ÈS A
Fig. 2.— Tige de m. annua.— Gros. 188/1.
cellules irrégulièrement rectangulaires, dont les parois sont fortement épaissies en avant eten arrière; les parois latérales restant minces. Le collenchyme, qui se trouve immédiatement au-dessous de l’épiderme, comprend une où deux rangées de cellules irrégulières, de forme généralement arrondie, à parois épaisses, laissant entre elles des méats. Ce collenchyme devient très abondant au nivean des ailes secondaires de la x
RE | tige (fig. 3): Il peut alors avoir jusqu’à dix ou douze rangées. de cellules. Le parenchyme cortical est constitué par des
cellules atlongées tangentiellement, subovales, laissant entre elles des méats triangulaires. Le liber, le cambium et . le bois n’offrent rien de particulier. Les cellules de la moelle sont grandes et polygonales.
Le parenchyme cortical et la moelle renferment, à l’exclusion de tous les autres tissus, des macles d’oxalate de chaux en oursins (fig. 1).
Nous avons cherché à étudier l’endoderme; nous avons fait pour cela de nombreuses coupes dans des tiges jeunes de m. annua, et à peine si nous avons remarqué les traces de ce tissu en voie de destruction.
Ensectionnant transversalement des tiges âgées de m.annua, nous avons remarqué, comme éléments particuliers, des fibres fortement épaissies entre le liber et le parenchyme cortical. (voir ces éléments dessinés à la fig. 14 à propos du m. Huetii).
Sao En coupe longitudinale, on voit que ces éléments nouveaux : sont longs, fusiformes, épaissis assez régulièrement. Ces fibres, de nature péricyclique ou libérienne, ne sont pas en zones continues ; elles sont isolées ou groupées quelquefois en grand nombre, mais n’entourent jamais complètement le liber. Il serait très difficile d'établir une règle générale sur la production de ces éléments fibreux ; sans doute l’âge influe, et l’on doit s'attendre à trouver ces fibres plus nombreuses dans les tiges bien développées que dans les jeunes rameaux. Mais le terrain doit intervenir pour sa part dans la formation de ces fibres. En effet, tandis que nous avons trouvé ces éléments dans les organes jeunes d’une tige cueillie sur un sol aride, nous avons été surpris, au contraire, du petit nombre de ces fibres (relativement à la grosseur de la plante) rencontrées dans une mercuriale d’au moins deux ou trois ans, qui nous avait été envoyée de Malemort (Vaucluse). Cette dernière plante était venue dans un sol humide, assez bon et non pierreux. Dans le m». annua, la moelle, dont les cellules s’élargissent avec l’âge, finit par disparaître dans une tige très développée. Puisque nous nous occupons en ce moment de l’anatomie de la tige, il est bon d’ajouter que cette tige, obscurément tétragonale, devient ronde au-dessous de son dernier nœud, c'est-à-dire au collet, par la disparition des deux ailes latérales. De plus, les faisceaux du bois, qui jusqu'alors s’enfonçaient en coins plus ou moins nombreux dans la moelle, réduisent leurs prolongements à quatre; de sorte que le centre de la tige prend nettement l’aspect d’une croix de Malte. Cette forme générale de la moelle ne doit pas nous étonner, car cette partie de la plante est le terme de passage entre la tige et la racine; or, nous verrons plus loin (fig. 6) que le centre de la racine présente cet aspect particulier. L'épiderme de la tige du m. annua mérite une mention
oran spéciale à cause de la forme de ses stomates. Ici la cellule mère ne donne pas naissance immédiatement au stomate (1); elle se divise une ou plusieurs fois de suite en formant une sorte de méristème local (fig. 4), et le produit de cette di-. vision fournit, d’une part, une cellule mère, de l’autre, une ou plusieurs cellules annexes. Dans les épidermes de tiges âgées (fig. 5), on voit, au milieu de grandescellulesirrégulières,des parois en train de se former.
