‹ Mérimée et ses amisChapitre 74 sur 160 · TRISTESSES DE · texte numérisé non relu

TRISTESSES DE

de voir un ministère qui se mourait sans maladie apparente et sans autre faute réelle que d'avoir duré quatre ans. Il sentait régner autour de lui celte étrange impatience des fins de règne, qui grossit les plus chétifs incidents et transforme en critiques les dévoués (^'autrefois. 4847 vint et l'impatience devint de l'irritation, la lassitude se tourna en malaise. A ce monient, les lettres de Mérimée se font graves. Dès le mois de janvier, il signale une misère épouvantable dans toutes les provinces, e{ surtout en Bretagne : « Pas de pain, pas de pommes de terre! Les sardines ont disparu à Saint-Pol-de-Léon. Les pauvres se battent pour avoir le sang des boucheries; ils ne vivent que d'algues marines bouillies \ » Cependant Paris donnait des fêtes. Le feu prenait, pendant un bal, à l'hôtel de Galliera, et on pouvait redouter une catastrophe analogue à celle de l'hôtel Schwarzenberg. Mais la duchesse montra un beau sang-froid et M. le duc de Montpensier se mit à la tète des travailleurs. « Plusieurs invités s'installèrent au buffet pour

Page 1