Lcllre à la comtesse de Montijo, 22 octobre iSi
Mme de Montijo prit son parti à l'instant. Son ambition était de la bonne sorte et ne s'arrangeait point d'une autorité précaire, contestée, achetée par des compromis ou des complaisances. Elle aima mieux se démettre que se soumettre.
Mérimée lui écrivait toutes les semaines, excepté lorsqu'il était absent de chez lui. « Si un samedi se passe sans lettre, c'est que je suis mort ou en voyage. » Ces lettres passaient, en général, par le ministère des affaires étrangères où Mérimée avait d'intimes amis, et voyageaient avec les dépêches de l'ambassade. 11 faut admirer combien ce mot de dépêches est élastique. Les « lettres » de Mérimée contenaient tantôt des graines de pawlownias et de dahlias qu'il était allé chercher au Jardin des Plantes pour le jardinier de Carabanchel, tantôt des lanternes chinoises pour éclairer les fêtes en plein air, mode nouvelle inaugurée par la comtesse Duchâtel, tantôt des robes de Palmyre ou des souliers pour la jeune duchesse d'Albe. Il essaya d'y introduire une calèche, mais le minisire se fâcha. Lorsque Mme de Montijo était camarera