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MercuRIALIS PERENNIS (Chou de chien, mercuriale vivace, mercuriale de montagne, mercuriale sauvage)
Les feuilles de cette plante ne diffèrent guère de celles du Sambucus nigra ; aussi quelques personnes étrangères à la botanique l'ont elle appelée pelt sureau. C’est une plante herbacée, d’un vert beaucoup plus sombre que la mercuriale annuelle, les feuilles sont typiquement opposées en croix, elliptiques-lancéolées, assez longuement pétiolées, pourvues de stipules ; couvertes de poils à la face inférieure et supérieure ; très vertes au-dessus, plus pâles au-dessous. La tige est de. peu ramifiée. La plante est dioïque.
Les eur mâles sont disposées en glomérules plus petits ‘que dans les espèces précédentes, plus écartés les uns des autres, et occupent la moitié supérieure d’un pédoncule commun axillaire, pubescent ou glabre, pure plus long que la feuille.
Les fleurs femelles sont ordinairement solitaires à l’aisselle des feuilles ; elles sont ARE pédonculées.
Fruit normal.
Le Mercurialis perennis émet un rhizôme qui rampe sous le sol et des racines qui s’enfoncent plus avant dans la terre. Comme cette espèce de mercuriale ne croît jamais à l’état isolé, mais tonjours par groupe, il s’ensuit que les différents rhizômes ou racines s’entremêlent et forment une souche volumineuse que l’on entraîne en arrachant la plante.
Habutal.— Cette mercuriale est abondante dans les environs de Paris, à Vincennes, Sénart, Montmorency, etc. D’après Zetterdst, cette plante se rencontre dans les bois des vallées inférieures et sous-alpines. Elle est très abondante dans le bosquet de Luchon, à Superbagnères, dans la vallée de Burbe, à
OR Esquierry, au-dessous de Cierp, au mont de Rie, au bac d'Espingo. Verlot dit que le Mercurialis perenrus n'est pas are à la Bastide de Grenoble, du côté de Saint-Martin-le- Vinoux; entre Saint-Laurent-du-Pont et la Grande-Chartreuse ; aux environs de Gap, de Crest, etc. Cette plante, d'après Grenier, n’aime pas les sols siliceux de la plaine.
On la trouve, au dire de Pouzolz(1):au Vigan, à l’Espéron, à Alzon, à Bouquet, à Anduze, à Valbonne. Poirault (2) signale le ». perenns à l'Ermitage, à Ligujé, à La Motte de Crontelle, à Vourneil-sur-Biard, à Moiseaux, à Andillé, à Chiré, Ayroy, Falaise.
Noulet l’a rencontrée à Rives-du-Touch, dans les vallons de Pech, David, Balma. Loret et Barrandon signalent cette mercuriale derrière le pie Saint-Loup, à la Sérane, à l’Esclandorgue, aux Rives, à Avène, Joncels, Saint-Etienne-de- Mursan, Saint-Amand-de-Mounis, à Pardailhan.
On trouve aussi cette mercuriale dans les bois et lesbroussailles des terrains granifiques, volcaniques et jurassiques. Kirschleger (3) l’a rencontrée dans les bois rocailleux des Vosges granitiques et arénacées ; des collines calcaires sous- Vosgiennes, Sundgoviennes, Jurassiques, Lorraines, ete….; assez rarement en plaine à Hagueneau.
MERCURIALIS TOMENTOSA (Mercuriale cotonneuse)
Le Mercurialis tomentosa est une plante ligneuse qui n’est pas très ramifiée ; à peine si l’on rencontre un ou deux petits rameaux sur le parcours de la tige. Cette tige est dressée, blanche, cotonneuse. L’aspect duveteux de la plante est dù
(1) Flore du département du Gard, t. 2.
(2) Plantes vasculaires du département de la Vienne, p. 84. (3) Flore d'Alsace et des contrées limitrophes, p. 51.
à la grande quantité de poils qui la récouvre. Les renflements au niveau de l'insertion des feuilles sont peu marqués; les . deux filets, signalés dans les entre-nœuds au sujet de la mer-. curiale annuelle, existent ici disposés de la même façon, mais on les voit à peine. Les feuilles sont opposées en croix. Elles sont blanchâtres, tomenteuses, courtement pétiolées ; presque sessiles ; lancéolées on ovales ; entières ou munies à leur sommet de quelques dents écartées. La plante est dioïque. : Les fleurs ressemblent à celles de la mercuriale annuelle. . Les épis des fleurs mâles sont moins longs, blanchâtres, les verticilles floraux sont plus rapprochés. Les fleurs femelles sont brièvement pédonculées. La capsule est cotonneuse. À la maturité, les deux coques du fruit se séparent puis s’ouvrent en deux valves. La graine est projetée à une petite distance et avec un certain bruit léger et sec. Cela ne doit pas nous surprendre, car dans la grande famille des Euphorbiacées, dont les mercuriales font partie, il existe une plante appelée l’Hura crepitans qui, à la mâturité, produit un phénomène de ce genre. Mais le bruit est beaucoup plus intense ; on dit qu’il est comparable à un coup de pistolet. Aussi, lorsqu'on veut conserver intact le fruit de cet arbre dans les droguiers, a-t-on le soin de l’entourer de fils de fer pour empê- . cher la rupture.
