UN DÉPART
iiKîiil, duux et triste, de quelque chose qui finissait. 11 regardait bien ces deux enfants, pour les garder dads son souvenir, car il ne les reverrait plus telles qu'elles étaient. Elles deviendraient de belles jeunes filles, coquettes ou passionnées. Puis viendrait « M. le marquis de Santa-Cruz » qui les prendrait pour jamais, et tout serait dit. C'est pourquoi il était ému, d'une fine, délicate, pénétrante émotion, le 17 mars 1839, alors qu'il vit, dans la cour des messageries, s'ébranler la diligence qui emportait Paca et Eugénie. Un peu plus, cédant à .un besoin de cœur, il partait avec elles. Il avait fait promettre aux enfants et à miss Flowers de lui écrire. « De tout cela, écrivait-il à la mère, il sortira bien une lettre. » En effet, d'Oloron, où les mauvais temps, qui rendaient impossible la traversée de la montagne, arrêtaient les trois voyageuses, Eugénie. écrivit une belle lettre, sur papier réglé, à son vieil ami de trente-six ans, M. Mérimée.
Les courtes nouvelles de Mérimée. — Influence de Beyle
— Les Ames du Purçiatoire. — La Vénus (Tille et l'art de faire peur. — Colomba. — Tournées d'inspection générale.
— Mérimée a-t-il été un bon inspecteur des monuments? — Dessins de Mérimée. — Relations avec les artistes; connaissances techniques et système critique. — Mérimée et l'art gothique. — Part qu'il a eue dans la préservation de nos monuments. — Mérimée et l'art ancien. — Voyages, à Rome, en Grèce et en Orient.
Pendant que le cœur de Mérimée courait les aventures, que devenaient son esprit et son talent?
L'accès de dandysme, signalé dans le chapitre précédent, sévit dans toute son acuité de 1829 à 1834. L'influence de Beyle, qui est alors à son apogée, coïncide avec cette mondanité; par certains points elle la corrige, par d'autres elle l'aggrave. Il y a des moments, dans la vie de certains auteurs, où un'autre homme semble