LES LIVRÉS M
La Fin des dieux, drame en 3 actes,. -pat Henri Mazel,
avec uti dessin. d'A^EXAHBRESios (Librairie dé l'Art Indépendant); ■'—' Voir -présente livraison, page" -2^4, ..*
Le Roi au Masqué d'or > par MUitoeL Schwobj avec une ■ préface de Fauteur (P. Ollendorff). — Voir présenté livraison,
page.ûbo.;. /- ■--.■' ;■ ." • .,./.. .-.; -•■/:'■■; ";./''■■.■■/;;■ ' :
V L'Embarquement jpour Ailleurs, par Gabriel Mourey (Sïmonîs . Empis) . ' — " Définir le charmé de cette œuvre faîte \'C\ d'impressions,'' de ténuités,, de larmes de Têve" et de nuancés *' d^âme'.'est chose difficile. Il -n?y a- ! ici [ aucune histoire à conter i sinon. l'éternelle histoire du désir en quête dé ce
• qui* n'est pas, la '.féerie 'miroitante des illusions; tourbilonnant en ■ apothéoses inconsistantes- et -s'écroujant, se : dissolyant comme . un amoncellement de nuages dorés, . la poésie' mélan- " . .colique, et" noble dès horizons .où se .déroule 'la fresque des * mirages \ la passion, des grands, lis blancs brisés et renaissant toujours pour de, -nouveaux saccagés. Cela ne s'analyse pas-' plus qu'un livre de. vers, dont on ne peut « que dire : Je' suis bercé, je suis captivé , je suis" - ému. ' Ce n'est pas " de la prose, ce' sont des proses : sait-on la. différence ? -Pour, .exprimer le genre de cette., subtile griserie, je ne saurais, mieux faire que * 'de transcrire . . un fragment de l'introduction . précé dant le journal de ce Damons dont M. Mburey s'est fait l'exécuteur testamentaire : . .-.""' -■'..'.." ''.".- , « Aveuglé 'à la fascinante mimique des Illusions, il "dut errer
. (f) Aux ■■' prochaines- livraisons' :■ Le ■ Voyage. dans les Yeux ' (Georges Rôdenbach) (Aller et ''JRéiourQe^n^ibxsLch}^ Sans \ aimer. (Fernànd Làfargue};:* Fin papa,...;')*;.- (Paul Foucher)"; Les Gkefs-â^œuvre à*u Théâtre russe l. Reviso^ dé Nicolas.'* . Gogol, Trop . iïesprU nuit r de ■ Grîboiedof (IL Gothi trad*) ;. ' Modestes observations sur -V art' de versifier -(Clair Tisseur); Poésies Mignonnes ; (A, Prieur) ; Une courtisane (Armand Chair \ pentier) ;--&&# de Fils (Arthur, Châssèrïa a) -^«^r«to (Maurice Donnayï ; Egérie. (Edmond Aube) ; Terre d*Smeraude "' : r '"' (Marie- Anne de Bovet) ; Lés, Trophées ; ( José-Maria 4e He- . , redia); Sonnets en hige (Antoine Sabatier); Salome\ (Oscar : -Wilde}; La Ville (anonyme). = .. ;'' '=" • ■ ■ .' ::
a 74 MERCVRE DE FRANCE
.de longs jours dans l'enchantement de" leur clairière. Leur indulgence le déchira ; c'est le destin des. âmes élues.!
îs Plus tard, mené au seuil de Vivre, il osa vouloir percer d'un regard, de l'éclair d'un seul regard, jusque le fond vertigineux. des expériences 'sentimentales. Croyant, du coup, se tarir à jamais.
- » Vainement. . ■ ' , '"',-
enfantilès avec courage
» Peu à peu, et malgré qu'il continuât de se juger le toutpuissant triomphateur des instincts, il vint à n'être plus qu'un ■ trophée de défaite au pied des Omphales.
. » L'habile souplesse de leurs gestes,' leurs regards de délicieux clinquant, ces ruses de la voix, les langueurs des "boucles folles, leur grâce animale..; -tout Peut bientôt conquis, ter- ■ . rassé, touU . . ■ * ' • • : - ■■.-. . ..
» Au creux tiède de leurs robes — aube de neigé, spasme floral, poussière de regrets" — il s'éperdit à attendre l'écho '■ plaintif de son spleen; niais les touffes voilées de leurs cha- ■ peaux ignorèrent toujours l'abondante fougue' de ses désirs. »
L'Embarquement pour Ailleurs se termine presque en satire. Ne serait-ce qu'une exquise ironie? .
