CONCLUSION
phrase >>, avec la destruction de tous les systèmes idéalistes qui s'y rattachent. Nihiliste sans défaut, il n'a eu ni un mot de regret pour les doux symboles du passé, ni une parole d'admiration pour le matjnum opus de la science, pour le tem()le immense de l'avenir qu'il voyait sortir de terre autour de lui. Il s'est tenu droit et debout, toute sa vie, sur cette crête étroite et vertigineuse de la négation absolue oii il est affreux de monter. Toute sa vie? Pas tout à fait. Vers la fin, on le vit s'incliner. Fut-ce un acte de foi ou un acte de convenance? Un geste de soumission et d'adoration, ou le salut courtois qu'on adresse, de loin, à son adversaire en quittant le champ du combat? En tout cas, il est permis de conclure qu'après avoir dit « non » pendant plus de soixante années, ses lèvres mourantes ont murmuré : « Peut-être! >>
Premières relations de Mérimée avec l'Angleterre.
Dès les premières années du siècle, Leonor Mérimée était en rapport avec le peintre anglais Holcroft. A la fin d'octobre 1802, cet artiste adressa à son confrère de Paris, avec une lettre de recommandation, le jeune ^Villiam Ilazlitt qui, alors, étudiait la peinture et se i)roposait de faire des copies au Louvre, d'après les maîtres italiens. Leonor Mérimée aida le jeune Anglais à obtenir l'autorisation et les facilités nécessaires. Il poussa plus loin l'hospitalité et invita probablement l'étranger à venir le voir chez lui. Hazlitt demeura quatre mois à Paris et parlait de cette période, longtemps après, comme du plus beau temps de sa vie. Il dut avoir de nombreuses conversations sur l'art avec le père de Mérimée et il nous en laisse entrevoir une qui est assez caractéristique. M. Mérimée (Ilazlitt écrit invariablement Merrimée; lui ayant montré un paysage peint par un artiste franf;ais, lui demanda ce qu'il en pensait. Le jeune homme répondit qu'il était, à son' goût, trop distinct, que les détails lointains s'y voyaient trop bien, avec trop de relief et de
netteté. Puis, généralisant sa critique, il y mêla un peu d'esthétique qui fit hocher la tète à M. Mérimée. A cette occasion, Hazlitt paye sa dette de reconnaissance à cet excellent homme dont il avait reçu, nous dit-il, « mainte attention amicale et maint conseil utile ». Il ajoute : « J'apprends qu'il est encore vivant )>. Il est permis de croire qu'il avait reçu, à Londres, la visite de Prosper Mérimée, lors de son premier séjour en Angleterre.
Cette visite avait du l'intéresser d'autant plus que Mme Mérimée était enceinte de Prosper au moment où le jeune Hazlitt avait quitté ses hôtes.
C'est M. George Saintsbury, l'éminent écrivain anglais et le plus récent traducteur de la Chronique de Charles L\, qui a bien voulu appeler mon attention sur les relations de la famille iVIérimée avec le célèbre critique. (Voir The Mcmoirs of Wm. Hazlitt, by W. C. Hazlitt, 2 vols in-8, London, 1867.) I
A PROPOS DE LA VÉNUS d'IlLE.
Les études sur Mérimée que je publie dans la Revue des Deux-Mondes et dont le Gaulois a bien voulu parler à ses lecteurs, m'ont valu une lettre du comte Nigra.
Cette Içttre pose et résout un curieux petit problème de critique rétrospective. C'est l'odyssée d'une idée voyageant à travers les âges, la genèse d'un conte où les ressouvenirs de Lucien et d'Apulée se fondent dans le satanisme médiéval, et qui, né à Rome, des imaginations désordonnées et violentes du .xi^ siècle, reçoit sa dernière forme du grand nihiliste Mérimée, à l'intention des Parisiennes de 1837.
