ANALYSE CHIMIQUE
Feneulle, pharmacien à Cambrai, a trouvé dans la mercuriale un principe amer, jaunâtre, incolore à l’état de pureté ; peu actif, soluble dans l’eau et dans l’alcool, précipitable par le sous-acétate de plomb, le sublimé et l’infusion de noix de galle. Il y a rencontré, de plus, du mucilage, de l’albumine, une matière grasse incolore, de l’huile volatile en faible quantité, de la pectine et des sels. C'es derniers sont constitués par des carbonates, des sulfates et chlorures de potassium, des phosphates et carbonates de chaux, de l’'oxyde de fer et de la silice. Nous avons eu l’occasion, à propos de la structure intime des mercuriales, de signaler
une grande abondance de mâcles d’oxalate de chaux.
Feneulle ne parle pas de l’amidon dans son analyse des mer-
curiales, et cependant les racines du M. perenns en sont lit-
téralement gorgées. Enfin nous n’apprendrons rien à personné en disant que les mercuriales renferment de la chlorophylle. |
Eu 1863, M. Reichardt isola du M.annua et du M.perenms un principe qu'il appela Mercurialine. Cet alcaloïde est liquide, volatil, très toxique, huileux, incolore lorsqu'il vient d’être préparé, mais se colorant promptement à l'air et se transformant en une résine brune de consistance butyrense ; doué d’une odeur ammoniacale narcotique, d’une saveur âcre, brûlante, caustique, provoquant ile larmoiement; très soluble dans l’eau. Son point d’ébullition est situé à 140°. Exposé à l'air, il absorbe CO* et forme un carbonate. La réaction au tourne sol est très alcaline. La mereurialine
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émet des vapeurs blanches lorsqu'on approche une baguette
imprégnée d’HOI. Elle se combine facilement avec les acides
pour former différents sels. Elle paraît répondre, par sa : constitution, à la formule CHŸAz, et semble avoir la même
composition que la méthylamine AZH*.CH. Du reste, Faag et Schmidt, en 1877, ont reconnu que la mercurialine était identique avec la monométhylamine ; elle serait accompa-
gnée, d’après ces auteurs, par un peu de diet triméthylamine,et des sels ammoniacaux. M. Reichardt lui-même a
comparé l’alcaloïde de la mercuriale avec la méthylamine
préparée au moyen de la caféine ; d’après lui, la mercuria-
line serait une solution aqueuse de méthylamine. Cependant, si l'on compare ces deux produits chimiques, elles sem-
blent ne pas être absolument identiques ; en effet, tandis quele carbonate de méthylamine est très volatil, très difficile à
obtenir, le carbonate de mercurialine, au contraire, assez stable, peut se préparer sans grande difficulté.
Nous avons voulu examiner de près cet alcaloïde de la mercuriale. Nous avons mis dans un ballon, avec la plante entière (A1. tomentosa), une solution étendue de potasse, et. nous avons soumis le tout à une douce chaleur. Les produits volatils étaient reçus dans une solution très étendue de AzO'H. Après un temps suffisant, nous avons traité cette s0— lution par de l’éther et du bicarbonate de soude ; ce dernier sel était destiné à mettre en liberté l’alcaloïde combiné avec AzOH. L’évaporation de l’éther nous a donné un liquide blanchâtre, alcalin, d’odeur forte et nauséeuse. C’est là, sans. doute, la mercurialine de Richardt à l’état impur. Nous aurions dû purifier cet alcaloïde et le comparer à la méthylamine, mais nous ayons senti que nos faibles ressources ne pouvaient tenter de résoudre une question que des savants comme E. Reichardt et Schmidt n’avaient pu complètement. expliquer.