* ■"■.•■"' J** -Dr;..
[ La Vie artistique^ par Gustave Gëffroy (Dentu). — Gustave Gefîroy a réuni en volume les nombreux- articles de critique d'art qu'il a publiés dans les journaux et dans les revues, et c'est ce livre' .qu'il nous offre aujourd-hui. En fron- * , tispice,.une délicieuse figure d'Eugène Carrière,, à qui, d'ailleurs, sont consacrées de nombreuses pages adiniratives dans ce volume. Si les gens inclairvoyants qui fréquentent lés ex^ ' positions n'avaient cette présomption, qu'on sait incurable/ c'est à des écrivains comme Gustave Geffroy qu'ils demanderaient l'initiation au langage mystérieux inscrit, dans lesœuvres d'art et dont la connaissance leur donnerait tant" de joie. Mais il est de ceux,, pleins de bravoure, qui ont mécontente le public en renversant dès idoles érigées en vertu.de complaisances énigmatiques. On lui- en tient rigueur comme aux autres. Pourtant, voici l'avènement des. peintres ! dont il fut 1 un des premiers électeurs, et, si ïa .foule ne s'assemble pas autour deux y l'élite applaudi t. j II., suffit de citer : ces nomsparmi les contemporains pour estimer Geffrby, Ajoutons que . .si ces noms reviennent souvent sous la pïume de plus jeunes critiques, il fut, lui, avec deux. ou trois, un guide fraternel qu on a suivi. Carrière, Pissarro, Whistler, Monet, Rafaëlli," Degas, *oram, Cheret" Renoir, et ces deux maîtres déjà : con-" ' sacres quand il arriva, JManet et Puvis de Chavannes, précurseurs différemment des écoles modernes 1 :- tels -sont les" héros de la Vie artistique. Gefifroy n'est ■ pas de ces critiques . froids et pédants qui- empruntent a l'Histoire de l'Art- leurs jugements; son point de dépari, c'est la vie: qu'on' lise, pour
MARS1S93 .-.".;'■'■■■ î 7 ç. j
■ r ■ 1 1 ' ; ■■ . -■— '',■■ ■'. >' - J mj
bri?Ei»fe5 d ^ Sl V«a«wa. reproche parfois àotremé- ■ Pggjfeg-aunis c est .que tons a r out . pas eu cette, vertu Gef-
-.gfST. «* « n '«amie-, et nous raimon! parce S Wd£' ■
•'- qSaS-ffi!w2?- î a -. IJbraitie - SWte^^&tt de verT^'Jdte '■S.taLT^'i'^'* battu. les. flancs, je l'avoue, .
wndant^f ?i? H** ptéf ? ce de M " de.Loubeis.èstce: penaant dune •beEe tenue;, les -rythmes ^qu'il v préconise
' Sfo^^^^'^' s "^ aoaté^U n'e^Srepopt- ■
' uULiTJ^ 1 ^^^*^-**^ & encore V ■
m raâa iSS? : %^1<"> «** «&^,..etc., puis svei
S d£f™-* "îf S araissént ??rtoit de la famWencom- . Mante des poésies de jeunesse.:- .
tJSZÏÏP&ZJ^&a 1 ^ ** ' l'Àmoar, par 'JI. Fre-
'S«d?îw£ ï* m 4 °^ eur - f^^^avec ^tristesse ' ' ■ Sn^S.^ ia ^ u ï- • L analyse d'une âme navrée',' naritée par lé- '
' œrZÎ S^ f °' m ^ bl? ' *«»■*«» 4e la meir . respihmte, '
' îe n'e^Si°t aTl * m ' a ïaisséela ^toefde/o/W« V^W, . '
'oraees* Srni^ — 'SW* > à cell e ^s ; journées à :
bïeilo^mrn^^W:? 6 ', 1 ^ 311 - Un Wde velours .
--et Tu loto '^ff- sple,1 > H P 1 "* *■ larges gouttes tièdes .
la mer clariS ^ e .f airs 1 ^- ^. tonnerre rUgif sourdement, . .
"Vapaise Amélie ' mélancolie. . L'abmme tourmenté.
^6tétw.^i eSS î n ^ d % M >' S^^ Coe^s (Cnamùel). — • rieà dn +Srt (m ^ * œ » ^^«^ écrif.senl, . ne veut rien dire,
pefcaKn. ^foJÏÏ*-"?* ^î^^, andriudple ok^retonne^
' ''SËTa? ^.f^f^a.Ia margrenr.inteUectaelïé de certains .