Mérimée aimait à « débiner ses trucs ». Il écrivait
vulon tiers des liistoires eCTiayantes et il en a donné la recette, dans différents articles de critique, comme les manuels culinaires donnent la recette du soufflé ou du j)àté de lapin. Son premier essai de ce genre fut la Vision de Charles XI (1829) et son second la Vénus d'Jlte (1837). Après avoir rappelé que le premier de ces morceaux lui avait été fourni par des documents authentiques, j'avais cru pouvoir ajouter que, dans la Vénus (rille, il ne devait rien qu'à lui-môme et à son imagination. Je me trompais. C'est ce que M. Nigra a bien voulu m'apprendre. « La Vénus aille, m'écrit-il, est un pastiche fait d'après une tradition italienne racontée par un vieux chroniqueur dont vous pourrez lire la prose latine dans la feuille ci-jointe. La tradition est reproduite dans quelques livres parmi lesquels il me suffira de citer VHistoire de Grégoire VI), de Villemain. i']t c'est de Villemain que Mérimée en apprit l'existence bien avant la publication de l'histoire de Grégoire VIL »
En effet, le Grégoire VII de M. Villemain, annoncé à grand bruit dès 1827, et dont une souscription publique avait à l'avance couvert les frais, fut écrit de 1830 à 1834, puis remanié et amplifié à diverses époques et n'a vu le jour qu'en 1873, trois ans après la mort de l'auteur. Il est fort possible, comme le suggère M. Nigra, que Villemain ait signalé la légende à Mérimée; il est possible aussi que Mérimée, très fouilleur par tempérament et par métier, ait déterré tout seul le récit d'Hermann Corner dans la collection Ekkardt.
En tous cas, voici ce curieux récit que je traduis sur le texte envoyé par le comte Nigra.
€ L'an mil cinquante et un vivait à Rome un jeune
homme très riche, noble et considéré, du nom de Roger. Il avait récemment pris femme, et était dans l'habitude de réunir fréquemment ses amis à des banquets. Un jour, en sortant de table, il alla se promener dans le Champ de Mars avec ses camarades, et entama avec eux une partie de balle. Pour être plus dispos à ce jeu, il retira son anneau de fiançailles et le passa au doigt d'une statue de Vénus, qui se trouvait près de là. La partie finie, lors([ue le jeune homme voulut reprendre son anneau, il trouva que le doigl de la statue, qui était d'abord étendu, s'était recourbé. Roger fit de longs efforts, mais ne réussit ni à retirer sa bague ni à briser le doigt de la statue. Il ne souffla mot de l'aventure à ses compagnons. Mais il revint vers la tombée de la nuit avec un de ses serviteurs. Le doigt de Vénus était redressé, étendu comme auparavant ; l'anneau avait disparu.
(( Roger, dissimulant sa perte, revint vers sa jeune femme. Comme il se reposait à côté d'elle, il sentit se poser entre eux quelque chose qu'on ne pouvait voir, mais qu'on pouvait toucher et entendre. Lors, il voulut parler à sa femme, mais le fantôme lui dit : « Sois à moi puisqu'aujourd'hui tu m'as épousée. Je suis Vénus, au doigt de laquelle tu as placé ton anneau : je ne te le rendrai pas. » Le jeune homme fut épouvanté. Pendant longtemps, lorsqu'il cherchait à s'approcher de sa femme, il retrouva l'étrange illusion.
