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leurs, sont toujours le résultat de l'emploi médical de la mercuriale. Si dans l'antiquité les accidents n’ont pas été plus nombreux c'est que, fort heureusement, la dessiccation et la cuisson détruisent les propriétés vénéneuses de la mercuriale, à tel point qu’on peut s'en servir alors comme aliment. On l’'emploie sans inconvénient dans quelques fermes de l’est de la France, après cuisson, pour la nourriture du porc.
À ce propos, nous ne saurions passer sous silence l’observation de Berneck (1). «Vingt volailles d’un poulaillier »mouraient en quelques jours, d'oùun soupçon d’empoison- »nement L’autopsie ne fit connaître aucune lésion caractéristique. L'examen de l'estomac de deux poulets mit en évi- » dence de nombreuses graines de Mercurialis annua et quatre »semences de Datura slramonium. Chez deux autres poulets >0n ne trouva que des semences de mercuriale pour expli- »quer la mort.» Cesquelqueslignes montrent suffisamment que le m. annua n’est pas d’une absolueinnocuité. Du reste, l’eimploi de la mercuriale, administrée à l’intérieur, a été signa Jé comme dangereux par des auteurs très distingués, tels que Murray, Berguis, ete.
Jusqu'ici, nous n’avons parlé que de la toxicité du 77. annua. Cette mercuriale a été employée scule dans l'antiquité à l’exclusion de toutes les autres. Ce n’est pas que l’on refusât aux plantes de la même espèce les vertus merveilleuses attribuées à la mercuriale annuelle; mais, à côté de ces propriétés bienfaisantes, nos pères avaient reconnu des actions délétères qui devaient en proscrire l'usage.
Gessner, cependant, classe le 7». perennis au nombre des légumes d’un goût agréable.
Gilibert n’est pas de cet avis (2). Cette plante, dit-il, est
(4) Archiv. der. Pharmacie. (D'après le Journal de Pharmacie et de Chimie, décem-
bre 1888, p. 521).
(2) Démonstration de botanique, t. III.
sed.) regardée comme vénéneuse ; nous en avons mâché quelques feuilles qui nous soulevèrent.l’estomac et nous causèrent des nausées et une anxiété désagréable. |
Sloane rapporte que des personnes qui avaient mangé du m. perennis étaient mortes léthargiques et qu'on n’avaitsauvé que celles à qui on avait eu letemps d’administrer des émétiques et des purgatifs (1).
Pour confirmer ces résultats, nous citerons les fameuses expériences de M. Hugo Schulz (2). «Ce savant a constaté, ven opérant sur des porcs et des lapins, que la mercuriale vi- »vace (m. perenns) paralyse les muscles qui se rattachent à la »vessie, qu’ellediminue l’action péristaltique des intestins, en »même temps qu’elle accroît la quantité d’urine et provoque » plus ou moins de diarrhée. Dans le but de déterminerle prin- »cipe qui produit la paralysie de la vessie, 0#30 de mercuria- »line ont été administrés en injection hypodermique à l’étatde »chlorhydrate; ils n’ont produit aucun effet. L'auteur s’estcon-
»vaincu des effets physiologiques mentionnés plus haut,etila »fait remarquer que la coloration de l'urine, après l'usage de »la mercuriale vivace, est celle que l’on observe dans lhé- »maturie C’est probablement à la matière colorante de la »plante, qui ressemble à l’indigo, qu'est dû cet effet physio- »logique». |
D'après Bouchardat, ce serait le principe amer qui est le principe actif; mais alors pourquoi la plante perd-elle ses propriétés? Nous ne nous expliquerions ce phénomène qu’en supposant que le principe actif se volatilise facilement.
M. Schulz a repris ses expériences sur les lapins et les cochons avec l’extrait fluide de la mercuriale vivace (3). Voici
(1) Gouan. Botanique et mat. médicale, p. 371.
(2) Sur la mercuriale vivace par M. Schulz. (D'après le Journal de Pharmacie et de Chimie. Août 1886, p. 139). |
(3) Archiv. der Pharmac., (D'après le Journal de Pharmacie et de Chimie. Décembre 1888, p. 521).
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les résultats qu’il a obtenus: la mercuriale à faible dose excite la vessie et détermine l’excrétion plus abondante de l’urine; à dose plus forte, elle détermine de la polyurieavec paralysie du muscle vésical et peut-être un certain degré d’inflammation, probablement secondaire des urétères, qui se révèlent par la présence dans l'urine de longs cylindres de mucus; enfin, elle paralyse, dans une certaine mesure, le Haccle intestinal; puis il y a diarrhée.
Pour nes nous citerons les expériences de M. Chanel, qui à essayé le m. fomentosa et le m. perennis sur un lapin de moyenne grosseur. À l’aide d’une sonde œsophagienne, il a fait avaler à l’animal 60 gr. de suc fraîchement préparé. Abandonné à lui-même, le lapin n’a manifesté aucun ee tôme d' indisposition : l'expulsion des matières fécales n’a pas été augmentée, mais la sécrétion urinaire a été rendue plus abondante. Cette urine ne présentait, paraît-il, aucun
caractère particulier. Le lendemain, l’animal a absorbé
60 gr. de suc de m. perennis. Les urines ont été très abondantes, l’animal a été visiblement indisposé. La mort est ensuite arrivée. À l’autopsie, rien de remarquable.
Les observations recueillies par les médecins sur leseffets de la mercuriale ne permettent pas de savoir exactement à quoi s’en tenir, puisqu'ils les qualifient, tour à tour, de diu- rétiques, d'emménagogues, de purgatifs et même d’hypnotiques. Les relations des vétérinaires appelés à donner leurs soins aux animauxfdomestiques empoisonnés, débrouillent la question en partie; mais elles présentent une lacune: elles ne renseignent pas sur la mercuriale nécessaire pour amener un empoisonnement mortel. Toutefois, elles nous apprennent que son principe vénéneux s’accumule dans l’organisimc; car c'est généralement au bout de sept, huit, dix jours d’une alimentation où elle entre en partie que ia symptômes d’intoxication apparaissent.
La mercuriale porte son action sur le tube digestif et sur l'appareil urinaire; il y a indigestion avec léger ballonnement, puis surviennent des coliques d’intensité variable; diarrhée au début, pouvant faire place à la constipation dans la suite. Un autre symptôme de cet empoisonnement est l’héinaturie.
Comime signes accessoires et consécutifs aux précédents, il y a de la tristesse, de l'inappétence, une faiblesse en rapport avec la durée de la maladie et du jeûne, qui se traduit par la conservation obstinée de la position décubitale. Le cœur bat très fort, le pouls est rapide, ample, et la muqueuse oculaire rouge-jaunâtre; la respiration ne semble pas modifiée. [’autopsie montre les lésions de la gastro-entérite et de la néphrite. :
Que devons-nous penser des vertus attribuées à la mercuriale? Depuis longtemps la saine raison a fait justice de l'opinion absurde des anciens, qui accordaient à cette plante la merveilleuse faculté de nues le sexe du fœtus. Les rares médecins qui la prescrivent encore l’ordonnent dans le but d'amener une purgation ; mais nous savons maintenant ce qu il faut penser des propriétés purgatives attribuées au mellite de mercuriale.