Avec les tiges jeunes, les épider- 16 nesioffrent toujours des méris- Me. 17 M faut. Épiastne jeune tèmes et des stomates particu- Fig. Re di de liers, mais les autres cellules sont beaucoup plus longues et plus étroites.
Racine. — La racine du m. annua en coupe transversale
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à 177 ENS £
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Fig. 6.— Schèma de la racine da m. annua -- Gros. 20)
(1) Van Thiegem. Traité de botanique, p. 616.
OA (fig. 6) se montre constituée, lorsqu'elle est bien développée: 1° par une assise superficielle ; 2° un parenchyme cortical ; 3° du liber; 4 du cambium ; 5° du bois; 6° la moelle. Sa forme générale est arrondie plus ou moins régulièrement. Au centre, comme nous l'avons dit plus haut, la moelle offre l'aspect d’une croix dont les bras seraient irréguliers et arrondis, deux plus longs et deux plus courts. Le tissu du parenchyme cortical (fig. 7) est mou ; ses cellules sont larges,
ed LR CAS = FENC K PRE € NE Re De DORE ps NU TES a SL) + = re L LES & LAN ( L}
— 7 # Ver NAN SSL MSP DST JT) Fig. T.— Racine du M. annua:p c, parenchyme cortical ; /4b, liber; c, cambium; b, bois.— Gros. 188.
irrégulières, souvent cristallifères. Ici encore l’on remarque les fibres qui ont été signalées dans la tige. Le liber est normal ainsi que lecambium. Le bois offre de larges vaisseaux séparés par des rayons médullaires à deux ou trois rangs de cellules.
un soulèvementdes tis-
Pétiole — Le pétiole du m. annua donne, en coupe transversale, une figure assez régulière (fig. 8), offrant une face
- convexe et une face concave, avec une légère proéminence
vers le centre. Il y à deux ailes sur les côtés.
On peutdoncse représenter le pétiole comme une sorte de gouttière, offrant au milieu
sus. On y voit d’abord un épiderme, puis du collenchyme, surtout
Se
dans les ailes; du paren-
chyme ; enfin trois fais- —
ceaunx libéro-ligneux Fig. 8. — Pétiole du m. annua: lg, faisceaux dans l'intervalle des- libro-ligneux ; ep, épiderme ; col. collenchyme;
cr, cristaux.— Gros. 33/1.
quels se trouve encore
du parenchyme. Ce dernier tissu contient de nombreux cristaux d’oxalate de chaux.
Feuille. — La feuille du ». annua est pourvue d’une nervure médiane et de plusieurs nervures secondaires alternant entre elles, comme il a été dit plus haut. Cette feuille offre à chaque dent, et dans l'intervalle, un nombre variable de poils uniloculaires et incolores. Le sommet de la feuille acuminée est glabre. Les poils sont aigus et dirigés vers l'extrémité supérieure de l'organe foliaire. Ils ne sont pas sécrétants. Ces appendices sont tout à fait au bord de la feuille; ils appartiennent aux cellules épidermiques qui, chevauchant en quelque sorte sur le bord du limbe, font partie des deux faces à la fois. On ne les rencontre ni sur les
cellules épidermiques centrales, ni sur les nervures. [ls sont constitués par une cellule qui se sonlève au-dessus des autres et s'allonge en pointe; pour les soutenir, quelques cellules annexes se soulèvent un peñ au-dessus des autres et s’arcboutent contre eux (fig. 9).
Dans une feuille décolorée, on voit, à travers les tissus devenus transparents, des cristaux d’oxalate de chaux très.
nombreux.
