‹ Meres et fils. --Chapitre 65 sur 84 · I. Souriau, Le bonheur, p · texte numérisé non relu

I. Souriau, Le bonheur, p

35o MÈRES ET FILS.

lions nouvelles. Rien de plus sage que cet appel. Aux pères de l'entendre. Si on veut consolider ou améliorer la famille actuelle, il importe de transformer le collèg-e. Jadis, le collège s'appliquait à bâtir ses locaux et à les aménager, à organiser sa vie et à la vivre de telle sorte que rien ne rappelât la maison paternelle. Aujourd'hui, il est urgent que dans le collège tout soit disposé sur le modèle des plus honnêtes foyers, des plus confortables demeures. Ce sont de grosses sommes à dépenser, ce sont aussi des routines non pas seulement administratives, mais aussi nationales à changer. Il y faudra de longs efforts. Voilà une contribution qu'il est permis de réclamer aux pères.

Sans doute, ce qui vaudrait mieux, c'est que chaque père prît la direction de sa demeure, donnât là • l'exemple à sa petite équipe, l'exemple et aussi l'élan. Mais si pour un tel rôle le courage lui manque ou la capacité, s'il ne connaît point, pour ne l'avoir jamais appris, l'art de vivre au foyer, sous l'œil curieux et perçant des enfants, une vie bonne, instructive, féconde en nobles enseignements, qu'il dépense son autorité dans les œuvres qui protègent la famille contre les atteintes que multiplie une vie sociale mal réglée. Qu'il aille visiter la ville où ses enfants feront leurs études ;

<ju'il circule autour du collège de ses filles ou de :ses garçons ; qu'il inspecte kiosques, bars, cafés que la coupable avidité des hommes installe aux portes des maisons d'éducation. Et puis qu'il agisse ! Qu'il écrive au maire, au préfet, au procureur de la République ; qu'il entre dans ces lig-ues qui surveillent les étalages, les devantures, les murs, les trottoirs, les cabarets borgnes, les maisons louches...; qu'il proteste contre l'indifférence des conseils municipaux, lesquels s'inquiètent peu si la ville est malsaine et immorale et tolèrent sans scrupules ni remords, autour de la demeure des enfants, tout ce qui peut provoquer, faciliter, consommer la corruption des enfants. Le beau progrès vraiment, si les jeunes garçons qui, grâce à la sollicitude maternelle, ont respiré depuis leur naissance un air pur et fortifiant, entrent dans un collège où les miasmes infectent le dehors, le dedans ; si ces corps robustes, ces âmes pures et ardentes sont enfermés en des lieux où la parcimonie, l'incurie, la légèreté homicides des administrateurs de la cité laissent se multiplier les germes qui ruinent les corps et les cœurs !

Que ne pourrait-on demander aux pères !

Réduisons-nous à deux souhaits. 11 est vrai qu'ils sont tels qu'on trouvera plaisante notre manière de réduire les exigences.

On pourrait leur demander sinipleuient : Faitesde la santé; donnez l'exemple du travail.

L'organe humain par excellence, on le sait et nous l'avons assez dit plus haut, c'est le cerveau. Il faut lire dans un livre court et clair, UAme du criminel \ ce qu'on sait actuellement sur cet or«-ane. Les fds des alcooliques, des tuberculeux, etc., naissent souvent avec un cerveau malade, atteint de lésions ou d'épaississement des enveloppes. Cette tare entraîne l'impossibilité de fixer l'attention, ou des tendances au vol, à la luxure, à la colère, à la fureur, au meurire... Si. un père voulait accomplir son devoir, il s'appliquerait à ne point contracter celles de ces maladies (l'alcoolisme par exemple) auxquelles l'homme qui sait se commander, qui veut rester sobre et pur ari'ive à se soustraire. Puis, song-eant que ces affections sont des maladies sociales, au lieu de se réjouir, en ég'oïste et en imprudent, d'avoir échappé à la contag^ion, il se joindrait aux hommes de bonne volonté, il leur ouvrirait sa bourse, il leur offrirait son aide pour fonder des sanatoria, pour chercher et répandre des remèdes préservatifs ou curatifs, pour gagner à l'hygiène les municipalités, les groupements, les individus ; il s'associerait aux efforts des sociétés qui édifient

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