■ Se W^Vn^r ?? '~ -? tils ■ affl %eat- plus qu'ils n'irritent', '
nus et tetagués de.Ii,. Bouigèt.. . collaborent obscurément'
* 7 6 MERCVKE DE FRANCE
à la venue triomphatrice du.Paraclet. .; » Es-tu content, cher ■ .. Satan (sans H), cher beau et grand Médiocre? Les as.-tu assez:, pétris selon ton imagé, — les tiens!
Un Ami delà Reine, par Paul Gajjlot (Ôllendorff). — M. Gaulot écrit l'histoire comme un roman. Et. ce la. n'est point une critique suspecte à l'égard de, sa science/ mais au contraire un discret applaudissement pour l'intérêt qu'il a surépandre sur son livre. Et d'ailleurs, quoi de plus, romanesque que le ' récit des amours, très chevaleresques, je veux le croire, de Marie- Antoinette et de M. de Fersen? Ce beau Suédois, noble, généreux, exotique, est un héros digne de * ravir ' tous les cœurs/ Et la royale victime,. .combien a-t-elle fait déjà. verser de larmes ! Ce ne sont pas les dernières. Les cha- ■ pitres consacrés à l'évasion sont d'un palpitant très réussi. Hais ce "que j'aime chez M. Gaulot, c'est que, sans en avoir l'air, il a le sens de la grande fatalité, de .l'histoire.. Au milieu . des mille détails familiers et anecdotiques dont se compose son livre, oh sent passer l'irrésistible vent de la révolution balayant tous ces pantins que sont au fond le roi, la- reine, les princes, les émigrés et M* de Fersen. Cela, ne veut pas dire que les hommes de la Révolution ne, soient pas des pantins aussi : ils vont avec' le veut,vop.à tout.* Le récit de. M. Gaulot est émaîllé" de ces anecdotes caractéristiques, qui- mieux que les plus profondes considérations vous, posent un personnage. Les fragments du journal de Louis XVI sont' à Ce. point de . vue de la plus comique instruction. Voici ce qu'il trouve à dire le mois de son mariage : .
«' Lundi' 14, Entrevue avec Madame la pauphine. '.
» Mardi Ï5. Soupe à la Muette, couché à Versailles. ;
» Mercredi 16. Mon mariage.. Appartement dans la galerie,' . Festin royal à la salle d'Opéra.
» Jeudi 17. Opéra de Persée.
» Vendredi 18. Chasse ait cerf. Grande meute à la Belle- ■ " Image. Pris un. » *
Et pour terminer :
' « Jeudi 31. j'ai eii une indigestion. » ...
Louis XVI était avant tout une belle fourchette* A la soirée : des noces, comme il avait soupe avec son appétit ordinaire, le , . roi Louis XV crut de son devoir.de lui dire : « Ne vous chargez pas trop l'estomac pour cette nuit. » A quoi lé dau- ; .phin répondit : «Pourquoi donc? Je dors toujours beaucoup mieux quand j'ai bien soupe-, » Et, le" repas terminé, il-prit sa ■ jeune épouse par la main, la conduisit jusqu'à la porte de sa chambre/ et lui souhaita une bonne nuit. II.. la rétrouva le . lendemain au déjeuner : « J'espère que vous avez bien dormi », lui dit-il. «-.Très bien, répliqua' Marie-Antoinette, car je n'avais personne pour m'en empêcher. >j Ce respect dura sept ans, paraît-il. Aussi, ■ lors du baptême . de Marie- Thérèse, en pleine église Notre-Dame, le comte de Provence, qui au nom du roi cnEspagne, parrain officiel, tenait l'enfant sur les fonds baptismaux, ne manqua-t-il pas déplacer une
de. ses perfidies habituelles. Comme, le grand. aumônier lui demandait quel, nom on voulait donner à là petite princesse: « Mais /'ce: n'est pas .par là cfu^on commence ^ répondit-il ; la" -/première .chose est. de savoir quels sont. les père, et mère. » .' On .comprend, que le comte de Fersen 'ait eu beau jeu. En gràce^'M. Gaulot, : ne iibus laissez pas le. bec dans l'eau ! Tous ...* devez avoir : des' documents précis* M.. '/de Fersen n'a-f-il , \- iamais été q'uelVmï.de la reine? ■ . ,
.''■'] '■ "■. - : - ''■/■■'/ : : ' ' .' ■'.' = " ... ■' ■l.-.Dr.'-v. . /
Contés! chrétiens. I*es Disciples iFEmmaûs, par T. ï>e Wyzewa', (Përrin). — Je proposerais. 'volontiers, à- M.. TV de