En coupe transversale (fig. 10), Fig. 9.— Poil foliaire du m. annua. le limbe offre à considérer une
Gros. 66 — Fix. 10.— Coupe trans- cuticule très mince, puis l’épiversale de feuille du 1». annua.
derme supérieur, constitué par un seul rang de cellules presque carrées ou rectangulaires; au-dessous, le parenchyme en palissade formé par une seule rangée de cellules allongées; enfin, le tissu lacuneux présentant deux ou trois rangs de cellules irrégulières, aux contours arrondis, laissant entre elles des méats triangulaires; et sous ce tissu lacuneux se trouve une dernière assise d'éléments cellulaires constituant lépiderme inférieur. Ces cellules, de forme analogue à celles de l'épiderme supérieur, Sont moins grandes; une cuticule mince recouvre cet épiderme inférieur. La fig. 10 nous montre en coupe transversale un stomate de feuille du ». annua. Il est facile de voir que ce stomate est constitué par deux cellules laissant entre elles un passage étroit, et sous ces deux éléments se trouve la chambre à air. Il ÿ a bien des stomates à l'épiderme supérieur (1), mais ils sont moins nombreux, et
(1) Duchartre dit que la mercuriale ne renferme pas de stomate à l'épiderme supéricur (Traité de botanique, p. 142) ; nous sommes étonné de l'erreur de cet illustre botanistes car s'ils sont peu nombreux, les stomates de l'épiderme supérieur du m. annuasont cependant très visibles au microscope.
la coupe que nous avons dessinée n’en renfermait point à cet endroit. Ë La fig. 11 nous donne les détails de l’épiderme supérieur du ». annua. Nous avons eu beaucoup de peine à le détacher de la feuille. Il est constitué par des cellules très déliées, à
mr
Fig.-11 — M annua : Ep. supérieur de Fig. 12.— Ep. inf. — Gros. 188. la feuille. Gros. 188.
contours (rès sinueux, et présente de loin en loin des stomates n'offrant rien de particulier.
L'épiderme inférieur (fig. 12) est constitué par des cellules irès sinuenses, moins grandes et présentant des stomates plus nombreux. D’après Duchartre, il y en aurait 65 par millimètre carré. Dans l’un et l’autre de ces épidermes, les cellules, qui offrent un aspect général étoilé, s’allongent au niveau des nervures et changent de forme. Nous n’avons pas dessiné ici ces cellules, parce que c’est là un fait assez général dans les feuilles.
MERCURIALIS HUETII
Tige. — La tige du m. huetü ne diffère pas sensiblement, comme structure, du m. annua. Toutefois, le cercle ligneux paraît se former plus rapidement. La fig. 13 en donne le schéma. Nous voyons que les deux ailes secondaires sont beaucoup moins marquées et plus arrondies. De plus, le
PR Te collenchyme est très peu abondant. Il semble manquer même
à certains endroits.
Les fibresque nous avons rencontrées, extérieures au liber
Fig. 13. — Schéma de la tige du mm.
huelii. fib, faisceaux de fibres épaissies formant unezone ininterrompue; b, bois —- Gros. 20/1.
dans le m. annua, sont ici très abondantes et très volumineuses si nous cConsidérons la petite taille de la plante. — La fig. 14 en donnera une idée.
Ici, encore, nous trouvons au collet la forme de croix de Malte particulière à la moelle. À
L’épiderme de la tige offre des stomates analogues à ceux du m. annua; mais,
dans certains tissus plus jeunes, ces stomates ne sont pas encore formés. De loin en loin, on rencontre alors des
groupements de cellules très denses. C’est probablement au centre de ces groupements que viendront se produire de nouveaux organes respiratoires.
Fig. 14.— M.huelii fib, fibres épaissies.-—
Racine.— Les fibres péricy-
Gros. 400.
cliques sont ici beaucoup moins abondantes. Nous avons fait . de nombreuses coupes dans les racines du m. huelir et, une seule fois, nous avons rencontré ces éléments; encore étaientils en petit nombre. La moelle est toujours en croix lors-
qu’elle exite.
HO
Feuille. — Les échancrures sont beaucoup vlus profondes et les poils font complètement défaut. Nombreuses macles d’oxalate de chaux. Les épidermes inférieurs et supérieurs ressemblent à s’y méprendre aux épidermes inférieurs et supérieurs du m. annua.
Tous les caractères anatomiques énoncés ci-dessus ne sont pas d'une importance suffisante pour faire du m. huekt une espèce particulière. Aussi nous rallions-nous à l'opinion de Loret et Barrandon, qui considèrent le m. huehi comme une forme du m». annua.
