ f'S , d ? Flau '
•^^S^ : S^fa?Sâïïffî interprétatif '
; ?es génies* L^^i^S^^gS' ^nge ndre , .
âge mûr et n'aurait plus besoin <rî*r-^* " • nt Spn : •
Wagner et Schopenhauer étaient dol ê f pt ? (4) " ' : sche les ■ deuv o-r^/f-T^ • • exaient donc pour Nietz- -
'i^'tS^a8 8 îSiiïï , ÎSS ,I SL J ? V avenir - Sùr " ■
inculture des nations ci^î^i^t, ■ C9ntr ^ ^ Profonde Chanàari des temps futTiï ' etc °nquénr le- radieux
ae sa jeunesse bouillonnante; il avait dépendu « t^
& ivoire contre rinvacînn a„ ^ *»-v<*il ue*enau .sa tour
, scientifique; Le SSbaÏ^^S? 16 ^^ res P rit ■' semblaient sSs^ÏÏl&?iÏÏ?^ d: ^ te llli ni de l'Inconnu ISt il^l^l ^ le - ^ onde infi " '
.(i) Considérât i6ns inactuelies , UJ èaèê '&>
{cite par M: Brândès.) Kx£or S e **«, page 139 et suivantes
(4) M. de Hartmann affiche mu» ni,** • ' '■■»,.■' '•
pour le gigantesque esprit^de Niltecf ^ **rf mC03a P^Wiph
mai ,891. . Il faudrait dffiS^Mr^u*"*". > / " fe/ &, ■gatives provenant de ' sourceToffii^c f «PP^U** **- ■■ tentes de. M. Carrière iWhL ? -F es ,V les notes incomp'éi . cent naméro ^AlïïXlZ^^ dC Mûnich > ^s un ?é- '
. pour scruter, solitaire, le ' labyrinthe désespérant de . l'âme humaine;.