: Wyzewaj. qui- aime lès. paraboles, le' petit conte que voici ; a H y avait ,. une ibîs une, petite princesse "d'Orient, belle. ». comme . le. .jour/Bès rènïance, elle macéra, son corps dans ^
'■ » les parfums, et vécut parmi 1 les aromates, ointe d'essences » ' précieuses Ti imprégnée de vapeurs . odorantes par les résines : » surnaturelles qui coulent en Arabie des arbres blessés. -Et » sur sa chair .des gemmes ruisselaient .et des joyaux inesti*-
: » mables enserraient ses bras et ses chevilles} sonnaient- au- " » dessous de ses seins grêles et fiers et resplendissaient en. "
" » couronne autour -dé son front» Or il advint -qu'elle fut. lasse » des parfums et dès joyaux*: elle se trempa dans les sources . » claires des forêts "et- jeta loin;. d'elle au .milieu des herbes' » vaines ' les bijoux, reniés, par . caprice. Et elle -allail; dësor- » mais purifiée, croyait-elle, ds tous les divins, artifices, d'àu- ' » trefoîs. /Mais toujours de' sa peau .qu'elle;; avait macérée" » .dans "les parfums émanait ■ une odeur de musc,- de nard et
. .»' de cmnatnome, et' les paillettes des'métaux rares etlès ppus—
.* >v-sières des\ gemmes irisaient, sa .chair, tant que Ton eût dît,
. » a la voir, une statue d'or vivant et de diamants assouplis.,»'. L'âme de M: T. .de Wyzewa semble avoir; renouvelé 1 .aven- ". 'i ture de. la petite princesse; c'est une âme naturellement belle, qui s'accoutuma de bonne -heure à toutes les parures de l'in-. ' tëlligénce et de la. subtilité dialectique, puis, y Renonçant tout . • à coup,se. déclara lasse du savoir ou aima affirmer que .« penser, c'est s'abrutir ». Mais, encore qu'il. eri- . ait, ce dégoût de là
Î" tensée n'est-, point ■ chez M . de Wyzèwa — les dieux en soient : oués — ; toute, simplicité ingenuey et nie va point au contraire . sans .quelque, perverse, ressouvenancè d'autrefois; Sien ici qui ;"" ressemble aux plus, récents chrétiens de lettres :. ceux-là ne : sauraient: intéresser. que par leur niaiserie rûdimentaire. Quel
■ charmé, au . contraire ^'n'estrce. pas^ que -d'entendre réprouver toute science, et tout art, avec des arguments très bien construits, et .dans une langue; d'une simplicité \ fort savante,, comme * parfumée et riche, encore dytiques; trésors inutile-; nient abdiqués ?
. I*ê Secret dé l'Absolu, pair Ê.J; Coulohb (Société Théosophiqùe , 30, boulevard Saint-Michel). -- Il'ne s ? a£Ît : point,
■ comme.ôn pourrait- le déduire du titre, d'un roman. à la façon . de -M. H.' .de Balzac,- mais, d'un livre de métaphysique, ^. et
■■ ! '; métaphysique,-; vous -.savez, '-.c'est un peu le- château .de.
cartes des moutards ; cela monte très haut, à condition de ne ■ pas soaffler, — Je ne saurais toutefois parier irrévérencieusement d une oeuvre aussi grave dans une .simple note hiblio- ' graghwne-; bien que le sujet ne soit guère ^citant, le Secret de P Absolu mente d être discuté dans un article compact ; ie ' ^^aterai, en signalant aux curieux cette publication dé la Société Theosophique, de faire remarquer que les idées métaphysiques sur l'Etre-non-étre, dont. M. Coulomb établit
. la coexistence chez des peuples aussi divers que lés Hindous, ■ : f ? ^ptiens, les ^anciens ■ Chinois , . sont - essentiellement des idées nmdoues. X^influence ■ de «nde sur PEsypte a été, iê :
. ; crois surabondamment prouvée, et les premiers taducteurs A*. Lao-Tsen (H. Pantnier, M. Stanislas Julien) avaient: très bien reconnu 1 origine bouddhique; non du taoïsme/ fort antérieur '
■ aJ-ao-Isen, mais de la doctrine ésôtérique qu'on peut èx- : • traire du Tao-te-km^ ■ — M. Coulomb .enfin : me permettra ' d ajouter qu û est tout de même, hasardeux, si lom aùiour- ' ' d nui de la pensée orientale, de * baser des- spéculations sur .des livres vagues comme le Y-King 7 par exemple, que les ■ Chinois commentent in&rigablement depuis lés siècles' lointains ou ils ie trouvèrent sur le dos de la tortue, — avouant ■ eux-mêmes, par cela, quMs'ne sont pas très surs encore de lavoir compris. . .-