« La jeune femme découvrit la chose, en conçut du chagrin et raconta tout à ses parents. Ceux-ci allèrent trouver le prêtre Palumbus, qui demeurait dans un faubourg. C'était un grand nécromant. On lui exposa TafTaire et on lui fit mille promesses. Ce Palumbus écrivit une lettre et la donna à Roger, en lui disant :
« nends-toi cette nuit à l'endroit oii quatre routes se croisent, et observe en silence ce quis'oiïrira à tes yeux. Là, tu verras passer en grand nombre les fils des hommes, de tout jlge et de tout sexe, de tout état et de toute condition, les uns à pied, les autres à cheval, les uns gais, les autres tristes. Quoi que tu entendes, quoi que tu voies, ne dis mot. Alors, a[)rès celte foule viendra un personnage plus grand et plus gros que les autres, assis sur un char. Sans parler, tends-lui cette lettn? et, aussitôt, ce que tu désires sera. »
(( Tout arriva au Jeune homme comme le prêtre avait dit. Parmi les ffjrmes qui passaient, il remarqua une femme habillée comme une courtisane. Ses cheveux dénoués flottaient sur ses épaules, rattachés par un ruban d'or. Elle avait aussi en main une baguette d'or pour diriger la mule qu'elle montait et sa robe transparente laissait voir les mouvements lascifs de son corps. Le dernier qui parut était le maître redouté de cette foule. Perçant Roger de son regard il lui demanda pourquoi il était venu. Sans répondre, le jeune homme étendit la main et présenta la lettre. Le diable reconnaissant le sceau et n'osant le desavouer lut la lettre.
« Après quoi, élevant les bras au ciel : « Dieu toutpuissant, s'écria-t-il, jusqu'à quand souffriras-tu les artifices du prêtre Palumbus? » Sur-le-champ il envoya quelques-uns des gardes qui l'accompagnaient pour reprendre l'anneau à Vénus. Après beaucoup de façons, elle finit par le rendre. Et ainsi Roger, ayant retrouvé la paix de son âme, put aimer sa jeune épouse tout à loisir. Quant à Palumbus, dès qu'il entendit le cri du démon vers Dieu, il connut que sa fin était prochaine. Peu après, il mourut misérablement, tous ses membres coupés et détachés du tronc. »
Que dites-vous de Vénus discutant avec les gardes de Sa Majesté Diabolique, du prêtre-sorcier, qui est puni pour avoir attrapé Satan, du démon honnête et formaliste qui prend le ciel à témoin et s'incline devant un sceau parfaitement régulier et authentique? Vous imaginez-vous l'état moral de ces gens pour qui un tel récit était un simple fait-divers comme ceux que le Gaulois donne tous les jours à la troisième page? Tout ne devait-il pas être hors de sa place en de telles âmes ? II faut songer que c'est le moment où les Romains voyaient chaque jour trois papes à la fois officier dans trois églises différentes. Jamais le mpnde n'a connu pareille confusion d'idées, pareille anarchie intellectuelle, jamais il n'y a eu si peu de sagesse et de bonté sur la terre.
Pourtant, remarquez-le, je vous en prie, il y a encore de l'art et une sorte de virtuosité dans ce récit. Si ma traduction n'a pas fait tort à l'original latin, vous avez dû y reconnaître une certaine science des effets sombres, une certaine puissance à évoquer le monde du rêve et de la nuit dont l'existence était alors légalement et religieusement reconnue et qui, par conséquent, pouvait tenter même les réalistes.
Evidemment, cette histoire obtint une grande popularité puisqu'elle passa les Alpes et vint chez nous. Au xiii^ siècle, Gautier de Guinsi, un bénédictin de Saint-Médard de Soissons, qui devint, plus tard, prieur de l'abbaye de Vic-sur-Aisne, fut tenté par ce sujet. Nous étions alors un peuple bavard, jovial, sans imagination, aimant les farces, les longs récils et les vers prosaïques.
Gautier, en tout cela, ressemblait à ses contemporains et à ses compatriotes. Il résolut de faire du récit
AIM'ENDICES. 309
(rilciiu.inn Corner un(! anecLlote rdi liante, et, hien rjue le xiM'" siècle entendît la dévotion d'une manière un peu différente du notre, il eut du mal à y réussir. Il supprima Palumbus, le prétre-sorcier, qui lui parut une impertinence envers l'Eglise; quant à Vénus, personne suspecte, il crut pouvoir la remplacer par la Vierge en personne. []n jeune garçon, jouant à la « pelote », sur le parvis de l'église, et voulant mettre en sûreté la bague qu'il tient de sa bonne amie, avise une image de Notre Dame, qui lui paraît moult fraîche et jolie. Il la trouve bien plus belle que son amie, et lui donne sa bague en promettant de la servir toute sa vie.