MERCURIALIS AMBIGUA
Les caractères anatomiques viennent confirmer l'opinion émise plus haut à propos de la morphologie externe de cette plante Jei encore, nous pouvons dire, après avoir examiné la tige, la racine et la feuille: le m. ambigua n’est pas autre chose qu’une forme accidentelle du ». annua, tant la ressemblance est frappante.
MERCURIALIS PERENNIS
Tige.— Va forme générale de la tige rappelle le m. annua, si la tige est jeune; mais, si elle est âgée, son aspect général la rapproche davantage du m. huelr. Les cellules épidermiques ont quelques. poils. [ls sont moins nombreux que dans le ». lomentosa et semblent plus droits. Le liber et le cambium ne présentent pas une zone continue; ils sont in. terrompus de temps en temps. La moelle n'offre pas, sons le dernier nœud, la forme de croix de Malte.
A) L'épiderme de la tige est constitué par des cellules allongées, présentant de loin en loin des méristèmes.
Racine.— La racine offre une structure normale, mais le liber et le cambinm ne sont pas continus. Le parenchyme cortical, l'épiderme et la moelle renferment de nombreuses cellules gorgées d’amidon. Les quelques grains que l’on rencontre dans le cambium, le liber et le bois semblent y avoir été entraîné ;.
Feulle.— Les feuilles ont la même structure anatomique que les autres espèces. Elles se montrent hérissées de poils dans toute leur étendue, en dessus et au-dessous ; ces poils resseinblent à ceux du ». {omentosa, mais ils sont moins nombreux. L'épiderme supérieur a des cellules se rapprochant beaucoup de celles du ». {omentosa (fig. 15); les stomates sont rares ; les poilssont disposés comme l’indique le même dessin; quant à l'épiderme inférieur, les stomates y abondent.
MERCURIALIS TOMENTOSA
La forme générale est arrondie ; mais, ici encore, il y a deux petites ailes diamétralement opposées, fortement collenchymateuses. Toutefois, ce qui caractérise le 77. tomentosa c'est l’abondance des poils. Ces poils épidermiques sont incolores, étroits, longs, plus ou moins sinueux. La structure anatomique de la tige diffère de celle du ». annua par l'abondance de fibres péricycliques. Au-dessous du dernier nœud de la tige, la moelle n’affecte pas la forme de croix de Malte ; elle a été lignifiée de bonne heure.
L'épiderme de la tige est très difficile à observer à cause:
des poils qui le recouvrent. Après nous en être débarrassé.
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par le frottement, nous avons remarqué des cellules allongées, moins grandes que celles du m. annua. Les stomates sont beaucoup moins nombreux et accompagnés de cellules particulières formant des méristèmes. On voit de nombreuses cicatrices laissées par les poils qui ont disparu.
Racine.— On rencontre des fibres péricycliques très rares, et, dans les racines âgées, on remarque, au milieu des rayons médullaires qui séparent les vaisseaux du bois, de nombreuses cellules ponctuées.
Feuille. — La structure de la feuille est identique à celle du /». annua, mais avec cette différence que les cellules épidermiques inférieure et supérieure présentent de nombreux poils, de forme analogue aux poils de la tige décrits précédemment. Lafeuille entière el en est couverte. Ces poils sont dirigés vers le sommet de la feuille; ils ont une base plus ou moins polygonale. La fig. 15 nous ‘donne une idée de l’épiderme supérieur; les cellules, comme on le voit, perdent leur contour sinueux au voisinage des poils; elles deviennent fe ÿ À rayonnantes par rapport à SR os la feuille.
cet élément, de façon à l’isoler pour ainsi dire des autres cellules. Les stomates sont rares. [’épiderme inférieur (fig. 16) a les stomates plus abondants, les cellules plus sinueuses,
xhÿ
— A2 — Il nous reste à dire un mot, pour avoir achevé l'étude anatomique des mercuriales, de l’hybride mentionné plus
Fig. 16.— Ep inf; p poil.— Gros. 188,
haut. Comme structuüfe intime, la tige rappelle célle du m. tomentosa. Les épidermes des feuilles ont, au contraire, une ressemblance parfaite avec ceux du ». annua,mais avec cette différence que les poils y sont très abondants, les stomates plus rares.
