PRÉPARATIONS PHARMACEUTIQUES
Mellite. — Parmi les diverses mercuriales dontnous venons de faire l’étude, la pharmacopée française n’a adopté comme médicament que le M. annua. Encore a-t-elle restreint le nombre de ses préparations au suc et au mellite de mercuriale.
Pour obtenir ce dernier, le Codex de 1884 prescrit de rende
Mérennalesèche LR RER 125 Faiudistllée 2.2 NES 000 Mie LONG: RSS Es RES SE TO 0
On fait infuser la plante dans l’eau pendant douze heures; on exprime, on passe, on laisse déposer ; on décante, et l’on fait un mellite marquant 1,27 au densimètre. On clarifie au papier et l’on passe. (Codex). |
Le Dorvault de 1893 remplace l’infusion de mercariale par le suc non dépuré de la même plante et, en conséquence, modifie les proportions indiquées plus haut.
Sue non dépuré de mercuriale... . 109 Miel'Dlimes A es one ES EMO0 On fait cuire en consistance de sirop et l’on passe (Dor-
vault).
Le même auteur indique, sous le nom de «sirop de longue vie ou de Calabre », une préparation ainsi constituée : Racine fraîche d’iris commun . . . 60 Racine sèche de gentiane . . . . 30 NAT NAT ne Re TR 315
DIU Ac Faites infuser vingt-quatre heures, passez et faites un mellite avec :
Suc dépuratif de mercuriale, . . . 100
— deDourraché,:" 17" °950
— de Diplosse..s "2: 250 De DAME AN RS NT eu ee: 1000 Dorvault.
Ce « sirop de longue vie» était employé à l'intérieur comme laxatif à la dose de 8 à 32 gr.; mais il est peu à peu tombé dans l'oubli et le Codex de 1837 l’a supprimé définitivement.
Le mellite de mercuriale n’est employé qu’en lavement. C'est un pargatif à la dose de 25 à 100 gr.; il a une couleur brun-rougeûtre et contiendrait, d’après Andouard, un principe amer non encore défini et de la méthylamine. Ce dernier élément qui se rencontre peut-être dans la mercuriale à l’état frais, ne doit être qu’à l’état de traces dans la préparation officinale du Codex, si toutefois elle s’y trouve. En effet, la méthylamine est un principe éminemment volatil, puisqu'elle est gazeuse à la température ordinaire; et elle doit se dégager pendant que le inellite est soumis à l’ébullition. | SÉÉSR ;
De Lobel, dans ses commentaires, parle du miel de mercuriale (1). |
Au moyen âge, Chancel, docteur-régent à la Faculté de médecine de Paris, donne une formule pour obtenir ce médicament.
Prenez : 6 livres de miel blanc.
4 livres de suc de mercuriale.
1 livre de suc de bourrache.
(1) Linguagoti®æ monspelii præserlim pharmacopœi multum utuntur melle mercuriato vocato. …, Mathias de Lobel, p. 100.
— 54 — ae
Mêlez dans une bassine sur le feu et passez sans faire bouillir : ajontez 3 1/2 setiers de vin blanc dans lequel on aura fait infuser 24 heures, 2 onces de racines de gentiane coupées menu. Mettez le mélange sur le feu, remuez les sucs avec le vin et la gentiane ; passez ensuite sans faire bouillir : faites cuire en consistance sirupeuse.
D'après le même auteur, la mercuriale entre dans le lénitif et le catholicon. Ce dernier médicament, tel qu’il existe formulé dans le Codex et le Dorvault actuels, ne renferme plus la mercuriale au nombre de ses constituants. Quant à l’électuairelénitif, il contient, en effet, de la mercuriale, mais cette drogue est unie à un si grand nombre de produits purgatifs que l’on pourraif se demander si elle y joue un rôle utile.
Tous ces médicaments ne sont plus guère employés aujourd’hui. Cependant, en parcourant le journal de Pharmacie et de Chimie, nous avons rencontré une formule contenant au nombre de ses éléments du miel de mercuriale (1). Cette formule comprend : .
Sulate-de souder 15
Foilicules de senér. terre 6
Melhte- de merchriale"+ 1" 30 Lavement n° {.
Il est probable que le sulfate de soude et les follicules de séné agissent ici plutôt que le mellite de mercuriale.
Suc. — Le Codex prescrit de préparer le suc de mereuriale par simple expression et filtration. Ce suc n’est pas employé en pharmacie.
(4) D'après le journal de Pharmacie et de Chimie (novembre 1878, p. 320). — Pürgatifs pour enfants par le D' J. Simon. (Progrès médical).
At 2
Décoction. — Extrait. — Quant à la décoction et à l'extrait dont parlent certains auteurs,le Codex n’en fait même pas mention. Cependant nous devons dire que l'extrait sert quelquefois à la préparation du mellite de mercuriale.
L'oubli dans lequel est tombé le mellite de mercuriale nous semble parfaitement justifié. Pour nous assurer de son effet, nous avons pris des plantes sèches, entières, mâles et femelles dans la collection de matière médicale de l'Ecole. Nous en avons fait un mellite suivant le procédé du Codex et nous en avons absorbé 100 gr Ce mellite était rouge, avait un goût très vagne de mercuriale; il n’a produit aucun effet. On pouvait nous reprocher d’avoir employé de la mercuriale trop vieille, nous avons recommencé l’expérience avec un mellite préparé au moyen de la plante fraiche. Le mellite était plus sapide, avait même coloration. Son absorption a donné lieu seulement à quelques nausées, sans purgation. Nous serions done amené à conclure que le mellite de mercuriale pris par la bonche ne produit aucun effet.
Nous avons ensuite essayé le mellite en lavement, comme le conseille l’officine de Dorvault. Après de nombreuses expériences, nous arrivons aux conclusions suivantes :le mellite obtenu avec la plante sèche depuis longtemps {ce qui est le cas ordinaire du imellite des officines) n’amène pas d’effet purgatif;et s’il y a une selle légère, on doit l’attribuer plutôt au miel qu’à la mercuriale . Cela s'explique très bien puisque le principe actif de la plante est volatil, et que cette plante est soumise d’abord à<la dessiccation, puis à l'ébullition.
Le mellite obtenu avec la plante fraîche est purgatif: toutefois il n’a jamais donné plus d’une selle. Encore ce médicament n'est-il pas à recommander puisque, chez une personne présentant de temps à autre quelques troubles digestifs il y a eu, après absorption du mellite, une selle diar-
RTS rhéique et un malaise général pendant toute la journée. Aussi dirons-nous, en manière de conclusion, que la ‘mercuriale, étant donné le nombre des médicaments purgatifs, pourrait bien être rejetée de la pharmacopée trancçaise.
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