' ^^^H 1 ^™* *»**»• irf«i par-.Fa^çois Cguxoïï (Vanier), — In même, M. François Coulon a publié un
* Ss f az ffr?*ovaUon théâtrale, dont le drame qu'il nous -offre aujourd'hui est une intéressante, mise en oeuvre. M. Coulon '
• * ai * avec g*? » J. apologie du théâtre symbolique. Pour loi, . 1 art sera tdeoréalzsU ou ne sera pas.' Par idéorùilisme il entend une. sorte de synthèse entre la vie réelle. et la" vérité idéale, par laquelle on' prend une action purement humaine '
• et passionnée pour l'élever à la' hanteùr d'un éternel svm- ' bole. Wagner aurait été jusqua présent, le plus merveilleux " réalisateur de ce principe d'art. Et, de fait, ' M.' Coulon se ' laisse tellement hypnotiser par' le génie du maître allemand
• que son. drame parait être un li vret d'opéra waUcyrien, n'ât- ■ tendant qu un musicien jfcrès leitmotiv ' pour se déployer tout ' ruisselant d accords, -de sourdines et.de cuivrés dans Vaxx>-> ■ theose de,, quelque Bayrentb. .Le. sujet traité est la discordé
. fatale qui s eleve dans l'âme de l'homme entre l'amour méel et i amour idéal; ce dernier demeure vainqueur,- mais non sans ' .avoir., cause a la- fois la mort de" l'homme et celle de son amante terrestre. .Cette conception est certainement très .■ noble- et au pornt de vue poétique comme au point de vue
, symbolique. M. Coulon Ta traiteeâvec beaucoup de talent. Je tenu des restrictions au point de vue dramatique, extérieure le principal, je pense,- dans une- œuvre dé théâtre : tout cela est trop gris, trop nuageux, -cela manqué dà-nêrf,' de mouve- " ment, .de mots, de scènes, ce n'est pas suffisamment empoignant et tyraunique. Xe style ne manque, par contre, ni de charme, m de couleur: l'auteur emploie une prose très
MÀRS 1893 .-,.- >■:■;■■ .379'
. poétique,- confinant- sans, cesse au vers, où ' elle .se résoud
parfois en alexandrins bien amenés et même en bellespériodes . -■ .rimées, / - ■ > /."•• ' :.. L. Elu "
Esquisse d^nn Système de la Nature /o«z& sur la loi,
■■ . */« Hasard, suivi dû. Sommaire d'un Essai, sur la. Vie future considérée ; au point Se .vue Biologique et JPliilosopkique^ par
P:-C. -Revèl ; La Liberté de Ê. Médecine, Théorie et ^Pratique du Spiritisme, L*Art d'abréger la Vie, } brochures.pàr M* Rotjxel: Le Rêve et Tes faits magnétiques expliqués, par Gaerjhi, PÉiis; Almanacu Spîrite et Magnétique . illustré pour 1893 (librairie du Magnétisme, " 33 , V rue Saint-Merri). — Tous, ouvragés, dont les titres indiquent ■ .suffisamment Tes sujets .spéciaux. ..'."'■" •- ; Z...
Bains de sons^ par rOtrvitÊusE ptr Gcrçtte d'Eté (Sïmonis. :* JBmpis) . — ■ Sous le bonnet rose et les cotillons, noïrs - d^ane élégante ouvreuse que nous ofîrè le somptueux Simonis Empis ' se cacbent, paraît-il (oh !. les polissons},, deux, mordants "crir ,■
îpresentants du calembour à Pans et de ce qu! est convenu d'appeler le" bon-, vieil esprit français.. Pas n-est ■/
■ besoin d*àjputer que ces- deux Messieurs sont jeunes..; Faut être j eune ■ pour oser ça ! -Et de temps en temps; touj ours, sans
.., doute parce qu'ils sont jeunes, Us disent naturellement, avec ■
. beaucoup de compétence, dès choses 'très: bien. L'un' 1 en tient pour Berlioz, l'autre pour. Wagner, et ensemble ils tombent volontie r s n'imp Or te qui . ou n'importe quoi pour le • s eul âmôû r
■ . du coq-à-Fàne réussi. WÛly prend des allures deTïarèngèrey qui; a prisé du -musc, et Alfred^ Ërnst éternuë pour lui, Tplus fort que lui". C'est - charmant. Mais' veulent-ils d*-une toute -"petite prophétie presque maternelle : a. force- de passer, et de : .