Nous aurions bien voulu semer des graines de cet hybride pour voir à quelle espèce de plante elles auraient donné naissance; mais notre travail était trop avancé lorsque ce phénomène nous a été présenté.
En terminant, nous dirons que le genre Mercurialis forme un groupe tout à fait naturel. Les différences anatomiques sont très peu sensibles dans les diverses espèces que nous avons examinées. On ne peut donc pas s'adresser uniquement au microscope pour déterminer la nature d’une merçcuriale ; il faut tenir compte aussi des caractères extérieurs. Nous avons cru bon cependant de résumer en quelques lignes ce qui vient d’être dit dans ce chapitre.
MERCURIALIS ANNUA
Tige : tétragonale glabre ; fibres péricycliques: croix de
Malte au dernier nœud.
RG
he en Racine : arrondie ; fibres péricycliques ; moelle en croix. Feuilles : poils sur les bords; cellules très sinueuses aux épidermes. + M. huetu. — Aïles plus petites, pas de poils aux feuilles . M. ambigua. — Structure du m. annua.
MERCURIALIS PERENNIS
Tige : tétragonale velue, fibres péricycliques. Racine : amidon, fibres péricycliques.
Feuilles : poils répandus sur les deux épidermes.
MERCURIALIS TOMENTOSA
Tige: presque arrondie, velue, fibres très nombreuses.
Racine : cellules ponctuées, fibres péricycliques, pas d’amidon.
Feuilles: très velues, cellules épidermiques peu sinueuses.
PE CSS
Les différentes mercuriales que nous venons d’étudier possèdent toutes la propriété de se colorer en bleu par la dessiccation. Aymen, dans ses Mémoires de la Société royale de médecine, croit avoir à faire à de l'indigo: Guibourt, Duchesne, G. Planchon, ete., tous ceux enfin qui ont parlé de ces plantes, signalent la matière colorante. Delile (1) a fait, devant la Société d'agriculture de l'Hérault, quelques essais sur la matière colorante bleue du /»7. {omentosa. Il a montré: 1° que cette plante pourrait avantageusement remplacer le Chrozophora hinctoria ; 2° que cette matière colorante bleue se transforme à l'air et devient rouge; cette transformation est plus rapide encore si l’on soumet la plante à une ébullition de quelques minutes dans l’éau. A. Joly, dans une thèse sur le Polygonum hinclortum et le Chrosobhora lncloria, classe les m lomentosa, annua, perennis parmi les plantes susceptibles de donner des couleurs bleues (2).
A la suite de ces savants prédécesseurs, nous venons nous aussi ajouter quelque chose à l’histoire de la matière colorante des mercuriales. ; |
La couleur bleue particulière à ces plantes se manifeste seulement après la mort des cellules. Fant que la dessiceation n'a pas lieu, la coloration n’apparaît pas. Pour nous assurer
(4) Note sur le m. lomenlosa. Bulletin de la Société d'agriculture du dvpartement de l'Hérault, août et octobre 1839.
(2) Observations générales sur les plantes qui peuvent fournir des couleurs bleues à la teinture, elc,
RTE
de ce phénomène, nous avons, sur une même plante (m. to- mentosa), coupé une tige, puis sectionné une racine secondaire préalablement amenée à la surface du sol sans la séparer du tronc principal. Nous avons remarqué que, dans ces différents organes, la matière colorante se produisait très lentement en gagnant successivement les portions où la sève ne circulait plus. Comme contrôle de cette expérience, nous avons arraché deux plantes de 7». lomentosa; l’une a été exposée à la température du laboratoire sur la fenêtre; nous avons plongé la racine de l’autre dans l’eau de façon à entretenir encore quelque temps la vie de la plante. Le lendemain, la première était presque entièrement bleue ; l’autre est resiée incolore jusqu’à ce que la vie factice lui soit devenue insuffisante. La couleur bleue a fini par se produire dans l'extrémité des rameaux, c’est-à-dire au point le plus éloigné de l'humidité. Nous avons enfin conservé pendant quelque temps de la mercuriale dans une atmosphère saturée d'humidité, la plante a ftinipar se corrompre, mais n’a pas bleui.
