‹ Mérimée et ses amisChapitre 56 sur 160 · RETOUR PAR L'ITALIE · texte numérisé non relu

RETOUR PAR L'ITALIE

pagnon senlait moins vivement ri classait mioux ses impressions. D'ailleurs il ne regardait pas la couleur du ciel; il ne voyageait que pour voir les mœurs et les villes, mores et urhes. C'est au soir d'une de ces étapes qu'ils essayèrent de s'introduire dans un campement de ïartares pour y passer la nuit. Ils n'inspirèrent pas une confiance égale à celle qu'ils montraient. Il est vrai que Mérimée avait laissé pousser deux grandes et terribles moustaches qui lui barraient la ligure d'une oreille à l'autre. Il était le forban qu'il avait tant désiré d'être; il l'était trop. Les Tarlares eurent peur de lui.

D'Ephèse, les voyageurs se rendirent à Magnésie, et de Magnésie à Sardes, en traversant le Tmolus. Ils arrivèrent à dix heures du soir dans l'Acropole de Sardes où ils eurent à livrer bataille, non aux soldats du grand roi, mais à une bande de chiens féroces. Un meunier vint à leur secours et leur donna l'hospitalité. Un bain dans le Pactole compléta ce pèlerinage classique, et ce bain, même sans paillettes d'or, devait sembler agréable, après « quinze jours de courses à cheval, pendant lesquels l'usage

(l'un lit, d'une table, d'une chaise, était demeuré entièrement suspendu * ».

A Rome, où ils se reposèrent, une lettre de Cliateaubriand vint trouver Ampère, pour lequel il affectait une paternelle amitié. L'auteur de René ne manquait pas l'occasion de caresser les jeunes gens. Il avait glissé dans la lettre un compliment assez mal tourné à l'adresse de « monsieur Mérimée , qui aura retrouvé Colomba, avec le souvenir d'un personnage romain qu'il a si bien rappelé». Ce personnage que Chateaubriand associe d'une façon imprévue à la petite héroïne corse, c'est Catilina, dont Mérimée venait d'écrire l'histoire.

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