Ibid.y 10 juin
j'avais des devoirs et des empêchements. Aujourd'hui le monde est à moi comme au Juif-Errant, et je n'ai plus ni enthousiasme ni activité. » Il sentait venir une autre séparation : celle à laquelle il avait donné sa plus sérieuse affection se refroidissait et s'éloignait de lui chaque jour.
Il rêvait un coin au soleil, quelque doux et riant exil où il vivrait avec peu de chose. Pourquoi ne serait-ce point en Espagne, puisqu'aussi bien il n'y était pas tout à fait un inconnu et qu'en 1848 sa prévoyante amie l'avait fait nommer académicien de l'Histoire. A Paris, « on s'amusait comme aux jours heureux de la monarchie ». Une ère nouvelle, littéraire et mondaine, se préparait, dominée par cet art réaliste dont il avait été le précurseur. Y aurait-il seulement sa place? Il y avait longtemps qu'il n'écrivait plus de romans pour les belles dames. Confiné dans les travaux érudits, oublié au coin de son feu solitaire, allait-;l partager les restes de son cœur et de son esprit entre ses trois chats et ses huit commissions? La cinquantième année approchait, et il commençait à découvrir les