Nous avons cherché à provoquer nous-mêime la production de la matière colorante. Les oxydants: MnO!*K, AzO'H dilué, elc., n’ont abouti à rien. De tous les réactifs employés, le sublimé en solution est celui qui nous a donné le meilleur résultat. Toutefois, la coloration produite par ce réactif n’est pas bleue, elle est d’un violet foncé magnifique. Nous avons été amené à ce résultat en cherchant la cause première de cette matière colorante. Afin de voir si la coloration bleue n'était pas due au développement d’un microorganisme. nous avons opéré avec une solution antiseptique. Le résultat de l'expérience n’a pas besoin de commentaires.
Nous serions plutôt porté à croire que la production de la matière colorante bleue est due à une oxidation lente. En effet, nous avons placé une plante de #7. annua dans le vide en présence de SO*H?, afin de ne pas être gêné par l'humidité.
Au bout de deux jours, 1l y avait une très légère coloration bleue que nous avons attribuée: l° au vide incomplet; 2° à l’action de l'oxygène de l'airdès le début de l'opération. Ces raisons étaient d'autant plus admissibles que l'échantillon témoin, placé à côté de la trompe, était manifestement bleu. D'autre part, la plante retirée du vide et exposée à l’air n’a pas tardé à se colorer. At
Nous avons ensuite opéré dans. un milieu oxydant. La cloche à vide de la trompe a été remplie d'oxygène, toujours en présence de SO'H?. Au bout de deux jours, la coloration bleue était manifeste Nous avons été surpris de voir que le bleuissement de la plante fût moins rapide avec l'oxygène pur qu'avec l’air atmosphérique. Peut-être qu’une oxydation lente est plus favorable qu’uneoxydation brusqué à la production de la matière colorante. |
Enfin, pour compléter nos recherches, nous avons cru bon de mettre le m. annua dans un gaz inerte l’H, il n’y à pas eu de coloration. " |
La matière colorante bleue des fnercuriales se développe même dans l’obscurité. Cependant, d’après nos expériences, elle semble se former moins vite en l’absence de la lumière.
Cette couleur ne nous est pas apparue sous forme de graïns, mais plutôt sous l’apparence d’un liquide occupant le contenu cellulaire.
D’après M. Chanel (1)cette matière colorante n’estpas soluble dans l’éther. En quoi nous sommes du même avis. Mäis M. Chanel se trompe quand il dit que l’eau et l'alcool n’attaquent pas la couleur bleue des mercuriales. « Les liqueurs étaient vertes, dit-il, coloration due à la dissolution d’une » plus ou moins grande quantité de chlorophylle, mais la planste n'avait rien perdu de sa teinte bleue». Avec l’alcool et
(1) Essai sur la Mereuriaie, p. ?5.
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Sr
l’eau nous avons, contrairement à cette opinion, obtenu une solution d’un bleu foncé magnifique, comparable à l’eau céleste. Mais, pour cela, nous avons usé d’un petit artifice bien simple. Nous ne nous somimes pas adressé à la tige ni aux feuilles, dont la chlorophylle aurait pu nous gêner, nous avons pris une racine bien bleue. Nous avons râclé les cellules épidermiques et quelques cellules corticales contenant une matière colorante jaune, nous avons ensuite détaché les tissus bleus qui, traités par l’eau et l'alcool, nous ont donné la belle couleur mentionnée plus haut. Ce qui a induit notre confrère en erreur, c’est sans doute la matière colorante jaune qu’il n’avait pas remarquée et quiest soluble, elle aussi, dans l’eau et l'alcool. Le jaune et le bleu, se renconlrant en solution dans le même liquide, donnaient le vert dont parle M. Chanel. Cependant il n'aurait pas dû confondre cette couleur verte avec la chlorophylle, cette dernière étant insoluble dans l’eau.
