‹ Mérimée et ses amisChapitre 146 sur 160 · Correspondance avec Mme de Montijo, 8 septembre · texte numérisé non relu

Correspondance avec Mme de Montijo, 8 septembre

cinq heures du matin pour aller visiter les fortifications de Paris et n'était rentré qu'à midi. C'est alors qu'il lut une lettre de Mérimée, apportée dans la nuit, et qui lui annonçait sa visite pour le jour même. En effet, il parut peu après. « Il était mourant », dit M. Thiers, et on peut facilement s'imaginer l'entrée de ce tragique orateur pour qui toute parole était une souffrance, de ce moribond qui apportait le message d'une souveraine déjà à demi détrônée. Je laisse parler M. Thiers :

«Vous devinez pourquoi je viens, me dit-il.

« — Oui, je le devine.

« — Vous pouvez nousrendre un grand service.

(( — Je ne puis vous en rendre aucun.

(( — Si, si.... Je connais votre manière de penser. Les questions dynastiques ne vous occupent pas. Vos pensées sont tournées surtout vers l'état des affaires. Eh bien, l'empereur est prisonnier; il ne reste qu'une femme et un enfant. Quelle belle occasion de fonder en France le gouvernement représentatif!

— Après Sedan, il n'y a plus rien à faire, absolument rien. »

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