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PROPRIÉTÉS DES MERCURIALES

Action sur les organes génitaux-urinaires. — La mercuriale a joni autrefois d’une grande réputation. Hippocrate (1)prescrivait le M. annua en application sur les parties sexuelles pour faire sortir l’arrière faix. Il le faisait placer sur les organes génitaux avec du miel, de l’huile rosat, de l'iris ou de l'urine dans le but d'amener les règles.

Au dire de Pline (Lib. XXV, cap. V), les pieds mâles de mercuriale font engendrer des garçons et les pieds femelles des filles (2). [1 faut pour cela, dès le moment de la conception, boire le suc de la plante avec du vin, ou manger les feuilles cuites avec de l’huilé et du sel ou crues et macérées dans le vinaigre. Et plus loin il ajoute: « Quidam decoquunt ea in novo fictil, cum heliotropio, et duabus ant tribus spicis donec decoquatur. Decoctum dari jubent, et herbam ipsam in cibo, altero die purgatonis muleribus per triduum, quarto die a balneo coire eas».

Cawnerarius et Matthiole, dans leurs commentaires, reproduisent l’erreur de Pline en attribuant à la mercuriale une influence marquée sur le sexe du fœtus.

Constantin s’en servait sous forme de pessaire pour provoquer les règles. Les anciens Maures employaient beaucoup cette plante dans les maladies des femmes sous le nom de

Carra (Clusius).

(1) Matth. --- Commentaires de Dioscoride, p. 654. (2) Nous rappelons ici que les anciens intervertissaicnt les sexes de la plante.

— 58 — | D'après Virey, la mercuriale serait détersive, nauséeuse, purgative, laxative et ferait couler les règles. ; Desbois de Rochefort nome cette plante comme un bon diurétique.

Action purgative. — Hippocrate faisait appliquer les feuilles sur le ventre dans les cas de dévoiement, d'étranglement et de tumeur. Il employait également la décoction de mercuriale avec lamyrrhe et l'encens. Pour dégager l'intestin ou dans les casde fièvres, le même auteur indique de faire bouillir une poignée de mereuriale dans deux setiers d’eau jusqu’à réduction de moitié, puis l’administrer avec du selet du miel. Le médicament agissait mieux, paraît-il, si l’on ajoutait à cette préparation un bouillon fait avec des pieds de cochon et un poulet.

Matthiole dit que le pied mâle et le pied femelle sont mangés en guise de légumes pour relâcher le ventre. On les fait cuire dans l'eau et l’on boit le bouillon. On se débarrasse par ce moyen de la bile etdes humeurs Le Commentateur de Dioscoride indique la mercuriale comme employée en lavements. Prise à l’intérieur, cette plante débarrasse la poitrine, chasse la bile, mais fatigue l’estomac

Galien (Livre VIT) signale la mercuriale commepurgative.

Gouan raconte qu'il avait coutume de combattre les vers chez les enfants an moyen d’une soupe préparée à avec la mercuriale (Hortens. Monsp.).

Brassavole rapporte que les paysans ferrarais en usent réduite en palpe pour se purger (examen omn. simplic. medic.).

Son extrait purge à ladose de un ou deux gros (4 ou8gr.), d’après Lernolt, pharmacien à Bourbonne ; une demi-once (15 gr.) de cet extrait en lavement produit le même effet. (Acad. royale de médecine).

me Te Vs Albert de Haller attribue à la mercuriale des propriétés

laxatives (1). M. Chomel dit qu’elle remédie à la distension du ventre.

Action émolliente.— Quelques auteurs, tels que Linné (2), Crantz. Bergins, Pleneck, etc., nient la propriété émolliente de la mercuriale; sans doute à cause de la famille dont elle fait partie. Si on usait de la plante fraîche, peut-être pourraient-ils avoir raison; mais il est certain que, bouillie, ellelaisse à l’eau sa propriété purgative et qu’elle estinsipide; appliquée à l’extérieur, elle est dans ce cas un véritable émollient qu'on emploie effectivement en cataplasme dans quelques maladies.

La dessiccation paraît lui enlever toutes ses propriétés actives , d’après Spielman. Elle peut même servir d’aliment. On assure qu’elle est encore mangée en Allemagne, cuite à la manière des épinards. Les anciens. paraît-il, la mettaient au nombre de leurs plantes potagères.

Toxicologie.— La mercuriale annuelle exhale une odeur désagréable qui fait que les bestiaux la prennent rarement dans les champs ; mais ils l’acceptent lorsque, nourris à l’écurie, on la leur donne mélangée à d’autres plantes. Les empoisonnements se constatent surtout dans les très petites exploitations rurales, où l’on utilise, pour la nourriture de quelques têtes de bétail, les sarclures de jardin, les herbes ramassées de tous côtés. On a pu en observer un cas sur les chevaux d’un fermier qui faisait consommer la première coupe d’une luzerne où cette plante dominait.

. Dans l’espèce humaine, les intoxications, très rares d’ail-

(1) Matière médicale, p. 219.

(2) Linné redoutait l'usage intérieur de la plante.

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