Nous différons également de l'opinion de M. Chanel lorsqu'il dit que la teinte bleue des mercuriales se comporte comme une matière fagace. Nous avons pu, dans nos expériences, obtenir au contraire des réactions très nettes. Tous les acides employés * SO'‘H?, AzOŸH, HCI, PO‘H#, C?H?0.0H, acide lactique, ont rougi franchement la couleur bleue. Cette . propriété rapprocherait donc la matière colorante bleue des mércuriales du tournesol ; mais la couleur bleue rougie par les acides n'est pas ramenée au bleu par les bases. Nous aurions done à faire ici à une substance semblable, sinon identique, à la matière colorante du CArozophora tinctoria.
La potasse et la soude roungissent le bleu des mercuriales : l’eau de chaux ne le change pas. L’ammoniaque donnerait une coloration légèrement verdâtre Nous avons vu plns haut que cette matière colorante est soluble dans l’eau, l'alcool et la glycérine. Mais ces solutions
| — 48 — ne conservent pas longtemps leur couleur première ; elles
ne tardent pas à devenir rouges. La plante elle même, bleue
après dessiccation, finit par prendre une couleur rougeâtre. Aussi n'est-il pas rare de rencontrer dans nos officines des mercuriales à racines et à tiges rouges. D'après ce que nous dirons plus loin au sujet des propriétés du genre Mercurialis, il serait peut-être bon dans ce cas de rejeter la plante. Mais si on veut hâter la transformation de la matière colorante bleue en rouge, le meilleur moyen est de la soumettre à l'ébullition dans de l’eau. Nous avons répété l'expérience de Delile en nous servant d’eau distillée et neutre ; nous avons fait bouillir la plante entière de M. {omentosa (bleuie par la dessiccation) dans ceite eau. Après un quart d’heure
d’ébullition, nous avons obtenu une hqueu d’un rouge carmin. Nous serions porté à croire, jusqu’à pEeuRe du contraire, que c’est là un fait d’ Bi dilation plutôt qu’un phénomène d’oxydation. L’ébullition, en effet, n’est guère favorable à ce dernier phénomène. D'autre part, tous les *orps hydratants : acides étendus, alcalis étendus donnent cette coloration. Enfin, nous avons traité cette matière colorante rouge par un réducteur, l’amalgame de sodium, et ce réactif ne nous a pas redonné le bleu primitif.
La matière colorante bleue est insoluble dans l’éther, la benzine, l’essence de térébenthine, l’huile de vaseline, la créosote, le gaïacol, l’eucalyptol, le chloroforme, l'huile de pétrole, l'essence de genièvre, etc...
Unequestion se pose maintenant: cette couleur bleue est-elle de l’indigo, du tournesol ou une matière colorante identique à celle du Chrosophora tinctoria ? Comme lindigo, cette matière bleue est détruite par le perchlorure de fer. Nous avons essayé de l’extraire d’après un procédé indiqué par M. Joly au sujet du Polygonnm tinctorium ; nous avons fait macérer du M. {omentosa pendant huit jours dans de l’eau,
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mais au lieu d’avoir des écailles bleues, nous avons obtenu un liquide infect et nauséabond présentant quelques plaques noires. La matière colorante des mercuriales se distingue également du tournesol en ce que, rougie par un acide, elle n'est pas ramenée au bleu par les bases. Pour nous, ce serait. une Substance absolument identique à celle du Chrosophora tinctoria. En effet, l’urine putréfiée, traitée par la chaux vive et l’alun, colore fort bien en bleu les tissus teints en vert. par le suc des mercuriales. Et ce bleu vire ensuite au rouge absolument comme pour le Chrosophora hnctoria employé à Gallargues. De plus, le bleu des mercuriales et celui du Chrosophora, rongis parles acides, sont influencés de la même facon par les bases.