C’est ici le lieu de décrire une mercuriale hybride que possède le Jardin des Plantes de Montpellier (Ecole botanique). Cet hybride tient à la fois du m». annua et du m. tomentosa. Comme à côté de cette forme bizarre se trouvent un pied de m. {omentosa mâle et un pied de m. annua femelle, il est à présumer que la fécondation a dû se faire entre le pol- . len de l’un et les ovules de l’autre. La plante est vivace, ligneuse, haute de vingt-cinq à trente centimètres. La tige est couverte de poils, mais non cotonnense comme dans le m. tomentosa: elle se rapprocherait plutôt de la couleur verte du
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m. annua. Les feuilles sont velues, mais ne rapellent pas du tout le »1. {omentosa; elles ont au contraire une ressemblance frappante avec celles de la mercuriale annuelle. Il n’y à pas de fléurs mâles. Nous n'avons pas pu examiner les fleurs femelles, à cause de l’état avancé de la plante. Les fruits dicoqués, très souvent tricoques, sont sessiles à l’aisselle des feuilles ct ressemblent aux fruits ordinaires des mercuriales.
Le Mercurialis tomentosa semble donner facilement des hybrides; ainsi, d’après M. Daveau (1) «la variété G pubescens de Lose et Pard pourrait bien être un hybride de m. {omenlosa ct m. elliptica; car elle possède des caractères qui appartienrcn à ces espèces. En effet, si cette variété présente partois les feuilles ovales des 7. foméntosa, elles sont elliptiques, au contraire, sur certains individus; surtout sur les mâles. Ces feuilles sont de plus franchement pétiolées et leur limbe manifestement denté, caractères qui appartiennent au m. elhphica. Enfin, toujours comme dans cette dernière espèce, les divisions calicinales sont ovales, orbiculaires et non lancéolées. Ce qui paraît en outre confirmer l'hypothèse que l’on est en présence d’un hybride, c’est la rareté des capsules fertiles sur les individus femelles. La plupart portent, en effet, un grand nombre d’ovaires atrophiés, au 1/6 de leur développement et des capsules fertiles en proportion excessivement réduite. Enfin, ce qui donnerait quelque vraisemblance à cette hypothèse, c’est que les trois plantes croissent à la même localité, du moins en Portugal.»
Habitat.— Le Mercurialis tomentosa est très répandu dans les régions méridionales de la France, en Espagne, en Italie. D'après Castagne (2), cette plante est commune à £Mazargue
(1) Euphorbiacées du Portugal. p. 34-35.
(2) Catalogue des plantes des environs de Marseille,
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et aux Chartreux. Elle a été indiquée par Villars (Hist. plant. du Dauph.) comme habitant entre Montélimar et Orange. On la trouve également dans le Roussillon, les Corbières et à Montpellier, surtout aux environs de Castelnau (1:
(1) Gouet. Flore de la France page, 830. t. 2,
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MERCURIALIS ANNUA
Tige.— Si l’on fait une coupe transversale dans une tige de Mercurialis annua, on constate que la forme générale de cette tige est obscurément tétragonale.
Elle offre à considérer quatre ailes: dont deux principales représentant la tige elle-même ; et deux secondaires constitunées par les filets dont nous avons parlé précédemment.
Le schéma de la figure 1 indique l’ensemble d’une tige
Fig. {.— Tige d’un an de m. annua.— m, moelle; macl, macles ; /g,faisceaux 5 libero-ligneux ; ec, cambium.— Gros. 35/1.
assez bien développée. On voit de l’extérieur à l’intérieur: d’abord l’épiderme, puis le tissu collenchymateux; au-dessous
— 30 — | le parenchyme cortical; viennent ensuite les faisceaux libero-ligneux distincts, comprenant le bois vers l’intérieur, le liber vers l’extérieur ; entre les deux, le cambium formant un cercle continu.
L'épiderme (fig. 2) est constitué par une seule rangée de
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