ÉLÉGIE
Quand la nuit verse sa tristesse au firmament Et que, pâle au balcon, de. ton calme visage Le signe essentiel hors du temps se, dégage, Ce qui t'adore en- moi s/émeut profondément.
.. C'est l'heure de pensée où s'allument les lampes. La ville, où peu à peu toute rumeur séteint, Déserte, se recule en un vague lointain, Et. prend cette douceur des anciennes estampes*
Graves, nous nous taisons. Un mot tombe parfois, fragile pont où Fàme à l'âme communique; ■
^Le ciel se décolore ;* et c'est un charme unique Cette fuite du jour, il semble, entre nos doigts;]
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Je resterais ainsi des heures,. des aimées, ; Sans épuiser. jamais la, douceur de sentit ' Ta tête aux lourds cheveux sûr moi s'appesantir, Comme morte parmi lès lumières fanées. :,.'-"•*
C'est le lâç endormi ; de rame à l'unisson, La halte au bord du puits j le repos dans les roses;; "Et .par de longé fils d'or nos cœurs liés aux choses- ,' Sous Fârchet ye&piéral, vibrent d'un long frisson. .
; Oh ! garder à jamais TEeure ^élué entre toutes ..
Pour que son souvenir, comme un parfum; séché,
Quand nous serons plus tard las d'avoir trop marché,
Console notre coeur chancelant sur les routes*
•' - .-".■., * "'■-'.- : ' "■■ ■"" : : ' ■"' ■ ' "■.■ ; - ■■'■ : -- ''..-..:'■ .-.." ' Voici quéles. jàxdins de la Nuit vont fleurir. ■
/ Les lignes, les couleurs, les sons deviennent vagues,
.' Vois, le dernier rayon agonise àtes : hagués..
; MaSceur -, ^ ènt^nds-tu pas quelque chose, mourir ?„V* ■ \
Mets sur mon fronttes mains fraîches Comme une eau pure, : Mets -sur mes- yeux -tes mains-douces; comme des fleurs, ." Et que mon -àiae où vît le goût secret des pleurs '"./ ! • Soit comme un lys fidèle et pâle à ta ceinture. -
C*est là Pitié qui pose ainsi son doigt sur nous ; : r Et tout ce que la terre a de soupirs qui montent,,. . Il semblé qu'à mon cœur enivré. le racontent ■ Tes yeux levés au' ciel,' sivtristes et si doux; . ;
. ■.-,.. * ^Albert Samain/ ■ '
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2o8 ... MERCVRE DE FRÀNCE