, repasser la barbe dé leur trop spirituelle plume sous la plante. du pied de cette Colombine idéale qu'on nomme Ta patience du lec teur, ils pourraient bien^ au ' lieu dé la faire rire, la faire ■*
. pleurer, puis -crever ! ■■.."-,. ' ■
' L'Intérêt et lé Cceur,par Louis. Petitboiï {Savinè),— His- ; toiré stupide, bêtement pensée .et niaisement, racontée." Ce. ■ quai y a de moins ennuyeux,, ce; sont lès pages. de la' fin du . volume/, Où Tauteur a cru bon dé reunir' les articles de- journaux que lui a valus un. livre précédent. Tl y a un. billet de ■remerciement de Jules! Simon, que l'auteur est si fier d'avoir ■ reçu 'qu'il le. reproduit d'eux fois.. Et les éloges qu'il, se fait
■ . décerner dans le' Progrès de Saône-et-Lotre l ■ « Ce- que j'admire .
auss i chez. M . P e titbon^ c'est son art ' des .portraits ' Quatre traits . de plume et c'est parfait i>. M". Pierre fiirpiiis se peint ainsi :. ■«; Un jeune homme blond, de taille .moyenne, la barbé taillée en pointé. » ' — Voilà : tout le portrait :. il y- a en effet quatre traits de plume et c'est parfait.-.. ""
■ .■- . L. Dr. ..■
JOURNAUX ET REVUES
M N A2»h^ S rJf^V* ?° is deraie ^ l'importante 'étude' que . K^S» ^ Dle P e ? b r oc ? ? consacrée au Latin Mystique? te ' ÏK Àl ê? nnnottt , insérée a « ^méro de décembre de la S *»»**» G»ds, ft nous/avons promis d'y .revenir Dans 1 introduction, assez longue, M. Diepenbrock 'raconté comment 1, génération actuelle% s t arrivée au S
« Avec ce siècle, qui a retrouvé tant de sources cachées re- ' parut dans l'Art la culture du mysticisme et du satanisme ' ù'J? abord cbez Gœt ne ^ ^ez Novalis. Le mysSne et \ e ^ t ? nx J s ? ae f?* 61 * cultivés, alors par quelques rareSié! raffines d esprit et de sens, .'charmeurs \t charmé? par tout ce
• ?n^iJM ait del ^?' ?* TUit des ténèbres et étS'^conhu- et w^ b i eaU S ^ Û '- \ a ma fS e ' Ilotisme dans les so£s dans ■ les couleurs et dans les lignes, le sentiment de la présence en
S. "Wf, 2 eS ? rit m y sti ^ ue des s *cles morts?Œies 'atomes tourbillonnaient à travers l'air des temps, l'inmérieux ■
™%ï e J™ ? 1US C }^ dans > s symboles sacrés ùne P cultu^ ■ ÏÏS« ~5? sica l e > «Itièo-germanique jusqu'à ce jour ' étouffée
Sïfi i J *». "™^ des prêtres d< ? ** a Science » toute-pTis! '. santé la culture a laquelle furent initiés Novalis et'\Sàfl£ '
?orS? a èt e v 6 t rlYn gUer ,' ^ mierS t^Hinbert, MaUarmé^Ia-' ' les^nli/il^ ^' f. 11 "*™*», Panni les. vivants, excepté feîn£« V ™ dont les osuyres contiennent sous diverses '
■■ s°^qn d e S !r araa ^ SdeS??ÇieilSétatsd,âlne ? Wqueslt. • Ici M. Diepenbrock s'étend longuement sxiiJ^Sas et A Se hours dont il analyse fort bien fa dernière partit Ensuite ïl- • revient au merveilleux chapitre. sur lalittSreSe de . môIt? aDS; aJPrèS 9UOi ' ^ a - arrive a Rèmy d^ U r!
■ ; det wl S W d ,'^ d i, t ; i1 ' de s ? luer "avec amour' et respect le« ca- ' ££i» • ♦ Hu y smans > q u » a rendu le latin mystique abordable a tous ceux ,qui croient et espèrent- œuvre de très ■ ££ n e '- treS »*?&«*» * très délicate éruditfbnTmr ui^r- '
.. Remy^GfSnr. Sraad ^F»»--^.^;
• ™„tc bea " C0 . u P de P^ts. de vue, l'auteur, partagé les senti- " ments aiiti-classiques de son prédécesseur- [Hwremaiurt Il " prouve la supériorité du latin mystique sur le ŒSLe
?2L u VtL e oV. déal qae cdîe d ' H - ace '- «* *3££--
la °W s ?/l d a H^ !i rm6?lf a fe ?' touteproportion gardée, pour œuy^l pSe^ma™ 07 ^ age ' Ce ^ Habert S fît . pou? le, .