A peine a-t-il enfilé l'anneau an doigt de la Vierge : ce doigt se referme et le peuple crie au miracle. Mais le garçon, au bout de quelque temps, retourne à ses amours terrestres et se marie. La nuit des noces, Notre Dame se glisse dans la chambre et adresse un discours à l'infidèle :
La rose lesses pour l'ortie
Et l'églantier pour le seu {sureau).
Puis, enchantée de cette comparaison, elle continue :
« Tu laisses le fruit pour la feuille, la lamproie pour la sauterelle, le miel pour le fiel. »
Elle en dirait long si le marié ne se réveillait, car c'était, paraît-il, un rêve. Il allonge les mains, tûtonne, et ne trouve rien.
Il se rendort, et la même vision reparaît, encore plus menaçante. La Vierge le traite de parjure et l'avertit que s'il touche à cette « chetive famé » pour laquelle il l'a i' renoiée et déguerpie », il lui arrivera malheur. Ici les anathèmes sont mêlés de calembours, et le bon
Gautier devient si grossier que je renonce à le suivre plus longtemps. Tout ce que je puis dire, c'est que le héros du conte se hâte d'abandonner sa femme et de se retirer dans un ermitage. Faisons-en tous autant, conclut Tauteur du fabliau ; et il est si satisfait de la leçon qu'il termine son poème comme une prière, par un pieux : Ainsi soit-il !
Mérimée ne s'est pas inquiété de la version inepte et indécente de Gautier de Cuinsi, mais il a médité la savoureuse chronique d'Hermann Corner et, avec une dextérité sans égale, l'a rajeunie de huit cents ans. Il a jeté l'histoire en pleine modernité, en pleine réalité; de toute l'aventure, il n'a gardé que ces quatre choses : la noce, la partie de balle, la statue et l'anneau.
A quoi s'est attachée l'adresse supérieure de Mérimée? A découvrir dans les données mêmes de ce sujet, sévèrement circonscrit, les éléments du drame de cour d'assises qui sert de support matériel au conte fantastique; à indiquer si discrètement, si sobrement les faits par lesquels le dénouement s'explique, que le principal paraît seulement l'accessoire, et que, tout le long du récit, l'imagination a beau jeu contre le raisonnement; enfin, à répandre sur toute l'histoire une couleur gaie pour aboutir à une surprise tragique. Nos jeunes gens ne veulent pas savoir comment travaillaient les maîtres. Ces recettes leur semblent mesquines, et ils entendent s'en passer. Personne ne les en empêche, mais il me paraît, sauf erreur, qu'ils ont aussi leurs procédés, tout aussi artificiels et beaucoup plus visibles, 6t qui ne nous procurent pas le même enchantement.
Pour finir l'histoire de la Vénus dllle, il faudrait encore ajouter que le pauvre Maurice Sand, le fils de
rilliistre romancière, qui s'essaya à plusieurs métiers sans briller dans aucun, imagina de faire un roman de trois cents pages, Callirhoé avec la petite nouvelle de Mérimée. Idée malheureuse, car le fantastique, cela va sans dire, ne doit pas sortir du domaine de l'esquisse....
{Gaulois du 20 mai 1893.)
Fragment d'une lettre de M. Boeswillwald.
Paris, 21 janvier 18y4.
« ... Vous avez lu les notes des voyages faits par Mérimée, de 1835 à 1840, dans le Midi, l'Ouest, l'Auvergne et en Corse, notes devenues classiques. .Mais, pour bien connaître la part qu'il a prise dans la restauration et la conservation de nos richesses artistiques, il faut vous reporter aux rapports, généraux et particuliers, présentés par Mérimée, au nom de la Commission des monuments historiques, aux divers ministres qui se sont succédé de 1837 à 1855 et à ses circulaires aux préfets des départements. La Commission des monuments a été formée en 1837. Elle était présidée, comme elle l'est encore aujourd'hui, parle directeur des Beaux-Arts. Mérimée en faisait partie comme inspecteur général et comme secrétaire.
