LE;; CHÂTEAU: BE TRISTAN
'.■-'- . A Madame Judith Gautier*
. '■'. Dans nie iointainè, dans ÏTlë des féeries et des saintes légendes, pçut-être fhulé, dans Pile aussi. des pieux massacres^ au bord clés flots dont nul soufflé né. ridait; le sourire d'argent. pâle, et qui '■■ se perdaient à Thorizôn en dès brouillards .gris et lumineux, dans Pilé dé calme et de. mystère, je
.'■rêvais^; .". ■ ' .?' ' / '• • "■"" *■ ■'■■
On. eût dit qu'au. ciel déjà -crépusculaire chantait une, voix très douce et très tendre.
'.. Et v .de la mer, en face de la -côte où j'errais, surgissait un rocher noir et abnïpt, ; et ;qué, seul, frôlait lé Vol 4es. gpëïands, f ;,* X"
Oh, nul homme n'avait pu, de ses pas haiar^ deux et farouches^ violer la paix du rocher Nombre et hautain: et comment un château s'y dressait-il,, au sommet?
, .Un château très ancien et très héroïque, vêtu , de lierre étrange, un château. que n'avaient dé^ ; xnant^lé les chocs de mille tempête, et que flattaient dé caresses sereines less lueurs atténuées du : soleil, brumeux et vespéral, un château: d'orgueil et de mélancolie, un château magique; certes à Jamais clos. .. -'\.' : < '*■■"' ■' ; - : .
Des hommes Vauraientjpu bâtir là cet audacieux, châte^u^ inaccessible. ; '
Et voici qu'en un : beau- souvenir de rhythmes adorés se précisait le chant du ciel. . ?
Mildund leïse M .■■•■-"
*6a ; MERCVRE P£ FRANCE
d'éteS?£ 4aiS ^ ^ él f die ! suprême, .la mélodie. . d éternel amour et d'extase impérissable.. .'
Wie das Auge '■ Holderizffnet.^ Et je voyais. "
Ils sont morts, les Amants ;.'■ d'un baiser 'souvé- V rain, ils s etreignent, dans la nuit enchantée, dans la nuit stellaire d'amour et.de : joie. Tristan et Yseult rayonnent,; àjamais unis, beaux.et pàcifi- . .
: ^l^iT^v i e ^°i-M«ke» et il murmuré; «Oh, puissent les hommes ne pas effarer, de leurs vaines paroles, le. Château où -s'est accompli^ le ■ mystère.» ..:•'.'" r ■ . ■
.Et Brangame a clos les portes-; elle à jeté ltes clefs <kns la mer, et. elle songe ; «Oh, queiml homme \ne bnse Jes-portes, et ne violé le tqmbéau hérSJ • que on dorment, d'amour les glorieux. Amants.».. .
lit il semble que des voix. douces,' eparses dans lajr, ont répondu: « Nul homme ne brisera les portes; nul homme ne violera le tombeau héroïque ou dorment d amour les glorieux Amants,» -'• ■
Le crépuscule est tombé. Silenbieux,. le Roi jviarfce, avise i3rangœne, vogue vers le pays de Cornouame Et leurs yeux regardent encore le Château, qm s'efface à l'horizon; i
La terre a disparu dans le- soir: Autour d'eux,- ■'.' ' c . est ' E art P«t. Ibarmonie mélancolique et sou-. riante des flots monotones. Et pourtant ils voient le Château, toujours, à l'horizon. " ■ ï '" :
Le Château se rapproche. . . Nef immense et léfr e ' ?" av , ance î etdes Esprits, des Esprits dVïa Mer, des Esprits du Ciel, l'entourent] d'un cortège triomphal. Et les Esprits qui frôlentïà mer,, les S- prits qui volent dans le ciel, çbante'nt un chant . . radieux.. , •> -. .
«O Château dé la Mort et de l'Amour, tombeau des Amants éternels, ô Sanctuaire,' ions t'avons.
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ravi àla. tbrre où des impies, peut-être, auraient trouble ton mystère sacré. -
^ 9,£kâteaù victorieux, . noué t'emporterons vers 1 Ile lointaine, et srtr- Tinàcpéssibie rocher, ô Château, sublimé dans les aurores, grave dans tes crépuscules, tu t'édifieras, clos à jamais, royal dominateur des tempêtes, et des horames^ ■.
Et, vers Hle. des féeries et des skîntëa légendes, au sommet du rocher hautain, inviolé deshommes s^érige, serein et mystérieux,, clos à jamais, le Château d'amour et de paix où moururent les glorieux Amants, où moururent Tristan et Yseult;
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