des £ fol£Htïf^ éS de -H lithw Ê^,catholique, du sommeil • des m-folios silencieux sont ressuscitées les hymnes des sainte visionnaires. » 'T? j saints
£. R. de M, • ■
MARS .1893 ■.;■■;; -/'"aÇi
; La deuxième fascicule des Blaetter fûrdie Kunst contient ■ des poèmes de MM. Edmond Lorm, Hugo von ^Hofmannsthal / :
•et Georg Edward. Il donne en.' outre d -exquises. traductions * de Stéphane Mallarmé, Paul Verlaine, Jean Moréas et Henri de Régnier. .Elles sont dues, nous dit-on, a la plume de * M : /Stefàn George ; et il faut féliciter, le jeune- poète idéaliste ■
■ allemand * d'avoir ■ su -'rendre dans si -langue avec tant de. , .charme et de bonheur les détails, à première vue presque intraduisibles j des originaux français. Le directeur, du recueil, .M; Cari Auguste Klein-, consacre à fauteur de Pilgerfahrten , et d'AZ^&afune. intéressante étude. II. -le défend entré autres ., , ■de -n*être qu'un. '.disciple ' de Baudelaire; de Verlaine et de Mallarmé. La réaction contre le réalisme, n'est pas seulement, française:*: elie se produit également dans les autres pays, p 'ailleurs, remarque avec justesse M. Kleïnyles époques litté-
.: .rairës en Erance n'ont <|u un lointain rapport avec celles qui portent le mêrne ■ nom en Allemagne. . Le classicisme et lé ro- . , mântismè ont .été tout différents dans les ideux pays ;. . « Si le . poète allemand -[ : il s'agit 1 de ML :Stëfan. George), se .sent atti-
"■ ré-vers lès" écrivains de. la' jeune France et dé la jeune Angleterre,-, c'est qùsïl lui est aipparù commeàeûx.en quoi consiste l'essence ,d& la poésie moderne.:, arracher- le ' mot. à son' dojnaine'tëfre à terre' et quotidien, et ' l'élever à une sphère é-
- blottissante;.. Chacun' tente cela d'après le génie, et. les loisde
sa propre langue.*' »- ;■ •■. "; ., .'.• \ - ■' .'"!■** * ■ ■ '-...". - , . ."'.'.' "- ïj. Ds,., ■'
pans la Zufeunft (V Avenir, r— Directeur M. Harderu 14 •• Janvier 1893), M , "Ola Hansson.. analyse rihfluence qu'ont- ' exercée. les ■ écrivains du nord ■ sur., la moderne littérature aile- . mande. En repoussant toute' idée d'à influence néfaste» dont .. on lès accuse, souvent. M, -Hansson. constate cependant que. , les -auteurs'' Scandinaves ont .été. très inégalement /partagés • dans 1 -intérêt "qu'on leur porte' depuis quelques, années; La . Vogue est allée tout entière . aux Norvégiens — on identi- = fiait: faussement nordique, et norpégïen+—, à Ibsen, à Kjelïaud,\ . ' k Garborg.'.'La Suède n'a qu'un seul- poète ,Auguste Strind- ■ berg(M. Hansson trop modestement s'oublie lui-même). Mais-, les panois, les.. finlandais l Qu'on lise les premiers: Jacobsen, '. ,-. Drachmarm, Topsoe .(M. Hansson ne mentionne ;pas l'œuvre, insignifiante d^Edouard Brandès)., Apres- avoir étudié .'les .Norvégîens avec leur psychologie rudimëntaire, leurs thèses faciles, là gaucherie de leurs effets, on trouvera chez eux, sous un. style savant et coloré, tout de transition et de demi-tons, . l'abîme. d?une psychologie' obscure, fouillée jusque dans-se^ ■ ■ plus intimes. recoins: -.■'.■ ' 4 ; •"*
' « Les Norwégiens saisissent les problèmes qui gisent sur
lisme. les revendications idéales, les questions, de conscience et de responsabilité;;*. -Chez Kjelland: : la liaison du' séducteur des classes dirigeantes 'avec la fille du peuple, les relations entre l'ouvrier et le patron, là .question des langues
Sour nbre CIl< £ S? 9 * 5 ' ** libr ^P^ée, là quertioa de i amour libre., le pietisme comme fleur fin de siècle »
Titawi^î? - CS 7™ °K- r Qp - e -aiécrft Jacobsea? L'énigme de-
Instinctifs eh^™"^"* ^^ les" délicats :!olflits instinctifs cnez une femme veuve, entre' Tamonr maternel et son amour enflammé à nbnveau pour le Wen-amS de •
fonde'ur^ïL *f ate ™* ^trouvé .: L inelpSlef pro! ■ tondeurs, les retours vers une sauvagerie atavique que la
ÏÏSS? I' aSSi0 T lîe ******* et plovoqixeS'rhTmmé . ^^.s;îr;;VÏ» ?SOe ^^P* 11 ? connu de nom, quoique son {S' an6d . e s œuvres les plus 'marquantes de toute la
que «luf dT?or^l™ dème --V •■ ¥ art eSt ™ SSi h ^.- §£aucom, nfnc =° 1 eb ?^ i om P a T taot « tfacobsen), mais il est ttffl^ 1 ' L ^ de J acobsen <**> tel ™ tabit dè^ l'art dê^,T,c d î P rec,eils « s ■ P«wes «t. de riches floraisons;.