« Or, par ses travaux littéraires et administratifs, par ses longues et fréquentes tournées d'inspection, par sa connaissance des monuments et de leurs besoins, par ses rapports sur les affaires soumises à son examen, il avait
acquis une influence prépondérante sur la direction des travaux de la Commission.
« Ses conseils étaient acceptés, ses rapports suivis d'effet, soit dans la mesure des crédits disponibles, affectés au service des monuments historiques, soit par l'allocation de crédits extraordinaires lorsqu'il s'agissait de travaux de consolidation et de restauration importants et urgents, destinés à conserver des monuments d'un intérêt artistique majeur; soit, enfin, quand il fallait désigner des architectes consciencieux et compétents pour la direction des travaux.
« Après tant d'années écoulées, pendant lesquelles la Commission a été reconstituée à plusieurs reprises, on ne peut aujourd'hui, dans l'œuvre totale de cette époque, discerner l'initiative, l'influence directe et personnelle de Mérimée parmi celle de ses collègues qu'en ayant recours à ses rapports aux ministres... Les grands et multiples monuments, tels que les théâtres d'Orange et d'Arles, l'amphithéâtre d'Arles, les églises de la Madeleine à Vézelay, de Saint-Julien à Tours, dégagés, restaurés à la suite des rapports de Mérimée, présentent aujourd'hui un état de conservation qui ne laisse pas soupçonner leur état de ruine antérieur.
M On peut discerner encore aujourd'hui l'initiative particulière de Mérimée dans la restauration de l'ancienne catliédrale de Laon dont les travaux, entrepris en 18o3, sont encore en cours d'exécution.
(c C'est à la suite d'une démarche personnelle de Mérimée qu'en 1851 M. le ministre de l'Intérieur, accompagné du directeur des Beaux-Arts et de l'inspecteur général, visita ce monument de la base au faîte et en décida la restauration.
« La compétence de Mérimée en matière d'architecture
historique ressort de la lecture de ses rapports. Elle ne s'étendait pas seulement à la connaissance des dispositions et des diverses époques de construction des monuments, à celle des formes et des décorations caractéristiques des divers membres qui h'S composent et qu'il dessinait exactement d'après nature, mais elle allait jusqu'à comprendre la technique de l'architecture qu'il avait étudiée sur place, dans ses tournées d'inspection. « Mérimée n'était pas un amateur intelligent; c'était un savant, à l'esprit ouvert à tout ce qui avait trait à l'art et ayant rendu des services exceptionnels à la conservation de nos richesses artistiques.... »
Représentation du Carrosse au Théâtre-Français.
1, — Extrait d'une lettre de M. Arsène Houssaye.
«. ... La piècç avait été très bien montée. Augustine Brohan espérait y trouver un petit triomphe, mais le public prit la chose de travers et se mit à siffler, sans respect pour le nom de Mérimée comme pour les artistes. Mérimée ne vint qu'une fois aux répétitions et s'en alla content. Mais il fut bien étonné, quand il vint à la représentation avec deux dames qui l'accompagnaient, d'entendre siffler même avant d'entrer dans sa loge. 11 ne pouvait croire qu'on sifflait ainsi sa pièce, lui qui n'avait jamais été sifflé dans sa vie ni dans son œuvre. Il me demanda quelle pièce l'on sifflait, ne pouvant croire que ce fût la sienne. Il me dit comme Pradon : « Je vais siffler avec tout le monde » ; mais il eut beau faire semblant de rire, il était atteint et m'en voulut toute sa vie
de cet échec imprévu. Si l'on remonte la pièce, je crois qu'il sera vengé.
« P. -S. — Ce qui avait décidé Mérimée à faire jouer le Carrosse, c'est qu'il était amoureux d'Augustine Brohan. »