‹ Mercure de France, tome 7Chapitre 47 sur 86 · ÉLÉGIE · texte numérisé non relu

ÉLÉGIE

Quand la nuit verse sa tristesse au firmament Et que, pâle au balcon, de. ton calme visage Le signe essentiel hors du temps se, dégage, Ce qui t'adore en- moi s/émeut profondément.

.. C'est l'heure de pensée où s'allument les lampes. La ville, où peu à peu toute rumeur séteint, Déserte, se recule en un vague lointain, Et. prend cette douceur des anciennes estampes*

Graves, nous nous taisons. Un mot tombe parfois, fragile pont où Fàme à l'âme communique; ■

^Le ciel se décolore ;* et c'est un charme unique Cette fuite du jour, il semble, entre nos doigts;]

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Je resterais ainsi des heures,. des aimées, ; Sans épuiser. jamais la, douceur de sentit ' Ta tête aux lourds cheveux sûr moi s'appesantir, Comme morte parmi lès lumières fanées. :,.'-"•*

C'est le lâç endormi ; de rame à l'unisson, La halte au bord du puits j le repos dans les roses;; "Et .par de longé fils d'or nos cœurs liés aux choses- ,' Sous Fârchet ye&piéral, vibrent d'un long frisson. .

; Oh ! garder à jamais TEeure ^élué entre toutes ..

Pour que son souvenir, comme un parfum; séché,

Quand nous serons plus tard las d'avoir trop marché,

Console notre coeur chancelant sur les routes*

•' - .-".■., * "'■-'.- : ' "■■ ■"" : : ' ■"' ■ ' "■.■ ; - ■■'■ : -- ''..-..:'■ .-.." ' Voici quéles. jàxdins de la Nuit vont fleurir. ■

/ Les lignes, les couleurs, les sons deviennent vagues,

.' Vois, le dernier rayon agonise àtes : hagués..

; MaSceur -, ^ ènt^nds-tu pas quelque chose, mourir ?„V* ■ \

Mets sur mon fronttes mains fraîches Comme une eau pure, : Mets -sur mes- yeux -tes mains-douces; comme des fleurs, ." Et que mon -àiae où vît le goût secret des pleurs '"./ ! • Soit comme un lys fidèle et pâle à ta ceinture. -

C*est là Pitié qui pose ainsi son doigt sur nous ; : r Et tout ce que la terre a de soupirs qui montent,,. . Il semblé qu'à mon cœur enivré. le racontent ■ Tes yeux levés au' ciel,' sivtristes et si doux; . ;

. ■.-,.. * ^Albert Samain/ ■ '

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