oracnmann, . même dans ses œuvres de prose, est le meilleur
in^X £ J J? du fo«gnen3:romantisme,et être quand même, jusqu au bout des oncles, homme moderne ■ même, .
m^Jï £ on T é ?. à côté des, Danois, .les Finlandais. Ceux.ci comme Tavaststjeme et Juhani Aho, sont jusqu'à présent ex-
SSSîSÎ «»«»«» « A^magne.'râmifinlanoïsrest L
léS T"^d e . est4enature rêveuse, mélancolique et mSsn,^«t "î andaiS - s ° nt , moin s artistes .que les rfanofs,
ooète^ sont L? ? S PreS dC la S Tande "«*«•. Le«^ jeunes E^n^fi' t hommes ^aissant.le monde, qui ont beau-
deuHS 6 ^ ^^ ^?^- Les livres V'0« ««t écrits tous " £,? ,? * d - P^* 11168 d'hommes et dé faits contemporains lent S a ^ * M . œ 7 X d f ^«D««ï.on de Garborg, It ?<£!
fiXmti ^ at ?*î de r % Iod ™™ sont, autres, ils vibrent plus finement, ils .réagissent plus discrètement, sije- puis m'expn- ..
£ux dWte^* **" é ^nèm«mts de la ^ ie "^ * e* mer ^wL™ î S ^ ^^e 11 d « accents- durs et aigus de ce ÏSf^^ ,,f anaI ^ e et de Problèmes, dont eux aussi sont la te™ ™^£. ton *, 1 *»»/P« t fc «»*» Ie ™»X ténié de ^1=, c''J« J 1S Se rev J elad ans toute, son originalité In Kaie-
S„ £ me î nCOre dalLS ces d «™iérs venus— rêveur, melodieux, doux et sentimental.; » ' . • '™
rieus e n w«° £* 28 J ailvie . r *• îf fflême revue, une très cuneuse lettre . du prince. Kropotkine sur sa vie en prison.
fa^liïr^Sf ^^ ™#** D ^ ^ *
Nouveaux confrères.:
I*a Révolution, journal quotidien^ 5-17, rue des ftaitro) ■ "
ce journal ne ^ voici demain deux mois. Il est dirigé par M, Camille de Sainte-Croix, dont on n^a pas oublié Ses
a Lundis » littéraires à JàBaiaille et à la Marseillaise^ M,. Ga 1 -' mille de* Sainte-Croix est. des, nôtres, et jamais il n'a négligé, d'encourager ou de- soutenir lés écrivains de bonne volonté : . tel .onle-.retronTre dans un journal qui * est sien. La troisième , page'.. de : la . RêvolutMn est tout "entière- consacrée à:TAxt ■ et .aux Lettres : c'est M,. -René Barjean /qui -a le soin de cette 'partie.. "; „ V' ■-.' "' '■■.'* -' - ^ -'V '"''. /'"' '■' "
L^Académie Française, Revue d'Art et de littérature, publiée mensuellement {76, rue Klanche. ^Directeur.: Sauït- 1 Gegilges de BoTmKTjKB ■■ secrétaire: Matjhice £eblokd) /'Idéalisme ■ ^et spiritualisme, telle semble être l%mentation;de ■ ce nouveau périodique, dont le premier fascicule donne, avec' des vers ^Edouard Dubus et un . article dé . Mauclair 5 'd'intéressantes Noies- sur un art futur , de M. SàinttGeorges ëJst Bôû- • bélier, ' . '" ' . . *■ " '. * ■' -"* -.. . -.. .
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