DÉCLARATION DE L'AUTEUR
Respectueux des décrets du Saint-Siège sur la presse, nous décla' rons, en la forme la plus explicite, n'attribuer à cette histoire de Mère Catherine- Aurélie qu'une foi purement humaine. Nous ne voulons en aucune façon prévenir les jugements de l'Eglise, à laquelle seule il appartient de porter une sentence définitive en matière de vertu et de sainteté. Nous soumettons humblement notre travail et notre personne à son autorité et à sa censure.
Enregistré conformément à la loi du Parlement du Canada, l'an mil neuf cent vingt-trois, par Les Sœurs adoratrices du Précieux-Sang de Saint-Hyacinthe, au ministère de l'Agriculture. Tous droits réservés.
PRÉFACE
Les premières lignes du manuscrit de ce livre ont été écrites le 14 septembre 1922, et les dernières, le 3 mai 1923* Simple coïncidence sans doute, qu'il nous plaît cependant de signaler, parce que ces deux dates marquent les deux fêtes de Vexaltation et de Vinvention de la sainte croix, don- notre héroïne fut V amante si profondément sincère.
Nous avions décidé de ne mettre aucune préface à ce volume, quand une circonstance fortuite nous a donné Vidée d'en écrire une, au moment ou nous achevions de réviser^ avant le bon à tirer, les quatre cents pages de nos quatorze chapitres. Le soir du 24- mai 1923, nous assistions à une modeste séance de couvent, au cours de laquelle, pour honorer Dollard et les premiers héros de notre histoire du Canada, on fit revivre, sous nos yeux, les belles figures de madame Hébert, de Jeanne Mance, de Madeleine de Verchères et de Jeanne Leber,
Jeanne Leber, la célèbre recluse de Ville-Marie, qui vécut de 1662 à 1714, nous apparut soudain, derrière la petite grille du théâtre enfantin, comme un précurseur de Mère Catherine- Aurélie et de son institut. De même que les Carmes du XI le siècle, établis par Berthold en 1166 sur le mont Carmel, et ceux du XV le, réformés par sainte Thérèse et saint Jean de la Croix en 1564» font remonter leurs premières origines au prophète Êlie lui-même, qui vivait onze cents ans avant Jésus-Christ, et dont les Livres des Rois nous racontent la merveilleuse histoire, ainsi, nous semblait-il, la fondatrice du Précieux-Sang de Saint-
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Hyacinthe, éprise des charmes et des crucifiements de la vie contemplative vers le milieu du XIXe siècle, aurait fort bien pu se réclamer de V exemple de la pure et sainte fille, filleule de M. de Maisonneuve et de Jeanne Mance, qui embauma du parfum de ses vertus et de ses austérités, à Montréal, à Vombre du couvent de la Congrégation de Notre-Dame, les dernières années du XVIIe siècle et les premières du XVIIIe.
Si Vinstitut du Précieux-Sang est sûrement le premier ordre contemplatif du Canada, Jeanne Leber n'en est-elle pas, tout aussi bien, la première contemplative isolée ? Les ermites et les solitaires ont précédé, dans VÈglise, les moines et les moniales. Pareillement, chez nous, une sainte recluse a précédé le premier monastère d' adoratricesexpiatrices. Tout se tient et s'enchaîne dans la suite des temps, dans le développement des idées et dans la culture des vertus elles-mêmes. Cela n enlève rien au mérite de chacun et s'explique parfaitement par une sorte de loi providentielle qui actualise, de génération en génération, parmi les vivants, le dogme si consolant de la communion des saints et de la réversibilité des mérites.
Mère Catherine- Aurélie a été, comme Jeanne Leber, une passionnée de la croix de Jésus et une fille non moins fervente de la Vierge Marie. Comme Jeanne encore, c'est à la Congrégation de Notre-Dame, clie^ les filles de Marguerite Bourgeoys, qu' Aurélie chercha des exemples de vie à imiter. Comme Jeanne toujours, c'est auprès des MM. de Saint-Sulpice qu' Aurélie trouva, à une époque importante de sa vie, lumière et conseil. Comme Jeanne enfin, Aurélie ne dévia jamais de sa voie.
Assurément, il ne conviendrait pas de presser outre mesure le rapprochement. Mais, tel qu'il s'est présenté à
PRÉFACE 7
notre esprit, il nous a plu tout de suite, il nous plaît singulièrement. Et nous croyoîis que ce n^est ni un hors-d' œuvre ni un contre-sens que d'évoquer la belle et pure figure de Jeanrie Leber, la recluse de Ville-Marie, en tête du livre qui raconte la vie et V œuvre de Mère Catherine-Aurélie, la fondatrice du Précieux-Sang de Saint-Hyacinthe.
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